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AFGHANISTAN |
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L'Afghanistan, officiellement la République islamique d'Afghanistan, est un pays d'Asie centrale sans accès à la
mer entouré du Pakistan, du Tadjikistan, de l'Iran, du Turkménistan, de l'Ouzbékistan et de la Chine.
Le pays est un carrefour de l'Asie qui vit passer de nombreux peuples par son territoire. Ce dernier constituait,
à l'époque de l'antiquité, un point de passage important sur la route de la soie et fut un passage obligé pour de
célèbres conquérants qui souhaitaient prendre le contrôle de l'Inde : Cyrus le Grand, Alexandre le Grand, Gengis
Khan, l'empereur Bâbur, etc.
C'est à la suite de l'effondrement de l'Empire perse afchride que l'Afghanistan devient une entité souveraine en
1747 sous le commandement du général Ahmad Khan Abdali devenu premier padishah du pays cette même année. Son
territoire a, cependant, servi de noyau pour de vastes empires comme l'Empire bactrien, l'Empire kouchan ou encore
l'Empire ghaznévide par le passé.
À la suite de la seconde guerre anglo-afghane, les Britanniques privent l'Afghanistan de territoires mais
s'engagent à ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la partie restante. Le pays devient ainsi un État
tampon de 1879 à 1919 demeurant indépendant sur le plan de la politique intérieure. En 1919, suite à la victorieuse
troisième guerre anglo-afghane, le pays récupère le contrôle de sa politique étrangère avec le traité de Rawalpindi,
lieu de la défaite des armées britanniques et rejoint en 1921 la Société des Nations. Le pays subit l'invasion des
troupes soviétiques en 1979. Cette invasion entraine une forte résistance qui a raison de l'occupation en 1989. En
1996 un gouvernement ultrareligieux, celui des Taliban, prend le pouvoir et est chassé par une coalition
internationale en 2001. En 2004, le pays devient une «République islamique» de type présidentiel dirigée par un
président aux pouvoirs étendus mais contrôlés par un parlement bicaméral.
| Population : | 32.738.376 habitants (estimation 2009) |
| Densité : | 43 habitants/km² |
| Superficie : | 652.000 km² |
| Capitale : | Kaboul |
| Principales villes : | Kandahar, Herat, Mazar-e-Sharif, Djalalabad, Kunduz, Baghlan |
| Pays voisins : | Iran, Turkmenistan, Ouzbekistan, Tadjikistan, Chine, Pakistan |
| Point culminant : | Nowshak 7.485 m. |
| Monnaie : | Afghani |
| Langues parlées : | Pashto, Dari, Ouzbek |
| Langue officielle : | Pashto, Dari |
| Fête nationale : | 19 août |
| Statut : | République islamique |
1880-1901 : Drapeau du pays sous Abdur Rahman Khan. L'Émirat d'Afghanistan devint l'État d'Afghanistan en 1881.
1901-1919 : Drapeau du pays sous Habibullah Khan. Habibullah ajouta au drapeau de son père le précurseur
de l'emblème moderne.
1919-1928 : Premier drapeau du pays sous Amanullah Shah. Amanullah ajouta au drapeau
de son père des rayons émanant de l'emblème. L'État d'Afghanistan devint le Royaume d'Afghanistan en 1926.
1928 : Second drapeau du pays sous Amanullah Shah. Amanullah enleva les rayons et agrandit l'emblème en le modifiant.
1928-1929 : Troisième drapeau du pays sous Amanullah Shah. La bande noir représente le passé (couleur des
précédents drapeaux), la bande rouge le sang versé pour l'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni de Grande-Bretagne
et d'Irlande (proclamée en 1919, reconnue en 1921), la bande vert l'espoir en l'avenir. Le choix du tricolore par
Amanullah a sans doute été influencé par sa visite en Europe en 1927 (où beaucoup de drapeaux sont des tricolores).
Le nouvel emblème représente un soleil levant au-dessus de deux montagnes eneigées, symbolisant un nouveau départ
pour le pays.
1929 : Drapeau du pays sous Habibullah Ghazi, aussi connu comme Bacha e Saqao. Ce tricolore
rouge, noir et blanc avait déjà été utilisé, sous l'occupation mongole au XIIIe siècle.
1929-1930 : Premier drapeau du
pays sous Mohammad Nadir Shah. Il rétablit le tricolore noir, rouge et vert, et stylisa l'emblème du premier
drapeau d'Amanullah.
1930-1973 : Second drapeau du pays sous Mohammad Nadir Shah. Son fils, Mohammed Zaher Chah,
utilisa le même. Le tricolore fut maintenu. Les rayons furent retirés et l'emblème agrandi. L'année ???? (1348 sur
le calendrier lunaire musulman, ce qui correspond à 1929 sur le calendrier grégorien) fut placée sur le sceau, date
à laquelle la dynastie de Mohammad Nadir Shah fut fondée.
1973-1974 : Premier drapeau de la République
d'Afghanistan, fondée en 1973. Il était identique au drapeau précédent, à la différence près que l'année, référence
à la monarchie, fut enlevée.
1974-1978 : Deuxième drapeau de la République. Les mêmes couleurs furent
utilisées, mais organisées horizontalement, et les couleurs furent réinterprètées : le noir pour le passé obscur,
le rouge pour le sang versé pour l'indépendance, et le vert pour la prospérité de l'agriculture. En canton, un
nouvel emblème fit son apparition : un aigle aux ailes éployées, une chaire sur le torse, entouré d'épis et
surmonté de rayons de soleil (symbolisant la nouvelle république).
1978 : Premier drapeau de la République
démocratique. Lorsque le leader de la République fut tué, un régime communiste fut instauré. Le drapeau fut gardé,
mais l'emblème enlevé.
1978-1980 : Second drapeau de la République démocratique. Il fut décidé que le champ
serait rouge avec un sceau jaune en canton, marque communiste. La couronne d'épis revint sur le drapeau, surmontée
d'une étoile (représentant les cinq groupes ethniques de la nation), et le mot Khalq en arabe entre les épis (Khalq
était une fraction du parti communiste afghan). Ce drapeau fut également le drapeau de Khalq.
1980-1987 :
Troisième drapeau de la République démocratique. Le drapeau fut changé lorsque la fraction Khalq du parti communiste
fut renversée par la fraction Parcham (emmenée par Babrak Karmal). Le nouveau gouvernement ré-établit le tricolore :
le noir pour le passé, le rouge pour le sang versé pour l'indépendance et le vert pour la foi en l'Islam. Un nouveau
sceau fut mis en place, représentant un soleil levant, les épis, une chaire, le Coran ouvert, des rubans aux couleurs
nationales, une roue dentée (symbolisant l'industrie) et l'étoile rouge du communisme.
1987-1992 : Premier
drapeau de la nouvelle République d'Afghanistan. Le drapeau fut conservé, mais le sceau subit quelques modifications
: la roue dentée passa en bas, l'étoile rouge et le Coran disparurent et le champ vert fut incurvé afin d'évoquer
l'horizon.
1992 : Deuxième drapeau de la République d'Afghanistan. Après la chute du gouvernement pro-soviétique,
de nombreuses variantes apparurent, dont une est présentée ci-contre. La bande du haut porte l'inscription Allahu Akbar
(«Dieu est grand»), la bande centrale la chahada.
1992-1996 : Drapeau de l'État Islamique. Les bandes noir et
vert du précédent drapeau sont inversées. Le chahada est remplacé par une autre inscription.
1996-1997 :
Premier drapeau de l'Émirat Islamique. Il s'agit d'un drapeau blanc arboré par les Talibans.
1997-2001 :
Second drapeau de l'Émirat Islamique. Sur le champ blanc fut ajouté le chahada.
2001 : Plusieurs drapeaux
furent arborés par différents mouvements durant la guerre d'Afghanistan, dont les drapeaux de 1992 et de 1973,
parfois sans les emblèmes.
2002-.... : Drapeau de l'État Islamique Transitoire. Il existait en deux versions :
l'une avec l'emblème jaune, et l'autre avec l'emblème blanc.
Après des années de disputes, l’Afghanistan possède un nouvel hymne national depuis le 23 mai 2006, mais il n’y a
plus de musiciens pour le jouer.
Finalement, c’est officiel : le nouvel hymne national de l’Afghanistan
remplaçant l’ancienne version a été joué à Kaboul le 14 mai, et devient ainsi un symbole formel de l’unité nationale.
Mais ni trompettes, ni cymbales n’ont marqué cet événement qui s’est déroulé au ministère de l’Information,
de la Jeunesse et du Tourisme. Faute de musiciens et d’instruments pour le jouer en direct, c’est un disque compact
en provenance d’Allemagne qui a exécuté le morceau.
Les décennies de guerre et l’exil de millions d’Afghans
font que l’hymne national a dû être composé et produit à l’étranger.
Après plusieurs essais pour trouver une
version acceptable, les paroles [de la proposition retenue] ont été écrites par Abdul Bari Jahani, un
Afghan-Américain vivant à Washington, DC. Babrak Wasa, un émigré afghan habitant en Allemagne a composé la musique.
Cette version finale, exécutée par des chanteurs afghans bien connus dans le monde, a été enregistrée sur CD en
Allemagne.
«J’aime cet hymne, il est très doux», a déclaré Shah Zaman Wraiz Stanikzai, le chef du département
des publications au ministère de l’Information. «Mais quelques problèmes techniques demeurent. Nous n’avons pas
d’orchestre pour le jouer lors des cérémonies - ils [les musiciens] sont tous à l’étranger. Nous n’avons pas
d’instruments».
«Pour le moment, quand nous devrons le jouer, nous mettrons le CD et des musiciens
feindront de l’exécuter», a-t-il indiqué.
L’hymne national est censé unir le pays, inspirer des émotions
patriotiques et aider à guérir les blessures causées par des décennies de guerre. Mais il a fallu deux ans d’âpres
discussions pour obtenir l’agrément des élites nationales au pouvoir.
En vertu de la Constitution, l’hymne
doit être en pashto, contenir l’expression “Allahu Akbar !” (Dieu est grand), et mentionner les principaux groupes
ethniques du pays. Trois conditions qui sont douloureusement perçues dans un pays profondément marqué par des
divisions ethniques, linguistiques, et politiques.
«Il existe peut-être quelques personnes qui ne l’aiment
pas, car il est en pashto», estime Stanikzai. «Mais si elles sont contre cet hymne, alors elles s’opposent à
elles-mêmes. C’est notre hymne national, et il est conforme à ce qu’il doit être».
Un des plus mécontents
du résultats est Abdul Hafiz Mansoor, l’éditeur d’une revue politique appelé La voix du Mujahid. Mansoor, qui est
Tadjik et utilise donc le dari plutôt que le pashto comme langue principale, est un critique de toujours des
politiques du gouvernement, et cet hymne l’insupporte particulièrement.
«Je veux l’hymne en sept langues»,
a-t-il précisé à l’IWPR. «Si le gouvernement privilégie un groupe ethnique au détriment des autres, c’est très
dangereux. Je n’ai aucun respect pour cet hymne, et quelle que soit l’occasion, je ne me lèverai pas s’il est
joué. C’est l’hymne de [président Hamid] Karzai - Qu’il s’en occupe».
D’autres - dont Jahani, l’auteur des
paroles - s’opposent à l’utilisation d’“Allahu Akbar” dans le texte.
«C’est quelque chose de sacré; nous
sommes censés réciter ces mots dans les mosquées et les endroits saints, et sans musique. L’Islam ne le permet pas»,
a-t-il indiqué par téléphone, depuis sa maison à Washington. «Cela étant, l’hymne est achevé, et si les gens l’aiment,
alors bonne chance à eux».
L’obligation d’honorer dans le texte tous les principaux groupes ethniques a également
soulevé des problèmes, dans la mesure où l’Afghanistan compte des douzaines, si ce n’est des centaines de groupes
différents. En fin de compte, quatorze ont été retenus et mentionnés, ce qui donne à l’hymne des allures de liste
de courses. Et ce qui irrite également certains, comme les Hindous et les Sikhs, qui ont été omis.
La plupart
des gens conviennent néanmoins que le nouvel hymne est mieux que l’ancien qui date du milieu des années 90 et chante
les louanges des mujaheddin ayant aidé à chasser les Soviétiques. Nombre d’Afghans sont amers au sujet des
destructions occasionnées par les guerres de factions qui ont suivi la fin du régime communiste en 1992, quand les
mujaheddin se sont engagés dans une âpre et ravageuse lutte pour le pouvoir.
«L’ancien chant était un hymne
de mujaheddin», note l’académicien Habibullah Rafi. «C’est une très bonne chose que de lui avoir substitué ce nouvel
hymne».
Il a reconnu que l’écriture du texte avait posé quelques problèmes, la Constitution dictant nombre
d’éléments. «Les poètes ont rencontré quelques difficultés», selon lui.
Rafi en sait quelque chose, ayant
lui-même composé une version de l’hymne, acceptée dans un premier temps puis envoyée à la casse par le président.
Pour autant, il s’estime satisfait avec le nouveau chant.
«En fin de compte, nous avons fait ce que la
Constitution indique», note-t-il.
La création du nouvel hymne de l’Afghanistan a coûté 40 000 dollars, et
les services de plus de soixante-dix chanteurs ont été sollicités. De célèbres exilés comme Nashenas et mademoiselle
Afsana ont participé à l’enregistrement, et la version finale est tout à fait émouvante.
«J’ai entendu le
nouvel hymne à la télévision», affirme Homayoun, 17 ans, qui vend des fruit au centre de Kaboul. «Il m’a rendu très
heureux. Après si longtemps, nous avons un hymne national qui appartient à tout le monde».
Homayoun a
dédaigneusement écarté la question de la langue, estimant que «Ceux qui se plaignent qu’il est en pashto ne veulent
pas la paix dans ce pays».
«Il est très beau», déclare Nooraqa, qui vend des plats dans la rue à Kaboul.
«Peu importe qu’il soit en dari, en pashto ou autre. Il est religieux et également moderne».
Mais
Hedayatullah, un étudiant en ingénierie de 28 ans, n’apprécie pas la mise en musique des mots sacrés.
«Cet
hymne est joli, mais ce n’est pas bien de jouer de la musique sur “Allahu Akbar”. C’est sacré. Quant à la langue,
peu importe qu’il soit en pashto. C’est la langue de la majorité. Pendant les dix dernières années, l’hymne a été
en dari, et personne ne s’en plaignait. Nous ne devrions pas nous plaindre maintenant».
Les armoiries de l'Afghanistan représentent une mosquée avec son mihrab orienté vers La Mecque. Sur la mosquée, on peut voir la Chahada et en dessous, sur une ceinture blanche, l'année 1298 du calendrier musulman (l'equivalent de l'année 1918 dans le calendrier grégorien, date de l'indépendance afghane). La mosquée est entourée par deux drapeaux et par une guirlande végétale.
