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radio "Europe 2"
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FAITS MARQUANTS ANNEE 1939


15 janvier - La guerre civile espagnole et la Belgique.
Janvier - La modification du plan de défense.
11 février - Plus de compromis possible.
6 mars - L’affaire Martens irrite Léopold III.
Mars - L’essor de l’architecture en Belgique.
2 avril - Les rexistes sont balayés.
20 mai - Exposition de l’eau à Liège.
26 juin - Rupture d’une digue du canal Albert à Hasselt.
30 juillet - Un nouveau Tour de France pour Sylvère Maës.
31 août - Des ponts frappés par la foudre.
3 septembre - Mobilisation générale en Belgique.
5 septembre - Le gouvernement Pierlot s’élargit.
19 octobre - Le cinéma a un nouveau rôle à jouer.
15 novembre - Des contacts militaires secrets.
21 décembre - Le ministre Marcq poussé à démissionner.
28 décembre - Moins de sous pour plus de travail.
Décembre - Un climat de drôle de guerre.
Autres dates importantes.



La guerre civile espagnole et la Belgique.

15 janvier 1939.

C' est un Parti ouvrier belge déchiré qui, lors de son congrès, a voté à une majorité de 64 % des voix la résolution marquant sa confiance au gouvernement et admettant l’envoi d’un délégué belge à Burgos, capitale provisoire des franquistes.

Durant près de trois ans, les socialistes belges ont déployé d’immenses efforts pour aider le peuple espagnol. On ne compte plus les convois de vivres, ni les enfants espagnols accueillis en Belgique.

Les communistes belges se sont associés aux aides fournies par les socialistes alors que les libéraux avaient leur propre structure.

Près de 2.000 combattants sont partis de Belgique pour rejoindre les Brigades internationales. Parmi ceux-ci on trouve de nombreux juifs, des Italiens, des Polonais mais aussi des militants communistes belges.


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La modification du plan de défense.

Janvier 1939.

L a défense des Ardennes vient d’être modifiée dans un sens qui semble préluder à un repli des unités spéciales créées en 1933 pour une manœuvre retardatrice.

Cette décision a été prise après l’expérience du «pied de paix renforcée» de l’an dernier, qui a permis de mettre le doigt sur l’inadéquation de notre défense à la politique de neutralité. C’est sous cet angle que non seulement le plan de mobilisation, mais l’ensemble du problème stratégique ont été revus.

Le 29 octobre dernier, le roi avait demandé une couverture solide face à la France et dans le Luxembourg, un déploiement face aux deux frontières. Cela devrait être obtenu par une mobilisation locale et appuyé par un système de destructions bilatérales.

C’est fin décembre que les plans définitifs de la position (anti-française) Ninove-Hal-Waterloo ont été établis.


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Plus de compromis possible.

11 février 1939.

A u début du mois de février, le gouvernement Spaak était tombé sur l’affaire Martens. Entre les libéraux, les catholiques et les socialistes flamands, il n’y avait plus de compromis possible.

Après la tentative avortée de formation d’un gouvernement Jaspar, Hubert Pierlot avait réussi à mettre sur pied une coalition catholique-socialiste. Mais ce gouvernement ne resta en place qu’une semaine.

La formation d’un nouveau gouvernement se révélait être une tâche quasiment impossible. Les socialistes et les catholiques étaient divisés quant à la politique économique et financière à suivre et les libéraux refusaient toute participation gouvernementale tant que le Dr Martens n’avait pas démissionné.

Face à cette situation, le roi a choisi la seule solution qui restait : la dissolution du Parlement et la convocation aux urnes.


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L’affaire Martens irrite Léopold III.

Mars 1939.

L e roi a signé aujourd’hui le décret de dissolution des Chambres, marquant ainsi sa désapprobation face au cafouillage politique engendré par la nomination, comme membre de la nouvelle Académie royale de médecine, d’un personnage discutable, le Dr Martens. Cette nomination, défendue par Paul-Henri Spaak, avait provoqué des manifestations d’anciens combattants.

Circonstance aggravante, la nomination du Dr Martens avait été annoncée avant même qu’elle ait été soumise à la signature du roi.

Les libéraux avaient posé un ultimatum : soit la démission du Dr Martens, soit celle du premier ministre.

C’est Spaak qui est tombé. Dans une lettre rendue publique aujourd’hui, Léopold III rappelle au premier ministre qu’il a déjà plusieurs fois formulé des réserves quant aux «mœurs parlementaires».


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L’essor de l’architecture en Belgique.

Mars 1939.

L a Belgique s’enorgueillit d’envoyer à New York trois architectes de renommée internationale : Henry van de Velde, Victor Bourgeois et Léon Stijnen. Tous trois vont en effet participer à l’inauguration du pavillon belge construit à l’occasion de l’Exposition universelle organisée aux USA.

Le renouvellement du tissu urbain a permis à ces architectes de faire leurs preuves. Bourgeois a entre autres construit la maison et l’atelier du sculpteur Oscar Jespers, mais L.-H. de Koninck a réalisé la première maison belge en voile de béton; Jasinski construit avec Brunfaut l’institut Héger-Bordet et J.-J. Eggerickx crée des cités-jardins.

Et bien d’autres contribuent à métamorphoser les villes belges.


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Les rexistes sont balayés.

2 avril 1939.

L Les élections se sont déroulées dans des conditions très incertaines. Les Allemands occupent depuis peu la Tchécoslovaquie et en matière de politique intérieure, c’est principalement la gravité de la situation économique et la totale division autour de l’affaire Martens qui dominent.

Les libéraux auraient tiré le plus grand profit de cette situation. Ils apparaissent, de toute évidence, avec les catholiques, comme les grands vainqueurs de ces élections.

Le POB et le PCB ont perdu des voix et le VNV s ‘est encore renforcé. Rex est anéanti. Ces élections ouvrent la voie à un gouvernement de coalition catholique-libérale, Pierlot II.


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Exposition de l’eau à Liège.

20 mai 1939.

L iège est à l’honneur à l’occasion de l’ouverture officielle de l’Exposition internationale de l’eau et de l’achèvement du canal Albert.

Reliée désormais à Anvers par cette grande voie de 125 kilomètres (qui pourra transporter des bateaux de deux mille tonneaux), Liège a fêté le nouveau «fleuve» créé par les hommes.

Dans une allocution, le roi Léopold a souligné l’importance des travaux exécutés : «La prospérité de notre industrie dépend essentiellement des conditions de transport».


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Rupture d’une digue du canal Albert à Hasselt.

26 juin 1939.

U ne catastrophe s’est produite près de Hasselt, où une digue du canal Albert s’est rompue, inondant entièrement le bief long de trois kilomètres et demi s’étendant entre les écluses de Diepenbeek et de Hasselt.

Un ingénieur en tournée d’inspection, surpris par l’éboulement et la violence du flot, a été tué.

La masse d’eau a envahi des centaines d’hectares, et la mise en service du canal Albert en sera évidemment retardée.


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Un nouveau Tour de France pour Sylvère Maës.

30 juillet 1939.

E n l’absence des coureurs italiers, le Tour de France a consacré la classe du Belge Sylvère Maës, déjà vainqueur en 1936.

La course se résuma à une bataille entre Belges et Français, et surtout entre Maës et René Vietto.

Après un début d’épreuve dominé par les coureurs des équipes régionales, Vietto endossa le maillot jaune dès le quatrième jour, et le conserva jusqu’au Alpes.

Mais dans la grande étape Digne-Briançon, Sylvère Maës lança une attaque irrésistible et, profitant d’une défaillance de son rival, termina avec 17 minutes d’avance.

Après avoir parachevé son œuvre le lendemain contre la montre, Syvère Maës fit une arrivée triomphale à Paris, reléguant Vietto à plus d’une demi-heure. Le champion belge a cependant déclaré que, la course devenant trop dure, il n’y participerait plus.


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Des ponts frappés par la foudre.

31 août 1939.

L La destruction des deux ponts-rails de Val-Benoit et de celui d’Ougrée, qui paralyse le trafic ferroviaire entre Bruxelles et l’Allemagne pour deux ans au moins et bloque les navires circulant sur la Meuse, est due au déclenchement accidentel d’un système de destruction installé pour être utilisé en cas de guerre, par la foudre ayant frappé les fils électriques de mise à feu des charges explosives.

Ce caprice du ciel a causé la mort de 11 personnes et en a blessé 87.


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Mobilisation générale en Belgique.

3 septembre 1939.

L e jour de la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne, le gouvernement belge publie une déclaration de neutralité, rappelant les positions adoptées en 1936 par le roi Léopold III.

Les Belges répondent à la mobilisation :
un peuple se met en marche

Il constitue par ailleurs un cabinet tripartite d’union nationale.

La mobilisation générale est proclamée : 650.000 hom-mes, soit un huitième de la population belge, sont ap-pelés sous les drapeaux. Les troupes, c’est-à-dire 22 divi-sions au total, sont disposées en deux échelons : une pre-mière ligne, canal Albert-Meuse; une seconde ligne Anvers-Malines-Louvain-Wavre.

De la même façon et tout en réaffirmant leur neutralité, les Pays-Bas et la Suisse mobilisent.


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Le gouvernement Pierlot s’élargit.

5 septembre 1939.

A près l’occupation de la Pologne par les Allemands, la nécessité d’un gouvernement stable d’union nationale s’est brusquement fait sentir.

Avant-hier, le gouvernement Pierlot a été élargi à cinq ministres socialistes et des pouvoirs spéciaux ont été votés par le Parlement. Ceux-ci prévoient la possibilité d’octroyer au gouvernement la quasi totalité des pouvoirs de l’Etat si les circonstances l’imposaient.

Le gouvernement a également voté quelques lois d’urgence comme le rallongement des mandats parlementaires pour la durée d’une occupation éventuelle, mais la stabilité politique n’est pas encore véritablement atteinte et des tensions subsistent entre les différents partis.


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Le cinéma a un nouveau rôle à jouer.

19 octobre 1939.

C' est avec curiosité que les Belges découvrent aujourd’hui un nouveau Gaston Schoukens. L’auteur bruxellois de bien des films délassants, voire comiques, vient de présenter à la critique "Ceux qui veillent", un film documentaire de long métrage destiné, semble-t-il, à rassurer la population quant aux efforts consentis par le gouvernement en matière de défense nationale.

"Ceux qui veillent" s’inscrit dans la lignée des films de propagande tels qu’on en produit depuis quelques années outre-Rhin et, depuis peu, en France.

Parfois, ce type de film repose sur une évoction historique glorieuse, comme celui d’André Cauvin, "Nos soldats d’Afrique", actuellement sur les écrans, et qui relate les victoires de notre armée d’Afrique durant la dernière guerre.

Tout porte cependant à croire que "Bossemans et Coppenolle", le dernier film de Schoukens, qui conte avec le sourire les réactions des Belges durant l’occupation de 1914-1918, est particulièrement susceptible de dérider nos concitoyens et de leur donner du cœur au ventre.


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Des contacts militaires secrets.

15 novembre 1939.

I l semble que les responsables belges ne croient plus à la politique de neutralité absolue.

Le 10 octobre, le haut commandement belge a pris secrètement connaissance du plan de campagne français en cas d’invasion de la Belgique.

Le 26 octobre, le général Van Overstraeten a exposé au Britannique Keyes le détail du déploiement de l’armée.

Le 6, le Roi, Paul-Henri Spaak et le chef d’état major se sont rendus à La Haye et ont tenté d’établir une collaboration étroite avec les Hollandais.

Le général français Gamelin, a émis quelques suggestions de mouvements de troupes, l’armée belge étant chargée de la défense du secteur Anvers-Louvain.


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Le ministre Marcq poussé à démissionner.

21 décembre 1939.

L a faillite du Crédit anversois a eu des répercussions sur le plan politique. Les guichets de cette banque avaient été fermés par le parquet dans la matinée du 2 décembre, après que le gouvernement ait refusé de soutenir le plan de sauvetage de cette institution.

Avant-hier, au cours d’une interpellation à la Chambre, le libéral Van Glabbeke a reproché au ministre des Communications Marck, chrétien-démocrate d’avoir fait usage d’informations confidentielles pour sauver son propre capital.

Marck a affirmé aujourd’hui que son employé avait retiré ce matin-là une somme de 1.350 francs (et non 17.000), et que cela n’avait aucun rapport avec la découverte de la banqueroute.

Etant donné l’émotion provoquée chez les épargnants ruinés, le ministre Marck a décidé d’offrir sa démission.


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Moins de sous pour plus de travail.

28 décembre 1939.

L es mineurs hennyers, qui s’étaient mis en grève il y a deux jours pour protester contre la décision gouvernementale de prolongement du temps de travail des mineurs à 45 heures, ont repris le travail.

Au mois d’août, le gouvernement avait déjà décidé de suspendre la loi sur la journée de travail de 8 heures ainsi que l’interdiction de travail de nuit des femmes.

Le gouvernement avait estimé que de telles mesures étaient nécessaires pour garder l’économie en état de marche.

La menace de guerre avait en effet contraint à la mobilisation de 600.000 hommes.

Le 21 décembre, la deuxième Conférence nationale du Travail a décidé de suspendre l’indexation des salaires et de geler les prix pour pouvoir ainsi contrôler le coût de la vie.

Les propriétaires des mines exigeaient d’eux une augmentation du prix du charbon de 3 % et ont appliqué trop tôt la prolongation du temps de travail.

Quelque 36.000 mineurs se sont alors mis en grève.


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Un climat de drôle de guerre.

Décembre 1939.

L es unités mobilisées doivent respecter les directives de neutralité et, de part et d’autre de la frontière française, on se regarde avec méfiance.

L'armée sur le terrain


Français et Britanniques nous reprochent cette attitude.

Chaque jour, des avions allemands, français ou anglais survolent le pays.

Dans les villages-cantonnements, les mobi-lisés commencent à douter de l’utilité de leur présence sous les armes.

L’instruction militaire ne s’inspire en rien des enseignements de la courte campagne de Pologne. La discipline devient «paterna-liste» : insouciance de la tenue et laisser-aller de l’attitude.



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Autres dates importantes.


- 12 janvier : Arrivée en Belgique des premiers enfants israélites fuyant l’Allemagne nazie.


- 21 février : Hubert Perlot forme un cabinet composé de catholiques et de socialistes.


- 27 février : Chute du gouvernement Pierlot pour des raisons de politique économique.


- Février : Edwige Feuillère joue La dame aux camélias au théâtre des Galeries.


- 18 avril : Hubert Perlot forme un gouvernement tripartite.


- 25 juin : Spa : le Grand Prix de Belgique automobile se termine par la victoire de l’Allemand Hermann Lang sur Mercédès.


- Juin : Spa : Inauguration par le Roi de l’Institut Bordet et de la clinique Paul Héger à Bruxelles.


- 30 juillet : Ouverture à Liège de l’Exposition internationale de l’Eau.


- 23 août : Au nom du Groupe d’Oslo, Léopold III lance un appel en faveur de la paix.


- 15 septembre : Suspension du Cartel de l’acier.


- 6 octobre : Adolf Hitler assure la Belgique de son amitié et déclare ne réclamer que les colonies perdues en 1918.


- Octobre : A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’opéra royal flamand d’Anvers propose une saison exceptionnelle.


- 9 novembre : L’attaché militaire belge à Berlin met Bruxelles en garde contre l’imminence d’une attaque allemande.


- 31 décembre : En cette fin d’année, le nombre de voitures, autobus et camions en circulation s’élève à 240.000 unités.


- Décembre : Une première ligne de trolleybus bruxellois (la 54) relie Forest à la gare du Luxembourg.


- Décembre : Le violoniste Arthur Grumiaux remporte le Prix Vieuxtemps.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).