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radio "Europe 2" |
15 janvier 1939.
C'
est un Parti ouvrier belge déchiré qui, lors de son congrès, a voté à une majorité de
64 % des voix la résolution marquant sa confiance au gouvernement et admettant l’envoi
d’un délégué belge à Burgos, capitale provisoire des franquistes.
Durant près de
trois ans, les socialistes belges ont déployé d’immenses efforts pour aider le peuple
espagnol. On ne compte plus les convois de vivres, ni les enfants espagnols accueillis
en Belgique.
Les communistes belges se sont associés aux aides fournies par les
socialistes alors que les libéraux avaient leur propre structure.
Près de 2.000
combattants sont partis de Belgique pour rejoindre les Brigades internationales. Parmi
ceux-ci on trouve de nombreux juifs, des Italiens, des Polonais mais aussi des militants
communistes belges.
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Janvier 1939.
L
a défense des Ardennes vient d’être modifiée dans un sens qui semble préluder à un
repli des unités spéciales créées en 1933 pour une manœuvre retardatrice.
Cette décision a été prise après l’expérience du «pied de paix renforcée» de l’an
dernier, qui a permis de mettre le doigt sur l’inadéquation de notre défense à la
politique de neutralité. C’est sous cet angle que non seulement le plan de mobilisation,
mais l’ensemble du problème stratégique ont été revus.
Le 29 octobre dernier,
le roi avait demandé une couverture solide face à la France et dans le Luxembourg, un
déploiement face aux deux frontières. Cela devrait être obtenu par une mobilisation
locale et appuyé par un système de destructions bilatérales.
C’est fin
décembre que les plans définitifs de la position (anti-française) Ninove-Hal-Waterloo
ont été établis.
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11 février 1939.
A
u début du mois de février, le gouvernement Spaak était tombé sur l’affaire Martens.
Entre les libéraux, les catholiques et les socialistes flamands, il n’y avait plus de
compromis possible.
Après la tentative avortée de formation d’un gouvernement
Jaspar, Hubert Pierlot avait réussi à mettre sur pied une coalition catholique-socialiste.
Mais ce gouvernement ne resta en place qu’une semaine.
La formation d’un
nouveau gouvernement se révélait être une tâche quasiment impossible. Les socialistes
et les catholiques étaient divisés quant à la politique économique et financière à
suivre et les libéraux refusaient toute participation gouvernementale tant que le Dr
Martens n’avait pas démissionné.
Face à cette situation, le roi a choisi la
seule solution qui restait : la dissolution du Parlement et la convocation aux urnes.
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Mars 1939.
L
e roi a signé aujourd’hui le décret de dissolution des Chambres, marquant ainsi sa
désapprobation face au cafouillage politique engendré par la nomination, comme membre
de la nouvelle Académie royale de médecine, d’un personnage discutable, le Dr Martens.
Cette nomination, défendue par Paul-Henri Spaak, avait provoqué des manifestations
d’anciens combattants.
Circonstance aggravante, la nomination du Dr Martens
avait été annoncée avant même qu’elle ait été soumise à la signature du roi.
Les libéraux avaient posé un ultimatum : soit la démission du Dr Martens, soit celle du
premier ministre.
C’est Spaak qui est tombé. Dans une lettre rendue publique
aujourd’hui, Léopold III rappelle au premier ministre qu’il a déjà plusieurs fois
formulé des réserves quant aux «mœurs parlementaires».
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Mars 1939.
L
a Belgique s’enorgueillit d’envoyer à New York trois architectes de renommée
internationale : Henry van de Velde, Victor Bourgeois et Léon Stijnen. Tous trois vont
en effet participer à l’inauguration du pavillon belge construit à l’occasion de
l’Exposition universelle organisée aux USA.
Le renouvellement du tissu
urbain a permis à ces architectes de faire leurs preuves. Bourgeois a entre autres
construit la maison et l’atelier du sculpteur Oscar Jespers, mais L.-H. de Koninck a
réalisé la première maison belge en voile de béton; Jasinski construit avec Brunfaut
l’institut Héger-Bordet et J.-J. Eggerickx crée des cités-jardins.
Et bien d’autres contribuent à métamorphoser les villes belges.
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2 avril 1939.
L
Les élections se sont déroulées dans des conditions très incertaines. Les Allemands
occupent depuis peu la Tchécoslovaquie et en matière de politique intérieure, c’est
principalement la gravité de la situation économique et la totale division autour de
l’affaire Martens qui dominent.
Les libéraux auraient tiré le plus grand
profit de cette situation. Ils apparaissent, de toute évidence, avec les catholiques,
comme les grands vainqueurs de ces élections.
Le POB et le PCB ont perdu des
voix et le VNV s ‘est encore renforcé. Rex est anéanti. Ces élections ouvrent la voie à
un gouvernement de coalition catholique-libérale, Pierlot II.
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20 mai 1939.
L
iège est à l’honneur à l’occasion de l’ouverture officielle de l’Exposition
internationale de l’eau et de l’achèvement du canal Albert.
Reliée désormais
à Anvers par cette grande voie de 125 kilomètres (qui pourra transporter des bateaux de
deux mille tonneaux), Liège a fêté le nouveau «fleuve» créé par les hommes.
Dans une allocution, le roi Léopold a souligné l’importance des travaux exécutés :
«La prospérité de notre industrie dépend essentiellement des conditions de transport».
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26 juin 1939.
U
ne catastrophe s’est produite près de Hasselt, où une digue du canal Albert s’est
rompue, inondant entièrement le bief long de trois kilomètres et demi s’étendant entre
les écluses de Diepenbeek et de Hasselt.
Un ingénieur en tournée d’inspection,
surpris par l’éboulement et la violence du flot, a été tué.
La masse d’eau a
envahi des centaines d’hectares, et la mise en service du canal Albert en sera
évidemment retardée.
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30 juillet 1939.
E
n l’absence des coureurs italiers, le Tour de France a consacré la classe du Belge
Sylvère Maës, déjà vainqueur en 1936.
La course se résuma à une bataille
entre Belges et Français, et surtout entre Maës et René Vietto.
Après un
début d’épreuve dominé par les coureurs des équipes régionales, Vietto endossa le
maillot jaune dès le quatrième jour, et le conserva jusqu’au Alpes.
Mais
dans la grande étape Digne-Briançon, Sylvère Maës lança une attaque irrésistible et,
profitant d’une défaillance de son rival, termina avec 17 minutes d’avance.
Après avoir parachevé son œuvre le lendemain contre la montre, Syvère Maës fit une
arrivée triomphale à Paris, reléguant Vietto à plus d’une demi-heure. Le champion
belge a cependant déclaré que, la course devenant trop dure, il n’y participerait plus.
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31 août 1939.
L
La destruction des deux ponts-rails de Val-Benoit et de celui d’Ougrée, qui paralyse
le trafic ferroviaire entre Bruxelles et l’Allemagne pour deux ans au moins et bloque
les navires circulant sur la Meuse, est due au déclenchement accidentel d’un système
de destruction installé pour être utilisé en cas de guerre, par la foudre ayant frappé
les fils électriques de mise à feu des charges explosives.
Ce caprice du
ciel a causé la mort de 11 personnes et en a blessé 87.
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3 septembre 1939.
L
e jour de la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne, le
gouvernement belge publie une déclaration de neutralité, rappelant les positions
adoptées en 1936 par le roi Léopold III.
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Les Belges répondent à la mobilisation : un peuple se met en marche |
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Il constitue par ailleurs un cabinet tripartite d’union nationale.
La mobilisation générale est proclamée : 650.000 hom-mes, soit un huitième de la
population belge, sont ap-pelés sous les drapeaux. Les troupes, c’est-à-dire 22
divi-sions au total, sont disposées en deux échelons : une pre-mière ligne, canal
Albert-Meuse; une seconde ligne Anvers-Malines-Louvain-Wavre.
De la même
façon et tout en réaffirmant leur neutralité, les Pays-Bas et la Suisse mobilisent.
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5 septembre 1939.
A
près l’occupation de la Pologne par les Allemands, la nécessité d’un gouvernement
stable d’union nationale s’est brusquement fait sentir.
Avant-hier, le
gouvernement Pierlot a été élargi à cinq ministres socialistes et des pouvoirs spéciaux
ont été votés par le Parlement. Ceux-ci prévoient la possibilité d’octroyer au
gouvernement la quasi totalité des pouvoirs de l’Etat si les circonstances l’imposaient.
Le gouvernement a également voté quelques lois d’urgence comme le
rallongement des mandats parlementaires pour la durée d’une occupation éventuelle, mais
la stabilité politique n’est pas encore véritablement atteinte et des tensions
subsistent entre les différents partis.
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19 octobre 1939.
C'
est avec curiosité que les Belges découvrent aujourd’hui un nouveau Gaston Schoukens.
L’auteur bruxellois de bien des films délassants, voire comiques, vient de présenter à
la critique "Ceux qui veillent", un film documentaire de long métrage destiné,
semble-t-il, à rassurer la population quant aux efforts consentis par le gouvernement
en matière de défense nationale.
"Ceux qui veillent" s’inscrit dans la lignée
des films de propagande tels qu’on en produit depuis quelques années outre-Rhin et,
depuis peu, en France.
Parfois, ce type de film repose sur une évoction
historique glorieuse, comme celui d’André Cauvin, "Nos soldats d’Afrique", actuellement
sur les écrans, et qui relate les victoires de notre armée d’Afrique durant la dernière
guerre.
Tout porte cependant à croire que "Bossemans et Coppenolle", le dernier
film de Schoukens, qui conte avec le sourire les réactions des Belges durant l’occupation
de 1914-1918, est particulièrement susceptible de dérider nos concitoyens et de leur
donner du cœur au ventre.
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15 novembre 1939.
I
l semble que les responsables belges ne croient plus à la politique de neutralité
absolue.
Le 10 octobre, le haut commandement belge a pris secrètement
connaissance du plan de campagne français en cas d’invasion de la Belgique.
Le 26 octobre, le général Van Overstraeten a exposé au Britannique Keyes le détail du
déploiement de l’armée.
Le 6, le Roi, Paul-Henri Spaak et le chef d’état
major se sont rendus à La Haye et ont tenté d’établir une collaboration étroite avec
les Hollandais.
Le général français Gamelin, a émis quelques suggestions
de mouvements de troupes, l’armée belge étant chargée de la défense du secteur
Anvers-Louvain.
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21 décembre 1939.
L
a faillite du Crédit anversois a eu des répercussions sur le plan politique. Les
guichets de cette banque avaient été fermés par le parquet dans la matinée du 2
décembre, après que le gouvernement ait refusé de soutenir le plan de sauvetage de
cette institution.
Avant-hier, au cours d’une interpellation à la Chambre,
le libéral Van Glabbeke a reproché au ministre des Communications Marck,
chrétien-démocrate d’avoir fait usage d’informations confidentielles pour sauver son
propre capital.
Marck a affirmé aujourd’hui que son employé avait retiré ce
matin-là une somme de 1.350 francs (et non 17.000), et que cela n’avait aucun rapport
avec la découverte de la banqueroute.
Etant donné l’émotion provoquée chez
les épargnants ruinés, le ministre Marck a décidé d’offrir sa démission.
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28 décembre 1939.
L
es mineurs hennyers, qui s’étaient mis en grève il y a deux jours pour protester
contre la décision gouvernementale de prolongement du temps de travail des mineurs à
45 heures, ont repris le travail.
Au mois d’août, le gouvernement avait déjà
décidé de suspendre la loi sur la journée de travail de 8 heures ainsi que
l’interdiction de travail de nuit des femmes.
Le gouvernement avait estimé
que de telles mesures étaient nécessaires pour garder l’économie en état de marche.
La menace de guerre avait en effet contraint à la mobilisation de 600.000
hommes.
Le 21 décembre, la deuxième Conférence nationale du Travail a décidé
de suspendre l’indexation des salaires et de geler les prix pour pouvoir ainsi contrôler
le coût de la vie.
Les propriétaires des mines exigeaient d’eux une
augmentation du prix du charbon de 3 % et ont appliqué trop tôt la prolongation du
temps de travail.
Quelque 36.000 mineurs se sont alors mis en grève.
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Décembre 1939.
L
es unités mobilisées doivent respecter les directives de neutralité et, de part et
d’autre de la frontière française, on se regarde avec méfiance.
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L'armée sur le terrain |
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Français et Britanniques nous reprochent cette attitude.
Chaque jour, des
avions allemands, français ou anglais survolent le pays.
Dans les
villages-cantonnements, les mobi-lisés commencent à douter de l’utilité de leur
présence sous les armes.
L’instruction militaire ne s’inspire en rien des
enseignements de la courte campagne de Pologne. La discipline devient «paterna-liste» :
insouciance de la tenue et laisser-aller de l’attitude.
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- 12 janvier : Arrivée en Belgique des premiers enfants israélites fuyant
l’Allemagne nazie.
- 21 février : Hubert Perlot forme un cabinet composé de catholiques et
de socialistes.
- 27 février : Chute du gouvernement Pierlot pour des raisons de politique
économique.
- Février : Edwige Feuillère joue La dame aux camélias au théâtre des
Galeries.
- 18 avril : Hubert Perlot forme un gouvernement tripartite.
- 25 juin : Spa : le Grand Prix de Belgique automobile se termine par la
victoire de l’Allemand Hermann Lang sur Mercédès.
- Juin : Spa : Inauguration par le Roi de l’Institut Bordet et de la
clinique Paul Héger à Bruxelles.
- 30 juillet : Ouverture à Liège de l’Exposition internationale de l’Eau.
- 23 août : Au nom du Groupe d’Oslo, Léopold III lance un appel en faveur
de la paix.
- 15 septembre : Suspension du Cartel de l’acier.
- 6 octobre : Adolf Hitler assure la Belgique de son amitié et déclare ne
réclamer que les colonies perdues en 1918.
- Octobre : A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’opéra royal flamand
d’Anvers propose une saison exceptionnelle.
- 9 novembre : L’attaché militaire belge à Berlin met Bruxelles en garde
contre l’imminence d’une attaque allemande.
- 31 décembre : En cette fin d’année, le nombre de voitures, autobus et
camions en circulation s’élève à 240.000 unités.
- Décembre : Une première ligne de trolleybus bruxellois (la 54) relie
Forest à la gare du Luxembourg.
- Décembre : Le violoniste Arthur Grumiaux remporte le Prix Vieuxtemps.
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