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17 février 1922.
"D
écouvrir de nouvelles pièces de théâtre est le but qui nous est assigné : nous n'avons
pas d'autre raison d'être et nous n'avons pas honte de cette profession de foi élémentaire,
parce qu'elle est devenue pour nous une question de conscience et qu'actuellement la
situation scandaleuse de notre théâtre nous oblige à tout recommencer à zéro".
C'est par cette déclaration fracassante que Jules Delacre, lors de l'ouverture de son
Théâtre du Marais, dans la rue du même nom, au centre de Bruxelles, a secoué de sa
torpeur le petit monde du théâtre.
A Londres, Jules Delacre (qui s'est aussi
taillé une belle réputation de poète) a déjà connu un énorme succès pendant la guerre,
avec sa troupe The French Players, que le roi George VI lui-même a appréciée.
Depuis son retour, il s'est fort démené.
A en juger par sa brillante représentation
d'ouverture (avec Sganarelle de Molière et le Chandelier d'Alfred de Musset),
il a sans aucun doute atteint son objectif.
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25 mai 1922.
E
rnest Solvay (né en 1838) avait débuté dans la petite usine à gaz de son oncle, à
Saint-Josse-ten-Noode, et y avait apporté plusieurs perfectionnements.
A 23
ans, il prit un brevet relatif à la fabrication du carbone sodique. Puis, il mit en
route, à Couillet, en 1865, la fabrication industrielle de carbonate sodique. Deux
ans plus tard, la production était passée de 200 kg à 3 tonnes.
L'entreprise prit
de l'extension en Lorraine. Son procédé fut exploité en Angleterre, en Allemagne, aux
Etats-Unis, en Autriche.
Ernest Solvay, qui avait pour la science un véritable
culte, a consacré la fin de sa vie à l'organisation des secours aux nombreuses victimes
civiles de la guerre.
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Mai 1922.
L
es Signaux de France et de Belgique ont dû interrompre leur publication à leur
douzième livraison.
Pour leur succéder, R. Mélot du Dy et Franz Hellens lancent
une nouvelle revue franco-belge : Le disque vert - Revue mensuelle de littérature
-.
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Franz Hellens |
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Au sein du comité de rédaction, on trouve, à leurs côtés, O.-J. Périer, P.
Fierens, R. Goffin, et pour la France, A. Salmon et J. Paulhan.
La revue
est conçue dans le même esprit que les Signaux : "Ouvert à tous, dif-
ficile, cependant, à ouvrir".
Elle souhaite en tout les cas se donner un
caractère résolument européen, com- me en témoigne le sommaire de son premier
numéro : Jethro Bithell y donne une note sur Synge et le drame ir-
landais; Piero Jahin, écrivain italien, publie On m'a
prêté une villa et, dans la chronique des livres, l'écrivain allemand F. M. Huebner
évoque La situation littéraire en Allemagne.
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23 juillet 1922.
L
e Tour de France qui vien de se terminer a été le "Tour des Belges".
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Firmin Lambot à l'arrivée |
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Ceux-ci ont été, à nouveau, écrasants.
Tandis que l'un d'entre eux,
Philippe Thys, gagnait la dernière étape, Paris- Dunkerque, Firmin Lambot
l'emportait au classement général.
Il a parcouru les 5.500 km de
l'épreuve en 222 heures 6 minutes, et précédait les 38 rescapés de la
"Grande boucle".
Les quatre premières places reviennent à des Belges
et huit d'entre eux se classent dans les dix premiers là où les Français
n'ont pu placer que deux hommes.
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31 octobre 1922.
L
e combat que se livraient Dada et le bacille de Koch, depuis janvier dernier, a finalement
tourné à l'avantage du second.
Clément Pansaers est mort à l'hôpital Saint-Pierre
d'une lymphadénie aleucémique, forme rare de la tuberculose des glandes.
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Clément Pansaers |
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Né à Neerwinden le 1er mai 1885, Clément Pansaers débuta au Boeren- bond
(1907-1911), puis à la Bibliothèque Royale (1913-1914). Après Six mois de
méditation sur un aveugle mur blanc (1916) et la rencontre avec Carl
Sternheim (1917), le poète s'orienta vers un avant-gardisme militant, qui s'expri-
ma dans la revue internationaliste in- titulée Résurrection, publiée de
décem- bre 1917 à mai 1918.
Avec Pan Pan au cul du nu nègre
(1920), Bar Nicanor (1921) et ses con- tributions à Ca Ira, dont
l'Apologie de la Paresse (1921), Pansaers devint un des chefs de
file du dadaïsme non con- formiste.
Sa mort pourrait bien consacrer
l'éviction du Je Blennorragie par la tuberculose des glandes.
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30 novembre 1922.
D
epuis toujours se pose le délicat problème de la rémunération des auteurs pour leurs prestations
intellectuelles.
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Lode Baekelmans, cofondateur de la SABAM |
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En septembre 1886, la Belgique signait, à Berne, la Convention pour
la protection des oeuvres littéraires et artistiques.
Encore
fallait-il qu'elle se donne les moyens de contrôler, sur son territoire et
dans le monde, l'uti- lisation et l'exploitation des dif- férentes oeuvres
de nos artistes.
C'est pour cela que s'est créée la Société Belge
des Auteurs, Compo- siteurs et Editeurs, sous l'égide de Baekelmans, Alpaerts,
Broecks, Hullebroeck, Monteyne, Mortelmans, Vandijk et Verheyden.
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19 décembre 1922.
"A
près de longs mois de discussions orageuses en commission, la chambre des Représentants
a finalement adopté le projet de loi de Frans Van Cauwelaert sur la flamandisation de
l'université de Gand.
Comme le précise son article Ier, désormais : "A l'université
de Gand, l'enseignement est donné en flamand. Il est donné en flamand et en français
pour les écoles du génie civil et des arts et manufactures".
Mais il s'en est fallu
de fort peu que ce projet, pourtant minimaliste, n'aboutisse à une crise politique.
Il n'a d'ailleurs été voté que par 85 voix contre 83. Et pour faire passer son projet,
le président du Katholieke Vlaamsche Landsbond a dû à nouveau recourir à l'alliance
tactique avec les socialistes flamands.
Il répète ainsi la politique adoptée
lors des élections communales d'Anvers et grâce à laquelle il avait été élu bourgmestre
tandis que Huysmans recevait le poste d'échevin de l'Instruction publique.
Tout
cela ne va pas sans mécontenter les libéraux. Et, de nombreux catholiques non flamingants
s'étant opposés à ce vote, il reste à savoir combien de temps le gouvernement catholique-libéral
pourra encore tenir. D'autant plus que le projet doit encore recueillir l'assentiment des
sénateurs.
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1922.
N
é à Bruxelles, Jean Capart montra un intérêt très précoce pour l'égyptologie. Il
étudia le droit pour plaire à sa famille mais sa thèse portait déjà sur un sujet
relatif à l'Egypte.
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Jean Capart et la reine Elisabeth |
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De son premier voyage en Egypte, Capart rapporta 700 à 800 pièces pour
le musée du Cinquantenaire.
Devenu chargé de cours aux universités
de Liège et de Bruxelles, il organisa des visites-conférences de vulgarisation
scientifique très suivies dans toutes les villes belges.
En
1907, le baron Empain finança sa mission à Héliopolis.
Au début de
cette année, la reine Elisabeth, projetant d'assister à l'ou-verture de la
tombe de Tout-Ankh-Amon, demanda à Capart de lui servir de cicerone. L'intérêt marqué
par la souveraine pour les choses de l'Egypte devrait bientôt se voir concrétisés par
la mise sur pied d'une Fondation égyptologique.
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1922.
A
rthur Steurbaut, la célèbre basse, et Flor Alpaerts ont été nommés codirecteurs de
l'Opéra Royal Flamand d'Anvers.
Ces deux musiciens connaissent cet établissement
de longue date : Steurbaut pour s'y être maintes fois produit, et Alpaerts pour y avoir
connu ses premiers succès de compositeur avec son opéra Shylock, d'après Shakespeare,
créé en novembre 1913.
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L'Opéra d'Anvers |
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Ancien élève de Peter Benoit et de Jan Blockx, Alpaerts est non seulement un
compositeur de talent - comme on a pu le constater à l'audition de son poème
symphonique Pallieter - mais c'est égale- ment un brillant chef d'orchestre,
dans la lignée de son maître Edouard Keur- vels.
Toutefois,
l'orchestre de l'Opéra flamand d'Anvers sera principalement placé sous la
baguette du jeune chef Renaat Veremans, qui nous fut révélé la saison dernière.
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1922.
"L
e nouveau recueil de poèmes de Robert Goffin, Jazz Band, paraît aux Editions
de l'Université Libre de Bruxelles.
Né à Ohain il y a vingt-quatre ans, Robert
Goffin se mit à la poésie dès quatorze ans, sous le pseudonyme de Jean d'Elbe.
Le 1er mai 1918, l'éditeur Van Campenhout publia son premier essai poétique, intitulé
Rosaire des soirs.
Sa passion pour le jazz, "si grand qu'il contient
l'avenir", a inspiré son second recueil.
Il s'ouvre sur les douze coups de minuit,
à l'heure du jazz-band, "qui est le plus beau Te Deum du monde".
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- 6 février : L'équipe belgo-hollandaise Aerts-Van Kempen emporte les Six
jours de Bruxelles.
- 8 mars : Herman Teirlinck publie De Vertraagde Film.
- 1 mai : Entrée en vigueur de l'Union Economique belgo-luxembourgeoise.
- 22 mai : Début de la production de radium à Oolen.
- 3 juin : Le cabinet Theunis réduit les indemnités de chômage allouées par
le Fonds de crise.
- 23 juin : Les 700 dockers d'Anvers, en grève depuis le 11 juin, obtiennent
satisfaction : une commission paritaire décide d'augmenter leur salaire de 4 F
l'heure.
- Juin : Fondation de la revue 7 Arts par l'architecte Victor Bourgeois,
le poète Pierre Bourgeois, les peintres Pierre Flouquet et Karel Maes et le compositeur
Georges Monier.
- 6 août : Ernest Demuyter remporte à nouveau la coupe Gordon Bennett, à bord,
cette fois, du Veenstra (1.372 km).
- 5 novembre : Manifestation massive, à Gand, en faveur de la flamandisation
de l'université.
- 30 novembre : Création de la Société Belge des Auteurs, Compositeurs et
Editeurs.
- 19 décembre : Le projet de loi Van Cauwelaert sur la flamandisation de
l'université de Gand est voté par la Chambre.
- 1922 : L'armée belge se sert du dessin animé pour enseigner le maniement
des armes aux recrues. C'est une première mondiale.
- 1922 : Création du Jardin expérimental Jean Massart.
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