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FAITS MARQUANTS ANNEE 1918

20 janvier - Un conseil des ministres flamand.
23 janvier - Willy Coppens est mécontent.
Janvier - Mansuétude pour les "frontistes".
15 février - Le courage des magistrats bruxellois.
15 mars - Arille Carlier veut Bruxelles bilingue.
20 mars - Pas de référendum parmi les soldats.
24 avril - Publication d'un manifeste socialiste.
11 mai - Vive inquiétude sur le front belge.
Juin - La démission du baron Charles de Broqueville.
Août - Marcel Thiry et la métaphysique.
9 septembre - Le roi Albert dirige les opérations alliées en Flandre.
15 septembre - Les anticléricaux au secours des écoles libres.
27 septembre - Préparation de l'offensive en Flandre.
28 septembre - L'offensive libératrice belge.
Octobre - Le Conseil des Flandres disparaît.
11 novembre - Armistice signé à Rethondes.
11 novembre - Emissaires chez le roi à Lophem.
11 novembre - La révolution allemande dans les rues de Bruxelles.
13 novembre - La raison d'une démission trop brusquée.
20 novembre - La situation politique après l'armistice.
21 novembre - Le subtil dosage de Léon Delacroix.
22 novembre - Les acquis démocratiques de Lophem.
25 novembre - La lourde mission du cabinet Léon Delacroix.
1918 - Le cinéma militaire belge sur le front.
1918 - La guerre et les pertes humaines.
Autres dates importantes.



Un conseil des ministres flamand.

20 janvier 1918.

Le théâtre de l'Alhambra

L e Conseil des Flandres, qui a voté le 22  décembre dernier l’autonomie politique de  la Flandre, s’est dissous ce 19 janvier,  l’autorité occupante ayant exigé que le  Conseil fût renouvelé par des élections.

Pourtant, il y a quelques jours encore, ses  membres étaient tombés d’accord pour  désigner en leur sein onze fondés de pou-  voir, sorte de conseil des ministres dé-  pourvu de tout pouvoir réel.

Comme, vu la faiblesse numérique des  activistes, il ne peut être question d’é-  lections générales, les Allemands se conten-  teront d’élections au sein du mouvement  même.

Seuls les membres en règle de cotisation pourront prendre part au vote, prévu par acclamation.

La première consultation électorale, à laquelle ont participé 3.000 personnes, a eu lieu aujourd’hui, au théâtre de l’Alhambra de Bruxelles.

D’autres sont prévues à Gand et à Anvers, mais des contre-mani-festations sont d’ores et déjà prévisibles.


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Willy Coppens est mécontent.

23 janvier 1918.

L' aviateur Coppens est furieux : il vient de recevoir un Hanriot-Dupont 1.

Coppens, qui a fait son écolage en Angleterre, n’a, depuis qu’il a rejoint le Centre d’aviation militaire belge, reçu que de vieux "coucous" : Farman F 40, Nieuport, etc.

Il craint que la guerre ne se passe sans qu’il puisse briller dans le ciel.

Il fut affecté à la 4è escadrille d’observation, équipée de vieux Farman F 40, puis dans une escadrille de chasse dotée de vieux Nieuport.


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Mansuétude pour les "frontistes".

Janvier 1918.

Les principaux chefs frontistes

 I l ne fait pas de doute que la plupart des  membres du gouvernement connaissent les  noms des principaux chefs du Mouvement  du Front, les "frontistes" : F. de Pillecijn, F.  Daels, A. De Beuckelaere, H. Borginon, etc.

 Tout se passe comme s’il existait une sorte  de gentlemen’s agreement entre ces derniers  et certains membres du Cabinet.

 Les chefs frontistes acceptent de rester dans  l’ombre pour ne pas mettre les ministres dans l’obligation de les faire arrêter. Les officiers continuent à prendre des mesures disciplinaires contre les militants de base, mais les chefs ne sont pas inquiétés. Il en a été ainsi pour Gustave Sap, pourtant pris en flagrant délit.

La presse nationaliste flamande, bien que censurée, n’est pas interdite et aucun meneur n’a été condamné à mort, même après des gestes d’insubordination.

Pourtant, dans des cas analogues, la fusillade est de rigueur dans les armées française et aiiemande.


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Le courage des magistrats bruxellois.

15 février 1918.

L e 8 février, payant d’audace, la cour d’appel de Bruxelles faisait arrêter les chefs activistes Tack et Borms, mais des Allemands intervinrent et les firent délivrer sur le champ.

Deux jours plus tard, les trois présidents de la cour d'appel étaient eux-mêmes arrêtés et déportés en Allemagne, ainsi que Louis Franck, chef des flamingants libéraux anti-activistes.

Les Bruxellois ont protesté en masse le lendenmain même, sur la grand-place.

En guise de protestation, les magistrats ont entamé une grève.


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Arille Carlier veut Bruxelles bilingue.

15 mars 1918.

E stimant que les Wallons devront faire entendre leur voix dès la fin des hostilités, Arille Carlier, fondateur de la Ligue wallonne de Charleroi et digne émule de Jules Destrée, vient de lancer un Manifeste du peuple wallon.

Dans une brochure de 88 pages intitulée La Walionle autonome, l’éminent folkloriste et homme de lettres prend le contrepied du Vlaamsch Belgisch Verbond. Sans pour autant renier la Belgique, il revendique, au nom du principe des nationalités, l’autonomie et l’unilinguisme de la Wallonie.

Pour Bruxelles, il préconise un statut neutre et bilingue.


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Pas de référendum parmi les soldats.

20 mars 1918.

L a discussion d’aujourd’hui, au conseil des ministres, va porter notamment sur une éventuelle scission de l’armée en régiments "flamands" et "wallons". Les chefs militaires y sont opposés, notamment à cause du manque d’officiers parlant correctement le flamand, mais aussi parce qu’ils estiment que ce serait là répondre au voeu des frontistes.

Un ministre ayant proposé que l’on consulte les soldats du front, le roi, perdant patience, a déclaré : "Un référendum chez les soldats serait l’organisation de la révolution!"

Après un long et vif échange de vues, le gouvernement a fini par décider des réformes très partielles. On s’est mis d’accord sur la création d’une école flamande d’officiers et de sous-officiers; d’un comité de contrôle sur l’emploi des langues composé de militaires; enfin, d’une série de commissions chargées d’étudier les problèmes linguistique, constitutionnel et scolaire.


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Publication d'un manifeste socialiste.

24 avril 1918.

L es pourparlers engagés entre les diverses tendances du Parti ou-vrier belge ont abouti à la publication d’un manifeste commun dont les onze signataires, parmi lesquels Emile Vandervelde, Louis de Brou-ckère et Camille Huysmans, approuvent entre autres le rétablissement de l’indépendance de la Belgique et la restauration de son économie et de son armée, la participation des socialistes au gouvernement durant la guerre, le principe de la défense nationale, etc.

Ce manifeste rejette les mouvements pacifistes, la paix séparée ger-mano-russe, l’annexionisme et l’activisme flamand.

D’aucuns estiment aujourd’hui que ce conflit aura permis un pro-cessus d’intégration définitive des socialistes dans la nation et dans le régime.


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Vive inquiétude sur le front belge.

11 mai 1918.

D epuis le 21 mars, Lüdendorff a lancé une vaste offensive. Les lignes britanniques ont été percées et le front est ébranlé.

L’Allemagne semble au sommet de sa force et d’aucuns se demandent dans quel sens va pencher le destin.

La tension est presque intolérable dans tous les milieux, tant à l’état-major qu’au gouvernement et chez les soldats.

Des désertions et des actes de désobéissance sont signalés dans plu-sieurs unités. Le baron de Broqueville s’interroge sur la fidélité des soldats frontistes et a appelé Van Cauwelaerts à la rescousse.

Il semble que la volonté de certains de faire collaborer des frontistes à la Commission linguistique tende à calmer les craintes d’une défection en masse.

Les tractations menées par le baron de Broqueville et les flamingants provoquent l’ire de certains.

Aujourd’hui, Hymans a menacé de démissionner.


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La démission du baron Charles de Broqueville.

Juin 1918.

D epuis quelque temps, le chef du cabinet se trouvait face à deux menaces. Pour faire pièce au chantage des frontistes, il s’était rallié au programme des flamingants "passivistes", ce qui l’avait mis en face d’un second chantage : celui de la démission des ministres libéraux.

Charles de Broqueville Gérard Cooreman
                       

Par ailleurs, le baron de Broqueville vient de se heurter une nouvelle fois au souverain à propos des prérogatives de celui-ci comme com-mandant en chef de l’armée.

En outre, le chef du cabinet sent son autorité sur les ministres fondre tandis que l’ascendant de Paul Hymans au sein du cabinet s’accroît.

Dans cette atmosphère peu confortable, Charles de Broqueville a remis aujourd’hui sa démission au roi avec le secret espoir de voir celle-ci refusée, comme ce fut le cas en 1915. Malheureusement pour lui, le roi Aibert l’a immédiatement acceptée et a nommé à sa place Gérard Cooreman, l’ancien président de la chambre des Représentants.


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Marcel Thiry et la métaphysique.

Août 1918.

M arcel Thiry vient de faire paraître Métaphysique. Cahiers publiés au front pour la défense de l’illustration de la langue française en Belgique.

Né à Charleroi le 13 mars 1897, Marcel Thiry a combattu pendant trois ans sur le front russe. En septembre 1915, il s’embarqua à Brest pour Arkhangelsk, avec le corps expéditionnaire belge des auto-canons, où servait son frère Oscar. Avec le corps, intégré dans la IXè armée du tsar, il participa en Galicie à la campagne de 1916, marquée par l’offensive Broussilov du mois de juin.

Après la prise du pouvoir par les Soviets, les auto-canons reçurent l’ordre de rentrer en France. Marcel Thiry et ses compagnons résolurent alors de regagner l’Europe par Moscou, la Sibérie, la Chine et les Etats-Unis, pour éviter de tomber dans les lignes allemandes.

Partis de Kiev en janvier dernier, ils arrivèrent à San Francisco le 12 mai. Pendant plusieurs semaines, les villes américaines réservèrent un accueil triomphal à ces premiers soldats qu’ils voyaient revenir du front.

Arrivé à Bordeaux à la fin du mois de juin, avec des Américains qui partaient pour le front, Marcel Thiry vient de rentrer en Belgique.

On attend du jeune poète qu’il nous livre bientôt les notes et les souvenirs de ce "tour du monde en guerre".


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Le roi Albert dirige les opérations alliées en Flandre.

9 septembre 1918.

L e roi Albert vient d’accepter l’offre du maréchal Joffre de comman-der une armée alliée destinée à participer à l’offensive générale pré-vue en Artois et en Flandre.

Le roi Albert (A. Cluysenaer)


 Le projet allié prévoit l’attaque simultanée des  positions allemandes par trois armées.

 Les franco-américains attaqueront dans l’Ar-  gonne, les Anglais se heurteront aux forces de  Hindenburg et les troupes commandées par le  roi s’occuperont de la Flandre.

 A l’armée belge, forte de 13 divisions (170.000  hommes de troupe, 1.700 officiers, 38.000 che-  vaux et 850 canons), mais ne disposant pas de  réserves, seront adjointes la IIè armée bri-  tannique et une armée française.



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Les anticléricaux au secours des écoles libres.

15 septembre 1918.

E tant donné le refus des autorités communales et des directeurs d’éco-les libres d’obéir aux occupants qui, sous la pression des activistes, leur imposent d'enseigner en flamand dans les écoles professionnelles et industrielles de l'agglomération bruxelloise, le général von Bissing leur a coupé les vivres.

La situation est particulièrement critique dans l’enseignement confes-sionnel, au point que celui-ci est dans l’incapacité de payer son personnel.

Nous apprenons qu’à la demande du père Rutten les autorités communales des différentes communes ont décidé d’intervenir pour débloquer la situation.

Ainsi, à Schaerbeek, le collège échevinal aurait dégagé 75.000 francs, destinés aux écoles industrielles catholiques, et qui aurait été remis au doyen de Saint-Servais.


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Préparation de l'offensive en Flandre.

27 septembre 1918.

L' effondrement de la Russie ainsi que les défaites des Serbes et des Italiens avaient permis aux Allemands de concentrer 200 division et 16.000 canons sur Arras, la Marne et l'Yser n’ont eu pour résultat que de saigner les troupes des deux côtés du front.

Pourtant, face aux renforts qui ne cessent d’affluer en France, les Allemands sont contraints à la défensive.

Entre la mer du Nord et la Lys, la IVè armée de von Arnim compte toujours 16 divisions bien armées et bien disposées sur une profondeur de 3 km. Elle domine la cuvette d'Ypres depuis Westrozebeke jusqu'à Passchendaele (Flandern 2) et dispose d'un réseau d'abris et de tranchées entre Handzaeme et Roulers (Flandern 1).

Les monts des Flandres, âprement conquis au début de l’année, ont été truffés de batteries d’artillerie. Les avions belges en ont dénombré au moins 72 entre Dixmude et Ypres.

Le plan allié prévoit l’attaque de ces dispositifs par trois divisions belges et une division française.

De nuit, une force d’artillerie considérable a été mise en place. Tout est prêt.


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L'offensive libératrice belge.

28 septembre 1918.

L e 28 septembre, à 2 h 30, tout le front allié, de Nieuport à Ypres s’est soudain embrasé et les lignes allemandes ont été arrosées d’un déluge de feu.

Les troupes belges se sont lancées à l’assaut des crêtes et, en fin de journée, elles avaient repris les Monts de Flandre.

Le lendemain, elles étaient au contact de la ligne de défense Flandern II, qui fut conquise en quelques heures.

C’est aux patrouilleurs du 18è de ligne qu'est revenu l’honneur d'entrer les premiers dans les ruines de Dixmude.

Si Moorslede et Staden sont reprises, si les Allemands évacuent la rive gauche de l’Yser, les Belges n'ont cependant pu pousser leur avantage et enlever Flandern I.

Le 2 octobre, une attaque française devant Roulers, ayant été risquée sans préparation d’artillerie, a échoué. De chaque côté de Flandern I, les adversaires épuisés ont profité de quelques jours d’accalmie pour se réorganiser.

Les Allemands en fuite

 Le 14 au matin, trois groupes d’armée ont  attaqué les Allemands qui se sont retirés sur la  Lys.

 Le 15, le front allemand a cédé devant  Nieuport et Courtrai.

 Le 17, la cavalerie belge était devant Bruges  et, le 18, les troupes occupaient Ostende et les  Anglais libéraient Lille et Courtrai.

 Les Allemands, qui résistaient sur la Lys, ont  été mis en déroute le 31. Audenaerde a été  libérée par les Américains le 2 novembre, Gand était encerclée par nos troupes le 3 et, le 5, toutes les troupes allemandes entre l’Escaut et la Sambre, se repliaient en désordre. Tournai, Antoing et Peruweiz ont été libérées le 9. Ath et Beaumont le 10, Gand, Lessines, Mons et Chimay le 11.

Cette campagne a coûté aux Belges 28.283 soldats et 986 officiers.

Sur les 18.500 prisonniers. 8.000 ont été capturés par les troupes belges.


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Le Conseil des Flandres disparaît.

Octobre 1918.

A près une dernière réunion le 27 septembre, les membres du Conseil des Flandres quittent la Belgique les uns après les autres. Durant l'été, de moins en moins crédibles, ils s'étaient heurtés à leurs maîtres allemands et n'avaient pris que de rares décisions.

Les membres du Conseil cherchent à echapper aux patriotes et fuient vers l'Allemagne ou les Pays-Bas où sont dejà leurs archiveses.


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Armistice signé à Rethondes.

11 novembre 1918.

A lors que l’armée belge poursuivait son offensive dans les Flandres, effectuant de nombreuses reconquêtes, on a appris, à 11 h, la signature d’un armistice dans un wagon-salon à Rethondes, près de Compiègne, par la délégation allemande présidée par le Dr Enzberger.

Le feu a immédiatement cessé et les soldats belges ont occupé l’Escaut et les rives du canal Gand-Terneuzen.

L’armistice a été conclu pour une période de trente-six jours mais l’Allemagne ne semble pas en état de reprendre les hostilités.


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Emissaires chez le roi à Lophem.

11 novembre 1918.

Les Allemands à Bruxelles

L es mutineries de troupes allemandes à  Bruxelles s’étant répétées à Liège et à Lou-  vain, et risquant de provoquer troubles et  désordres sociaux au sein du prolétariat  belge, deux émissaires, P. Saura et Janson,  sont partis de la capitale pour rencontrer le  roi à Lophem.

Edouard Anseele avait décidé de se joindre  à eux. A tour de rôle, chacun a informé le  roi du comportement des troupes alleman-  des ainsi que des desiderata des partis li-  béral et catholique.

Quant à Anseele, il a exposé ceux du parti  socialiste.

Il semble que les émissaires aient suggéré au roi la formation d’un gouvernement capable d’appliquer le programme qu’ils venaient de présenter.

Paul-Emile Janson et Edouard Anseele auraient alors examiné, de concert avec le roi et Cooreman, la liste des personnalités que le sou-verain consulterait les 14 et 15 novembre en vue de la formation d’un nouveau cabinet.

Cette liste comprendrait essentiellement des personnes en liaison étroite avec le Comité national.

Au cours de cette rencontre, Paul-Emile Janson aurait fait l’éloge de Léon Delacroix.

Dans le même temps, à Bruxelles, Villalobar, Van Vollenhoven, Fran-cqui, Lemonnier et Halet discutaient avec le Conseil des ouvriers et des soldats allemands, ainsi qu’avec des fonctionnaires allemands, de l’évacuation de la ville par la soldatesque.


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La révolution allemande dans les rues de Bruxelles.

11 novembre 1918.

H ier, le drapeau rouge a été arboré aux balcons des ministères et à la Kommandantur de Bruxelles. Aujourd’hui, des soldats allemands se promènent en ville à bord de voitures arborant des drapeaux rouges et des fleurs.

Ils crient "La guerre est finie!".

Quand ils aperçoivent un de leurs officiers, ils se ruent sur lui et lui arrachent les épaulettes. Généralement, les officiers ainsi agressés se laissent dégrader sans protestation.

Les sentinelles ont disparu. Dans le parc de Bruxelles, plusieurs autos stationnent. Juché sur l’une d’elles, un individu prononce un discours en français avec un accent tudesque prononcé : "Camarades, la guerre est finie! Il y a eu assez de sang versé. Le coupable, le Kaiser, est en fuite. La république allemande est proclamée. La Belgique sera réparée. Cette guerre a été non la guerre du peuple allemand, mais celle des officiers. Vive l’alliance des peuples !".

Des matelots révolutionnaires
allemands à Anvers

 Il semble que les membres du Conseil révolu-  tionnaire seraient venus de Cologne.

 Ils se seraient rendus à la Maison du Peuple  afin d’obtenir le concours et la collaboration  des socialistes bruxellois.

 Ce Conseil a pris une série de mesures : créa-  tion d’une centrale d’alimentation pour les  soldats, interdiction à d’autres militaires al-  lemands de pénétrer dans la capitale, etc.

 Le Comité a décidé de procéder à l’évacuation  des soldats allemands logés à Bruxelles.

Tous les prisonniers politiques belges ont été libérés en fin de soirée.


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La raison d'une démission trop brusquée.

13 novembre 1918.

L a démission du cabinet Cooreman était prévue, mais elle aurait dû avoir lieu à Bruxelles, après un premier contact avec les Chambres.

Qu’elle ait eu lieu subitement à Bruges aujourd’hui provoque beaucoup d’étonnement. Elle pose manifestement un problème et certains disent que le gouvernement du Havre est "sorti par la porte de service" sans rendre compte de sa gestion.

Il ne semble pas que l’initiative soit venue de Cooreman ni de ses collègues. Si le chef du cabinet avait prévu de reprendre son poste au comité directeur de la Société Générale dès la fin des hostilités, il n’était pas à ce point pressé.

II semble plutôt que l’initiative de la décision soit venue du roi.

Parmi les raisons évoquées pour cette démission précipitée, certains avancent le danger de révolution qui se manifeste actuellement non seulement en Allemagne, mais en Suisse (où 95.000 hommes sont mobilisés) et en Hollande.

Dans ces conditions, on comprend que le roi cherche à former au plus vite une équipe apte à faire face à la situation.


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La situation politique après l'armistice.

20 novembre 1918.

L' armistice du 11 novembre plonge la Belgique dans un imbroglio politique complet. Pendant la guerre, le pouvoir avait été partagé non seulement par le gouvernement militaire allemand (qui protégeait le Conseil des Flandres) et par le gouvernement en exil, mais aussi par un gouvernement "clandestin" implanté dans la capitale occupée, représentant officieusement les ministres du Havre, mais en réalité organe du Comité national d’Emile Francqui.

Après la libération du pays, le gouvernement présidé par Gérard Cooreman, dont le rôle expirait avec la fin de la guerre, est à bout de course.

En revanche, les animateurs du Comité national et du gouvernement "clandestin" de M. Levie (puis du libéral Paul-Emile Janson et du socialiste Joseph Wauters), qui passaient pour les représentants du pays occupé, entendent désormais jouer un rôle à la mesure des services rendus.

Après la résistance militaire : le redressement économique

A leurs yeux, compte tenu de la défaite allemande, l’activisme n’est pas le danger le plus pressant. Ce qu’iis redoutent, ce sont les conflits sociaux et, pour les prévenir, ils souhaitent offrir aux non-con-servateurs des droits politiques que ceux-ci reclament.

Le prix de ce transfert d'autorité est à paver par les catholiques, et la première phase de ce plan a été la démission du cabinet Cooreman.


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Autres dates importantes.


- 28 février : Un avion belge piloté par l’as Willy Coppens survole Bruxelles à basse altitude.


- 8 mars : Le grand quartier général des forces allemandes est transféré à Spa.


- 22 avril : Attaque anglaise des installations navales allemandes à Zeebrugge.


- 25 avril : Prise du mont Kemmel par la 4è armée allemande sous le commandement du général von Arnim.


- 25 avril : Les pilotes de chasse belges commencent, au-dessus du front, une campagne d’offensives contre les ballons d'observation allemands destinés à guider l'artillerie ennemie.


- 22 mai : Au cours d’une réunion présidée par Charles Woeste, les catholiques conservateurs décident de faire parvenir au roi une lettre dans laquelle ils expriment le voeu de ne pas avoir d’élections avant deux ans.


- 8 août : A Spa, Guillaume II, empereur d’Allemagne, declare : "Nous sommes à la limite de nos forces".


- 28 août : Retrait des troupes allemandes du front d'Ypres.


- 25 septembre : Début de la sanglante bataille de Honthulst.


- 26 septembre : Le roi Albert dirige les operations alliées dans les Flandres et sur le front de l’Ouest.


- 28 septembre : L’offensive libératrice est lancée. Trois lignes allemandes sont enlevées en l’espace de quelques heures.


- 14 octobre : Le pilote de chasse belge Willy Coppens est grièvement blessé à la jambe. la reine Elisaheth le soigne à l’hôpital de La Panne.


- 14 octobre : Le front Torhout-Tielt est percé. L’offensive reprend.


- 17 octobre : Reprise d’Ostende et de Bruges par les forces alliées.


- 31 octobre : L’offensive alliée en direction de l’Escaut est lancée. La campagne de libération du pays coûte à la Belgique 3.500 morts et 31.000 blessés.


- 17 novembre : Les troupes allemandes evacuent Bruxelles.


- 22 novembre : Entrée de la famille royale à Bruges, Gand et Bruxelles.


- 4 décembre : Parution du premier numéro du quotidien De Standaard.


- 17 décembre : Les premières liaisons postales aériennes en Belgique sont inauguéees par l'Army Postal Service de la RAF. Points de depart : Spy (Namur) et La Louveterre (Spa).


- 21 décembre : La Muette de Portici est remontée à la Monnaie à Bruxelles.


- Décembre : A Marchienne-au-Pont, quelque 500 métallurgistes entament une grève en faveur de la journée de huit heures.


- Décembre : En guise de prise de guerre, la Belgique reçoit un dirigeable allemand (L30).


- 1918 : Débuts de Michel de Ghelderode qui publie La mort regarde à la fenêtre.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).