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20 janvier 1918.
Le théâtre de l'Alhambra
L
e Conseil des Flandres, qui a voté le 22 décembre dernier l’autonomie politique
de la Flandre, s’est dissous ce 19 janvier, l’autorité occupante ayant exigé
que le Conseil fût renouvelé par des élections.
Pourtant, il y a quelques
jours encore, ses membres étaient tombés d’accord pour désigner en leur sein
onze fondés de pou- voir, sorte de conseil des ministres dé- pourvu de tout
pouvoir réel.
Comme, vu la faiblesse numérique des activistes, il ne peut
être question d’é- lections générales, les Allemands se conten- teront
d’élections au sein du mouvement même.
Seuls les membres en règle de
cotisation pourront prendre part au vote, prévu par acclamation.
La première
consultation électorale, à laquelle ont participé 3.000 personnes, a eu lieu aujourd’hui,
au théâtre de l’Alhambra de Bruxelles.
D’autres sont prévues à Gand et à Anvers,
mais des contre-mani-festations sont d’ores et déjà prévisibles.
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23 janvier 1918.
L'
aviateur Coppens est furieux : il vient de recevoir un Hanriot-Dupont 1.
Coppens, qui a fait son écolage en Angleterre, n’a, depuis qu’il a rejoint le Centre
d’aviation militaire belge, reçu que de vieux "coucous" : Farman F 40, Nieuport, etc.
Il craint que la guerre ne se passe sans qu’il puisse briller dans le ciel.
Il fut affecté à la 4è escadrille d’observation, équipée de vieux Farman F 40,
puis dans une escadrille de chasse dotée de vieux Nieuport.
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Janvier 1918.
Les principaux chefs frontistes
I
l ne fait pas de doute que la plupart des membres du gouvernement connaissent les
noms des principaux chefs du Mouvement du Front, les "frontistes" : F. de
Pillecijn, F. Daels, A. De Beuckelaere, H. Borginon, etc.
Tout se
passe comme s’il existait une sorte de gentlemen’s agreement entre ces derniers
et certains membres du Cabinet.
Les chefs frontistes acceptent de
rester dans l’ombre pour ne pas mettre les ministres dans l’obligation de les
faire arrêter. Les officiers continuent à prendre des mesures disciplinaires contre les
militants de base, mais les chefs ne sont pas inquiétés. Il en a été ainsi pour Gustave
Sap, pourtant pris en flagrant délit.
La presse nationaliste flamande, bien que
censurée, n’est pas interdite et aucun meneur n’a été condamné à mort, même après des
gestes d’insubordination.
Pourtant, dans des cas analogues, la fusillade est de
rigueur dans les armées française et aiiemande.
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15 février 1918.
L
e 8 février, payant d’audace, la cour d’appel de Bruxelles faisait arrêter les chefs
activistes Tack et Borms, mais des Allemands intervinrent et les firent délivrer sur le
champ.
Deux jours plus tard, les trois présidents de la cour d'appel étaient
eux-mêmes arrêtés et déportés en Allemagne, ainsi que Louis Franck, chef des flamingants
libéraux anti-activistes.
Les Bruxellois ont protesté en masse le lendenmain même,
sur la grand-place.
En guise de protestation, les magistrats ont entamé une
grève.
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15 mars 1918.
E
stimant que les Wallons devront faire entendre leur voix dès la fin des hostilités,
Arille Carlier, fondateur de la Ligue wallonne de Charleroi et digne émule de Jules
Destrée, vient de lancer un Manifeste du peuple wallon.
Dans une brochure
de 88 pages intitulée La Walionle autonome, l’éminent folkloriste et homme de
lettres prend le contrepied du Vlaamsch Belgisch Verbond. Sans pour autant renier la
Belgique, il revendique, au nom du principe des nationalités, l’autonomie et l’unilinguisme
de la Wallonie.
Pour Bruxelles, il préconise un statut neutre et bilingue.
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20 mars 1918.
L
a discussion d’aujourd’hui, au conseil des ministres, va porter notamment sur une
éventuelle scission de l’armée en régiments "flamands" et "wallons". Les chefs militaires
y sont opposés, notamment à cause du manque d’officiers parlant correctement le flamand,
mais aussi parce qu’ils estiment que ce serait là répondre au voeu des frontistes.
Un ministre ayant proposé que l’on consulte les soldats du front, le roi, perdant patience,
a déclaré : "Un référendum chez les soldats serait l’organisation de la révolution!"
Après un long et vif échange de vues, le gouvernement a fini par décider des réformes
très partielles. On s’est mis d’accord sur la création d’une école flamande d’officiers
et de sous-officiers; d’un comité de contrôle sur l’emploi des langues composé de
militaires; enfin, d’une série de commissions chargées d’étudier les problèmes
linguistique, constitutionnel et scolaire.
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24 avril 1918.
L
es pourparlers engagés entre les diverses tendances du Parti ou-vrier belge ont abouti à
la publication d’un manifeste commun dont les onze signataires, parmi lesquels Emile
Vandervelde, Louis de Brou-ckère et Camille Huysmans, approuvent entre autres le
rétablissement de l’indépendance de la Belgique et la restauration de son économie et de
son armée, la participation des socialistes au gouvernement durant la guerre, le principe
de la défense nationale, etc.
Ce manifeste rejette les mouvements pacifistes, la
paix séparée ger-mano-russe, l’annexionisme et l’activisme flamand.
D’aucuns
estiment aujourd’hui que ce conflit aura permis un pro-cessus d’intégration définitive des
socialistes dans la nation et dans le régime.
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11 mai 1918.
D
epuis le 21 mars, Lüdendorff a lancé une vaste offensive. Les lignes britanniques ont
été percées et le front est ébranlé.
L’Allemagne semble au sommet de sa force et
d’aucuns se demandent dans quel sens va pencher le destin.
La tension est presque
intolérable dans tous les milieux, tant à l’état-major qu’au gouvernement et chez les
soldats.
Des désertions et des actes de désobéissance sont signalés dans
plu-sieurs unités. Le baron de Broqueville s’interroge sur la fidélité des soldats
frontistes et a appelé Van Cauwelaerts à la rescousse.
Il semble que la volonté
de certains de faire collaborer des frontistes à la Commission linguistique tende à
calmer les craintes d’une défection en masse.
Les tractations menées par le
baron de Broqueville et les flamingants provoquent l’ire de certains.
Aujourd’hui,
Hymans a menacé de démissionner.
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Juin 1918.
D
epuis quelque temps, le chef du cabinet se trouvait face à deux menaces. Pour faire
pièce au chantage des frontistes, il s’était rallié au programme des flamingants
"passivistes", ce qui l’avait mis en face d’un second chantage : celui de la démission
des ministres libéraux.
Charles de Broqueville
Gérard Cooreman
Par ailleurs, le baron de Broqueville vient de se heurter
une nouvelle fois au souverain à propos des prérogatives de celui-ci comme com-mandant
en chef de l’armée.
En outre, le chef du cabinet sent son autorité sur les
ministres fondre tandis que l’ascendant de Paul Hymans au sein du cabinet s’accroît.
Dans cette atmosphère peu confortable, Charles de Broqueville a remis aujourd’hui
sa démission au roi avec le secret espoir de voir celle-ci refusée, comme ce fut le cas
en 1915. Malheureusement pour lui, le roi Aibert l’a immédiatement acceptée et a nommé
à sa place Gérard Cooreman, l’ancien président de la chambre des Représentants.
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Août 1918.
M
arcel Thiry vient de faire paraître Métaphysique. Cahiers publiés au front pour la
défense de l’illustration de la langue française en Belgique.
Né à Charleroi
le 13 mars 1897, Marcel Thiry a combattu pendant trois ans sur le front russe. En
septembre 1915, il s’embarqua à Brest pour Arkhangelsk, avec le corps expéditionnaire
belge des auto-canons, où servait son frère Oscar. Avec le corps, intégré dans la IXè
armée du tsar, il participa en Galicie à la campagne de 1916, marquée par l’offensive
Broussilov du mois de juin.
Après la prise du pouvoir par les Soviets, les
auto-canons reçurent l’ordre de rentrer en France. Marcel Thiry et ses compagnons
résolurent alors de regagner l’Europe par Moscou, la Sibérie, la Chine et les Etats-Unis,
pour éviter de tomber dans les lignes allemandes.
Partis de Kiev en janvier
dernier, ils arrivèrent à San Francisco le 12 mai. Pendant plusieurs semaines, les villes
américaines réservèrent un accueil triomphal à ces premiers soldats qu’ils voyaient
revenir du front.
Arrivé à Bordeaux à la fin du mois de juin, avec des Américains
qui partaient pour le front, Marcel Thiry vient de rentrer en Belgique.
On
attend du jeune poète qu’il nous livre bientôt les notes et les souvenirs de ce "tour
du monde en guerre".
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9 septembre 1918.
L
e roi Albert vient d’accepter l’offre du maréchal Joffre de comman-der une armée alliée
destinée à participer à l’offensive générale pré-vue en Artois et en Flandre.
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Le roi Albert (A. Cluysenaer) |
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Le projet allié prévoit l’attaque simultanée des positions allemandes par
trois armées.
Les franco-américains attaqueront dans l’Ar- gonne,
les Anglais se heurteront aux forces de Hindenburg et les troupes commandées par
le roi s’occuperont de la Flandre.
A l’armée belge, forte de 13
divisions (170.000 hommes de troupe, 1.700 officiers, 38.000 che- vaux et
850 canons), mais ne disposant pas de réserves, seront adjointes la IIè armée
bri- tannique et une armée française.
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15 septembre 1918.
E
tant donné le refus des autorités communales et des directeurs d’éco-les libres d’obéir
aux occupants qui, sous la pression des activistes, leur imposent d'enseigner en flamand
dans les écoles professionnelles et industrielles de l'agglomération bruxelloise, le
général von Bissing leur a coupé les vivres.
La situation est particulièrement
critique dans l’enseignement confes-sionnel, au point que celui-ci est dans l’incapacité
de payer son personnel.
Nous apprenons qu’à la demande du père Rutten les autorités
communales des différentes communes ont décidé d’intervenir pour débloquer la situation.
Ainsi, à Schaerbeek, le collège échevinal aurait dégagé 75.000 francs, destinés
aux écoles industrielles catholiques, et qui aurait été remis au doyen de Saint-Servais.
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27 septembre 1918.
L'
effondrement de la Russie ainsi que les défaites des Serbes et des Italiens avaient
permis aux Allemands de concentrer 200 division et 16.000 canons sur Arras, la Marne et
l'Yser n’ont eu pour résultat que de saigner les troupes des deux côtés du front.
Pourtant, face aux renforts qui ne cessent d’affluer en France, les Allemands sont
contraints à la défensive.
Entre la mer du Nord et la Lys, la IVè armée de von
Arnim compte toujours 16 divisions bien armées et bien disposées sur une profondeur de
3 km. Elle domine la cuvette d'Ypres depuis Westrozebeke jusqu'à Passchendaele (Flandern
2) et dispose d'un réseau d'abris et de tranchées entre Handzaeme et Roulers (Flandern 1).
Les monts des Flandres, âprement conquis au début de l’année, ont été truffés de
batteries d’artillerie. Les avions belges en ont dénombré au moins 72 entre Dixmude et
Ypres.
Le plan allié prévoit l’attaque de ces dispositifs par trois divisions
belges et une division française.
De nuit, une force d’artillerie considérable
a été mise en place. Tout est prêt.
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28 septembre 1918.
L
e 28 septembre, à 2 h 30, tout le front allié, de Nieuport à Ypres s’est soudain embrasé
et les lignes allemandes ont été arrosées d’un déluge de feu.
Les troupes belges
se sont lancées à l’assaut des crêtes et, en fin de journée, elles avaient repris les
Monts de Flandre.
Le lendemain, elles étaient au contact de la ligne de défense
Flandern II, qui fut conquise en quelques heures.
C’est aux patrouilleurs du 18è
de ligne qu'est revenu l’honneur d'entrer les premiers dans les ruines de Dixmude.
Si Moorslede et Staden sont reprises, si les Allemands évacuent la rive gauche de l’Yser,
les Belges n'ont cependant pu pousser leur avantage et enlever Flandern I.
Le
2 octobre, une attaque française devant Roulers, ayant été risquée sans préparation
d’artillerie, a échoué. De chaque côté de Flandern I, les adversaires épuisés ont
profité de quelques jours d’accalmie pour se réorganiser.
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Les Allemands en fuite |
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Le 14 au matin, trois groupes d’armée ont attaqué les Allemands qui se sont
retirés sur la Lys.
Le 15, le front allemand a cédé devant Nieuport
et Courtrai.
Le 17, la cavalerie belge était devant Bruges et, le 18,
les troupes occupaient Ostende et les Anglais libéraient Lille et Courtrai.
Les Allemands, qui résistaient sur la Lys, ont été mis en déroute le 31.
Audenaerde a été libérée par les Américains le 2 novembre, Gand était encerclée
par nos troupes le 3 et, le 5, toutes les troupes allemandes entre l’Escaut et la Sambre,
se repliaient en désordre. Tournai, Antoing et Peruweiz ont été libérées le 9. Ath et
Beaumont le 10, Gand, Lessines, Mons et Chimay le 11.
Cette campagne a coûté aux
Belges 28.283 soldats et 986 officiers.
Sur les 18.500 prisonniers. 8.000 ont été
capturés par les troupes belges.
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Octobre 1918.
A
près une dernière réunion le 27 septembre, les membres du Conseil des Flandres quittent
la Belgique les uns après les autres. Durant l'été, de moins en moins crédibles, ils
s'étaient heurtés à leurs maîtres allemands et n'avaient pris que de rares décisions.
Les membres du Conseil cherchent à echapper aux patriotes et fuient vers
l'Allemagne ou les Pays-Bas où sont dejà leurs archiveses.
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11 novembre 1918.
A
lors que l’armée belge poursuivait son offensive dans les Flandres, effectuant de
nombreuses reconquêtes, on a appris, à 11 h, la signature d’un armistice dans un
wagon-salon à Rethondes, près de Compiègne, par la délégation allemande présidée par
le Dr Enzberger.
Le feu a immédiatement cessé et les soldats belges ont occupé
l’Escaut et les rives du canal Gand-Terneuzen.
L’armistice a été conclu pour une
période de trente-six jours mais l’Allemagne ne semble pas en état de reprendre les
hostilités.
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11 novembre 1918.
Les Allemands à Bruxelles
L
es mutineries de troupes allemandes à Bruxelles s’étant répétées à Liège et à
Lou- vain, et risquant de provoquer troubles et désordres sociaux au sein
du prolétariat belge, deux émissaires, P. Saura et Janson, sont partis de la
capitale pour rencontrer le roi à Lophem.
Edouard Anseele avait décidé de
se joindre à eux. A tour de rôle, chacun a informé le roi du comportement des
troupes alleman- des ainsi que des desiderata des partis li- béral et
catholique.
Quant à Anseele, il a exposé ceux du parti socialiste.
Il semble que les émissaires aient suggéré au roi la formation d’un gouvernement capable
d’appliquer le programme qu’ils venaient de présenter.
Paul-Emile Janson et
Edouard Anseele auraient alors examiné, de concert avec le roi et Cooreman, la liste des
personnalités que le sou-verain consulterait les 14 et 15 novembre en vue de la formation
d’un nouveau cabinet.
Cette liste comprendrait essentiellement des personnes en
liaison étroite avec le Comité national.
Au cours de cette rencontre, Paul-Emile
Janson aurait fait l’éloge de Léon Delacroix.
Dans le même temps, à Bruxelles,
Villalobar, Van Vollenhoven, Fran-cqui, Lemonnier et Halet discutaient avec le Conseil
des ouvriers et des soldats allemands, ainsi qu’avec des fonctionnaires allemands, de
l’évacuation de la ville par la soldatesque.
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11 novembre 1918.
H
ier, le drapeau rouge a été arboré aux balcons des ministères et à la Kommandantur
de Bruxelles. Aujourd’hui, des soldats allemands se promènent en ville à bord de voitures
arborant des drapeaux rouges et des fleurs.
Ils crient "La guerre est finie!".
Quand ils aperçoivent un de leurs officiers, ils se ruent sur lui et lui
arrachent les épaulettes. Généralement, les officiers ainsi agressés se laissent
dégrader sans protestation.
Les sentinelles ont disparu. Dans le parc de Bruxelles,
plusieurs autos stationnent. Juché sur l’une d’elles, un individu prononce un discours
en français avec un accent tudesque prononcé : "Camarades, la guerre est finie! Il y a
eu assez de sang versé. Le coupable, le Kaiser, est en fuite. La république allemande
est proclamée. La Belgique sera réparée. Cette guerre a été non la guerre du peuple
allemand, mais celle des officiers. Vive l’alliance des peuples !".
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Des matelots révolutionnaires allemands à Anvers |
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Il semble que les membres du Conseil révolu- tionnaire seraient venus de
Cologne.
Ils se seraient rendus à la Maison du Peuple afin d’obtenir
le concours et la collaboration des socialistes bruxellois.
Ce Conseil
a pris une série de mesures : créa- tion d’une centrale d’alimentation pour les
soldats, interdiction à d’autres militaires al- lemands de pénétrer dans la
capitale, etc.
Le Comité a décidé de procéder à l’évacuation des
soldats allemands logés à Bruxelles.
Tous les prisonniers politiques belges ont
été libérés en fin de soirée.
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13 novembre 1918.
L
a démission du cabinet Cooreman était prévue, mais elle aurait dû avoir lieu à Bruxelles,
après un premier contact avec les Chambres.
Qu’elle ait eu lieu subitement à
Bruges aujourd’hui provoque beaucoup d’étonnement. Elle pose manifestement un problème
et certains disent que le gouvernement du Havre est "sorti par la porte de service" sans
rendre compte de sa gestion.
Il ne semble pas que l’initiative soit venue de
Cooreman ni de ses collègues. Si le chef du cabinet avait prévu de reprendre son poste
au comité directeur de la Société Générale dès la fin des hostilités, il n’était pas à
ce point pressé.
II semble plutôt que l’initiative de la décision soit venue du
roi.
Parmi les raisons évoquées pour cette démission précipitée, certains avancent
le danger de révolution qui se manifeste actuellement non seulement en Allemagne, mais
en Suisse (où 95.000 hommes sont mobilisés) et en Hollande.
Dans ces conditions,
on comprend que le roi cherche à former au plus vite une équipe apte à faire face à la
situation.
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20 novembre 1918.
L'
armistice du 11 novembre plonge la Belgique dans un imbroglio politique complet. Pendant
la guerre, le pouvoir avait été partagé non seulement par le gouvernement militaire
allemand (qui protégeait le Conseil des Flandres) et par le gouvernement en exil,
mais aussi par un gouvernement "clandestin" implanté dans la capitale occupée, représentant
officieusement les ministres du Havre, mais en réalité organe du Comité national d’Emile
Francqui.
Après la libération du pays, le gouvernement présidé par Gérard Cooreman,
dont le rôle expirait avec la fin de la guerre, est à bout de course.
En revanche,
les animateurs du Comité national et du gouvernement "clandestin" de M. Levie (puis du
libéral Paul-Emile Janson et du socialiste Joseph Wauters), qui passaient pour les
représentants du pays occupé, entendent désormais jouer un rôle à la mesure des services
rendus.
| Après la résistance militaire : le redressement économique |
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A leurs yeux, compte tenu de la défaite allemande, l’activisme n’est pas le danger le
plus pressant. Ce qu’iis redoutent, ce sont les conflits sociaux et, pour les prévenir,
ils souhaitent offrir aux non-con-servateurs des droits politiques que ceux-ci reclament.
Le prix de ce transfert d'autorité est à paver par les catholiques, et la première
phase de ce plan a été la démission du cabinet Cooreman.
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- 28 février : Un avion belge piloté par l’as Willy Coppens survole
Bruxelles à basse altitude.
- 8 mars : Le grand quartier général des forces allemandes est transféré
à Spa.
- 22 avril : Attaque anglaise des installations navales allemandes à
Zeebrugge.
- 25 avril : Prise du mont Kemmel par la 4è armée allemande sous le
commandement du général von Arnim.
- 25 avril : Les pilotes de chasse belges commencent, au-dessus du front,
une campagne d’offensives contre les ballons d'observation allemands destinés à
guider l'artillerie ennemie.
- 22 mai : Au cours d’une réunion présidée par Charles Woeste, les catholiques
conservateurs décident de faire parvenir au roi une lettre dans laquelle ils
expriment le voeu de ne pas avoir d’élections avant deux ans.
- 8 août : A Spa, Guillaume II, empereur d’Allemagne, declare : "Nous sommes
à la limite de nos forces".
- 28 août : Retrait des troupes allemandes du front d'Ypres.
- 25 septembre : Début de la sanglante bataille de Honthulst.
- 26 septembre : Le roi Albert dirige les operations alliées dans les
Flandres et sur le front de l’Ouest.
- 28 septembre : L’offensive libératrice est lancée. Trois lignes allemandes
sont enlevées en l’espace de quelques heures.
- 14 octobre : Le pilote de chasse belge Willy Coppens est grièvement blessé
à la jambe. la reine Elisaheth le soigne à l’hôpital de La Panne.
- 14 octobre : Le front Torhout-Tielt est percé. L’offensive reprend.
- 17 octobre : Reprise d’Ostende et de Bruges par les forces alliées.
- 31 octobre : L’offensive alliée en direction de l’Escaut est lancée. La
campagne de libération du pays coûte à la Belgique 3.500 morts et 31.000 blessés.
- 17 novembre : Les troupes allemandes evacuent Bruxelles.
- 22 novembre : Entrée de la famille royale à Bruges, Gand et Bruxelles.
- 4 décembre : Parution du premier numéro du quotidien De Standaard.
- 17 décembre : Les premières liaisons postales aériennes en Belgique sont
inauguéees par l'Army Postal Service de la RAF. Points de depart : Spy (Namur) et
La Louveterre (Spa).
- 21 décembre : La Muette de Portici est remontée à la Monnaie à
Bruxelles.
- Décembre : A Marchienne-au-Pont, quelque 500 métallurgistes entament
une grève en faveur de la journée de huit heures.
- Décembre : En guise de prise de guerre, la Belgique reçoit un dirigeable
allemand (L30).
- 1918 : Débuts de Michel de Ghelderode qui publie La mort regarde à la
fenêtre.
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