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4 février 1917.
A
ujourd’hui, sans intervention des autorités allemandes, s’est tenu à Bruxelles un
congrès régional des hommes de confiance des divers groupes flamands. Ces derniers ont
lancé un appel au peuple allemand ainsi qu’à toutes les puissances neutres et
belligérantes, réclamant l’autonomie politique et administrative de la Flandre.
A cet effet, 125 délégués de mouvements activistes ont choisi 46 d’entre eux pour
constituer une sorte de parlement consultatif, dénué de pouvoir réel, qu’ils ont baptisé
Conseil des Flandres, lequel se tiendra en permanence à Bruxelles.
Au sein du
Conseil on trouve deux tendances principales. L’une, dite "unioniste", prône un Etat
fédéral composé de deux Etats libres - la Flandre et la Wallonie. L’autre, dite
"jeune-flamande", réclame un Etat de Flandre absolument souverain.
Immédiatement,
le général von Bissing a reconnu cet organisme comme conseil délibérant.
La
nouvelle assemblée a décidé d’envoyer une delégation à Berlin avec mission d’obtenir que
l’Allemagne s’engage, après la paix, à faire tout ce qui serait de nature à favoriser et
à assurer le libre développement du peuple flamand.
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9 mars 1917.
O
n sait que les mesures de déportation des ouvriers-chômeurs vers l’Allemagne avaient été
marquées par l’opposition du gouverneur général von Bissing, qui avait même présenté sa
démission.
Depuis 1916 pourtant, les rafles, les longs voyages vers l’Allemagne
dans des wagons à bestiaux, l’arrivée devant les camps de regrou-pement se sont
poursuivies.
Les nombreuses protestations venant de Belgique et de l’étranger,
ainsi que les démarches du baron von de Lancken chez Lüdendorff et chez l’empereur
Guillaume II ont fini par mettre un terme à cette honteuse pratique dans la zone du
gouvernement général.
Cependant les réquisitions et la chasse à l’homme se
poursuivent dans les zones proches du front, où l’objectif est de mettre la main sur
60.000 travailleurs belges qui s’ajouteront, dans les usines allemandes, aux 60.000
déjà été déportés.
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21 mars 1917.
Vers une autonomie flamande
S
oucieux de répondre aux voeux du Conseil des Flandres, von Bissing a publié une
or- donnance portant création de deux régions administratives : l’une
embrassant les pro- vinces d’Anvers, Limbourg, Flandre orien- tale et
Flandre occidentale, plus les ar- rondissements de Bruxelles et de Louvain;
l’autre, les provinces de Hainaut, Liège, Luxembourg et Namur, de même que
l’ar- rondissement de Nivelles.
L’administration des territoires
flamands aura son siège à Bruxelles, tandis que les territoires wallons
seront gérés depuis Na- mur.
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15 avril 1917.
O
n apprend qu’à Seraing la mortalité a triplé au cours du premier trimestre par rapport
aux statistiques de 1914. En fait, la situation alimentaire des classes laborieuses en
Belgique occupée est tragique.
En juin 1916 déjà, un rapport d’Emile Vinck avait
montré que les enfants de la région bruxelloise étaient condamnés à "un état normal de
dénutrition".
Dans les hôpitaux de la capitale, les cas de tuberculose avaient
au-gmenté de 50 pour cent.
En 1916, le rachitisme des enfants était déjà passé à
21,3 % contre 4,7 en 1914. Depuis, il semble que la tuberculose ait fait des progrès
ef-frayants. Si la mortalité générale a presque doublé, celle provoquée par la tuberculose
a presque triplé.
Une enquête de la Fédération nationale des mineurs sur le
ravitail-lement des ouvriers montre que 8 % des mineurs ne prennent aucune nourriture
pendant toute leur journée de travail.
Un quart d’entre eux n’emportent dans leur
besace que des betteraves et 18 %, des rutabagas.
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22 avril 1917.
Camille Huysmans
E
n tant que secrétaire de la IIè Inter- nationale, Camille Huysmans a envoyé
une invitation à tous les partis socialistes pour qu’ils assistent à une
conférence interna- tionale qui mettrait fin à la guerre.
Cette conférence se déroulerait à
Stock- holm, la capitale de la Suède et réunirait des socialistes issus des
pays en guerre et tenterait d’élaborer une paix de compro- mis après trois
ans de boucheries inutiles.
C’est ainsi que les dirigeants du Parti ouvrier
belge refusent catégoriquement toute négociation avec des représentants de
la puissance occupante même s’il s’agit de coreligionnaires poli-tiques.
Celui qui
est acquis à l’idée d’une paix synonyme d’une victoire totale et unilatérale est
irrévocablement considéré comme un traître.
L’initiative de Camille Huysmans lui
vaut donc une très mauvaise réputation dans de nombreux milieux
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13 mai 1917.
"Passage Den Haag",
par Jules Schmalzigaug
L
e peintre Jules Schmalzigaug vient de s’é- teindre à La Haye, à peine âgé de 34
ans. Né à Anvers en 1882, il passa sa jeunesse dans cette ville mais, très
tôt, il effectua de nombreux voyages à l’étranger (Allemagne, Paris, Venise).
Après avoir vu l’exposition consacrée aux peintres futuristes
italiens à Paris en 1912, il décida de partir pour Venise afin de s’im- prégner
de ce mouvement.
Il était fasciné par la volonté de rompre avec le
passé et était attiré par la solution donnée au problème de la forme.
Réformé pour état de santé, il s’installa à La Haye.
Cette
personnalité si créative est une des seules en Belgique à avoir vécu l’avant-garde
futuriste.
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28 mai 1917.
R
aoul Warocqué est mort à Bruxelles, en son hôtel de l’avenue des Arts. Né le 4 février
1870, il était le dernier représentant de cette dynastie de patrons charbonniers qui
régnèrent sur Morlanwelz pendant plus d’un siècle.
Depuis Nicolas Warocqué, élu
maire de la commune en 1805 durant la période française, la charge maïorale est en
effet restée le privilège de la famille.
Directeur des charbonnages de
Mariemont-Bascoup, député libéral de Morlanwelz, ami de Léopold II, Raoul Warocqué était
un industriel des plus fortunés et des plus influents dans le pays.
Son testament
manifeste une fois encore sa philanthropie. L’Institut commercial de Mons, le lycée et
l’athénée de Morlanwelz sont légués à la province; le château et le domaine de Mariemont,
avec toutes ses collections, sont cédés à l’Etat.
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17 juin 1917.
L
e baron Capelle, secrétaire général au ministère des Affaires étran-gères, a été chargé,
par les ministres du gouvernement du Havre, Hymans et Vandervelde, d’une mission secrète
d’investigation en Belgique occupée.
Une série de parlementaires restés au pays
ont reçu de cet émissaire un questionnaire auquel ils étaient priés de répondre au plus
tôt.
Le gouvernement en exil leur demande ce qu’ils pensent de la neutra-lité
belge pour l’avenir; quelle est leur opinion au sujet des reven-dications territoriales
de la Belgique; quelles mesures immédiates il conviendrait de prendre dès le retour de
la paix et quels rapports il faudrait entretenir alors avec l’Allemagne.
On leur
demande aussi s’ils font crédit au gouvernement du Havre pour les mesures qu’il prend
actuellement; quel devrait être le programme d’un nouveau gouvernement, spécialement en
matière d’impôts, de lutte contre l’alcoolisme, de revendications flamandes, etc.
Il semble que les réponses recueillies par le baron Capelle soient très diverses sur les
différents points posés. Ainsi, certains parlementaires souhaiteraient une future
neutralité garantie par les Etats-Unis et l’Italie. D’autres préféreraient continuer à
être alliés aux puissances avec lesquelles nous combattons actuellement.
Si
certains ne souhaitent pas une Belgique agrandie, d’autres préconi-sent une union
fédérative avec les Pays-Bas, le Luxembourg, les popu-lations de la rive gauche du Rhin
et de la Moselle, le Palatinat, la Lorraine et l’Alsace.
Certains souhaitent une
université flamande à Anvers.
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22 août 1917.
L'
assemblée pléniaire du Conseil général du Parti ouvrier vient de décider que, tout en
saluant les socialistes russes, le parti déclinait l’invitation de participer à la
conférence de Stockholm.
L’initiative de cette conférence vient pourtant du
secrétaire belge du Bureau international Camille Huysmans qui, dans un article paru le
22 avril dans le Sozialdemocrat de Copenhague, invitait toutes tes délégations
de l’internationale à se réunir le 15 mai et les jours suivants à Stockholm.
Le 30 juin, une délégation belge, composée d’Emile Vandervelde et de Louis de Brouckère,
était partie pour la capitale suédoise en dépit du fait que, dès 1915, le Parti ouvrier
avait estimé qu’une rencontre avec les socialistes des puissances centrales était
impossible tant que le pays était occupé.
En juillet dernier, le Conseil des
ouvriers et soldats russes et le comité hollando-scandinave, qui siégeaient depuis
plusieurs mois à Stockholm, avaient lancé une nouvelle invitation pour le 15 août.
L’opinion du Conseil général du Parti ouvrier est que les prolétaires belges
défendent l’existence de leur pays et la cause de la liberté et de la démocratie.
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Septembre 1917.
L
e Comité national de secours et d’alimentation qui fonctionne sous la direction d’Emile
Francqui, vient de décider, malgré les protestations des syndicats, de s’occuper du
service d’aide aux chômeurs.
Depuis longtemps existait à ce sujet une divergence
de vues entre les socialistes et les industriels. Les syndicats, tant socialistes que
chré-tiens, avaient obtenu du gouvernement belge les crédits nécessaires aux indemnités
de chômage.
Il avait été entendu que les somnes seraient d’abord versées au
Comité national et, de là, aux centrales ouvrières, qui en feraient elles-mêmes la
distribution.
Mais la plupart des industriels, estimant que ce système donnait
aux syndicats une sorte de reconnaissance officielle et une trop grande puissance, se
sont acharnés à rompre ce modus vivendi.
Soutenus par Francqui, les responsables
socialistes ont dû lutter pour que leur mouvement soit représenté aux différents échelons
de l’organisation du Comité.
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12 octobre 1917.
U
n nouveau changement est intervenu au sein du gouvernement belge en exil au Havre :
le liberai Paul Hymans qui, jusqu'ici, faisait partie du cabinet comme ministre sans
portefeuile, a été nommé ministre des Affaires économiques.
En août dernier, le
socialtste Emile Vandervelde, également ministre sans portefeuille, axait été nommé
ministre de 1’Intendance.
En confiant ainsi un département ministériel précis à
deux personna-lités de l’opposition d’avant-guerre, la collaboration de toutes les forces
politiques belges contre l’occupant a acquis un caractère plus signifi-catif.
La
tâche des deux nouveaux ministres n’est cependant pas facile : ces départements
ministériels n’existaient pas et tout doit donc être créé.
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15 octobre 1917.
U
ne intense activité a régné sur le front de l’Yser, où une grande offensive alliée,
commandée par l’Anglais Haig, a été lancée dans le but d’investir les bases allemandes
d’Ostende et de Zeebruge.
Ces ports abritent en effet des escadres de sous-marins
allemands responsables d’énormes dégâts : ils ont détruit 2.554 navires alliés totalisant
4,4 millions de tonnes, soit le tiers de la flotte alliée!
Hélas, si les carabiniers
cyclistes belges sont parvenus à s’emparer de la presqu’île de Poesele, et si trois
divisions d’armée ont atteint le coeur du dispositif défensif allemand, cette offensive
essentiellement franco-britannique, pourtant soutenue par près de 4.000 canons et cent
tanks, s’est soldée par un échec.
| Le soldat de l'Yser |
Le général Leman |
|---|---|
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Le moral du côté allié n’est guère élevé. La défection russe et les défaites italiennes
n’ouvrent en effet pas des perpectives encoura-geantes.
Le haut commandement allié
a donc dû se résigner à adopter une stratégie défensive.
Le front des Flandres
subit sans cesse un déluge de feu et de fer. En trente-quatre mois, l’armée belge a eu
à déplorer plus de 10.000 morts.
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22 décembre 1917.
L
e Conseil des Flandres termine l’année en faisant une déclaration spectaculaire. Après
un discours d’August Borms assez remarqué, le Conseil appele, a l'unanimité, à l'indépendance
de la Flandre.
Il s'agit d'une etape logique au vu des initiatives prises cette
année.
En mars, une importante délégation du Conseil, conduite par Pieter Tack
et Borms s’est rendue a Berlin. Elle a plaidé auprès du chancelier Bethmann-Hollweg
pour une séparation administrative de la Belgique.
Un arrêt du gouverneur-général
von Bissing pris moins de trois semaines plus tard, allait dans le même sens. C’était une
nette victoire pour les activistes.
Le 2 juin, le Conseil avait créé une comnission
d’études sur l’avenir de la Flandre. Cette commission devait élaborer un projet de
constitution pour le futur Etat.
Un meeting, qui s'était tenu a l’Alhambra, à
Bruxelles, le 11 novembre, a pris la forme d'une manifestation contre le gouvernement
belge du Havre.
Elle démontrait l’emprise croissante des activistes.
Sous
la pression de l'autorité occupante, le Conseil a été dissous.
Des élections
doivent avoir lieu. Elles démontreront sans conteste l'influence des activistes.
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Décembre 1917.
A
l’initiative de Clément Pansacrs, le premier numéro de Résur-rection, sous-titrée
Cahiers littéraires mensuels illustrés sort de presse ce mois-ci, orné en
couverture d’un bois de Guy Boscart (pseudonyme de Pansaers).
A vocation
internationaliste, la nouvelle revue accueille principale-ment des expressionnistes
allemands, des unanimistes français et des poètes belges proches de l’expressionisme.
Son premier cahier débute par une étude de Pansaers, Autour de la littérature
jeune allemande, dédiée à Romain Rolland. Suivent un poème de Raoul Ravache, Défi!
, et deux poèmes de René Verboom.
L’expressionnisme allemand est représenté
par le texte d’Ernst Stadier, Le Départ, qui dénonce le militarisme prussien, et
par un poème de Franz Werfel, intitulé Au Bonheur.
Aux textes de Charles
Vildrac et de Pierre-Jean Jouve succède un long poème de Clément Pansaers qui porte le
titre suivant : Méditations de Carême.
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Décembre 1917.
C
royant à une guerre rapide, les Allemands ne se sont guère inté-ressés a l'économie belge
et moins encore a l’industrie. Celle-ci a vivoté, s’acheminant rapidement vers la
paralysie complète.
Suite à l’arrêt des importations et aux prélèvements opérés
par l’occu-pant, les matières premières ont vite manqué. Seuls les charbonnages ont
continué à fonctionner normalement, bien que leur production ait diminué progressivement.
Sur les 54 hauts fourneaux allumés en 1914, un seul fonctionne encore.
Les requisitions allemandes. qui portaient au début sur les mitrailles diverses, ont
touché ensuite les stocks et s’attaquent désormais au matériel même des usines, qui sont
démantelées. Ainsi, des usines Cockerill, sont partis 4.500 wagons de debris de machines.
Cet arrêt de l'industrie provoque êvidemment une forte extension du chômage, qui frappe
entre 500.000 et 600.000 travailleurs. Ceux-ci Sont pris en charge par le Comité national
de secours et d’alimentation qui a réparti des aides représentant jusqu’ici I’équivalent
de quelque deux mille millions de francs-or avancés essentiellement par le gou-vernement
belge.
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1917.
L'aviateur Jan Olieslagers
E
nvisagée il y a neuf ans et créée en 1911, l’aviation militaire belge, après trois
ans de guerre, comprend un groupe de chasse, un groupe d’observation,
reconnaissance et bom- bardement, ainsi qu’une escadrille franco- belge.
Il est loin le temps où les pionniers de l’a- viation ralliaient l’armée
avec leur avion personnel. Ce fut en effet le cas pour Olieslagers et pour
Pierre de Caters, dont l’Aviator 2 fut le premier appareil de notre force
aérienne.
Jéro, le seul constructeur belge d’avions, avait acquis
la licence des Farman F20 mais, ayant dû quitter Anvers pour la France, a cessé ses
activités en 1915, lorsque nos militaires estimèrent pouvoir entretenir eux-mêmes leur
matériel.
Après avoir construit trois biplans sur base des Farman F40, les Belges
ont, en 1916, entrepris de convertir des avions d’observation anglais en les équipant de
moteurs plus puissants.
Cela a permis aux aviateurs belges qui, jusque là, étaient
équipés de matériel français - dont le fameux Spad - d’utiliser aussi des avions
d’outre-Manche.
Une escadrille belge s’est illustrée au Tanganyika. Parmi les "as"
actuels, citons Olieslagers, de Meulemeester et Jacquet.
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1917.
S
elon la Constitution, le roi est aussi le commandant en chef de l’armée belge. Si ce
principe semble quelque peu archaïque aux yeux de certains, il ne l’est pas pour le roi
Albert qui pose le problème sur trois niveaux : l’administration de l’armée, les
opérations militaires et la politique de guerre.
Le ministre de la Guerre, depuis
le 4 août, Charles de Broqueville lui-même, doit, en accord avec le roi, s’occuper de
l’organisation inté-rieure et de l’approvisionnement de l’armée.
En temps de
guerre, et pour ce qui concerne les opérations militaires, Albert ne s’estime pas placé
sous la tutelle du ministre. Il commande effectivement l’armée, assisté d’un état-major
dont le chef, person-nellement responsable, couvre le souverain devant le gouvernement et
le Parlement.
Enfin, le roi considère qu’il lui revient, en accord avec ses
ministres, de tracer la politique de guerre, c’est-à-dire le plan général d’après lequel
le gouvernement entend que l’armée joue son rôle en liaison avec les armées alliées.
Charles de Broqueville ne s’est jamais, sur ce plan, rallié totalement aux vues
du souverain. Selon lui, Albert ne peut conduire les opé-rations de Guerre que sous la
responsabilité du ministre de la Guerre.
Tout donne à penser qu’une fois la
paix revenue, ce problème con-tinuera à se poser.
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1917.
L
a galerie Giroux de Bruxeiles expose les oeuvres du peintre abstrait Victor Servranckx.
C’est la première fois que des toiles de ce courant artistique sont présentées au
public belge.
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"Opus 47" par Victor Servranckx |
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|---|
Né à Diegem le 26 juin 1897, Servranckx vient de terminer ses études à l’académie des
Beaux-Arts de Bruxelles. A 16 ans, alors qu’il travaillait dans une fabrique de papier
peint, il découvrit que les formes et les couleurs peuvent être le support unique d’une
émotion plastique.
Ses oeuvres nous font pénétrer dans un monde rigoureux aux
couleurs franches et aux accords sourds, dominé par des formes dont la géométrie sobre
se mêle parfois de tourbillon violents.
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1917.
D
epuis de nombreux mois, les idées du nationalisme flamand s'infil-trent sur le front
belge, où la situation, sur ce plan, semble avoir atteint un point culminant. Les
ministres connaissent depuis long-temps la détérioration des rapports entre officiers
francophones et soldats néerlandophones, et ils ont essayé d’y porter remède, mais avec
mollesse et uniquement par voie administrative.
Les circulaires du Cabinet,
enjoignant aux officiers le respect de la loi de 1913, sont soit non appliquées, soit
mal appliquées, moins par hostilité envers les néerlandophones que par incompréhension
et indif-férence.
On constate, sur ce plan, que les habitudes et les attitudes
anciennes sont trop profondément enracinées pour que l'on puisse s’en débar-rasser facilement.
Sous le commandement direct du roi, l’armée semble prendre sa revanche du mépris
dans lequel, croit-elle, le Parlement l'a jusqu'ici tenue. Elle a supprimé les cercles
d'études flamands, provoquant la naissance d'un mouvement flamand clandestin dans les
tranchées.
Le Mouvement du Front ne propose plus seulement un programme destiné
à redresser les griefs linguistiques des soldats, mais un pro-gramme politique complet
visant à réformer les structures de l'Etat belge.
Une part de ce programme a été
prise en compte par des parle-mentaires catholiques flamingants.
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- 3 mars : En vue d'obtenit la séparation administrative en Belgique, le
Conseil des Flandres envoie une délégation à Berlin, qui est reçue par le chanceiier
Bethmann-Hollweg.
- 8 avril : Au Havre, le gouvernement belge déclare s'opposer aux décisions
prises parl’occupant en matière de séparation administrative et menace de représailles
ceuxqui collaboreraient.
- 4 mai : Désormais, les journaux flamands diffusés sur le front de l'Yser
seront censurés.
- 2 juin : Le Conseil des Flandres désigne une commission cbargée d’étudier
l’avenir de la Flandre.
- 5 juin : Le roi Albert survole le front comme passager à bord d’un
Handley Page piloté par J. T. Babington.
- 26 juin : Poursuite de l’exploitatitm minière en Campine.
- 11 juillet : Dans une lettre ouverte au roi Albert, un groupe de soldats
flamands se plaint de la discrimination linguistique sur le front de I’Yser. La
réaction des autorités militaires n’est guère bienveillante.
- 31 juillet : Une très vaste offensive britannique, appuyée par des tanks,
s’engage à Ypres et Langemarok. La bataille de Flandre est engagée.
- 17 août : Les troupes allemandes occupent Langemarck.
- 11 septembre : Le pilote de chasse français Georges Guynemer est abattu et
tué au-dessus de Poelcapelle. A 22 ans, il est capitaine et officier de la Légion
d'honneur.
- 21 septembre : Reprise de l'offensive allemande à Langemarck.
- 24 septembre : Le gouvernement allemand refuse de promettre aux Français
et aux Anglais la restauration de la souveraineté belge.
- 30 septembre : Le pilote de chasse français René Fonck abat le pilote
allemand Wiseman qui, 20 jours auparavant était venu à bout de Guynemer.
- Octobre : Dans un manifeste diffusé sur le front de l'Yser, Hendrik
Borginon et Filip De Pillecijn se déclarent ouvertement pour le fédéralisme.
- 11 novembre : Au cours d'un meeting à l’Alhambra de Bruxelles les
représentants du Conseil des Flandres déclarent déchu le gouvernement du Havre.
- 30 novembre : Contre-offensive allemande à Courtrai : la bataille de
Flandre s’enlise.
- 30 novembre : Contre-offensive allemande à Courtrai : la bataille de
Flandre s’enlise.
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