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19 mai 1914.
L
e projet de loi sur l’enseignement primaire qui avait été présenté par le ministre
Poullet est enfin devenu réalité. L’obligation scolaire est prolongée de 12 à 14 ans.
Les salaires des enseignants du réseau libre seront équivalents aux salaires
payés dans l’enseignement communal. La loi exige que tous les enseignants aient un
diplôme officiel.
Le 14 mai, lorsque cette 5è loi organique de l’enseignement
primaire fut votée au Sénat, le ministre Poullet a prononcé un discours qui a été
chaleureusement applaudi dans les rangs catholiques. Les socialistes et les libéraux ont,
pour leur part, préféré quitter la séance. Le même scénario s’était d’ailleurs produit,
le 12 février, lorsque la loi avait été votée à la chambre des Représentants. Le projet
Poullet est pourtant nettement plus modéré que le projet Schollaert - les fameux bons
scolaires - qui avait provoqué une grave crise gouvernementale en 1911.
A la
veille des élections partielles qui ont été fixées au 24 mai, le discours des socialistes
est très dur. Ils affirment que les catholiques ont voté une loi de parti et ils espèrent
que grâce au suffrage universel, ils seront en mesure de nettoyer les fumeuses écuries
d'Augias du parti du pape".
Les catholiques sont satisfaits : l'enseignement
libre est reconnu et le personnel des reseaux libre et officiel est mis sur le même
pied.
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Mai 1914.
D'
une annexe du palais royal de Laeken, un émetteur construit par l'ingénieur Marzi
diffuse chaque samedi des concerts qui sont sans doute les premiers programmes
radiophoniques réguliers en Europe. On peut les recevoir jusque dans le nord de la
France, mais à condition d’être au fait des techniques toutes nouvelles de radio-électricité.
Il est nécessaire en effet de disposer d’un récepteur à galène.
Les auditeurs les
plus nombreux se situent dans la région wallonne du pays, où de nombreux ingénieurs
maîtrisent bien la marée techno-logique qui nous envahit.
Jusqu’ici, personne
n’avait pensé que la TSF pût transmettre de la musique.
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15 juin 1914.
D
epuis quelques mois, l'attention des Belges se fixe de pius en plus souvent sur les
problèmes posés par la rivalité entre la France et la Prusse.
Le journal Le
Soir, le plus largement répandu des quotidiens belges, publie, sous la rubrique
"Sommes-nous prêts ?», des articles demandant avec inquiétude dans quelle mesure
le pays est miiitairement préparé pour se défendre contre une éventuelle agression.
Le cabinet de Broqueville, conscient qu'une guerre pourrait mettre notre neutralité
en péril, a proposé l’instauration du service militaire personnel général. Il a ainsi
répondu aux voeux exprimés de longue date par l'opposition et la loi du 30 avril a
porté à 33.000 recrues le contingent annuel de l’armée.
Mais la catastrophe tant
redoutée ne risque-t-elle pas de se produire avant que les nouvelles dispositions
légales aient pu sortir l’effet escompté ?
Sur le plan politique, le gouvernement
homogène catholique est en butte à une opposition résolue de libéraux et de socialistes
cherchant à mettre sur pied un monde où règnerait plus de justice sociale.
Dans
le nème temps se dessine un mouvement flamingant qui se divise en "unitaristes" et en
fédéralistes souhaitant une division du pays.
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26 juillet 1914.
L
e coureur cycliste bruxellois Philippe Thys (24 ans), a remporté au-jourd’hui la
douzième édition du Tour de France. Il a conservé le maillot jaune de la première à la
dernière des 15 étapes de ce Tour long de 5.414 km.
Il a tiré profit de la lutte
entre les Français Henri Pélissier et Jean Alavoine et a remporté le Tour, comme l’an
dernier, avec un peu moins de deux minutes d’avance sur Pélissier.
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29 juillet 1914.
D
ans le cadre de l’Internationale, les principaux leaders socialistes européens se sont
réunis aujourd’hui en la Maison du Peuple de Bruxelles à l’invitation de Huysmans et de
Vandervelde. Ont également participé aux débats l’Allemande Rosa Luxemburg, le Russe
Roubanovich, l’Autrichien Victor Adler et le Français Jean Jaurès.
Les discussions
ont porté sur la nécessité, pour les socialistes allemands et français, de faire pression
sur leurs gouvernements afin que ceux-ci calment respectivement les velléités guerrières
de Vienne et de Saint-Petersbourg.
Le soir, devant huit mille personnes réunies au
Cirque royal, onze orateurs étrangers ont pris la parole. Haase, au nom des Allemands,
fit un discours plein de promesses pacifiques, mais Jean Jaurès a provoqué une émotion
lorsqu’il s’est exclamé "Est-il possible que des millions d’hommes, sans savoir pourquoi,
sans que leurs dirigeants le sachent, s’entre-déchirent sans se haïr ?"
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31 juillet 1914.
L
e roi Albert, chef de l’armée, a décidé, à 19 heures, de procéder à la mobilisation
générale de l’armée. Outre la mobilisation des trois classes les plus jeunes, celles
de 1909, 1908, 1907, 1906, 1905, 1904, 1903, 1902 et 1901 ont également été appelées.
Les effectifs de l’aimée sont donc portés à 200.000 hommes. Tous les miliciens
qui sont inscrits dans le registre de mobilisation sont rappelés sous les drapeaux y
compris ceux qui bénéficient d’une permission. Sans attendre leur ordre d’appel, ils
doivent se rendre immédiatement dans les dépôts où leurs armes sont conservées.
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Albert, le roi chevalier |
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Comme il est mentionné sur leur lettre d’appel, ils doivent emporter des
vivres pour une durée de 24 heures.
La décision de procéder à la
mobilisation a été prise par le roi contre l’avis du conseil des ministres.
La raison immédiate en est l’ultimatum alle- mand adressé à la
France et à la Russie.
Ce matin, le roi et les généraux de Selliers et
de Rijckel se sont réunis. Peu après, le conseil des ministres a été convoqué.
En début de soirée, Charles de Broqueville s’est adressé aux journalistes et
leur a déclaré : "Je suis convaincu que notre territoire ne subira aucun dommage mais
nous devons accomplir les devoirs que nous imposent notre neutralité".
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3 août 1914.
H
ier à 19 h, le ministre d’Allemagne von Below-Saleske a remis au ministre des Affaires
étrangères Julien Davignon un ultimatum rédigé par le général von Molkte, exigeant le
droit de passage en territoire belge pour les troupes allemandes : "L’Allemagne possède
des informations sûres attestant que la France est prête à marcher sur Namur et elle se
trouve contrainte, pour prévenir cette attaque, de placer ses troupes sur le territoire
de la Belgique.
Le gouvernement belge doit faire savoir endéans les douze heures
si la Belgique résistera ou non à l’Allemgne.
Si la Belgique fait preuve d’une
attitude bienveillante, elle retrouvera ses possessions et son indépendance. Dans le cas
contraire, elle sera traitée en ennemie".
Le roi a considéré ce texte comme une
rupture de contrat et une insulte personnelle. Mais c’est aussi la guerre, car la
réponse est négative.
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15 août 1914.
A
ttaquée dès le 5 août par l’armée du général von Emmich, la ville de Liège a été
investie le 7 par les troupes allemandes qui se sont infiltrées entre les forts,
lesquels sont tombés les uns après les autres, brisés par des obus trop puissants pour
eux.
Construite par Brialmont vers 1890 cette ligne de défense consistait en une
ceinture de douze forts implantés à 7 km du centre de la ville, avec un intervalle de 4
km.
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Le fort de Loncin, après le passage des Allemands |
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Les troupes de forteresse étaient à l’abri d’épais massifs triangulaires à parois
verticales en béton, ceints d’un fossé large de 10 m et profond de 6 à 8 m. L’armement
lourd comprenait deux canons de 150 capables de tirer à 8 km, des obus de 40 kg, deux
autres de 120 et un ou deux obusiers de 210. La défense rapprochée était assurée
par trois ou quatre canons de 57.
Les forts de Liège étaient épaulés par la 3è
division d’armée forte de quatre brigades mixtes, qui ont pu se replier vers l’Ouest.
La résistance des forts de Liège a retardé de quatre jours l’offensive des Allemands
vers la France.
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20 août 1914.
L
es lignes belges ont dû s’enfuir devant l’armée du général Kluck. Elles se sont retirées
dans la forteresse de défense belge : le réduit d’Anvers.
Après les échaufourrées
d’hier, les troupes allemandes ont pu pénétrer dans Bruxelles sans rencontrer de résistance.
Après que la reine et ses enfants se soient réfugiés à Anvers, le gouvernement
vient lui aussi de quitter Bruxelles pour Anvers. Les ministres y ont été transférés
hier à 8 heures. Quant au roi Albert, il a décidé de rester auprès de ses soldats.
Avant que les troupes allemandes ne pénètrent dans Bruxelles, le bourgmestre de la
ville a dû se rendre auprès de l’Etat-major général allemand.
Il a dû assurer que
les Allemands ne seraient pas les victimes d’une attaque imprévue.
Des indemnités
de guerre de 200 millions de francs ont été imposées à la ville.
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20 août 1914.
E
n prenant aujourd’hui à 2 h la décision de faire reculer l’armée jusqu’à la ligne des
forts d’Anvers, qui constituent un bon rempart, le roi Albert n’a certes pas répondu aux
voeux du commandement français qui souhaite notamment la défense de Bruxelles. Mais
le président Poincaré. en regrettant cette retraite qui sauve l'armée belge de
l’extermination en rase campagne, a déclaré : "Vous n'étiez pas en nombre pour suporter
ie choc des énormes masses qui allaient vous attaquer".
Le roi vient donc une
nouvelle fois d’affirmer son esprit de décision et de fermeté et son sens aigu de
l’intérêt national. A 39 ans, en pleine possession de ses moyens, avec un courage
foncier mais sans panache, il reconnaît ne pas être un stratège, mais sa longue et
active période de service réel dans le régiment des Grenadiers lui a conservé la
psychologie du soldat et une certaine chaleur humaine.
Mathématicien et ingénieur,
il sait faire preuve de calme et agir à la fois en roi et en commandant en chef.
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20 août 1914.
L'
avant-garde de l’armée de von Kluck a pénétré hier, par la chaus-sée de Louvain, dans
l’agglomération bruxelloise.
Dès aujourd’hui, l’occupant s’est mis à réquisitionner
des tonnes de pain, de viande fraîche, de riz, de feves, de légumes, de pommes de terre,
de sucre, d’avoine, de café, de cacao, de farine et de vin.
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Le bourgmestre Adolphe Max |
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A titre de contribution de guerre, les communes de l’agglomération sont
tenues de payer, dans les trois jours, une somme de 50 millions de francs
en or, en argent ou billets.
Le bourgmestre Adoiphe Max, protestant
contre la violence qui lui était faite, a déclaré ne céder que devant la
contrainte.
Un officier allemand ayant obtenu de lui une audience
pour une affaire de réqui- sition a, en s’asseyant, déposé son revolver sur
la table.
Flegmatiquement, Adophe Max a pris son crayon et l’a placé
devant lui, à portée de main.
Selon le secrétaire du bourgmestre l’officier a
compris l’ironie du geste et s’est excusé d’avoir machinalement obéi à "un usage de
guerre".
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24 août 1914.
C
onçue dans le même esprit que l’écharpe de forteresses de Liège, la défense de Namur
était constituée de neuf forts espacés de 3 à 6 km. Equipés chacun de neuf coupoles,
ils alignaient au total 57 pièces lourdes et 33 pièces de 55. Quinze mille hommes de
forteresse étaient épaulés par autant de soldats relevant de la 4è division d’armée.
Attaquée par quelque 90.000 Allemands, la place de Namur a tenu pendant 20 jours,
permettant la mise en place des forces franco-britanniques.
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Les carabiniers belges en route pour le front |
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Le 23, nos troupes ont effectué un mouvement de repli de 80 km. Cependant, placés au
carrefour des routes de Ciney et de Durbuy (lieu de passage pour contourner Namur), les
Belges ont fait d’Andenne une tête de pont qu’ils n’évacuèrent que le 19 août.
Depuis, cette ville a été mise à sac par les troupes de von Bülow.
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9 octobre 1914.
L
e camp retranché d'Anvers défendu seulement par 20.000 soldats mal encadrés et mal
équipés s'est rendu.
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Attaque du port pétrolier d'Anvers |
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Convaincu que toute défense était illu- soire, le général Deguise avait
laissé à ses hommes la possibilité de tenter de gagner les lignes belges.
Tandis que la plupart gagnaient la Hol- lande, un parlementaire fut
envoyé au- près du commandement allemand pour négocier une reddition susceptible
de sauver la ville.
En entrant dans Anvers, von Beseler a été
déçu : croyant prendre le roi et son ar- mée, il ne trouva que des fortins
vides.
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30 octobre 1914.
C
ette fois, le temps des replis semble bien terminée pour l’année belge. Menacée
d’encerclement par la pression ennemie sur Termonde et par leur "course vers la mer",
le roi Albert l’avait, dès le 15 octobre, repliée derrière l’Yser, bien décidé à défendre
cette ultime frange du territoire national.
Rangée sur un front boueux long de
38 km, l’armée belge alignait encore quelque 53.000 fusils, 184 mitrailleuses, 4.800
sabres, 298 canons de 75 et de 14 obusiers de 150.
Mais après une semaine de
combat, le 22 octobre, en dépit des 4.000 fusiliers marins français venus à la rescousse,
l’ennemi réussissait pourtant à franchir l’Yser à Tervaete.
Puis, deux jours après,
il atteignait le remblai de chemin de fer reliant Dixmude à Nieuport.
Le 27, pour
faire face à cette situation catastrophique, le roi dut se résoudre à commander l’ouverture
des vannes de l’écluse de Furnes et du déversoir de Noorvaert.
Les troupes allemandes
ont été surprises par la marée du soir. Très rapidement embourbés, ils ont dû se retirer
précipitamment.
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15 décembre 1914.
L
es parlementaires restés en Belgique ont tenu leurs premières réunions secrètes chez
Warocqué, questeur de la Chambre, en son hôtel de l’avenue des Arts, à deux pas de la
Kommandantur.
II a fallu aux parlementaires des deux Flandres une autorisation
spéciale pour venir à Bruxelles et on a donc vu Anseele et Coppieters faire le voyage
de Gand dans une voiture avec chauffeur allemands arborant un fanion de l’occupant.
Ces autos allemandes stationnant devant le lieu de réunion ont perturbé Warocqué,
qui a invité les parlementaires à se trouver une autre salle de réunion.
Désormais,
il se rencontrent chez le député-notaire De Ro, avenue de l’Astronomie.
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24 décembre 1914.
L
e gouverneur ailemand von Bissing vient de révoquer le gouver-neur de la Banque nationale,
Th. De Lantsheere, et a retiré à cet orga-nisme le privilège d’émettre des billets de
banque.
Sur sa lancée, il a transféré ce privilège à la Société Générale, à
charge pour elle de mettre sur le marché des billets d'un type nouveau.
Quelle est
l'origine de cette crise ? Dès que l’on sut que Bruxelles allait être occupée par les
Allemands, la Banque, respectant une décision du Conseil des ministres, transféra à
Londres la totalité de son encaisse métallique, une grande quantité de billets prêts
à être émis, ses clichés et poinçons, ainsi que les valeurs d’Etat entreposees dans ses
coffres.
La circulation des billets représente actuellement 1,6 milliards de
francs.
C’est en vain que les occupants, désappointés, ont délégué auprès du
gouvernement belge des représentants chargés de "récupérer" le trésor.
De
Lantsheere paie aujourd’hui l’intransigeance des ministres réfugiés au Havre. Quant aux
dirigeants de la Société Générale, on les dit fort embarrassés du cadeau que vient de
leur faire von Bissing.
Ils cherchent, paraît-il, à se faire "couvrir" par des
parlementaires. En tout cas, Jadot et Francqui ont déclaré que la Société Générale
n’entendait tirer aucun bénéfice de l’opération.
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26 décembre 1914.
L
e 20 août, alors que les Allemands entraient à Bruxelles, le cardinal Mercier venait de
partir pour Rome afin d’assister aux funérailles du pape Pie X, et de participer à
l’élection de son successeur, Benoît XV.
C’est au Vatican que le cardinal a
appris, coup sur coup, la destruction partielle de la collégiale de Louvain, l’incendie
de la bibliothèque de l’université, la dévastation de la ville, les fusillades, les
tortures infligées à des femmes, à des enfants et à des hommes sans défense, le
bombardement de l’église métropolitaine de Malines, du palais épiscopal, etc.
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Le cardinal Mercier |
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Rentré en Belgique, le cardinal a préparé une lettre pastorale au clergé et
aux fidèles de son diocèse, en vue des fêtes de Noél.
Cette lettre, qui a pour titre
Patriotisme et endurance, a connu un énorme retentis- sement.
Après avoir rappelé tous les crimes commis par les troupes de Guillaume II,
le cardinal Mercier parle des espérances patriotiques du peuple et lui
conseille d’avoir confian- ce.
Dans cette épître, il est on ne peut
plus clair : "Le pouvoir qui a envahi notre sol et qui, momentanément, en occupe
la majeure partie, n’est pas une autorité légitime".
Dans tous les milieux, la
lettre de l’archevêque de Malines est louée et son attitude admirée.
On peut
toutefois craindre la réaction des Allemands face à cet acte de patriotisme.
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1914.
D
eux journaux ont été fondés cette année à Anvers. Les hommes politiques Van Cauwelaert,
Van Perte et Hendrix ont fondé De Standaard. Le rédacteur en chef de ce journal
est le littérateur Filip de Pillecijn.
Lorsque la guerre a éclaté, ils ont décidé
de suspendre provisoirement la parution du journal. Le 3 juin, le premier numéro du
journal socialiste De Volksgazet est paru. Il est issu de la fusion de De
Werker et de De Volkstribuun. Il a décidé avec la direction du journal
gantois, Vooruit de diffuser De Volksgazet dans les provinces d’Anvers
et de Brabant.
Lors du déclenchement des hostilités, De Volksgazet a cessé
de paraître.
Mais les deux rédactions ont d’ores et déjà élaboré des projets
pour reprendre leur parution dès la fin des hostilités.
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- 27 mars : Albert Hustin réalise la première transfusion de sang conservé
en flacon grâce au citrate de soude.
- 24 mai : Elections partielles dans les provinces du Hainaut, de Liège, de
Flandre Occidentale et du Limbourg.
- 26 mai : Une loi interdit la mise au travail des enfants en dessous de
14 ans.
- 5 juillet : Le gouvernement décide qu'à partir du 1er janvier 1915 les
cours de l'université de Gand seront donnés en flamand.
- 29 juillet : Pour la première fois l'état-major belge prend contact avec
l'administration des chemins de fer.
- 3 août : Le gouvernement belge répond à Berlin qu'il est "fermement décidé
à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à son droit".
- 3 août : Moratorium et cours forcé de la monnaie en Belgique.
- 6 août : La 34è brigade allemande subit de fortes pertes à Herstal et se
replie à l'est de la Meuse.
- 7 août : Chute de Liège.
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Les Allemands s'installent à Liège |
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- 8 août : Le fort de Barchon est détruit.
- 12 août : L'armée de von Kluck, qui a franchi la Meuse à Visé et marche
sur Bruxelles, est un moment arrêtée à Haelen.
- 20 août : Le roi ordonne le repli des troupes sur le camp retranché
d'Anvers.
- 25 août : Le dirigeable allemand Z-IX (LZ 25) lance neuf bombes sur
Anvers.
- Août : Les aviateurs Olieslagers, Caters et Crombez, non mobilisables,
s'engagent avec leurs propres appareils.
- 2 septembre : A Bruxelles, le général von der Goltz s'installe comme
gouverneur général.
- 15 septembre : Un Comité national de secours et d'alimentation, animé par
Ernest Solvay, Emile Francqui, Léon Delacroix et Henri Jaspar est mis sur pied.
- 3 octobre : L'occupant met son mark en circulation avec un cours forcé :
1 mark = 1,25 franc belge.
- 10 octobre : Le ministère de Broqueville s'est transporté en France, à
Sainte-Adresse.
- 11 octobre : La décision est prise et notifiée aux Français : l'armée
belge restera en Belgique et se battra sur l'Yser.
- 12 octobre : Les Allemands entrent à Gand.
- 15 octobre : Le roi Albert installe son armée derrière la ligne de l'Yser.
- 20 octobre : L'envahisseur subit des revers à Lombardzijde et à Dixmude.
- 22 octobre : Les Allemands franchissent l'Yser à Tervaete.
- 31 octobre : La guerre des tranchées a commencé.
- 22 novembre : Les halles médiévales d'Ypres sont détruites par le feu.
- 3 décembre : La Belgique est placée sous l'administration du général von
Bissing.
- 12 décembre : Un avion allié survole à basse altitude le champ de manoeuvres
d'Etterbeek et lâche quelques bombes du côté d'Ixelles.
- 20 décembre : La bataille s'engage autour de Nieuport.
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