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14 mars 1911.
F
rans Schollaert vient de soumettre aux Chambres un projet de loi vi-sant à résoudre la
question scolaire. Ce texte concerne l’enseignement primaire et instaure à la satisfaction
des socialistes l’instruction obli-gatoire jusqu’à l’âge de 14 ans.
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L'utilité sociale de l'enseignement |
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L’obligation de l’enseignement relève de l’utilité sociale, au même titre que de
la protection des travailleurs.
Bien que des écoles du soir ou du
diman- che soient mises à leur disposition, les enfants travailleurs,
accablés de fatigue, ne peuvent en profiter.
En temps de crise, la
main-d’oeuvre en- fantine à bon marché tend à provoquer le chômage des
adultes et à réduire leurs salaires.
De plus, le projet de loi, en réponse
aux désirs des catholiques, institue le "bon scolaire", qui répartit les subsides entre
les écoles publiques et libres, selon le nombre de leurs élèves.
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5 juin 1911.
L'
assurance vieillesse est désormais obligatoire pour les mineurs. Un grand pas a donc
été franchi en matière de retraite en Belgique, puisque l’on passe d’un système
d’assurance personnelle à un système obligatoire, dans lequel travailleurs, patrons et
Etat sont parties prenantes.
La loi stipule que chaque mineur doit s’affilier
directement ou indirectement via une caisse d’assurances privée à la Caisse générale
d’épargne et de retraite. A partir de soixante ans, chaque retraité touchera 360 francs
par an. C’est peu comparé au salaire annuel moyen d’un mineur, qui est de 1.340 francs.
Mais la situation des nombreux mineurs déjà retraités en sera pourtant améliorée.
Les tentatives antérieures de l’Etat pour généraliser un système d’assurance
vieillesse avaient jusqu’ici échoué. Les primes octroyées depuis 1891 aux caisses
d’assurance n’avaient pas suffi à inciter les travailleurs à épargner.
Ce
phénomène s’explique par les trop faibles moyens dont dispose la classe ouvrière.
Ce n’est sans doute pas un hasard si la réglementation introduite ne vaut que
pour les mineurs : l’Etat cherche ainsi à étouffer le mécon-tentement social qui règne
depuis quelque temps dans les bassins charbonniers.
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14 juin 1911.
V
ictime d’une majorité trop réduite (six sièges), le cabinet Schollaert n’aura pas vécu
longtemps. L’opposition conjuguée des gauches et de la vieille droite a provoqué sa
démission, le 8 juin dernier, sur la question du "bon scolaire".
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Affiche pour l'union des politiques |
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C’est le baron de Broqueville, ministre des Chemins de Fer, qui a été appelé
à constituer le nouveau ministère catholi- que.
Sa composition
vient d’être rendue offi- cielle. Aux côtés du baron de Broqueville, chef du
cabinet et ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphe, on trouvera
Poullet (Sciences et Arts), Levie (Finan- ces), Van de Vyvere (Travaux
publics et Agriculture), Carton de Wiart (Justice), Davignon (Affaires
étrangères), Renkin (Colonies), Hellebaut (Guerre), Hubert (Industrie et
Travail) et Berryer (Inté- rieur).
Avec l’arrivée de Levie, Poullet,
Carton de Wiart et Van de Vyvere, la "Jeune Droite" est maintenant majoritaire au
gouvernement.
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15 août 1911.
U
ne impressionnante manifestation a traversé les rues de la capi-tale : quelque 16.000
socialistes et libéraux ont défilé ensemble pour exprimer leur mécontentement face
à la politique menée par le gouvernement catholique.
Les manifestants estiment
que les deux réseaux d’enseignement ne sont pas traités de la même manière et que le
nouveau système de subsides avantage les écoles catholiques.
11 y a déjà quelque
temps que socialistes et libéraux ont entamé une politique de rapprochement en prévision
des prochaines élections. Ils espèrent pouvoir mettre fin à la majorité catholique, au
pouvoir depuis près de trente ans.
Mais l’accord n’est pas total entre les deux
partis. Les socialistes continuent à réclamer l’introduction du suffrage universel,
mot d’ordre qui a d’ailleurs été défendu lors de la manifestation. Mais, pour bon nombre
de libéraux, cette revendication est trop radicale pour permettre d’envisager une union.
Ils craignent en outre d’être entraînés par la dynamique des ar-guments socialistes.
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30 octobre 1911.
L
es plus célèbres physiciens du monde participent à Bruxelles au pre-mier Conseil
international de physique.
Einstein, Curie, Rutherford, Planck, Poincaré et
d’autres se penchent sur les récentes découvertes en matière de physique des particules.
On espère que ces contacts donneront très prochainement lieu à une coopération
permanente entre les savants.
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Le premier Conseil de physique Solvay en 1911 à Bruxelles |
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C’est Ernest Solvay, le célèbre chimiste belge, qui est à l’origine de cette rencontre.
Cet autodidacte a découvert le procédé de production moderne de soude et a toujours fait
preuve de beaucoup d’intérêt à l’égard de disciplines scientifiques les plus diverses.
La rencontre d’aujourd’hui n’en n’est pas le premier résultat. En 1893, Solvay
avait déjà fondé l’Institut de physiologie et, dix ans plus tard, l’institut de sociologie.
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Novembre 1911.
L
e Cercle artistique a fêté l’inauguration de l’orgue qu’il a récem-ment fait construire
par Waikersent. Joseph Jongen a bien mis en valeur le nouvel instrument par le Concerto
en fa de Haendel. Ensuite, il accompagna le Concerto pour violon en ré mineur de Leclair,
qu’Eugène Ysaye a magnifiquement interprété. Le concert se pour-suivit par une superbe
exécution du triple concerto de Vivaldi, qui réunit Ysaye, Deru et Chaumont. Ensuite,
on entendit le Concerto en ré mineur pour trois pianos de Jean-Sébastien Bach, où
Bosquet, Van Tyn et Hénusse s’entendirent à merveille. Après le Chant élégiaque de
Beethoven pour choeur et quatuor à cordes, Jongen a ajouté, comme sortie, un Menuet
pour orgue de Guilmant.
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10 décembre 1911.
M
alade, Maurice Maeterlinck n’a pu assister à la remise des prix Nobel à Stockholm, dans
la salle de l’Académie royale de musique.
C’est M. Wauters, ministre de Belgique,
qui a reçu le diplôme décerné à l’écrivain belge, "en raison de son activité littéraire
si multiple et, particulièrement, de ses créations dramatiques remarquables par une
richesse d’imagination et par un idéalisme poétique qui parlent de façon mystérieuse
aux coeurs et aux sentiments".
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Décembre 1911.
D
epuis la reprise du Congo par la Belgique, en 1908, les immenses investissements
consentis par le pays commencent enfin à porter leurs fruits. En effet, l’économie
congolaise, traditionnellement axée sur les productions agricoles spontanées ou sur
certains produits de la chasse dont l’ivoire, prend à présent son essor grâce à
l’exploitation minière du Katanga.
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La mine de Ruwe au Katanga |
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Ainsi, l’Union minière a-t-elle réalisé cette année sa première coulée de
cuivre, pro- duisant 998 tonnes de métal.
La production d’or fin
atteint pour sa part 800 kg.
En outre, deux types d’expoitation
agricole ont été lancés l’hévéa et la palme.
Les chiffres du commerce
extérieur sont encore plus éloquents. Cette année la balance commerciale
dégage un bonus de 472 millions de francs contre 431 millions en 1900.
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1911.
L
e premier ouvrage d’une romancière belge d’origine hollandaise, Neel Doif, intitulé
Jours de famine et de détresse et publié chez Fasquelle à Paris, vient d’être remarqué
par la critique parisienne.
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La romancière Neel Doff |
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Son auteur a obtenu trois voix pour le prix Goncourt, dont celle d’Octave
Mirbeau.
Neel Doff est née le 27 janvier 1858 à Buggenhum. Elle est
aujourd’hui mariée à un avocat anversois, Georges Serigiers.
A travers
l’histoire de la petite Keetje, son livre évoque les années de pauvreté et de
misère noire qui furent celles de son enfance.
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1911.
L
e nouveau roman de Joseph Henri Rosny, La Guerre du Feu, est l’aboutissement de
dix années de recherche en paléo-ethnologie. Il rapporte comment, dans la très lointaine
préhistoire, Naoh, courageux guerrier de la tribu des Oulhamr a pu ravir le feu à la
tribu rivale des Dévoreurs d’hommes et obtenir ainsi la main de la jolie Gammia.
Membre de l’Académie Goncourt, l’auteur, de son vrai nom Joseph-Henri Boex, est né à
Bruxelles en 1856.
On lui doit de nombreux romans, qu’il écrivit seul ou avec
son cadet, Jules-Henry.
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- 4 janvier : Grève générale dans les mines liégeoises : les directions?
obligées de respecter depuis le 1er janvier la loi sur les mines, tentent de la
contourner en réduisant la pause des repas.
- 6 janvier : A Bruxelles. la jonction ferroviaire entre les gares du
Nord et du Midi est décidée.
- 12 février : Cinq mille manifestants défilent à Bruxelles pour la
flamandisation de l’université de Gand.
- 2 mars : Après le succès de Moscou et Londres, L ‘Oiseau bleu, de Maeterlinck,
est présenté pour la première fois à Paris, au théâtre Réjane.
- 3 avril : Invités par la ville de Paris, les édiles belges visitent la
capitale française.
- 17 avril : Un violent incendie détruit l’hôtel de communal de Schaerbeek.
Ce bâtiment de style néo-renaissance flamande, qui avait été inauguré le 21 juillet
1887, était l’oeuvre de Jules-Jacques van Ysendijck, un élève de Violet-le-Duc.
L’hypothèse d’un incendie criminel semble retenue.
- 3 mai : Dépôt d’un projet de loi catholique sur la flamandisation
de l’université de Gand.
- 5 mai : Le ballon De Waaslander de l’aéroclub de Saint-Nicolas,
prend l’air pour la première fois.
- 9 mai : Visite officielle en Belgique du président de la République
française, Armand Fallières.
- 15 mai : La Commission permanente pour la protection des indigènes tient
sa première session à Leopcldville.
- 8 juin : La Commission permanente pour la protection des indigènes tient
sa première session à Léopoldville.
- 8 juin : L'aile conservatrice du Parti catholique fait chuter le cabinet
Schollaert pour s'opposer au projet de loi du gouvernement concernant l'enseignement
inférieur.
- 6 juillet : Une épidémie de fièvre scarlatine s'étant déclarée dans une
promotion, la moitié des élèves de l'Ecole militaire sont renvoyés dans leur foyer.
- 10 août : Signature de la Convention de Berlin, qui interdit le travail
de nuit pour les femmes. Restent à régler la loi sur la protection des enfants et
une autre sur les pensions des fontionnaires.
- 10 août : Aux élections communales, le cartel socialiste-libéral l’emporte
dans de nombreuses grandes villes.
- 16 octobre : Recordman de la distance envol depuis le 20 Juillet 1909,
le pilote belge Jan Olieslagers, sur Bleriot, se surpasse 625 km.
- 16 octobre : Le prix Nobel de littérature et une somme de 300.000 F sont
attribués à Maurice Maeterlinck, alors que l'on avait d’abord parlé d’un ex-aequo
avec Emile Verhaeren.
- Décembre : La production katangaise de cuivre atteint cette année 998
tonnes.
- 1911 : Création du Boerinenbond, association des fermière catholiques
flamandes
- 1911 : Le Liégeois Edgard Frankignoul fonde sa Compagnie internationale
des pieux armés.
- 1911 : Parution de Le Maugré, roman de Maurice des Ombiaux.
- 1911 : Les universités se voient accorder la personnalité civile.
- 1911 : Construction de l'église Saint-Job dans le quartier de
Carloo-Saint-Job à Uccle.
- 1911 : Bruxelles possède désormais un champ d'aviation situé à
Berchem-Sainte-Agathe. Il couvre une superficie de 60 ha et sa piste est longue
de 1.200 m.
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