1

RETOUR PAGE PRECEDENTE

FAITS MARQUANTS ANNEE 1910

18 mars - Le brasseur Beulemans marie sa fille.
23 avril - Premier numéro du "Pourquoi Pas ?", hebdo satirique.
12 mai - "Flamandisation" de l'enseignement.
22 mai - Un scrutin pour rien aux élections législatives.
Juillet - Mutations à la tête de l'armée.
10 août - Cinéma : le métier s'interroge.
14 août - L'Expo du Solbosh réduite en cendres.
19 décembre - Université de Gand trois "coqs" pour la flamandisation.
1910 - Les faucheurs de pâquerettes belges.



Le brasseur Beulemans marie sa fille.

18 mars 1910.

F rans Fonson, directeur du théâtre de l'Olympia, a eu la bonne idée d'écrire avec Wicheler une pièce bruxelloise, Le mariage de Made-moiselle Beulemans, qui a recueilli un franc succès.

La Famille Beulemans

 Alfred-Louis-Jacque, jusqu'à pré-  sent limité à des rôles de revue, y  est Beulemans et Lucienne Roger,  sa fille.

 On parle de futures représentations parisiennes.

 Que comprendront les Français à  cette langue où l'on risque, en prenant un chemin "trop court" de suivre une route "contraire" surtout si "l'on ne sait rien là contre" ?


RETOUR HAUT DE PAGE


Premier numéro du "Pourquoi Pas ?", hebdo satirique.

23 avril 1910.

V ient de paraître aujourd’hui, à Bruxelles, un nouvel hebdomadaire d’un genre tout à fait original, qui a pour titre Pourquoi Pas? Il est dirigé par un trio de journalistes : Louis Dumont-Wilden, George Garnir et Léon Souguenet.

La publicité vue par
Van de Velde


Cette publication a pour but de commenter les  événements de la semaine écoulée sur un ton  ironique.

Pourquoi Pas? se veut indépendant des partis   politiques et annonce qu’il publiera des  biographies caricaturales de personnalités de  tous les milieux : du cardinal Mercier à Van-  dervelde en passant par Janson.

La revue veut se démarquer des autres ma-  gazines populaires.

Ainsi, c’est en vain que le lecteur cherchera la  page des faits divers.



RETOUR HAUT DE PAGE


"Flamandisation" de l'enseignement.

12 mai 1910.

A lors que la question flamande se pose avec de plus en plus d’acuité, la Chambre a voté une loi sur la flamandisation de l’enseignement moyen. Les Flamands réclament l’emploi du néerlandais dans les administrations de leurs provinces. Ils réclament aussi le droit d’être instruits dans leur langue, aux différents degrés de l’enseignement et exigent la création d’une université flamande.

Pour leur donner partiellement satisfaction, la Chambre a adopté la proposition de loi déposée par Louis Franck et Paul Segers. Ce document établit que, dans l’enseignement moyen de la partie flamande du pays, la langue utilisée pour deux cours au moins devra être le flamand, et que l’étude du flamand sera renforcée dans tout le pays.

Helleputte, Delbeke, Beernaert et Davignon

 A cet effet, on a instauré un  système qui prévoit que tout  étudiant non titulaire d’un cer-  tificat d’études attestant la fré-  quentation de deux cours donnés  en flamand ou bien à un certain  nombre d’heures consacrées à l’en-  seignement du flamand, sera sou-  mis à un examen conditionnant  l’accès à l’université.

 Ce système a l’avantage de ne pas  obliger les établissements libres à  se conformer aux prescriptions du  gouvernement, respecte le principe  constitutionnel de la liberté d’en-  seignement et permet à celui qui  ne tient pas à suivre des cours en  flamand, d’en être dispensé, mo-yennant un examen de connaissance sur la langue.


RETOUR HAUT DE PAGE


Un scrutin pour rien aux élections législatives.

22 mai 1910.

D es élections législatives ont eu lieu dans cinq provinces (Anvers, Brabant, Flandre Occidentale, Luxembourg et Namur) pour désigner 85 des 166 représentants que compte la Chambre. Leur résultat ne modifie guère l’échiquier politique national. La majorité catholique tombe de huit à six sièges par la perte du siège de Nivelles, laissé aux socialistes.

Face aux 86 députés catholiques, l’opposition rassemble maintenant 43 libéraux, 36 socialistes et un daensiste.

Du folklore habituel des campagnes électorales, on retiendra l’incident qu’un électeur libéral de Koekelberg a provoqué en amenant au bureau de vote son fox-terrier, entièrement teinté de bleu. A la queue de l’animal, il avait attaché une pancarte : "Votez pour le numéro 3 !"...

Ce qui fait dire au Patriote (catholique) de ce matin : "Voilà de la réclame libérale intelligemment placée !".


RETOUR HAUT DE PAGE


Mutations à la tête de l'armée.

Juillet 1910.

L es arrêtés royaux des 15 février et 26 juin derniers indiquent le grand intérêt que le roi Albert porte au fonctionnement de son armée.

Grâce au premier arrêté, le souverain, à qui l’article 68 de la Constitution confie le commandement en chef de l’armée, nommera désormais les commandants de circonscription militaire parmi les généraux en activité.

Plus décisif, l’arrêté du 26 juin institue un état-major unique, qui reçoit les anciennes attributions de la première direction générale du ministère de la Guerre.

La nouvelle fonction de chef d’état-major général vient d’être confiée au lieutenant-général Jungbluth, qui dispose d’une grande faveur dans l’entourage du palais.


RETOUR HAUT DE PAGE


Cinéma : le métier s'interroge.

10 août 1910.

A Bruxelles, le premier Congrès International de Cinématographie a rassemblé des spécialistes du film de sciences et d’enseignement, de la technique, de la psychologie du public et des droits d’auteur.

Ils parlent de pédagogie, de vulgarisation, de normalisation des termes de métier et des procédés, d’archivage, du classement des films selon les publics (populaire, bourgeois), du développement d’une production pour enfants et de l’entrée du cinéma dans la convention de Berne sur la protection des oeuvres intellectuelles.


RETOUR HAUT DE PAGE


En quatre heures, l'Expo du Solbosh a été réduite en cendres.

14 août 1910.

D imanche soir, un incendie a ravagé une partie de l’Exposition uni-verselle de Bruxelles, installée sur le plateau du Solbosch, en lisière du bois de La Cambre.

Des galeries belges qui tenaient toute la façade principale, de la section anglaise qui lui faisait suite et d’une partie de la section française, il ne reste rien.

En quatre heures, tout a été consumé. Plusieurs maisons particulières de l’avenue Solbosh, enclavées dans les halls de l’exposition, ont également été détruites.

"La Création du Monde" à l'Exposition de Bruxelles

Le feu aurait pris à la suite d’un court-circuit survenu au stand consacré à la couture. Des étoffes se sont enflammées et, en quelques minutes, le pavillon belge fut la proie des flammes. Le feu s’est propagé par les charpentes, sous les yeux des pompiers, impuissants car ne disposant ni d’échelles suffisamment élevées, ni de pompes sous pression. L’incendie a ensuite atteint le fond de l’enceinte où était installé le Lunapark. Le cirque et la ménagerie de Bostoch ainsi qu’un aquarium de crocodiles n’ont pas été épargnés par le feu. On n’a pu sauver que les animaux inoffensifs, laissant les fauves mourir asphyxiés dans leurs cages.

Les dégâts sont très importants, mais il n’y a heureusement pas eu mort d’homme.

Une cinquantaine de gardiens ont cependant été blessés. Les pertes matérielles se chiffreraient entre 20 et 50 millions.


RETOUR HAUT DE PAGE


Université de Gand trois "coqs" pour la flamandisation.

19 décembre 1910.

C es dernières semaines, la lutte pour la flamandisation de l’univer-sité de Gand est devenue plus aiguë. Depuis des années, des per-sonnalités flamandes de premier plan, réunies au sein d’une Commission de l’enseignement supérieur présidée par Max Rooses, luttent pour la création d’une université unilingue néerlandophone à Gand.

En réaction, des notables et des étudiants francophones ont fondé une Association pour la défense de la langue française à l’université de Gand. Mais l’opposition à cette association ne cesse de croître.

En novembre, des voix se sont fait entendre au sein des trois partis traditionnels en faveur de la flamandisation. Hier, une manifestation réclamant une université néerlandophone s’est déroulée à Anvers. Trois députés, Frans van Cauwelaert, catholique, Louis Franck, libéral et Camille Huysmans, socialiste y ont pris la parole. On les a surnommés "Les trois coqs chantants".

Ils ont déclaré qu’ils poursuivraient leur action jusque dans l’enceinte du Parlement.


RETOUR HAUT DE PAGE


Les faucheurs de pâquerettes belges.

1910.

L' avion a cessé d’évoluer comme un kangourou : pour permettre au public de contempler de près les aventuriers du ciel qui manoeuvrent à des hauteurs respectables, certains hommes d’affaires avisés organisent des meetings d’aviation richement dotés, au cours desquels se mesurent les plus grands des as internationaux.

L'aviateur Kinet sur Farman

La première semaine d’aviation mise sur  pied en Belgique le fut à Tournai (du 5 au  14 septembre 1909). L’Aéroclub de Belgique,  fondé en 1901, du temps de l'aérostation,  organise des rencontres à Anvers et à  Stockel (130.000 francs de prix).

Si ces meetings voient nos pilotes se dis-  tinguer et battre plusieurs records mon-  diaux, ils voient leurs premiers accidents  et leurs premiers martyrs : Nicolas Kinet,  détenteur du record de durée de vol avec   passagers se tue à Stockel le 4 août 1910.

La Belgique compte à présent 16 pilotes  brevetés, le premier étant le baron de  Caters, premier pilote belge (sur biplan Voisin "L’Etoile belge", équipé d’un moteur belge Vivinus). Il fut le premier à voler dans le ciel africain (1909) et vient de faire voler la soeur du maharadjah de Kuchbehar à Calcutta,


RETOUR HAUT DE PAGE


Autres dates importantes.


- 13 janvier : L’interdiction faite aux Belges de travailler en France soulève de vives réactions en Belgique.


- 23 janvier : A Liberchies, naissance dans une roulotte de Django Reinhardt.


- 7 février : La Belgique, la Grande-Bretagne et l'Allemagne fixent les frontières entre leurs colonies respectives : le Congo, l’Ouganda et l’Afrique orientale allemande.


- 7 février : La Chambre rejette une motion de censure déposée par les socialistes. Ceux-ci s'étonnaient que les députés n’aient pas été mis au courant d’une tractation portant sur 30 millions de francs pour le rachat du Congo par l’Etat belge.


- 7 avril : Création à la Monnaie, d’Eros vainqueur, de P. de Bréville, sur un livret de jean Lorrain.


- 7 avril : Le premier cinéma parlant de Beigique s'ouvre à Saint-Gilles. Il s’agit du Grand cinéma saint-gillois qui propose 1.200 places de 35 à 70 centimes.


- 23 avril : En présence de leur hôte d’honneur, l’ex-président des Etats-Unis Théodore Roosevelt, le roi Albert et la reine Elisabeth inaugurent l'Exposition universelle de Btuxelles. Cette manifestation couvre 250.000 m².


- 26 avril : Le peintre Blandin et un étudiant nominé Develoose réalisent les premiers dessins animés beiges.


- 27 avril : Par 72 voix contre 58, le Parlement repousse la proposition socialiste tendant à introduire le suffrage universel.


- 15 mai : Une loi élargit les prérogatives des tribunaux du travail. Elle accorde notamment plus de droits aux travailleurs féminins.


- Août : Une Belge, Hélène Dutrieu, est la deuxième femme à obtenir un brevet de pilote d'avion. Son brevet belge porte Ie numéro 27.


- 2 septembre : Au Katanga, le rail, parti de Benguela en 1906, atteint Elisabethville.


- 15 septembre : Socialistes et libéraux organisent à Gand une manifestation commune pour le suffrage universel et contre la loi scolaire.


- 23 octobre : Création d’une Union pour la défense de la langue française à l’université de Gand.


- 25 octobre : Visite du couple impérial allemand en Belgique.


- 9 novembre : La Belgique, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie, l’Espagne et la Norvège établissent des relations diplomatiques avec la nouvelle répub1ique portugaise.


- 11 novembre : Annonce d’une action des trois partis en faveur de la flamandisation de l'université de Gand.


- 31 décembre : L'Exposition Universelle de Bruxelles a enregistré 12.908.000 entrées. Elle a valu à la Belgique la visite de nombreuses personnalités telles que le président des Etats-Unis William H. Taft, Abdul-Aziz, sultan ottoman et Guillaume II, empereur d'Allemagne.


- 1910 : Le chanteur Italien Enrico Caruso (37 ans) se produit sur la scène de la Monnaie.


- 1910 : Première du Mariage de Mademoiselle Beulemans.


- 1910 : La Belgique possède et gère quelque 6.000 km de chemins de fer en Amérique du Sud, et 3.000 en Chine.


RETOUR HAUT DE PAGE


© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).