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27 février 1909.
C
e soir, à la Monnaie, on crée Katharina, légende dramatique en trois actes et
quatre tableaux, sur un livret de Florimond Van Duyse et une musique d’Edgard Tinel.
Le rôle de Katharina sera tenu par Mme Croiza.
Katharina est le second
opéra d’Edgard Tinel, musicien que l’on connaît par ailleurs par ses fonctions de
professeur de contrepoint et de fugue au conservatoire de Bruxelles, d'inspecteur des
écoles de musique et, depuis le décès de François Gevaert, le 24 décembre dernier, de
directeur du conservatoire.
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6 août 1909.
H
ier, vers 5 h 45, le pilote Delavoye, et MM. Destappes et Teupkens, respectivement
premier et second mécanicien, ont sorti de son hangar situé aux confins d’Auderghem et
de Boitsfort un ballon dirigeable, à bord duquel ils se sont élevés.
A la grande
stupéfaction des Bruxellois matinaux, l’appareil a pris la direction du parc du
Cinquantenaire, qu’il a contourné pour ensuite glisser dans le ciel sans nuages en
direction de l’église Sainte-Marie. De là, le long cigare volant a suscité l’émoi d’un
nombre accru de spectateurs en gagnant la gare du Nord le long du boulevard, en faisant
un tour au-dessus de la grand-place, puis en évoluant autour du dôme du palais de justice.
Passant par la porte de Namur, il est ensuite reparti vers Boitsfort, où il
atterrissait à 6 h 45. On notera qu'à la porte Louise l’appareil a fait mine de se poser,
s’approchant jusqu'à 40 m du sol.
Le dirigeable, baptisé Belgique, a ainsi
parcouru quelque 30 km à une altitude variant de 200 à 300 m sous les yeux de toute une
ville heureuse d’assister aux évolutions de ce navire aérien.
Le journal Le
Soir montre la photo de l’aéronef au-dessus du palais de justice.
C’est la
première fois que ce quotidien publie un cliche photographi-que.
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16 août 1909.
L
e cortège princier a défilé aujourd’hui dans les rues de Bruxelles, sous les acclamations
de la foule, qui saluait le retour du prince Albert. Celui-ci avait en effet entrepris
un voyage au Congo afin de découvrir de visu la nouvelle colonie sur laquelle il est
appelé à régner. C’est débordant d’enthousiasme qu’il nous revient, "J’étais, bien sûr,
plein d’espoir pour l’avenir du Congo, a-t-il dit, mais ce que j’ai vu a dépassé mon
attente.
J’ai traversé notre colonie dans sa plus grande longueur, parcourant
4.500 kilomètres. Depuis les plateaux du Katanga jusqu’à l’embouchu-re du Congo, la
nature a doté ce pays d’un réseau fluvial magnifique et la colonie offre des ressources
inépuisables aux hommes d’initiatives et d’énergie".
Le prince a pris soin
d’esquisser son programme : le relèvement moral et matériel des indigènes.
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13 septembre 1909.
L
a Vlaamsche Vereeniging voor Toneel-en Voordrachtkunst a été fon-dée à Gand par Jan
Oscar De Gruyter, un philologue flamingant qui veut notamment prouver que le néerlandais
est une langue digne de représentations de haut niveau.
Starkadd, la pièce
d’Hegenscheidts, un modèle de théâtre littéraire, genre qu’affectionne particulièrement
De Gruyter, sera la première pièce au répertoire. Elle sera jouée dans une mise en scène
de Arie Vanden Heuvel.
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18 novembre 1909.
S
uite à l’insistance réitérée du roi, le Parlement a finalement voté la réforme instaurant
le service militaire personnel et obligatoire. Par 100 voix contre 58, la Chambre s’est
en effet prononcée aujourd’hui pour l’instauration de la conscription, mettant ainsi fin
à la pratique du tirage au sort dont le résultat était de priver le contingent de
nombreux hommes de valeur et de mettre uniquement à contribution les plus démunis.
Pourtant, il devenait urgent, face à la montée des périls, d’augmenter la
capacité de mobilisation du pays. A quoi servait de construire de nouvelles fortifications
si l’on refusait de les alimenter en troupes ? Néanmoins, la "vieille droite"
catholique s’y sera opposé jusqu’au bout.
Malgré le soutien de la "jeune droite",
le même projet avait, l’année passée, été repoussé par 78 voix contre 70.
Mais
heureusement, le chef de cabinet Schollaert s’y est finalement rallié, à la grande
stupeur de la droite dite "pacifiste".
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10 décembre 1909.
L
e comité Nobel du Parlement norvégien a décerné le Prix Nobel de la Paix à deux membres
de la Cour internationale d’arbitrage, le Baron d’Estournelles de Constant de Rebecque,
sénateur français et l’ancien ministre des Affaires étrangères belge, August Beernaert.
Le comité a rendu hommage aux efforts qu’ils ont consentis lors des conférences
de la paix de 1899 et de 1907, portant sur la codification de la guerre sur terre et
l’inviolabilité de la propriété ennemie dans la guerre maritime.
A. Beernaert a
pris une part active aux conférences interparlemen-taires, à plusieurs reprises en
qualité de président et a été remarqué par sa personnalité représentative.
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14 décembre 1909.
Q
uelques heures avant de subir une opération chirurgicale, le roi Léopold II a fait
appeler la baronne de Vaughan au Pavillon des Palmiers. Pendant une demi-heure, le roi,
la baronne et le doyen Cooremans sont restés seuls, en dehors de tout témoin. Le roi
aurait ainsi épousé religieusement Blanche Caroline Delacroix, qu’il avait fait baronne
de Vaughan.
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Le mariage de Léopold |
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D'après certains, c’est à Paris, en 1900, que Léopold aurait fait la
connaissance de cette fille de Français, née à Bucarest.
Jolie et
plantureuse fille de trente ans, à l’opulente chevelure et aux yeux de feu,
elle est peu populaire.
Les Belges la soupçonnent d’avoir eu une
liaison intéressée avec le vieux souverain.
De leur union sont nés
deux fils, dont l’ainé, Lucien, est âgé de cinq ans et demi et duc de
Tervueren. L'autre, Philippe, comte de Ravenstein, est âgé de trois ans et demi.
Les enfants sont installés au château de Balincourt.
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17 décembre 1909.
C
e matin, Léopold II, deuxième roi des Belges s’est éteint à Laeken, à l’âge de 74 ans.
Hier encore, le palais annoncait une amélioration de l’état de santé du souverain, qui
confiait au Dr Thiriar ses projets de convalescence dans le Midi. Mais dans la nuit, à
2 h 37, le roi fut frappé d’une embolie. C’était le jour même du quarante-quatrième
anniversaire de l’accession au trône.
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les funérailles du roi Léopold II |
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Hautain, dur, très autoritaire, le roi ne fut jamais très populaire. Il s’est
pourtant consacré avec beaucoup d’intelligence et de dévouement à l’intérêt
de son peuple.
Alors qu’on a toujours accueilli ses initia- tives avec
soupçon ou indifférence, les récents événements nous montrent com- bien
Léopold II fut un grand roi.
Ainsi le pays, après avoir longtemps hésité
à s’intéresser à la colonie que Léopold II lui avait préparée, l’a annexée dès
qu'il a vu en elle une bonne affaire. Il en est de même pour la loi
militaire que le roi avait inlassablement réclamée en dépit des colères et des injures.
Celle-ci a été votée il y a trois jours. Léopold II eut ainsi la suprême
consolation de clore son règne par le triomphe de sa réforme.
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24 décembre 1909.
C'
est aujourd’hui que le prince Albert a, dans les deux langues natio-nales, prêté le
serment constitutionnel devant les Chambres réunies. Agé de 34 ans, Albert devient le
troisième roi des Belges.
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La prestation de serment |
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Héritier de la couronne au quatrième degré, il monte sur le trône de Belgique,
à la suite d’une série d’événements malheu- reux : la mort prématurée du
prince Léopold, fils unique du roi défunt en 1869; la renonciation au trône
du frère du roi - le comte de Flandre - en faveur de son fils Baudouin et la
mort brutale de ce dernier en 1891.
Frère cadet du prince Baudouin,
Léopold II ne lui a jamais témoigné beaucoup d’affec- tion ni donné de
conseils. En dehors de l’armée, le nouveau roi est peu connu.
Marié
en 1900 à Elisabeth, duchesse de Bavière et père de trois enfants, Albert a
toujours mené une existence paisible. Cela lui vaut l’estime et la sympathie
de la nation, lassée des écarts de conduite du roi défunt.
Son
discours d’inauguration, sur la gestion du Congo et le patriotisme, a répondu à
l’attentte des Belges.
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31 décembre 1909.
L
es Chambres ont voté la loi fixant à 9 heures la durée de la journée normale pour les
ouvriers occupés aux travaux souterrains dans les mines. D’initiative socialiste, la
proposition fut déposée sur le bureau de la Chambre le 26 février 1903. Les représentants
l’ont adoptée presque à l’unanimité, il n’y eut que 5 votes hostiles.
Les
adversaires, apparemment un peu gênés de leur opposition aux mesures de protection des
ouvriers adultes, avaient pris la précaution de s’absenter.
La proposition de loi
stipulait également que trois ans après sa promulgation, la durée de la journée normale
ne pourrait excéder 8 heures. Cette partie a été rejetée par la Chambre.
Le Sénat
a ratifié la loi par 64 voix contre 10 et 2 abstentions. Ce texte consacre une situation
de fait, mais est important car le législateur n'avait pas encore réglementé la durée du
temps de travail de l’ouvrier majeur.
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1909.
L'
inauguration du musée du Congo à Tervuren a connu la grande foule. En 1897, la section
coloniale de l’Exposition internationale s’était déjà installée dans le parc et son
succès encouragea le roi Léopold II à faire édifier, à Tervuren, un musée du Congo.
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L'Exposition coloniale : inauguration du nouveau musée |
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Il confia les plans à l’architecte français Charles Giraud, auteur déjà de l’arcade du
Cinquantenaire et du Petit Palais des Champs-Elysées à Paris. Cette magnifique
construction abrite le plus beau et le plus riche musée colonial d’Europe.
Tous
ce qui existe en Afrique centrale peut s'y voir : la faune, la flore, l’agriculture,
les riches produits du sous-sol, l’ethnographie, l’histoire du Congo, l’art indigène,
etc. sont présents.
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1909.
L
es socialistes qui, dès 1895, ont pu faire construire à Bruxelles par le fameux
architecte Victor Horta une Maison du Peuple qui a coûté 2,1 millions de francs-or
sont aujourd’hui à la tête d’entreprises multiples et florissantes.
Né dans des
conditions précaires en 1885, le journal Le Peuple est aujourd'hui un des plus
grands journaux belges.
La seule brasserie de la coopérative Le Progrès de
Jolimont enregistre cette année un bénéfice net de quelque 500.000 F.
La
Prévoyance sociale, société d’assurance populaire constituée iI y a deux ans, a déjà
recruté près de 44.000 assurés, occupe 700 agents et a versé aux premiers souscripteurs
un dividende de 100 %.
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Les festivités du 25è anniversaire de la Maison du Peuple |
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La coopérative gantoise Vooruit connaît un essor prodigieux, appro-visionnant
8.000 personnes avec ses magasins de boucherie, d’épicerie, de chaussures, de charbon
et ses pharmacies. Le chiffre des ventes annuelles dépasse les trois millions.
Tout cela est l’affaire de quelques hommes : Louis Bertrand, Edouard Anseele, Théophile
Massart, etc.
Par ailleurs, on évalue à six millions de francs-or le contenu des
caisses syndicales en Belgique. Au sein du Parti ouvrier, certains voudraient aller plus
loin en fondant une banque d’investissements.
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1909.
L
e peintre Albert Servaes vient de peindre une toile extraordinaire de réalisme, intitulée
Récolte de pommes de terre. L’année dernière déjà, on avait pu admirer ses oeuvres
à Gand, lors de sa première exposition.
En fait, cet artiste se présente déjà
comme un des plus grands peintres flamands.
Né à Gand il y a vingt-six ans,
Servaes s’intéressa très tôt à la peinture et s’inscrivit aux cours du soir de l’académie
de cette ville, où Frits Van den Berghe et Gustave Van de Woestijne étaient ses
compagnons de cours.
Pendant la journée, pour subvenir à ses besoins, il travaillait
comme commis-voyageur en épicerie.
Installé aujourd’hui à Laethem Saint-Martin,
il s’adonne totalement à son art. Alors qu’il pratiquait récemment encore une peinture
impressionniste, ses toiles, devenues sombres et tragiques introduisent un élément
nouveau dans l’art pictural flamand.
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1909.
U
n nouveau matériau de synthèse produit aux Etats-Unis par la General Bakelite Cy vient
de faire son apparition. Il s’agit de la bakélite, qui est surtout appelée à révolutionner
les industries électriques et qui est due au génie d’un Belge, Léo Baekeland.
Né
près de Gand le 14 novembre 1863, il fut docteur en sciences dès 21 ans. D’abord professeur
à l’Ecole normale de Bruges, puis à l’univer-sité de Gand, il s’expatria en 1889.
Outre-Atlantique, il a vendu à Kodak un procédé de tirage photogra-phique révolutionnaire
(papier Vélox), mais c’est surtout son inven-tion de la première résine synthétique - à
laquelle il a donné son nom - qui explique son actuel succès.
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- 8 avril : Les élèves de l’Ecole militaire prennent possession de leur
nouveau bâtiment, avenue de la Renaissance à Bruxelles.
- 30 juin : Rapport final de la commission parlementaire chargée d’étudier
la proposition Cooremans sur l’usage des langues dans l’enseignement moyen.
- 17 juillet : Dix ans après son exploit d’Arches, près de Paris, Camille
Jenatzy améliore, à Ostende, son propre record de vitesse en automobile.
- 20 juillet : Au manche d’un Bleriot, le pilote belge Jan Olieslagers bat
le record de distance en circuit fermé : 392,75 km.
- 20 juillet : Le coureur cycliste derrière moto, Karel Verbist, se tue au
Karreveld. Au moment de sa chute, il était en tête dans une course contre l’heure.
- 21 août : Début d’une manifestation de cinq jours à la mémoire de
Georges Rodenbach.
- 25 septembre : Incidents au congrès catholique de Malines au sujet de
la flamandisation de l’enseignement moyen.
- 10 octobre : Le prince Albert effectue un vol en ballon dirigeable en
compagnie des Français La Vaulx et Schelcher.
- 2 novembre : La première Semaine de l’aviation vient de se terminer à
Anvers. Des milliers de curieux ont applaudi avec enthousiasme les cabrioles
aériennes du baron de Caters et de Jan Olieslagers.
- 7 novembre : Le congrès de l’Internationale socialiste vient de se tenir
à Bruxelles. Parmi les participants, un Russe : Viadlmir Ilitch Oulianov, dit
Lénine.
- 23 novembre : Décès d'Emile De Mot, avocat, sénateur et bourgmestre de
Bruxelles.
- 15 décembre : Le pilote belge de Caters, sur un Voisin, effectue le
premier vol jamais réalisé au Caire (Egypte).
- 17 décembre : Décès de Junius Massau, de Gosselies, qui créa en 1888
l’intégration graphique, si importante dans ses applications à la science de
l’ingénieur.
- 23 décembre : Le projectionniste bruxellois L. Dubgick filme les
funérailles de Léopold II. Pour satisfaire au protocole, il a revêtu une redingote.
- 1909 : Edgar Tinel est nommé directeur du Conservatoire de Bruxelles.
- 1909 : La loi sur l’usage des langues dans les tribunaux du travail prend
effet.
- 1909 : Le dernier rapport officiel fait apparaître que 25% des Belges de
21 ans ne savent ni lire, ni écrire et que 33% des femmes se trouvent dans le même
cas. Il y s, dans le pays, 322.500 illettrés sur 1.630.875 citoyens de 25 ans et
plus. On estime que 35% des ouvriers sont illettrés.
- 1909 : Le réseau téléphonique bruxellois compte environ 12.000 abonnés.
- 1909 : Huit cas de choléra ont été signalés dans un hameau de Boom
appelé De Hooge Schomme.
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