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15 mars 1898.
L
e journal L'Ame Wallonne, consacre aujourd'hui un numéro spécial à la proposition
de loi Coremans-De Vriendt, qui tend à faire du néerlandais le seconde langue officielle
du pays.
Il s'oppose principalement à l'obligation pour le Wallon d'apprendre
le néerlandais, allant jusqu'à préférer "la séparation administrative du pays". Et le
journal d'ajouter : "Combien de fois et comment faudra-t-il répéter à ces sourds entêtés,
que le français n'est pas davantage la langue maternelle, la "moedertaal" des Wallons
que celle des Flamands ?
Qu'il est aussi difficile pour un Wallon que pour un
Flamand d'assimiler le français".
Pour le journal, cette proposition est en
réalité une atteinte sans précédent à l'unité du pays.
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21 mars 1898.
U
n télégramme est parvenu ce matin à Bruxelles : "La locomotive est arrivée aujourd'hui
à Dolo. Signé : Goffin". Par ce bref message, huit années de dur labeur se voient
couronnées de succès, car la ligne de chemin de fer reliant Matadi au Stanley Pool et
le télégraphe du Bas-Congo sont bel et bien terminés.
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Le chemin de fer au Congo |
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"La Belgique peut être fière d'avoir réalisé le premier chemin de fer
d'Afrique équatoriale", a déclaré Stanley dans un télégramme adres- sé
au roi et aux directeurs du chemin de fer.
Cette nouvelle inflige un
cinglant démenti aux prophètes de malheur et autres pronostiqueurs de cata-
clysmes qui faisaient leur miel de chaque accident ou retard dans l'avancement
des travaux.
En outre, la Compagnie du Chemin de Fer du Bas-Congo a
déjà annon- cé l'ouverture de la ligne au public pour le 1er mai.
La fin des travaux est prévue pour le mois de juin. Le dernier tronçon
permettra bientôt de relier Léo- poldville à Matadi.
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18 avril 1898.
D
es marches triomphales ont lieu dans diverses villes flamandes et la tour des Halles de
Bruges sonne, elle aussi, au son de la victoire. C'est en effet aujourd'hui qu'entre
en application la loi qui place le néerlandais sur un même pied que le français.
Les propositions de Juliaan de Vriendt et du député du Parti du Meeting Edward Coremans
avaient été réunies en mars 1895. Leur proposition avait ensuite été renvoyée à une
commission spéciale de la Chambre composée pour moitié de Flamands et pour moitié de
Wallons. Présidée par August Beernaert, la commission avait approuvé la proposition le
17 juillet 1895. La Chambre l'avait alors votée à une très large majorité le 16 novembre
1896.
Une très vive agitation se développa alors du côté francophone; les Flamands
ne restant d'ailleurs pas sans réaction.
Au Sénat, l'amendement Lejeune fut
approuvé. Celui-ci prévoyait que le pouvoir législatif ne se prononcerait qu'en faveur
des textes législatifs en langue française et que le texte néerlandais ne serait donc
qu'une simple traduction.
Le projet fut donc renvoyé à la Chambre. Cet amendement
suscita une vive opposition en Flandre. Chambre et Sénat ont ensuite approuvé le texte
dans sa formulation d'origine.
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29 mai 1898.
A
u terme d'élections qui se sont déroulées le 22 mai et aujourd'hui aux fins de désigner
les députés de quatre provinces : Flandre occidentale, Hainaut, Liège et Limbourg, le
Parti Catholique renforce sa majorité en accaparant 112 des 152 sièges de la Chambre,
contre 12 pour les libéraux et 28 pour le Parti Ouvrier.
Aux élections de 1896,
intéressant les provinces d'Anvers, de Brabant, de Flandre orientale, du Luxembourg et
de Namur, les socialistes avaient obtenu 100.000 suffrages au premier tour, mais les
ballotages leur avaient été défavorables, les électeurs modérés libéraux ayant préféré
renforcer la majorité gouvernementale.
Cette fois, le Parti Ouvrier, bein que
gagnant des voix, a perdu un siège et le Parti Libéral est en nette perte de vitesse.
Alors que les deux élections de 1896 et d'aujourd'hui ont donné 890.000 voix
aux deux partis de l'opposition, contre 850.000 seulement aux catholiques, ceux-ci
disposent, au Sénat et à la Chambre, d'une majorité importante, sans aucun rapport avec
leur force réelle. Cette situation quelque peu injuste est due au régime majoritaire :
si aucun des trois partis en présence ne réunit la majorité absolue au premier tour,
c'est le parti le plus faible qui, au scrutin de ballotage, décide de la victoire de
l'une des deux autres listes.
Les socialistes dénoncent l'absurdité et l'injustice
de ce mode de scrutin.
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26 juin 1898.
L
es autorités chinoises ont conclu un important accord avec la Société d'étude des
chemins de fer en Chine. Cette entreprise a reçu l'autorisation de construire une
voie ferrée de 1.214 kilomtres reliant Pékin à Hankéou.
Les capitalistes belges
l'ont donc emporté sur leurs homogues européens. Le monde de la finance tente en effet
de s'implanter au mieux dans l'Empire chinois.
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La ligne de chemin de fer Pékin-Hankéou au passage du Fleuve Jaune |
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Depuis quelque temps, Léopold II souhaitait y développer la présence belge. Pour ce
faire, il avait fait appel à Emile Francqui qui, deux ans auparavant, avait déjà mené
de difficiles négociations.
La construction de la ligne de chemin de fer en est
le premier résultat. C'est Jean Jadot, jeune ingénieur des plus prometteurs, qui sera
chargé de cette entreprise.
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3 décembre 1898.
L
e cardinal Goossens a interdit au prêtre Daens de dire la messe, mesure confirmée
par le pape Léon XIII.
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L'abbé Daens frappé d'interdit |
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Depuis 1894, à cause de ses activités politiques, Daens était obligé
de dire la messe portes fermées. En 1896, les autorités ecclésiastiques lui
avaient deman- dé de démissionner de son poste de député. Daens accepta à
condition d'être remplacé par un chrétien- démocrate, ce à quoi Charles
Woes- te s'est opposé.
En novembre dernier, Stillemans a convoqué
Daens à Gand stipulant qu'il s'abstiendrait de toute activi- té politique.
C'est son refus de se rendre à Gand qui a motivé sa suspension.
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25 décembre 1898.
L
e poète Georges Rodenbach est mort d'une typhlite en son domicile parisien du boulevard
Berthier. Né à Tournai, le 16 juillet 1855, il fit ses humanités au collège Sainte-Barbe
de Gand, où Emile Verhaeren fut son condisciple.
Après avoir obtenu brillamment
le titre de docteur en droit à l'université de Gand (1878), il s'en fut à Paris sous
prétexte de compléter ses études de droit.
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Georges Rodenbach |
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Là, l'amitié de François Coppée l'introduisit auprès des milieux lit-
téraires parisiens.
En 1879, Alphonse Lamerre, l'édi- teur du Parnasse,
publia son re- cueil Les Tristesses, dont le poème Le coffret
allait devenir célèbre.
De retour en Belgique, Rodenbach fit preuve d'une
activité débordan- te. Avocat au barreau de Gand et journaliste à La
Flandre libérale, il collabora en outre à La Jeune Belgique et
à L'Art Moderne.
C'est néanmoins le retour à Paris, en 1888, qui
fut le point de départ de sa célébrité, grâce à L'Art en exil (1889)
et surtout au roman Bruges-la-Morte (1892). Avec Le Voile (1894), Rodenbach
fut le premier auteur belge à être joué à la Comédie française. La Vocation (1895),
Les Vies encloses (1896), Le Carillonneur (1897) signalent une ardeur
littéraire que la maladie n'a jamais ralentie.
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Décembre 1898.
L'
illustration du douzième numéro de Ver Sacrum, le mensuel de la Wiener
Secession, a été confiée à Fernand Khnopff. Pour présenter le peintre belge à ses
lecteurs, Hermann Bahr l'a comparé à Hofmannstahl, Adrian et Maeterlinck, qui est
d'ailleurs largement représenté dans ce numéro où est publiée, dans sa traduction
allemande La Mort de Tintagiles.
C'est dire l'accueil que Vienne réserve
aux artistes belges. En mars dernier, la première exposition de la Verein Bildender
Künstler Oesterreichs a consacré une section spéciale aux vingt-et-une oeuvres de
Fernand Khnofpf. Nombre d'entre elles ont déjà trouvé acquéreur.
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1898.
L'
automobile est en marche. Si dans les faubourgs de Détroit, le jeune ingénieur Henry
Ford (35 ans) vient de bricoler un véhicule automobile en forme de caisse à savon et
fouette les deux cylindres pour atteindre des pointes de 32 km/h, Louis Renault (21
ans), dans son petit atelier de Billancourt, a trafiqué un tricycle de Dion de moins
d'un cheval, lui ajoutant une quatrième roue et un système à prise directe.
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Camille Jenatzy commercialise son succès (par Georges Gaudy) |
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Il a gagné ainsi un pari en grimpant la rue Lepic. Dans le même temps, le baron Crawhez, au volant de l'automobile La Dévastation, a relié Bruxelles à Spa à la moyenne horaire de 30 km.
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- 21 mars : Achèvement du chemin de fer et de la ligne télégraphique du
Bas-Congo.
- 27 mars : Une manifestation internationale d'hommage à Zénobe Gramme a
lieu à Bruxelles, sous les auspices du gouvernement belge.
- 14 avril : Le peintre Léon Dardenne participe à une expédition scientifique
au Katanga. Il est chargé d'en illustrer les étapes.
- 30 août : Un arrêté royal réorganise l'Observatoire Royal de Belgique, en
vue d'assurer un fonctionnement autonome au service astronomique et au service
météorologique.
- 1898 : L'Ecole de musique d'Anvers est élevée au rang de Conservatoire
flamand de musique.
- 1898 : Début des travaux de construction de la ligne de chemin de fer
Pékin-Hankéou, dirigés par l'ingénieur Jean Jadot.
- 1898 : En un an, la Belgique a exporté pour 5.990.913 francs de plantes
et de fleurs. La seule ville de Gand compte 279 établissements horticoles employant
plus de 600 travailleurs.
- 1898 : Le docteur Derscheid fonde l'"Oeuvre de la Tuberculose", qui lance
une campagne en vue de recueillir les fonds nécessaires à la construction de
sanatoriums.
- 1898 : Le sculpteur et dessinateur Georges Minne réalise la Fontaine
aux agenouillés.
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