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15 janvier 1895.
N
ul n'a oublié la forte impression provoquée par le poème sym-phonique La Mer,
du compositeur Paul Gilson, sur un argument du poète Eddy Levis. Cette oeuvre, présentée
partiellement au Cercle des XX le 18 février 1892, fut accueillie triomphalement par le
public des Concerts Populaires le 20 mai de cette même année.
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Le compositeur Paul Gilson |
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Partout où elle fut présentée elle remporta un vif succès, tant à Bruxelles,
qu'à Liège ou Berlin.
Hélas, il a fallu que le public parisien fasse
exception : la prestation des Concerts Colonne de ce 15 janvier fut mal
perçue.
Le poète Eddy Levis avait tenu à lire lui-même ses vers,
son accent flamand - il est vrai assez marqué - fit rire le public parisien.
La piètre interprétation musicale consacra l'échec de cette oeuvre,
les rires cédant peu à peu le pas aux sifflets.
L'oeuvre et son auteur méritaient assurément un autre sort. Puisse cet échec n'être
que passager et que Paul Gilson continue à nous livrer des oeuvres puissantes, dans
la lignée de ses cantates Sinaï ou Francesca da Rimini.
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8 février 1895.
L
e peintre Jean-François Portaels est mort aujourd'hui à Schaer-beek. Né le 1er mai 1818
à Vilvorde, il avait été l'élève, à Bruxelles, de François Joseph Navez, puis à Paris
de Paul Delaroche. En 1842, il décrocha le Prix de Rome.
Après de très nombreux
voyages en Afrique du nord, au Proche-Orient, en Espagne, en Italie, en Hongrie et en
Norvège, il revint en Belgique pour diriger l'académie des Beaux-Arts de Gand (1847-1850).
Il fut ensuite professeur à l'académie de Bruxelles (1863-1865), puis son directeur,
succédant à Simonis en 1878.
Dans l'atelier libre qu'il dirigea de 1858 à 1870
défilèrent tous les jeunes artistes de Bruxelles. Emile Wauden, Agneessens, Frédéric, Verheyden,
Van der Stappen y firent leurs premières armes. L'oeuvre picturale de Portaels est très
variée. Il a alterné les sujets repris à l'Orient, les scènes bibliques, les portraits,
les paysages, les scènes de genre.
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11 avril 1895.
L
a Chambre a approuvé aujourd'hui une nouvelle loi électorale qui sera d'application
pour les prochaines élections communales. Il s'agit d'un mélange de deux systèmes :
le suffrage universel tempéré par le vote plural (appliqué lors des dernières élections
législatives) et le suffrage censitaire ancien.
Les censitaires et les Belges
disposant d'un revenu cadastral d'au moins cent cinquante francs disposeront d'une
quatrième voix. L'âge minimum des électeurs est porté à trente ans. Les conservateurs
craignaient que sans cette nouvelle loi toutes les villes industrielles de Wallonie
ne tombent entre les mains des socialistes, et surtout qu'un socialiste ne fût à la
tête de l'une ou l'autre police communale.
Le député socialiste gantois Edouard
Anseele a qualifié cette disposition de "loi des quatre infamies".
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25 mai 1895.
D
epuis la création de l'Office du Travail, le 12 novembre 1894, le ministère de
l'Agriculture, auquel il avait été rattaché, avait pris le nom de ministère de
l'Agriculture, de l'Industrie, du Travail et des Travaux Publics.
Mais compte
tenu de l'extension croissante de ses services, le gouvernement homogène catholique
de de Brulet a cru nécessaire de partager ceux-ci entre deux départements ministériels
distincts. Désormais, l'Office du Travail, dont la section de statistique prépare un
recensement général des industries et métiers, relèvera, avec la Direction de l'Industrie
et l'Administration des Mines (dont dépendent les mines, les carrières et la grosse
métallurgie), du nouveau ministère de l'Industrie et du Travail, qui a été confié à
Albert Nyssens, le père du vote plural.
L. de Bruyn ne conserve donc plus que le
portefeuille de l'Agriculture et des Travaux Publics.
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11 septembre 1895.
S
i, au Moyen Age, Bruges était un des ports les plus importants du continent, l'ensablement
progressif du Zwin avait fini par avoir raison de sa prospérité.
La ville a
aujourd'hui une deuxième chance : une loi lui accorde un accès direct à la mer par
un canal qui aura 70 m de largeur à la flottaison et un tirant d'eau de 8,50 m. Bruges
disposera également d'un port d'escale à Zeebrugge.
La majeure partie des
travaux sera financée par l'Etat et l'exploitation sera assurée par la Compagnie du
Canal et des Installations Maritimes de Bruges, qui en a obtenu la concession pour
75 ans.
La loi a aussi approuvé le projet de transformation du canal de Bruxelles
au Rupel (ou canal de Willebroek), qui est ouvert à la navigation depuis 1561. Celui-ci
aura désormais 6,50 m de mouillage (contre 3,20 m actuellement), ce qui lui permettra de
desservir, outre la navigation intérieure, le trafic maritime.
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15 septembre 1895.
L
a loi Schollaert portant sur l'organisation de l'enseignement pri-maire vient d'entrer
en vigueur. Cette loi organique renforce la mainmise des catholiques sur l'enseignement.
Le projet de loi initial de François Schollaert, incité en cela par Charles
Woeste, prévoyait que le cours de religion serait obligatoire et que les écoles qui ne
le dispenseraient pas seraient privées de tout subside.
Au cours de débats
parlementaires très agités, le projet a été modifié : les chefs de famille pourront
demander par écrit que leurs enfants soient dispensés du cours de religion, et toutes
les écoles primaires seront subsidiées. Mais en dépit de ces adaptations, l'opposition
au projet reste grande.
Libéraux et socialistes ont organisé des manifestations
et il est même des démocrates chrétiens qui se sont montrés hostiles au projet, estimant
qu'il ne garantissait pas la liberté du père de famille en matière d'enseignement.
Toutes les écoles libres qui accepteront le programme établi par la loi et l'instection
de l'Etat recevront des subsides. Le projet a été approuvé à la Chambre par 81 voix
contre 52 et 4 abstentions.
Notons que presque tous les députés catholiques de
Bruxelles ont voté contre. Hoyois et l'abbé Daens ainsi que des chrétiens démocrates
se sont abstenus. Cette quatrième loi organique de l'enseignement primaire constitue en
fait un retour à la loi de 1842.
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16 septembre 1895.
A
lphonse Balat est mort à Ixelles. Né à Gochenée le 15 mai 1818, cet architecte suivit
les cours de l'académie des Beaux-Arts d'Anvers (1834-1838), avant de s'installer à
Namur (1840), puis à Bruxelles (1846). Architecte du roi Léopold II, il dirigea, à partir
de 1852, de nombreux travaux dans les propriétés de la Couronne, notamment à Ardenne
(1875), à Laeken (1873-1887) et à Ciergnon (1887). Il fut également le restaurateur des
châteaux de Seilles (1850), de Dave (1858) et de Presles (1885).
A Bruxelles, on
lui doit la décoration du marché de la Madeleine (1848), de nombreux hôtels privés, et
surtout le palais des Beaux-Arts (1875-1880), devenu musée d'Art ancien.
Le style
d'Alphonse Balat est souvent resté très classique, fidèle aux modèles de la Renaissance
italienne.
En 1893, il a pourtant donné une oeuvre hybride, inspirée par les
nouvelles techniques : une église d'allure gothique édifiée en fer dans le parc de Laeken.
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11 novembre 1895.
C'
est grâce à l'Association Belge de la Photographie qu'a eu lieu hier, au Palais du
Midi de Bruxelles, la "première" du cinématogra-phe des frères Lumière.
L'avocat
Goderus fait savoir qu'il ne voit dans l'invention française qu'une simple amélioration
du procédé mis au point aux Etats-Unis par Edison.
Demain aura lieu une présentation
scientifique par l'ingénieur Girard, qui est aussi médecin et professeur à l'université
de Bruxelles.
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Décembre 1895.
Q
uelques semaines à peine après la fondation, à Paris, d'un Auto-mobile-Club, un
organisme similaire vient de voir le jour en Belgique. Il est placé sous la présidence
de son fondateur, le comte van der Straeten Ponthoz.
Fervent adepte du volant,
le prince Albert a accepté la présidence d'honneur. L'important développement de
l'automobile dans le pays, et les problèmes de circulation qui en découlent, sont à
l'origine de la transformation d'une amicale d'automobilistes fortunés en un organis-me
bien structuré capable de défendre les automobilistes et d'organi-ser des manifestations
sportives.
Le club compte déjà plusieurs centaines de membres.
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Deux grands commis du régime, Auguste Lambermont et Henri Brialmont |
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- 26 juin : La chambre des Représentants débat de la politique coloniale
qui mange de plus en plus de capitaux publics.
- 12 septembre : Création, par arrêté royal, d'un Office international de
bibliographie, dans le but d'établir et de publier un répertoire bibliographique
universel.
- Septembre : Fondation de l'Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques
qui regroupe les fédérations de football et les associations d'athlétisme.
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L'essor du cyclisme en 1895 |
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- 1895 : Le docteur Emile van Ermengem, spécialiste des intoxications
alimentaires, découvre l'agent causal du botulisme.
- 1895 : A Bruxelles, début de la construction de la Maison du Peuple, sur
les plans de Victor Horta.
- 1895 : Sur 1.000 miliciens, on dénombre en moyenne 263 illettrés complets
dont 156 Flamands et 107 Wallons.
- 1895 : Le peintre Henry van de Velde fait ses débuts d'architecte en se
construisant, à Uccle, la villa "Bloemenwerf", qui porte la marque de l'Art
Nouveau.
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"Bloemenwerf", la maison d'Henri van de Velde (1895) |
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