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FAITS MARQUANTS ANNEE 1894

8 janvier 1894 - Un zoologiste opiniâtre.
4 février 1894 - Adolphe Sax : oubli ou consécration ?
17 février 1894 - Premier Salon de la Libre esthétique.
24 mars 1894 - La déclaration de Quaregnon.
26 mars 1894 - Ecoeuré, August Beernaert s'en va.
28 juin 1894 - Extension de la firme Gevaert.
14 août 1894 - Les frontières de l'Etat du Congo.
25 août 1894 - Une église qui se déplace.
14 octobre 1894 - Les socialistes sont là.
Novembre 1894 - Les arts et l'ivoire au Cercle artistique.
24 décembre 1894 - Les Mahdistes victimes du télégraphe.
Autres dates importantes.



Un zoologiste opiniâtre.

8 janvier 1894.

Z oologiste, Pierre-Joseph Van Beneden, qui vient de mourir à l'âge de 85 ans, avait créé à Ostende le premier laboratoire belge de zoologie marine. Paléontologiste, c'est lui qui a repéré, parmi les ossements fossiles des charbonnages de Bernissart, des dents d'igua-nodon.

Professeur à l'université de Louvain, il a su faire partager à ses étudiants sa passion pour les mollusques et les cétacés. Sa devise était : "ne jamais laisser passer un jour sans faire quelque chose".


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Adolphe Sax : oubli ou consécration ?

4 février 1894.

A ntoine-Joseph Sax, dit Adolphe Sax, est mort à Paris. Il est difficile d'apprécier l'importance qu'auront ses réformes sur la facture instrumentale.

Saxhorn à six pistons

Fils d'un facteur déjà célèbre, Sax  allait porter plus haut encore la  renommée de sa famille en remportant  les distinctions les plus enviées aux  expositions universelles de Paris (1855,  1867 et 1878), de Londres (1851) et de  Porto (1866).

Il y présenta ses saxhorns, ses saxtrom-  bas, ses saxophones, ses saxtubas, ses  clarinettes et ses timbales sans chau-  dron.

L'avenir nous dira si les compositeurs  contemporains témoigneront du même  enthousiasme que leurs aînés qui, tel  Berlioz, Verdi ou Bizet, n'hésitèrent  pas à composer pour ces nouveaux ins-  truments.


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Premier Salon de la Libre esthétique.

17 février 1894.

L e premier Salon de la Libre esthétique s'est ouvert aujourd'hui à Bruxelles. Octave Maus, qui en est le secrétaire, a obtenu la participation de nombreux artistes belges et étrangers, parmi lesquels Puvis de Chavannes, Pissarro, Sisley, Berthe Morisot, Renoir, Signac, Redon, Toulouse-Lautrec, Gauguin, Mellery, Meunier, Van Rysselberghe, Ensor et Khnopff.

La Libre esthétique succède au Cercle des XX, dissous au printemps 1893. Elle a hérité du mouvement vingtiste sa curiosité et son esprit d'indépendance, mais a été dotée d'une organisation différente.

Alors que les XX étaient un cercle d'artistes fédérés, la Libre esthétique ne comprendra pas d'artistes, à l'exception des hommes de lettres, "afin d'éviter les rivalités d'écoles et l'esprit exclusif des groupements". Et comme le notait L'Art Moderne du 29 octobre dernier, "aucun règlement ne liera les membres de la Libre esthétique, aucune commission ne pourra s'opposer aux initiatives hardies, la Société n'ayant pour tout conseil d'administration qu'un délégué".

Son Salon annuel est destiné à accueillir toutes les formes d'expression artistique : peinture, sculpture, arts graphiques, arts appliqués. Des concerts et des conférences auront lieu dans le salon même.


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La déclaration de Quaregnon.

24 mars 1894.

L e Parti Ouvrier Belge a, au cours de son 10è congrès qui s'est tenu aujourd'hui, adopté une déclaration de principe et un programme clair.

Le compte rendu du congrès

 Les principes adoptés peuvent se  résumer en sept points :

 1. Les richesses et les moyens de  production sont le patrimoine de  la collectivité
 2. La jouissance de ce patrimoine  commun doit être fondée sur  l'utilité sociale et l'amélioration du  sort de tous.
 3. Pareil objectif est inconciliable  avec le régime capitaliste.
 4. Il commande aux travailleurs  d'assurer la transformation radi-  cale de la société actuelle par la  supression des classes qui la  divisent.
 5. A cette fin, ils devront s'assurer  l'usage gratuit des moyens de production par leur appropriation collective.
6. La transformation du régime implique le développement de la solidarité et la transformation de l'Etat en une administration de choses.
7. Le socialisme doit poursuivre l'émancipation économique, morale et politique du prolétariat.

En outre, la statégie électorale a été étudiée en vue des élections du 14 octobre.


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Ecoeuré, August Beernaert s'en va.

26 mars 1894.

L a chute prématurée du cabinet Beernaert trouve son origine au sein pême du parti auquel appartient le chef du gouvernement. Après dix ans de pouvoir ininterrompu, cet homme politique catholique avait assouvi tous les plaisirs de la fonction et commençait à se heurter à une opposition croissante au sein de sa propre formation.

August Beernaert

Le motif de la démission de Beer-  naert est le rejet de sa proposition  de loi instituant la représentation  proportionnelle. Il s'est en effet  heurté à Woeste à ce sujet et la  Chambre l'a désavoué par 78 voix  contre 49. Tirant les conclusions  de la situation, Beernaert a pré-  senté sa démission au roi le 17  mars.

Longtemps, Léopold II a cherché à  le faire revenir sur sa démission  mais, au cours d'un dramatique  conseil des ministres, il n'a pu  qu'admettre la décision de son chef  de gouvernement.

Beernaert a été nommé aujour-  d'hui ministre d'Etat et sera  remplacé par Jules de Burlet, qui  aura à organiser les premières élections se déroulant sous le régime du vote plural, qui devraient totalement redistribuer les cartes politiques.


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Extension de la firme Gevaert.

28 juin 1894.

L' industriel catholique et flamingant anversois, Lieven Gevaert vient de fonder la société Lieven Gevaert & Cie.

Lieven Gevaert

 En réalité, il s'agit d'un élargisse-  ment de l'atelier familial où Ge-  vaert dirige depuis 1890 la fabri-  cation artisanale de papier destiné  à la photographie.

 Grâce à un soutien financier de  vingt mille francs de la part d'un  homme d'affaires, A. Seghers, les  installations pourront être moder-  nisées de fond en comble.

 La firme travaille actuellement  avec six ouvriers qui auraient  obtenu un excellent contrat. Ils  perçoivent notamment une partie  des bénéfices, ce qui est fort peu  répandu.

L'extension de cette florissante industrie chimique à Anvers montre que le paysage industriel belge s'étend petit à petit à la Flandre.


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Les frontières de l'Etat du Congo.

14 août 1894.

L' Etat Indépendant du Congo vient de signer avec la France une convention fixant les frontières de leurs zones d'influence respectives dans les régions septentrionales du bassin du Congo. Ce traité fait suite à la convention anglo-congolaise du 12 mars 1894, laquelle concernait les frontières sud et sud-est de l'Etat indépendant.

En fait, le dernier accord limite sérieusement les prétentions de l'Etat, reportant sa frontière nord à l'Ubangui, au Bomu et à la ligne de faîte du Bar el-Ghazal.

Les conquérants du Katanga : Delcommune, Cornet, Francqui

Mais il n'empêche que, depuis 1887, l'action des explorateurs belges et l'habile politique du roi ont considérablement élargi les frontières. Au nord, il annexe l'Ubangui, le Bomu et l'Uele. Au sud, après le Kasaï, il s'adjoint le Kwango. Au sud-est, il englobe des riches gisements métallifères du Katanga, et du Kivu. En revanche, ce n'est sûrement pas sans regret que le roi se voit déssaisi des régions septentrionales concédées par l'accord anglo-congolais. Car cette convention lui accordait le territoire situé à l'ouest du Nil jusqu'au 10è parallèle.

En échange, l'Angleterre recevait une bande de 25 km de large entre le lac Tanganyika et le lac Albert et l'autorisation de construire un télégraphe reliant l'Afrique du Sud à l'Egypte.


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Une église qui se déplace.

25 août 1894.

E n 1865, Léopold II, inspiré par le baron Haussmann, avait exprimé le voeu de voir la capitale bénéficier d'embellissements. A la place des ruelles enchevêtrées de culs-de-sacs et coupées par les bras d'une petite rivière pestilentielle, on a vu depuis, grâce à l'action du bourgmestre Jules Anspach, Bruxelles prendre un nouveau visage, notamment par la création des boulevards centraux.

Place de Brouckère, à Bruxelles


 Une large trouée a été percée du sud au  nord et, en son centre, on a voulu créer  une belle place où, comme l'imagina Ans-  pach, devait "battre le coeur de la ville".

 C'est aujourd'hui la place de Brouckère, du  nom du bourgmestre mort en 1860.

 Pour l'aménager, il a fallu déménager  l'église des Augustins. Pierre par pierre,  celle-ci vient d'être transférée à Ixelles, où  elle sera consacrée à la Sainte-Trinité.




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Les socialistes sont là.

14 octobre 1894.

L es premières élections au suffrage universel tempéré par le vote plural ont profondément modifié la composition de la chambre des Représentants. Le Parti Catholique gagne douze sièges et dispose désormais d'une confortable majorité de 104 sièges. De leur côté, les libéraux perdent deux tiers de leurs sièges de députés et retombent à vingt sièges. Les socialistes, sous la bannière du Parti Ouvrier Belge, font leur apparition au Parlement. Avec vint-huit élus, ils sont tout à coup la deuxième force politique du pays. On constate également d'importantes disparités régionales dans l'implantation des partis.

Les catholiques obtiennent leurs sièges en Flandre et à Bruxelles tandis que les libéraux et les socialistes ont un électorat surtout wallon. Les socialistes dominent dans les grands centres industriels de Liège et du Hainaut. Sur les listes catholiques figurent également quelques élus chrétiens démocrates.

Dans certains arrondissements, ces derniers avaient déposé leurs propres listes. A Alost, la lutte a été particulièrement vive. Selon certaines rumeurs, il y aurait même eu fraude électorale. Si cela se vérifie, les électeurs devront à nouveau se rendre aux urnes.


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Les arts et l'ivoire au Cercle artistique.

Novembre 1894.

U ne exposition d'ivoires se tient actuellement au Cercle artistique. Il y a quelques mois déjà, Edmond van Eetvelde, secrétaire d'Etat du Congo, signalait aux sculpteurs la quantité d'ivoire apportée en Belgique ces dernières années et il les invitait à utiliser cette matière en remettant à l'honneur un art autrefois largement pratiqué.

"Minerve" par Julien Dillens

Son appel a été entendu et on  vient d'inaugurer à l'Exposition  d'Anvers, dans la section coloniale,  un ensemble d'oeuvres qui témoi-  gnent du renouveau de la sculptu-  re belge.

Les artistes ont su marier l'ivoire  et la matériaux précieux. Ainsi  un coffret d'or et d'argent serti de  grenats par Philippe Wolfers, dont  les panneaux sont dus à Isidore de  Rudder et symbolisent "La Parure".

L'art appliqué reçoit ainsi ses let-  tres de noblesse; nul doute que de  plus en plus d'artistes suivront  cette voie.

Le visiteur ne manquera pas d'admirer aussi l'Allegro ou la Minerve de Julien Dillens, la Méduse de Thomas Vinçotte.


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Les Mahdistes victimes du télégraphe.

24 décembre 1894.

D ans le Haut-Uele, après un combat de 14 heures sur l'Egaru, le capitaine Francqui vient de remporter une victoire considérable contre les Mahdistes.

On se souviendra que dès le mois de mars, les Mahdistes avaient attaqué Mundu. Bien que Delange les ait mis en déroute, le 18 mars, il avait fallu évacuer les postes les plus septentrionaux de Katuaka et de Lifi, ainsi que trois postes sur le Nil.

Réunis à Khartoum, les Mahdistes concoctèrent une nouvelle offensive. Heureusement, le télégraphe mit les troupes belges en alerte et, sous le commandement de Francqui, elles franchirent le Dungu. Cette victoire consolide les positions de l'Etat dans le Haut-Uele et pourrait permettre la conquête prochaine du Bar el Ghazal.


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Autres dates importantes.


- 12 avril : Une loi détermine les diplômes et professions donnant droit aux votes supplémentaires du chef de la capacité, règle le mode de preuve et énumère les clauses qui privent de l'électorat.


- 5 octobre : A Cologne, le collectionneur Fritz Mayer van den Bergh achète en vente publique le tableau Dulle Griet de Pierre Bruegel l'Ancien pour la somme dérisoire de 488 francs.


- 13 novembre : Lors de la séance inaugurale de la Chambre, une grande partie des catholiques flamands prêtent le serment constitutionnel en néerlandais.


- 1894 : A Verviers, parution du premier numéro du quotidien neutre Le Jour.


- 1894 : Création de l'Aquarium maritime d'Ostende. Il est accessible au grand public et possède les principaux spécimens de la faune marine de la mer du Nord.


- 1894 : La Belgique est le premier pays européen à posséder un quotidien illustré : Le Petit Bleu, fondé par Gérard Harry.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).