1

RETOUR PAGE PRECEDENTE

FAITS MARQUANTS ANNEE 1893

Mars 1893 - Un mensuel flamand anti-individualiste.
16 avril 1893 - Charles Buls est molesté.
18 avril 1893 - Manifestation sanglante à Borgerhout.
18 avril 1893 - Suffrage universel imparfait, le vote plural est décidé.
22 avril 1893 - Daens crée le Christene Volkspartij.
Avril 1893 - Les esclavagistes arabes sont décimés.
28 mai 1893 - Chaltin à la rescousse de Tobback.
1893 - L'électricité fait son apparition pour les tramways.
1893 - L'irrésistible ascension d'Ernest Solvay.
Autres dates importantes.



Un mensuel flamand anti-individualiste.

Mars 1893.

U n nouveau périodique artistique en langue néerlandaise est paru à Bruxelles. Son titre donne une idée de son orientation : Van nu en straks ("Du présent et de l'avenir"). Ce premier numéro, qui est daté d'avril, contient les articles de quatre éminents collaborateurs : Cyriel Buysse, Emmanuel de Bom, Prosper van Langendonck et August Vermeylen.

L'annonce de Van nu en Straks

Henry van de Velde en a réalisé la  composition graphique.

Bien que cette première livraison ne  contienne pas de programme explicite,  la revue se définit comme le "périodi-  que des jeunes", soucieuse de refléter  l'art contemporain et de s'intéresser "à  l'art en devenir".

Clamant sa vocation internationale et  avant-gardiste, le périodique souhaite  communiquer avec les courants artisti-  ques modernes, dont "l'art nouveau", et  défend donc un art social engagé,  d'inspiration néo-romantique, dans le-  quel il n'y a pas de place pour l'in-  dividualisme.

D'ores et déjà, la rédaction signale qu'elle dispose des fonds nécessaires pour publier dix numéros.


RETOUR HAUT DE PAGE


Charles Buls est molesté.

16 avril 1893.

C harles Buls, bourgmestre de Bruxelles, a été blessé par un partici-pant à une manifestation en faveur du suffrage universel.

Charles Buls

Il y a trois jours, des grévistes avaient  déjà commis d'importants dégâts dans  le centre de Bruxelles.

Buls avait décidé d'accompagner la po-  lice à cheval pour veiller à l'exécution  de ses directives. Au coin de l'avenue  Louise, il s'est trouvé face à un ma-  nifestant qui l'a brusquement frappé  avec la pointe de fer de sa canne.

Celui-ci s'est immédiatement enfui et a  disparu dans la foule. Le bourgmestre,  qui saignait abondamment, a été  immédiatement ramené chez lui mais  la blessure s'est avérée nettement moins  grave qu'elle ne paraissait au premier abord.


RETOUR HAUT DE PAGE


Manifestation sanglante à Borgerhout.

18 avril 1893.

A la suite de heurts qui se sont produits entre les manifestants socialistes et les forces de l'ordre près d'une fabrique de bougies à Borgerhout, on déplore cinq morts et plusieurs blessés.

Les revendications en marche

 Cela fait quelques semaines que des  tensions secouent le pays. Le Parti  Ouvrier Belge fait pression pour  que le suffrage universel soit  introduit lors de la révision de la  constitution sous menace d'appel à  la grève générale.

 Lorsque le Parlement a rejeté le  suffrage universel pur et simple et  a opté pour le suffrage universel  tempéré par le vote plural, des  grèves ont éclaté et ce surtout  dans le Borinage. La direction du  POB a cependant bien accueilli la  nouvelle disposition en matière de  vote et a enjoint de cesser les  grèves au vif mécontentement de la base.

La confrontation de Borgerhout en est une triste conséquence.


RETOUR HAUT DE PAGE


Suffrage universel imparfait, le vote plural est décidé.

18 avril 1893.

C' est le 22 février que le débat sur la révision fut entamé à la Chambre. Il traîna quelques semaines sans qu'une solution susceptible de réunir les deux tiers de l'assemblée soit trouvée ou proposée. Finalement, le 11 avril, on vota sur la formule du suffrage universel, qui fut repoussée par 115 voix contre 26. Cette décision provoqua une vive agitation dans les milieux populaires et, le soir même, le Conseil Général du Parti Ouvrier en appelait à la grève générale immédiate.

Parti de Bruxelles, le mouvement s'étendit très vite en province. Il y eut 10.000 grévistes dans le Borinage et 20.000 à Gand le 14 avril. A Bruxelles, le bourgmestre Buls interdit les attroupements et même l'accès à la Maison du Peuple de la rue de Bavière. Dans tout le pays se produisirent des bagarres et de nombreuses arrestations furent opérées. A Jolimont, un gréviste fut tué par les gendarmes; à Mons, la garde civique tira et abattit sept manifestants, en blessant 27 autres.

Devant la gravité de la situation, August Beernaert était à l'affût d'une formule de compromis, mais Woeste et de Smet de Naeyer tendaient vers une solution réactionnaire.

Le 17 avril, on apprenait que le gouvernement se déclarait favorable à un projet Nyssens du vote plural, acceptable par les radicaux. En dépit des objurgations des socialistes, les libéraux avaient en effet fini par accepter le système plural, un moindre mal selon eux, puisqu'il accordait aux ouvriers le droit de vote. Ce 18 avril, la formule de vote plural a été votée, Beernaert s'y étant rallié au nom du gouvernement par 119 voix contre 14.

Ce vote dote la Belgique d'un régime de suffrage universel qui donne certes une voix à tout citoyen mâle âgé de plus de 25 ans accomplis, domicilié depuis un an dans sa commune, mail il attribue une voix supplémentaire aux censitaires (les citoyens payant au moins un certain impôt), aux capacitaires (les porteurs du certificat d'enseignement moyen du degré supérieur et les fonctionnaires) et aux pères de famille. Le Parti Ouvrier a admis ce vote plural, mais il y aura des électeurs à une, deux et trois voix. Le cumul est interdit au-delà.


RETOUR HAUT DE PAGE


Daens crée le Christene Volkspartij.

22 avril 1893.

Q uelques démocrates d'Alost ont décidé de créer une nouvelle for-mation politique, le "Christene Volkspartij". Ils ont chargé l'abbé Adolf Daens d'en rédiger le programme.

Cet Alostois de cinquante-quatre ans n'exerce plus aucune fonction ecclésiastique depuis cinq ans. Les nombreux meetings qu'il a organisés ces derniers mois pour réclamer la représentation proportionnelle ont attiré sur lui l'attention des démocrates chrétiens.

Depuis la parution de l'encyclique pontificale Rerum Novarum, les démocrates d'Alost luttent pour une représentation ouvrière au sein du Parti Catholique, jugé par eux réactionnaire.

A Gand, l'Action anti-socialiste, qui défend des points de vue similaires à ceux du parti de Daens est effectivement intégrée au Parti Catholique. A Alost en revanche, les catholiques conservateurs, sous la houlette de Charles Woeste, refusent toute présence de démocrates sur leurs listes électorales. Ce refus est donc à l'origine de la création du Christene Volkspartij.

Les points suivants figurent notamment au programme de ce parti : soutien à l'agriculture, règlement de la durée du temps de travail des femmes et des enfants, subsides pour un enseignement primaire obligatoire, création d'une armée de volontaires et égalité des langues en matière administrative.


RETOUR HAUT DE PAGE


Les esclavagistes arabes sont décimés.

Avril 1893.

P resque coup sur coup, les troupes du commandant Dhanis, vien-nent de remporter deux victoires éclatantes sur les esclavagistes. Frappant au coeur du Maniema, elles ont envahi successivement Nyangwe, sur le Lomani, et Kasongo, capitale des arabisés.

Malgré leur nette infériorité numérique (quelque 500 soldats), mais appuyés par les auxiliaires indigènes de Congo Lutete, les troupes de l'Etat ont franchi le Lomani le 27 novembre dernier. En janvier, après plusieurs attaques de Munie-Mohara, la colonne du sergent Cassart parvint à Goio-Kapopa et tua le chef Munie-Pembe, provoquant la débandade des Arabes. Aussitôt, la poursuite s'engagea et le 4 mars, elle s'empara de Nyangwe.

Malgré les morts et les blessés, Dhanis marcha illico sur Kasongo, défendue par les forces réunies de Sefu, Bwana-Nzige, Nserera et Said-ben-Abedi. Le 18 avril, Dhanis se heurta aux défenses avancées, tandis que Gillain et Scheerlinck occupaient la ville. En une heure, la place était enlevée.


RETOUR HAUT DE PAGE


Chaltin à la rescousse de Tobback.

28 mai 1893.

A lors qu'elle était assiégée depuis treize jours par les troupes arabes de Rachid, la garnison de la station des Stanley-Falls, commandée par le capitaine Tobback, a été délivrée et les assaillants mis en fuite. Cela grâce à l'arrivée ce matin des renforts de Chaltin qui ont débarqué du Ville d'Anvers. Mais il s'en est fallu de peu que la station ne tombât une seconde fois aux mains des esclavagistes.

Le commandant Chaltin en
compagnie de volontaires africains

Hier encore, la situation des assiégés  paraissait totalement désespérée. En  effet, après de nombreux assauts, les  Arabes avaient réussi à traverser le  chenal et à prendre le fort à revers.  Mais, heureusement, dès le 15 mai,  Chaltin, qui venait de s'emparer de  Boma-Kamba et de Riba-Riba, arriva à  Basoko.

Il apprit par un messager de Tobback  que la station des Stanley-Falls était  assiégée par les troupes de Rachid,  auxquelles s'étaient joints les hommes de  Kibonghe et les rescapés de Riba-Riba.

Malgré l'épidémie de variole qui décimait son expédition, il rassembla 180 soldats et s'embarqua, avec deux canons, à bord du Ville d'Anvers. Ce matin, il a débarqué en face de l'île où se sont retranchés les Arabes, mis les canons en batterie et pilonné durant une demi-heure le camp adverse.

Puis il a lancé ses troupes, jointes à celles de Tobback, à l'assaut des positions ennemies. Sous le choc, les Arabes ont fui en désordre, laissant derrière eux 2.000 prisonniers.


RETOUR HAUT DE PAGE


L'électricité fait son apparition pour les tramways.

1893.

U ne mystérieuse épizootie ayant décimé ses écuries, la Société des Tramways bruxellois a été amenée à chercher de nouveaux moyens de traction pour ses omnibus de pavé. En dépit des déboires qu'elle a enregistrés lors de ses multiples essais de véhicules dotés d'accu-mulateurs, la compagnie a opté pour l'électrification de son réseau.

Elle a été guidée dans son choix par une expérience similaire déjà réussie par la ville de Brême. Les deux premières lignes "électrifiées" seront respectivement celle qui relie le Nord au Sud (via les boulevards circulaires du nord de la ville) et celle qui, de la place Stéphanie gagne Uccle. Il s'agit, on le voit, de parcours accidentés que devront affronter vingt-trois voitures dotées chacune de deux moteurs électriques de 15 CV.


RETOUR HAUT DE PAGE


L'irrésistible ascension d'Ernest Solvay.

1893.

L a Société Solvay & Cie, qui fête cette année son trentième anniver-saire, a eu des débuts difficiles. En 1865, elle était au bord de la faillite, et Ernest Solvay et son frère Alfred n'ont dû leur salut qu'au soutien de leur famille. Dès l'année suivante, cependant, l'usine de Couillet produisait 1.500 kilos de soude par jour et, en 1867, le procédé Solvay obtenait la médaille de bronze à l'Exposition Universelle de Paris.

Les établissements de la fabrique de soude Solvay

Dès lors, ce procédé s'est imposé petit à petit sur le plan national puis, à partir de 1873, année où il a remplacé le procédé Leblanc dans les soudières de l'Anglais Ludwig Mond, au niveau européen. Mais ce brillant succès ne suffisait pas à Ernest Solvay.

En fondant maintenant au parc Léopold un Institut d'Electro-Physiologie rattaché à l'université de Bruxelles, il réalise enfin ce qui fut depuis toujours son ambition secrète : "concourir à l'édification de la science moderne". Pour cet autodidacte, c'est la plus belle des revanches!


RETOUR HAUT DE PAGE


Autres dates importantes.


- 11 avril : Après un mois de discussion, la Chambre rejette l'introduction du suffrage universel par 115 voix contre 26. Cette décision provoque une vive agitation populaire.


- 7 septembre : Promulgation par Léopold II de la Constitution révisée.


- 20 novembre : Dernière exposition du groupe des XX. La majorité des membres décident de mettre fin à l'existence de l'association.


- 1893 : Le cercle Le Sillon, qui regroupe des artistes réalistes modérés, est fondé par Jef Lambeaux, Frans Smeers et Alfred Bastien.


- 1893 : Ensor met tout son atelier en vente pour la somme de 8.500 francs. Aucun acheteur ne se présente.


- 1893 : Inauguration du premier funiculaire de Belgique, à la citadelle de Namur.


RETOUR HAUT DE PAGE


© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).