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10 mars 1892.
L
e premier Salon de la Rose-Croix s'est ouvert aujourd'hui, à la Galerie Durand-Ruel,
rue Le Pelletier, à Paris. Quelque soixante-neuf artistes ont volontiers répondu à
l'appel du Sâr Merodack Péladan, hiérarque de l'Ordre de la Rose-Croix esthétique,
affublé pour la circonstance d'un pourpoint titanesque avec des chausses collantes
et des gants à la crispin, comme le note Remy de Gourmont dans sa chronique du
Mercure de France.
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"Les trésors de Satan", par Delville, le grand-prêtre du symbolisme |
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Parmi les deux cent cinquante oeuvres inscrites au catalogue, on trouve représentés quelques artistes belges : Georges Minne et Jean Delville notamment, dont le public parisien a apprécié L'idole de la perversité, et surtout Fernand Khnopff, dont l'envoi fort curieux, surtout la Sphinge, qui semble peinte sur la glace d'un miroir.
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Fernand Khnopff : "L'Art, les caresses ou le sfinx" |
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Les femmes se voient dedans, la face aux genoux, et, en se dressant un peu arrivent à fondre l'image de leur front avec l'image du sexe de la Sphinge, "reposant ainsi, par un naïf instinct, leur pensée dans son véritable organe".
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14 juin 1892.
A
près le vote du Parlement en faveur du principe de la révision de la Constitution,
intervenu les 10 et 20 mai dernier, les Chambres ont été dissoutes par un arrêté royal
qui a paru au Moniteur du 24 mai. C'est pourquoi les électeurs censitaires (qui
sont cent mille sur sept millions de Belges) sont allés aux urnes aujourd'hui pour se
prononcer sur le problème révisionniste.
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La propagande religieuse |
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Au départ, les positions étaient claires. Les catholiques sont en majorité
hostiles à la révision et, surtout, au suffrage universel qu'elle risque
d'impliquer. Ils sont au pouvoir depuis huit ans, s'y trouvent bien et
comptent bien y rester le plus longtemps possible.
Pour la gauche
libérale-socialiste, le problème était d'empêcher que les catholiques ne
disposent des deux tiers des voix à la Consti- tuante, ce qui leur eût
permis de faire la révision à la sauce catholique et conservatrice, si bien
que tout aurait alors été à recom- mencer.
C'est donc au terme d'un suspense que l'on a
appris les résultats. Pour la Chambre, 92 catholiques et 60 libéraux ont été élus. Pour
le Sénat, la proportion a été de 46 à 30. Si les catholiques sont encore majoritaires et
si le gouvernement reste en place, celui-ci ne dispose pas des deux tiers de voix. Pour
faire la révision, il faudra qu'il compte sur la gauche et qu'il s'entende avec elle.
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Juin 1892.
P
elléas et Mélisande, drame lyrique de Maurice Maeterlinck sort de presse à
Bruxelles. Théâtre de la Fatalité, comme l'étaient La Princesse Maleine (1889),
L'Intruse et Les Aveugles (1890), Pelléas et Milisande évoque, à
sa façon, le mythe de Tristan et Yseult.
Au royaume d'Allemonde, le prince Golaud,
qui est veuf, a recueilli près d'une fontaine une jeune fille en larmes, Mélisande.
Celle-ci consent à l'épouser. Mais dans la sombre tristesse du château d'Arkël, roi
d'Allemonde, la jeunesse de Pelléas (demi-frère de Golaud) conquiert dans son innocence
le coeur de la princesse. Au moment où Pelléas songe à s'éloigner pour toujours, Golaud
surprend les amants et tue son frère. Mélisande ne lui survit pas.
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2 août 1892.
L
e peintre animalier Joseph Stevens est mort aujourd'hui à Bruxelles
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"Le chien au miroir" (Joseph Stevens) |
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Né le 26 novembre 1816, il apprit le dessin auprès de Louis Robbe et fut,
dès ses débuts en peinture, fortement influencé par Alexan- dre Decamps.
C'est de l'animalier français qu'il semble avoir hérité sa passion
presque exclusive pour les chiens. La bonne Mère (1854), Le Chien à
l'os (1856), Le Chien à la mouche (1856) et Le Chien au miroir
(1861) figurent parmi ses pages maî- tresses.
Fixé à Paris à partir
de 1862, Stevens avait obtenu une belle place à l'Exposition Universelle
de 1867, aux côtés de son frère. Rentré en mai 1869 à Bruxelles, il
a néanmoins terminé sa carrière dans un relatif oubli.
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Septembre 1892.
L
a quatrième expédition organisée par la Compagnie du Katanga, connue sous le nom
d'expédition Bia, pourrait bien s'inscrire dans nos mémoires sous le nom d'expédition
Bia-Cornet. Tout au moins si l'on en juge par l'importance des découvertes que vient
d'effectuer le géologue Jules Cornet.
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Le choc des civilisations : l'Europe vue par le Congo |
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Ainsi, entre le 8 août et le 12 septembre, ce savant aurait fait la
découverte, au Katanga, de gise- ments métallifères parmi les plus riches
du monde. Cela au cours de deux prospections, l'une en compa- gnie du
commandant Bia, l'autre avec le Docteur Amerlinck.
Parti de Tenke
à la recherche de "l'or de M'Siri", qui s'est révélé n'être que de
l'orichalque, il découvrit deux premiers gisements cuprifères à Likasi et
Shiburu, au nord de la Panda. Le 12 août, il atteignait pour la seconde fois
le gisement de Kambove, qu'il réexa- mina minutieusement. Dès le 21,
après un bref retour à Tenke, il repartit vers le Katanga, accom- pagné
du Docteur Amerlinck. Il parvint le 25 à la riche mine de cuivre de Luishia. En
septembre, il découvrit un gîte de fer à Mululu, avant de visiter les mines de cuivre
de Kimbwe et de Nambulawa.
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17 octobre1892.
A
lors que les travaux de construction de la ligne du Bas-Congo ont débuté voici plus
de deux ans et devraient être achevés, seuls 15,4 km des 400 km prévus ont été réalisés.
En cause, selon les maîtres d'oeuvre, les conditions géographiques extrêmement
difficiles auxquelles ils ont été confrontés. En effet, les premiers kilomètres ont
dû être creusés dans le roc, à 40 ou 50 m au-dessus du fleuve et de la vallée de la
M'Pozzo. Comme la roche dure y affleure presque partout, résistant aux explosifs, c'est
suspendus à des cordes que les mineurs ont été contraints d'attaquer la muraille à pic.
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Les à-côtés romantiques de la conquête du Congo |
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A cela s'ajoutent des conditions climatiques effroyables. La fièvre décime cruellement
le personnel. Des 7.000 travailleurs engagés, il n'en reste aujourd'hui qu'à peine
2.000 sur les chantiers.
Néanmoins, les organisateurs se montrent résolument
optimistes. La ligne vient en effet de quitter la vallée de la M'Pozzo. Il lui reste
à s'attaquer à une pente de 195 m sur 7 km avant d'atteindre le col de la Palabala.
Elle gagnerait ainsi finalement des plateaux où la progression pourrait s'accélérer.
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26 novembre 1892.
A
près plusieurs années de temporisation, les Arabes du Maniema, violant les traités,
sont entrés en lutte ouverte contre l'Etat Indépendant du Congo. Sefu, franchissant
le Lomami à la tête de 16.000 arabes, a heureusement été repoussé le 21 novembre par
les troupes de Dhanis.
Cette fois, la guerre à outrance est bel et bien engagée
contre les esclavagistes de Tippo-Tip. Dhanis a franchi à son tour le Lomami, à la
poursuite de Sefu, qui détient en otage Lippens et de Bruyne.
Déjà, au mois
de mai, Dhanis avait dû affronter à plusieurs reprises les bandes sauvages de Congo
Lutete. Après plusieurs victoires, il avait soumis et rallié à sa cause le nègre
affranchi, ce qui déclencha les foudres de Sefu. De ce fait, la rebellion se déclencha,
ainsi que les massacres.
La brillante expédition d'Hodister en fit les frais
à Riba-Riba : des dix-sept membres qui la composaient, dix ne reverront plus leur pays.
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1 décembre 1892.
A
lors que les troupes de Dhanis, ayant franchi le Lomami à la pour-suite de Sefu,
viennent de remporter une nouvelle victoire sur les esclavagistes, on apprend que le
résident Lippens et son adjoint De Bruyne ont été assassinés à Kasongo.
Surpris en plein centre du soulèvement arabe, tous deux avaient été faits prisonniers
à la fin de l'année dernière. Bien que Sefu eût promis à Tobback de les faire conduire
à Lusambo, les deux hommes durent endurer les pires avanies. Le 15 novembre 1892, De
Bruyne était envoyé par Sefu au bord du Lomami, afin de faire connaître à Scherlinck
les conditions du chef arabe. A cette occasion, le sergent De Bruyne fit preuve d'un
très grand courage.
Scherlinck ayant organisé sa libération, il refusa catégoriquement
par ces mots héroïques : "Non, merci, je ne puis abandonner Lippens". Après avoir reçu
quelques vivres et des étoffes, il partit se remettre aux mains de Sefu. Quinze jours
plus tard, Dhanis ayant refusé les conditions des esclavagistes, Lippens et de Bruyne
tombaient sous le poignard des séides de Sefu.
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Décembre 1892.
M
algré la mort du commandant Bia, décédé le 30 août des suites d'une attaque d'hématurie,
la quatrième expédition de la Compagnie du Katanga se solde par un franc succès. En
effet, désormais, les droits de l'Etat Indépendant sur le Katanga ne semblent plus
pouvoir être contestés.
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L'expédition Bia-Francqui |
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Au cours de l'expédition partie de Belgique en mai 1891, l'exploration de
la région aura été poursuivie, la situation politique dans l'ancien empire
de M'Siri rétablie et l'auto- rité de l'Etat assurée par la sou- mission de
nombreuses tribus.
Sur les vastes régions, s'étendant de Lusamba à Bunkeya,
du lac Moëro au lac Bangweolo et des sources du Lualaba aux gorges du
Zilo, flotte aujourd'hui le drapeau étoilé de l'Etat Indépendant. Grace au
raid effectué à l'est et au sud, où l'expédition devança de justesse une
colonne anglaise, les frontières du Katanga s'étendent à présent jusqu'aux
lacs Mofwé et Tanganyika. Francqui mena courageusement sa caravane jusqu'aux sources
du Lualaba. Au retour, apprenant que Dhanis était aux prises avec les sultans du
Maniema, il remonta jusqu'à Gandu pour lui porter au plus vite secours.
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1892.
N
é il y a 60 ans à Beauraing, Louis-Philippe Gilbert vient de mettre au point un appareil
baptisé barogyroscope. Son principe repose sur la rotation très rapide d'un tore de
bronze, dont l'inclinaison est d'autant plus marquée que le lieu de l'expérience tourne
plus rapidement, c'est-à-dire qu'il est plus proche de l'équateur.
Cet appareil
de forme compacte démontre ainsi mécaniquement que la Terre tourne bien et ne présente
pas le défaut principal du pendule de Foucault, qui est certes plus simple, mais fort
encombrant.
L.P. Gilbert est professeur à Louvain depuis 37 ans, auteur de
plusieurs ouvrages de référence importants, et correspondant de l'Institut de France.
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1892.
S'
inspirant d'un exemple allemand, l'abbé Jan Mellaerts a fondé à Rillaar, près d'Aerschot,
la première "Raiffeisenkas" du Boerenbond. Il s'agit d'une banque rurale de prêt, qui
accordera des crédits pour l'agriculture à de petits exploitants. Et ce, à des taux
avantageux, en l'occurrence 4 pour cent.
Les notables locaux ont fourni le
capital de base. La Raiffeisenkas peut également contracter des emprunts auprès de la
CGER et procurera les fonds nécessaires en cas de décès, pour éviter le fractionnement
progressif des exploitations agricoles.
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1892.
G
eorges Rodenbach publie son second roman, Bruges-la-Morte, illus-tré d'un frontispice
de Fernand Khnopff. Publié en dix feuilletons dans Le Figaro, du 4 au 14 février, le
roman a récolté un vif succès à Paris.
Comme l'annonce son Avertissement, la ville
est son "personnage essentiel, associé aux états d'âme, qui conseille, dissuade, détermine
à agir".
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Frontispice de Khnopff pour le roman de Rodenbach |
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Les décors de Bruges, quais, rue désertes, vieilles demeures, ca- naux,
béguinage, églises, orfèvre- rie du culte, beffroi sont donc glissés entre
ses pages, sous la forme de trente-cinq illustrations photographiques.
C'est là que l'exigence du deuil a conduit Hugues Viane à venir vivre
la nostalgie de son amour. Son épouse, dont il garde la relique d'une longue
natte de cheveux, l'a quitté, au seuil de la trentaine. Un soir, la recontre
d'une jeune danseuse, Jane Scott, ressuscite en lui l'image du bonheur
passé. Il s'en éprend, l'accueille chez lui, l'habille même des vêtements de
l'épouse, jusqu'à ce que l'illusion prenne fin.
Pour expier l'outrage, Hugues finit
alors par étrangler sa maîtresse avec les cheveux de la morte.
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1892.
C
ette année, les arts appliqués ont fait leur entrée en force au Salon des XX. De plus
en plus d'artistes s'insurgent contre la périlleuse différence établie entre les
Beaux-Arts (architecture, peinture, sculpture) et les arts dits mineurs ou arts
appliqués dont le renouveau nous vient d'Angleterre.
On sait gré à William Morris - qui a créé tant de dessins pour tissus et papiers-peints
dont les motifs floraux viennent embellir nos décors - d'être aussi l'auteur de nouveaux
caractères typographiques et de splendides illustrations de livre.
Le peintre
Henry van de Velde serait déterminé à suivre cet exemple et à abandonner la peinture, art
de la délectation d'un seul, au profit d'un art à portée sociale : celui qui touche à
la décoration.
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- 23 janvier : Une explosion de grisou tue 153 mineurs à Anderlues.
- 23 janvier : La Belgique passe à l'heure de Greenwich.
- 31 janvier : A Bunkeya, arrivée de l'expédition Bia-Francqui. Elle
occupe le Fort Bodson bâti par l'expédition Stairs.
- 14 février : Le Cercle de Natation de Bruxelles, fondé en 1890, organise
la première réunion de natation du pays.
- 17 février : Le géologue Jules Cornet découvre le gisement de cuivre de
Kambove.
- 15 avril : Bia et Francqui partent prendre possession des territoires
qui s'étendent du Lualaba au lac Moëro.
- 5 mai : L'avocat Louis Franck et Marie Popelin, qui s'est vu refuser le
droit de prêter le serment d'avocat (1889) en raison de son sexe, constituent
la Ligue Belge du Droit des Femmes.
- 24 mai : Dissolution du Parlement dix jours après le vote de la révision
de la Constitution.
- Mai : Dans le Lualaba, les hommes de la société antiesclavagiste Jouret,
Noblesse, Page et le peintre Doré rejoignent le capitaine Tobback et son adjoint
Michiels pour tenter de secourir les militaires Lippens et De Bruyne. Mais ils
sont empêchés par des Arabes qui les pourchassent sur le Lualaba.
- 12 août : En trois ans, les actions du Chemin de Fer du Bas-Congo sont,
petit à petit, tombées de 500 à 200 francs à la suite de la lenteur des travaux.
- 4 septembre : Au Katanga, les anglais Sharpe et John Kydd, à la tête de
cent dix hommes, découvrent le drapeau de l'Etat du Congo au bord du lac Moëro.
Quoique l'expédition Bia-Francqui soit affaiblie par la mort de son chef et par
de nombreuses pertes, les Anglais estiment que les règles du droit leur commandent
de s'incliner. Le Katanga est acquis aux intérêts belges.
- 17 octobre : Le chemin de fer du Bas-Congo, qui atteint 15,4 kilomètres,
quitte enfin la terrible vallée de la M'Pozzo et attaque les ravins et les falaises
qui mènent au plateau de Palabala.
- 8 novembre : Ouverture de la session parlementaire. C'est la dernière du
règne de Léopold II à être inaugurée par un discours du trône. Le parti socialiste
en profite pour répandre, sur le parcours du cortège royal, des manifestants
favorables au suffrage universel et, au Parlement même, le député Paul Janson et
dix-huit de ses collègues de la gauche saluent le roi aux cris de "Vive le suffrage
universel!".
- 1892 : Verhaeren, qui s'est lié d'amitié avec le leader socialiste Emile
Vandervelde, fonde, avec l'aide de Georges Eekhoud, la Section d'Art de la Maison
du Peuple, afin d'élever les masses laborieuses par le moyen de l'art.
- 1892 : Construction à Bruxelles, par l'architecte gantois Victor Horta, de
l'Hôtel Tassel, qui est considéré comme le point de départ de l'Art Nouveau en
Belgique
- 1892 : Le compositeur bruxellois Paul Gilson, qui a obtenu le Prix de Rome
en 1889 avec son oratorio Sinaï, compose son chef-d'oeuvre, La Mer,
poème symphonique pour grand orchestre.
- 1892 : Création, par un groupe de professeurs de l'université de Gand,
des premiers cours d'extension universitaire, destinés à mettre à la portée du
grand public les résultats acquis dans les divers ordres des sciences.
- 1892 : Jean Delville fonde avec Emile Fabry et Xavier Mellery le cercle
Pour l'Art.
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