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1 janvier 1890.
U
n mort et quelques millions de dégâts : tel est le bilan du catastro-phique incendie
qui a détruit une bonne partie du château de Laeken. Le feu, qui a pris dans la
chaufferie, a détruit la quasi-totalité de l'édifice.
L'incendie a fait une
victime, une suivante de la princesse Clémentine. Alertée à temps, Mademoiselle de
Rancourt (50 ans), pensionnée depuis la veille, était retournée dans le brasier dans
l'espoir de sauver quelque souvenir dans sa chambre.
Plusieurs toiles de maître,
des Gobelins de grande valeur et même le secrétaire sur lequel Napoléon signa sa
déclaration de guerre à la Russie ont été détruits. Le mobilier était assuré pour
dix millions de francs et le palais pour un seul.
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16 janvier 1890.
T
ollé général lors de la septième exposition annuelle organisée par le groupe des XX.
Le peintre bruxellois Henri De Groux, apprenant que Vincent Van Gogh était invité à
montrer plusieurs de ses oeuvres, a retiré ses tableaux et quitté le groupe. Or, un
des principes des XX est, justement, de confronter annuellement des oeuvres modernes,
afin que le public puisse se faire une idée aussi complète que possible de la "forme
moderne" qui détermine l'art.
Conseillé par Théo Van Rysselberghe, Octave Maus
- qui est l'anima-teur du groupe - prône lui au contraire une sorte de néo-impression-
nisme.
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15 mars 1890.
Travaux sur la ligne de Matadi
C'
est sous l'égide de la Compagnie des chemins de fer du Congo que les pre- miers
travaux de construction de la ligne du Bas-Congo ont commencé au- jourd'hui
à Matadi.
M. Charmanne, qui dirige une équipe de 86 Européens et 500
ouvriers indi- gènes, a fait donner le premier coup de pioche de cette
oeuvre titanesque. La voie ferrée, longue de 400 km et qui reliera Matadi
au Stanley Pool, devrait permettre l'acheminement des person- nes et des
marchandises vers la partie navigable du fleuve et rendre possible l'exploitation
de vastes régions jusqu'ici accessibles aux seuls porteurs.
Le projet
prévoit 4 ans de travaux pour un coût d'environ 25 millions de francs.
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13 mai 1890.
"Le jour" (détail), oeuvre
de Louis Artan de Saint-Martin
N
é à La Haaye le 21 avril 1837, le peintre Louis Artan de Saint-Martin est
décédé aujourd'hui à Nieuport. Son père, Edouard, fut aide de camp du prince
Frédéric de Nassau, et sa mère, la vicomtesse de Juromeha, appartenait à la
haute noblesse portugaise.
Installé à Bruxelles à partir de 1863, Louis
Artan fut d'abord attiré par les études de paysages et de fêtes villageoi- ses,
qu'il ramenait des environs de Termonde. Des séjours sur la côte belge et
en Bretagne lui donnèrent ensuite la passion des marines, qui en ont fait un
des meilleurs représentants de la Socié- té libre des Beaux-Arts, créée
en 1868.
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2 juillet 1890.
L
a conférence antiesclavagiste internationale, réunie par Léopold II dans la capitale
depuis le 19 novembre 1889, s'est conclue aujourd'hui par l'Acte de Bruxelles, qui
réglemente la répression du trafic des esclaves. Entrevoyant les possibilités grandioses
du Congo, Léopold II a résolu d'écraser de façon définitive la domination arabe dans
les parties orientale et septentrionale de son nouveau domaine. Il a le dessein de
remplacer par sa puissance celle du Mahdi.
Pour cela, il s'attaque directement à
l'Islam, qui soutient l'escla-vagisme. Plus d'un quart du Congo se trouve sous la domination
des négriers arabes. C'est l'avenir du Congo, menacé de dépeuplement, qui est en jeu.
Pour capturer les esclaves, les négriers organisent des razzias meurtrières
organisent des razzias meurtrières dans les villages.
Avec la collaboration du
Cardinal Lavigerie, le roi a réuni à Bruxelles une conférence antiesclavagiste
présidée par le baron Lambermont. Les sermons enflammés du cardinal Lavigerie à
Sainte-Gudule donnent à l'Etat du Congo le prestige d'une grande entreprise humanitaire
et chrétienne.
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20 juillet 1890.
A
Louvain, l'abbé Jan Mellaerts et deux hommes d'Etat catholiques ont aujourd'hui créé
une association baptisée "Boerenbond", dont le but est de défendre les intérêts
religieux, moraux et matériels des agriculteurs.
Il y a trois ans, l'abbé
Mellaerts avait déjà créé, à Heist-op-den-Berg, une corporation de l'agriculture. Les
gildes locales du Boerenbond achèteront en commun l'engrais, les semences et les
aliments pour le bétail.
Pour l'avenir, le Boerenbond envisage la création de
laiteries et de meuneries coopératives à Anvers. Ces objectifs rencontrent les
aspirations de bon nombre de petits agriculteurs et ouvriers agricoles flamands. Les
curés de paroisses sont d'office membres des gildes, dont les membres sont tenus
d'assister aux cérémonies religieuses.
Les députés Schollaert et Helleputte ont
à de nombreuses reprises plaidé au Parlement pour la protection des agriculteurs.
Les ecclésiastiques co-fondateurs insistent sur l'aspect populaire de l'entreprise
et la possibilité de renforcer un bastion flamand.
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10 août 1890.
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La pyramide sociale |
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L'
agitation révisionniste a atteint un degré d'ampleur extrême. Après les
procès du Grand Complot, qui avait démontré le rôle des agents provoca-
teurs de la Sûreté dans l'affaire du Parti Républicain Socialiste, le Parti
Ouvrier, avec une énergie nouvelle, a recommencé la lutte pour l'égalité
poli- tique.
Aujourd'hui, plus de 80.000 personnes ont manifesté
dans les rues de Bruxel- les en faveur de la révision de la Constitution
et du suffrage universel.
Le soir, réunis au parc de Saint-Gilles, ouvriers
et démocrates ont prêté le serment de combattre "sans trève ni repos jusqu'au
jour où, par l'établisse- ment du suffrage universel, le peuple belge aura
réellement conquis une patrie".
Ensuite, un télégramme historique a été
envoyé au roi : "Pour information, vous avez demandé le mot d'ordre du pays. Ce mot
d'ordre, c'est le suffrage universel".
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24 août 1890.
G
râce à un article d'Octave Mirbeau, publié aujourd'hui dans Le Figaro,
Maurice Maeterlinck, auteur de langue française issu de Gand, est considéré à Paris
comme la figure de proue du mouvement symboliste.
"En beauté, il équivaut
et (oserais-je le dire ?) surpasse les plus belles oeuvres de Shakespeare", écrit
Mirbeau au sujet de l'oeuvre de Maeterlinck, La princesse Maleine. Cette
pièce est une tragédie d'amour et d'ambition dans laquelle des personnages imaginaires
sont en proie à un destin impitoyable.
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15 septembre 1890.
H
ier, les soldats stationnés à Matadi ont été mis en alerte à l'annon-ce d'une menace
militaire portugaise. En effet, un vaisseau envoyé par le gouverneur de Loanda est
venu pointer ses canons sur Boma.
Cette mesure d'intimidation s'expliquerait
par la création du nouveau district du Kwango oriental, que Dhanis vient de parcourir
en concluant des traités avec les chefs indigènes. Cette manoeuvre paraît d'autant
plus inadmissible que le traité du 14 février 1885 a clairement fixé la frontière
Sud du Congo "au parallèle de Noki jusqu'au Kwango, et de ce point, au sud du Kwango".
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8 novembre 1890.
C'
est avec émotion que l'on a appris à Paris la mort de César Franck, le savant compositeur
et professeur d'orgue que Liège s'enorgueillit d'avoir vu naître. En avril dernier, lors
d'un concert organisé en son honneur à Tournai par Eugène Ysaye, nous l'avions trouvé
encore robuste, et rien ne laissait présager une disparition aussi rapide.
De nombreux disciples se réclament de son enseignement, et certains d'entre eux ont
déjà leur juste part de célébrité : Vincent d'Indy, Ernest chausson, Henri Duparc.
Ces grands artistes paraissent bien décidés à poursuivre son oeuvre.
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1890.
D
epuis la création de l'Etat Indépendant du Congo, le 29 mai 1885, Léopold II se
débat au milieu de difficultés financières. Les dépenses annuelles qu'exige le nouvel
Etat - lequel n'exporte encore que son ivoire et son huile de palme - sont en effet
dix fois plus importantes que ses recettes.
Pour se tirer d'affaire, le roi,
qui fête cette année le 25è anniversaire de son intronisation, a décidé de recourir
à nouveau à la Belgique, comme il le fit en 1887 et 1889.
Mais, cette fois, il
peut présenter une monnaie d'échange, à savoir son testament, rendu public le 25
juillet et par lequel il lègue à son pays la souveraineté sur le Congo. Du coup, le
Parlement lui a accordé un crédit de 25 millions, 5 millions sur le champ et le solde
par annuités de 2 millions, mais non sans prévoir la faculté pour l'Etat belge, au
bout de dix ans, d'exiger le remboursement ou d'annexer le Congo.
Léopold II,
toutefois, ne s'inquiète pas de cette clause, il est persuadé que le Congo sera
bientôt économiquement viable.
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Le Petit Sablon à Bruxelles, oeuvre d'Henri Beyaert (1890) |
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- 23 avril : A la Bourse de Bruxelles, Stanley exhorte les ingénieurs et
industriels de Belgique : "hâtez-vous d'occuper le Katanga, car les jalousies
s'éveillent".
- 20 et 21 juillet : Réunion à Bruxelles, à l'initiative de la Société de
propagande wallonne, du premier congrès wallon, dans le but "d'organiser la
résistance wallonne face aux exagérations du flamingantisme".
- 1890 : La société Cockerill participe à l'installation du premier
complexe sidérurgique en Chine, à Hanyang près de Hankéou.
- 1890 : Bruxelles et ses faubourgs comptent 600.000 habitants. Un Belge
sur dix vit dans l'agglomération bruxelloise
- 1890 : L'Etat organise des écoles volantes de laiterie pour filles, dont
les cours, qui durent trois mois, ont pour but de vulgariser les progrès de
l'industrie laitière.
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