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FAITS MARQUANTS ANNEE 1889

3 février 1889 - Catastrophe à Groenendael.
15 avril 1889 - Le père Damien reposera sous son arbre.
20 juin 1889 - Inauguration du port de Matadi.
21 juillet 1889 - Les Serres de Maeterlinck.
3 octobre 1889 - Karel Miry et le Vlaamsche Leeuw.
Octobre 1889 - Les têtes de proue du mouvement ouvrier.
5 novembre 1889 - Campagne anti-razzias dans le Maniema.
18 novembre 1889 - Conférence anti-esclavagiste à Bruxelles.
6 décembre 1889 - Emin Pacha a perdu son royaume.
Décembre 1889 - Les esclavagistes arabes au Congo.
1889 - Vers la paix mondiale grâce à l'arbitrage.
1889 - Des Belges partent pour les Amériques.
1889 - Herstal : des armes fabriquées à la FN.
Autres dates importantes.



Catastrophe à Groenendael.

3 février 1889.

La catastrophe de Groenendael

 L a locomotive d'un convoi de neuf  wagons transportant quatre cent vingt  voyageurs a déraillé avant d'arriver  en gare de Groenendael, près de Bru-  xelles, en un point où la voie a été  creusée entre deux talus de 15 m de  haut. La locomotive s'est encastrée dans  le pilastre d'un pont, qui s'est effondré  sur le convoi.

 Les victimes ont été dégagées des deux  premières voitures. Si l'on n'exclut pas  une vitesse abusive (100 km/h au lieu  de 40), il est possible que la cause de  l'accident soit une rupture de bandage  de roue.


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Le père Damien reposera sous son arbre.

15 avril 1889.

Le père Damien

 L e père Damien, de son vrai nom  Joseph De Veuster, est mort de la lèpre  à Molokaï, cette île de l'archipel Hawaï  où il soignait les lépreux depuis près de  seize ans.

Né à Tremolo le 3 janvier 1840, il était  entré chez les pères du Sacré-Coeur  (Picpus) en 1859. Après son ordination  sacerdotale, il fut chargé des districts  de Pûna, puis de Kohala, dans les îles  Hawaï.

Lors d'une réunion de missionnaires le  4 mai 1873, il fut le seul prêtre retenu  pour s'occuper des lépreux de Molokaï.  Selon son propre témoignage, le père  Damien souffrait de la lèpre depuis 1876 déjà.

Conformément à son désir, il sera enterré près de l'arbre qui l'avait abrité à son arrivée à Molokaï.


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Inauguration du port de Matadi.

20 juin 1889.

A vec l'arrivée, hier à Matadi, du steamer Lualaba, c'est à la nais-sance d'un grand port que l'on vient d'assister. Depuis plusieurs années, les experts n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur le choix d'une tête de ligne capable d'assurer le développement économique de l'Etat Indépendant. La question était de savoir si ce poste serait accessible à des navires de fort tonnage.

Contrairement aux prédictions de Savorgnan de Brazza, cette preuve vient d'être donnée, puisque le Lualaba jauge quelque 2.000 tonneaux.


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Les Serres de Maeterlinck.

21 juillet 1889.

M aeterlinck vient de publier un recueil de poèmes, Serres chaudes, dans lesquels s'exprime une poignante mélancolie.

Tiré à 155 exemplaires, ce merveilleux ouvrage est illustré de sept bois de Georges Minne. Il y évoque les désarrois de l'âme, prisonnière d'un monde clos et luxuriant.

Les huit poèmes en vers libres reçoivent, dans la revue L'Art Moderne, l'éloge d'Emile Verhaeren, qui se dit "conquis par le pays vague, mystérieux et séducteur de l'art neuf".

Un grand avenir littéraire attend ce jeune auteur de 27 ans.


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Karel Miry et le Vlaamsche Leeuw.

3 octobre 1889.

Karel Miry

 L e compositeur Karel Miry est décé-  dé à Gand aujourd'hui. Il était âgé de  66 ans.

 Il connut surtout le succès après avoir  composé la musique du Vlaamsche  Leeuw, depuis 1847, le chant de lutte  par excellence du peuple flamand, et de  surcroît l'une des plus belles musiques  du genre. Miry avait d'abord étudié au  conservatoire de Gand et ensuite à  Bruxelles.

 Il a composé en tout quelque dix-huit  opéras et opérettes; parmi ceux-ci  signalons son Bouchard d'Avesnes  (1864), qui eut un certain retentisse-ment.


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Les têtes de proue du mouvement ouvrier.

Octobre 1889.

L' aventure républicaine suscitée par Alfred Defuisseaux, en exil, vient de s'éteindre au terme d'un procès d'assises dans lequel il apparut que la Sûreté publique avait noyauté ce mouvement, si bien que les accusés furent relaxés et que les dissidents ont rejoint en masse le Parti Ouvrier. A la tête de celui-ci, quelques figures de proue émergent, qui ont eu souvent maille à partir avec la justice.

Parmi eux, le Gantois Edouard Anseele, l'homme des sociétés coopératives de distribution, auteur d'un roman mélo-dramatique intitulé Sacrifié pour le peuple, et les Bruxellois César De Paepe, Jean Volders et Louis Bertrand, qui, depuis des années, courent de meeting en meeting, mais font aussi oeuvre de polémistes.

Aussi dans Le National Belge puis dans Le Peuple, créé en 1885 par Volders et Bertrand (peu après le Parti lui-même, qu'ils avaient porté sur les fonts baptismaux). Au Cercle des étudiants socialistes de l'ULB, des hommes, Louis de Brouckère et Emile Vandervelde prennet de plus en plus d'envergure.


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Campagne anti-razzias dans le Maniema.

5 novembre 1889.

A lors que le chevalier Le Clément de Saint-Marq est arrivé à Kason-go, dans le Maniema, avec pour mission de lutter contre l'escla-vagisme, on assiste à un important renforcement militaire de l'Etat Indépendant du Congo. Après un doublement des effectifs, les compa-gnies permanentes atteignent à présent le chiffre de vingt-deux mille hommes. Dans le même temps, les onze vapeurs de la flotille du Congo ont été mobilisés pour assurer le transport des troupes et du ravitaillement.

Le roi a décidé la création de deux camps retranchés : l'un au confluent de l'Aruwimi, pour arrêter les Arabes du Nord, l'autre sur le Sankuru, pour faire face aux incursions des Arabes du Lomami. Si les razzias persistent, les hostilités seront inévitables.


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Conférence anti-esclavagiste à Bruxelles.

18 novembre 1889.

U ne conférence internationale s'est ouverte ce lundi, au ministère des Affaires étrangères pour délibérer sur les mesures à prendre contre l'esclavagisme en Afrique. Comme le Journal de Bruxelles le notait : "C'est en Afrique même que se consomme surtout la denrée noire. Le mal est devenu si aigu qu'un remède héroïque est nécessaire, sous peine de dommages sérieux pour les intérêts des nations européennes".

La Conférence de Bruxelles ou le triomphe des bons sentiments

Les régions les plus touchées sont le Tanganyika, le Dahomey, le Soudan et en général les pays musulmans. Dix-sept pays sont représentés à Bruxelles : l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, la France, le Danemark, l'Espagne, l'Etat indépendant du Congo, les Etats-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Perse, le Portugal, la Russie, la Suède, la Norvège et la Turquie.

Par crainte du froid, dit-on, les ambassadeurs du sultan de Zanzibar sont repartis vers Paris aujourd'hui.


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Emin Pacha a perdu son royaume.

6 décembre 1889.

P arti le 19 mars 1887, l'explorateur Stanley est enfin arrivé à Zanzibar où il a ramené sain et sauf l'Allemand Schnitzer, dit Emin Pacha. Non sans quelques difficultés, d'ailleurs, puisque ce dernier aurait été sauvé contre son gré.

On se souviendra, en effet, qu'Emin Pacha, gouverneur d'Equatoria, état aux frontières mal définies situé au sud du Soudan, était aux prises avec les mahdistes quand une expédition fut envoyée à son secours. Ce sauvetage forcé aboutit en fait à réduire à néant les prétentions allemandes sur les provinces septentrionales du Congo et il se solde par la création d'un nouveau domaine anglais proche de Zanzibar.


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Les esclavagistes arabes au Congo.

Décembre 1889.

D ans les régions orientales du Congo, les explorateurs et les adminis-trateurs de l'Etat Indépendant voient leur mission civilisatrice compromise par les razzias arabes. En effet, toute la zone comprise entre le Lualaba et les grands lacs est la proie des trafiquants d'ivoires et d'esclaves venus de Zanzibar.

Ainsi trouve-t-on Rachid aux Stanley Falls, Sefu à Kasongo, N'Serera à Riba-Riba, Munie-Mohara à Nyangwe, Bwana-Nzige à Karambare et Kibonge à Kirundu. De tous, le plus influent est Hamed ben Mohamed ben Yuna, surnommé Tippoo-Tip.

Bien qu'il ait été nommé vali, c'est-à-dire gouverneur, pour le compte de l'Etat Indépendant, on voit mal comment des intérêts aussi divergents pourraient se concilier très longtemps.

Des troubles avaient d'ailleurs déjà éclaté en août 1886, quand Rachid s'était emparé de la station de Stanley Falls. Tippoo-Tip fit alors ses excuses, mais de nouveaux troubles restent à craindre.


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Vers la paix mondiale grâce à l'arbitrage.

1889.

L' avocat socialiste bruxellois Henri La Fontaine a fondé une "Socié-té belge pour l'arbitrage et la paix". Il veut ainsi promouvoir l'idée que les différends internationaux ne doivent pas être résolus par la voie militaire mais bien par la voie diplomatique.

Un arbitrage international émanant d'un intérêt particulier comme la Belgique pourrait donner des garanties nécessaires d'équité et d'impartialité. Le pacifiste et promoteur des droits de la femme, La Fontaine, continue donc à développer les idées rationnelles et optimistes qu'il avait déjà voulu concrétiser par la création d'un centre de documentation international.

Le siège de la nouvelle association sera semble-t-il établi à Bruxelles.


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Des Belges partent pour les Amériques.

1889.

Les émigrants pour l'Amérique

L a dépression qui, comme dans pres-  que toute l'Europe, sévit dans l'agricul-  ture, ainsi que la pénurie d'emplois,  contraignent des milliers de Belges à  émigrer. Une véritable "fièvre argen-  tine" sévit à l'heure actuelle, mais le  Canada, avec ses grands espaces  agricoles, attire également beaucoup les  émigrants.

L'Argentine mène dans notre pays une  importante campagne de séduction. Les  émigrants bénéficient notamment du  transport gratuit. Des agents recru-  teurs se déplacent de ville en village à  la recherche de candidats. Ils font généreusement valoir une prime de 15 à 25 francs par émigrant et des publicités présentent l'Argentine comme "un pays où les travailleurs sont estimés et favorisés, où ils acquièrent un bien-être et font souvent fortune".

Ces promesses ne correspondent cependant pas toujours à la réalité. Tout le monde ne trouve pas de travail et les Flamands rencontrent des problèmes de communication, car personne ne parle leur langue.


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Herstal : des armes fabriquées à la FN.

1889.

U ne nouvelle entreprise est née à Herstal, dans la région liégeoise : la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre (en abrégé : FN). Cette nouvelle entreprise s'occupera de la fabrication d'armes de guerre et de chasse. Elle peut compter sur la tradition séculaire des forges d'armement liégeoises. Dans tous les pays d'Europe, leurs produits étaient connus et convoités.

C'est un groupe de ces fabricants d'armes qui a décidé de mettre en commun une expérience séculaire et des moyens financiers mis au service de techniques les plus modernes. Les habitants d'Herstal, dont le nombre ne cesse de croître (presque 16.000), ne peuvent que tirer profit de cette implantation industrielle.


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Autres dates importantes.


- 25 mai : La cour d'assises du Hainaut libère 27 personnes qui avaient été arrêtées lors des grèves de mai 1887 et de décembre 1888. Les agents de la Sûreté Pourbaix, Laloi et Louis André, dont le rôle provocateur a été mis en lumière, sont condamnés à trois mois de prison et à une amende de 26 francs.


- 11 juin : Une loi règlemente l'octroi d'une licence pour la vente de boissons faiblement alcoolisées.


- 26 juin : La Belgique est le premier pays à organiser pratiquement l'enseignement ménager. Un arrêté royal institue le Comité central de patronage des écoles ménagères, sous la présidence de S.A.R. la Comtesse de Flandre.


- 31 juillet : Fondation de la Compagnie du chemin de fer du Congo, dont le capital est belge à 71 %.


- Juillet : Participation des socialistes belges César De Paepe, Edouard Anseele et Emile Vandervelde au congrès de la Deuxième Internationale qui se tient à Paris.


- 9 août : La loi sur les habitations ouvrières permet à un grand nombre d'ouvriers de devenir propriétaires. Ils peuvent désormais acquérir 1/19è du capital immobilier à des taux d'intérêts assez bas.


- 6 septembre : La cartoucherie Corvilain à Anvers explose. On compte 95 victimes. Les vitraux de la cathédrale sont gravement endommagés. L'incendie réduit en cendres plusieurs navires qui se trouvaient à quai.


- 11 novembre : La cour de cassation confirme l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles qui, le 12 décembre 1888, avait refusé à Marie Popelin, qui venait de terminer ses études, le droit de prêter le serment d'avocat.


- 20 novembre : Après la Chambre, le Sénat vote, après de longues discussions, une loi réglementant le travail des femmes et des enfants. Ses principales dispositions sont : pas de travail en usine avant l'âge de 12 ans, interdiction de faire travailler plus de 12 heures par jour les garçons de 12 à 16 ans et les filles de 12 à 21 ans; pas de travail de nuit pour les garçons au-dessous de 12 ans et pour les filles au-dessous de 21 ans; pas de travail dans les mines pour les filles au-dessous de 21 ans.


- 25 décembre : Après les associations des travailleurs du bois et celles des métallurgistes, ce sont toutes les associations de mineurs de Belgique qui s'unissent en une fédration nationale.


- 1889 : "Les esclaves des Arabes sont plus heureux que le soldat en Prusse et que le journaliste en Russie". Telle est une appréciation de l'officier belge Edouard Burdot.


- 1889 : Lors de l'assemblée annuelle de la British East Africa Association, le président Mackenzie proteste contre la politique antiesclavagiste qu'il croit déceler dans le comportement de certains officiers belges et il nomme les Arabes "les plus fidèles alliés de l'Angleterre".


- 1889 : Le mouvement des coopératives socialistes compte environ 12.000 membres.


- 1889 : Le peintre français Paul Gauguin présente quelques oeuvres à l'exposition du groupe des XX.


- 1889 : La poêtesse hollandaise Hélène Swarth, qui a fait ses débuts littéraires en français et fréquenté, à Bruxelles, le milieu de la Jeune Belgique, publie Rouwviolen (Violettes de deuil) à la mémoire de son ancien amant, Max Waller.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).