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FAITS MARQUANTS ANNEE 1888

4 février 1888 - Le pointillisme s'impose chez les XX.
7 février 1888 - Eugène Ysaye et Vincen d'Indy au cercle des XX.
Mars 1888 - La défense du français s'organise.
5 mai 1888 - L'inspection du travail contre les abus.
7 juin 1888 - Het Laatste Nieuws voit le jour.
4 juillet 1888 - Néerlandisation du Moniteur belge.
26 août 1888 - L'Aclot devrait défendre le dialecte nivellois.
8 octobre 1888 - Mort de Jules Joseph d'Anethan.
10 novembre 1888 - "Les Débâcles" d'Emile Verhaeren.
14 novembre 1888 - Jean Van Beers, maître dans l'art d'évoluer.
1888 - James Ensor et l'Entrée du Christ à Bruxelles.
1888 - Apparition des trams chocolat à Bruxelles.
Autres dates importantes.



Le pointillisme s'impose chez les XX.

4 février 1888.

L e Salon des XX s'est ouvert ce samedi au musée d'Art Ancien, à Bruxelles, rue de la Régence. Le principe divisionniste de Georges Seurat domine toutes les préoccupations.

Paul Signac expose treize oeuvres, dont certaines sont une application rigoureuse de la technique du "ton pur". L'influence de Seurat, représenté au Salon de l'an dernier par La Grande Jatte, s'est également propagée parmi les "vingtistes".

"Portrait de Madame Charles
Maus" (Van Rysselberghe)/b>

Finch a envoyé quatre tableaux et a illus-  tré le catalogue d'un croquis pointilliste.  Théo Van Rysselberghe a conservé une  forte impression de la peinture de Seurat  depuis l'exposition de ce dernier à la  Maison Dorée en 1886. Il travaille pour  l'instant à appliquer la formule division-  niste au genre du portrait. Le portrait de  Mademoiselle Alice Sethe est attendu avec  curiosité pour le Salon de l'an prochain.

En guise de préambule au catalogue de  l'exposition, Octave Maus, secrétaire des  XX, disserte en quatre pages sur la re-  cherche de la lumière dans la peinture. Il y  évoque la vibration prismatique des tableaux de Seurat, de Pissarro, de Signac, "qui paraissent avoir exprimé dans sa plus éclatante intensité le fulgurant étincellement du jour".


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Eugène Ysaye et Vincent d'Indy au cercle des XX.

7 février 1888.

A Bruxelles, le cercle des XX, dirigé par Octove Maus, secoue la torpeur et la routine auxquelles nos associations de concerts de musique de chambre sont habituées.

Eugène Ysaye/b>

 Ce mardi, nous avons pu assister à une  séance d'un intérêt exceptionnel, rehaussée  de la présence du compositeur Vincent  d'Indy et de la pianiste Marie Bordes-Pène.  Rien d'étonnant à ce que, avec ces grands  artistes et des interprètes tels qu'Ysaye,  Jacob et Poncelet, les oeuvres présentées  aient reçu une exécution digne d'elles.

 Gros succès donc, pour les oeuvres de  Vincent d'Indy (un beau Trio et le Poème  des Montagnes) et Gabriel Fauré (une  pénétrante Elégie). Mais le clou de la  séance fut l'exécution de la merveilleuse  sonate de Franck. Eugène Ysaye, dédica-  taire de l'oeuvre, s'y surpassa littérale-ment.


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La défense du français s'organise.

Mars 1888.

U ne première tentative de regroupement des ligues et cercles wallons de Bruxelles a vu le jour grâce à Edouard Termonia, un avocat libéral de Bruxelles. La Fédération des Ligues et Sociétés Wallonnes de l'arrondissement de Bruxelles s'est donnée pour but d'axer ses activités autour de trois points essentiels : la lutte contre les revendications flamandes, la défense des droits acquis des fonctionnaires et la diffusion de la langue française.

Cette Fédération n'est pas la seule création que l'on doive à Edouard Termonia. Le 28 février, il avait également créé la Société de propagande wallonne de Bruxelles. Son but est similaire à celui de la Fédération, puisqu'il s'agit essentiellement de défendre la suprématie de la langue et de la culture françaises.

Bien que fondée à Bruxelles, la Société de propagande compte d'ores et déjà de nombreux membres en Flandre, où la bourgeoisie francophone se sent menacée par les revendications flamandes. La Société de propagande affiche une orientation politique libérale.


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L'inspection du travail contre les abus.

5 mai 1888.

A partir d'aujourd'hui, les inspecteurs du travail entrent en fonc-tion. La nomination de ces fonctionnaires est l'aboutissement logique de la nouvelle législation sociale.

Dans le discours du trône de novembre 1886, le gouvernement avait affirmé qu'une protection légale des ouvriers était le correctif nécessaire contre les abus de la liberté d'entreprise. Cette prise de position, qui constituait une rupture avec les principes libéraux, répondait à une longue période de mécontentement social, durant laquelle grèves et manifestations s'étaient succédé.

Parmi les abus de l'industrie : les tâches pénibles et le travail des femmes

Une commission d'enquête parlementaire a démontré la nécessité d'une règlementation légale en ce qui concerne le travail des femmes et des enfants, la durée du temps de travail et la protection salariale. Dès lors, on a jeté les bases d'une législation sociale.

Mais ces lois resteraient lettre morte si un système permettant de contrôler leur application n'était pas mis en oeuvre. L'installation d'inspecteurs du travail devrait constituer une garantie suffisante.


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Het Laatste Nieuws voit le jour.

7 juin 1888.

U n nouveau journal quotidien d'information en langue néerlandaise paraît désormais à Bruxelles sous le titre Het Laatste Nieuws ("Les Dernières Nouvelles"). A l'origine de cette initiative, l'on trouve le libéral flamingant Julius Hoste, né à Tielt en 1848 et rédacteur en chef, depuis 1869 de l'hebdomadaire bruxellois De Zweep. Het Laatste Nieuws veut défendre un libéralisme libre-penseur, mais, en ce qui concerne la question flamande, il serait prêt à collaborer avec les plus rabiques des catholiques flamingants.

La relative démocratisation des institutions et du système électoral a provoqué une vague de création de nouveaux journaux. Depuis 1880, libéraux et catholiques soutiennent l'édition et la diffusion de jour-naux bon marché destinés à attirer un vaste public. Ils rencontrent un succès croissant et tendent à se substituer aux quotidiens tradi-tionnels.

Het Laatste Nieuws est le premier journal bruxellois à prix de vente réduit diffusé en Flandre. Cet organe de presse libéral semble promis à un grand succès auprès des masses populaires, mais il est cependant accueilli avec quelque méfiance par les membres de l'intelligentsia libérale flamande.


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Néerlandisation du Moniteur belge.

4 juillet 1888.

L a première édition du Moniteur belge contenant une version néer-landaise est parue aujourd'hui. Avant cela, certaines communications étaient déjà parues en néerlandais mais sans que cela ait un caractère systématique.

La décision de publier un Moniteur bilingue cadre dans la politique du gouvernement dirigé par August Beernaert qui veut donner une place officielle au néerlandais.

Au mois d'octobre, il est d'autre part prévu de mettre en circulation des billets de banque portant des annotations en néerlandais. En outre les inscriptions des ministères devront désormais être bilingues.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1884, le gouvernement n'avait encore pris aucune mesure tendant à favoriser la langue néerlan-daise.


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L'Aclot devrait défendre le dialecte nivellois.

26 août 1888.

G eorges Willame vient de lancer un journal dont le tire, L'Aclot, rappelle à lui seul son penchant pour sa ville natale puisqu'il signifie, en dialecte local, "le Nivellois". L'Aclot, auquel collaborent Edouard Parmentier et Léon Petit, s'intéresse plus particulièrement à la littérature populaire - il prévoit d'ailleurs d'organiser un concours - et au folklore wallon.

Il compte publier des traductions de contes, d'études ou de proverbes en dialecte wallon. Gageons que Willame, avec tout l'allant de ses vingt-cinq ans, parviendra à fonder un véritable mouvement littéraire.


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Mort de Jules Joseph d'Anethan.

8 octobre 1888.

L e baron d'Anethan est mort à Bruxelles

Le baron Jules d'Anethan/b>

 Né le 23 avril 1803, il était devenu avocat  général près la cour d'appel de Bruxelles  en 1836, avant d'obtenir le portefeuille de  la Justice dans les cabinets Nothomb (1843- 1845), van de Weyer (1845-1846) et de  Theux de Meylandt (1846-1847).

 Entre 1844 et 1849, il fut député de  Louvain à la Chambre, ensuite, il repré-  senta l'arrondissement de Tielt au Sénat  jusqu'à sa mort. Du 2 juillet 1870 au 1er  décembre 1871, le baron d'Anethan dirigea  un cabinet catholique dont il était ministre  des Affaires étrangères. Il termina sa  carrière comme président du Sénat, de 1880 à 1885.


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Jean Van Beers, maître dans l'art d'évoluer.

16 novembre 1888.

L' écrivain et homme politique Jean Van Beers est mort aujourd'hui à Anvers, où il était né le 22 février 1821. Issu d'une famille de distillateurs, il avait fait ses études au collège de Pitzembourg, puis avait ensuite été nommé bibliothécaire-adjoint à Anvers en 1844, professeur de néerlandais à l'Ecole normale de Lierre en 1849, et à l'athénée d'Anvers en 1860.

Le poète Jean Van Beers/b>

Après avoir tenté en vain de se faire édi-  ter en français, il s'était révélé être un  poète flamingant plein de talent et avait  adhéré au cercle anversois des Romanti-  ques flamands.

Van Beers a acquis la célébrité comme  pédagogue et orateur. Malgré ses options  "grande Néerlande", il était resté "belgicis-  te" et royaliste. Catholique au début, il   était devenu libre-penseur.

En 1875, devenu conseiller communal libé-  ral d'Anvers, Jean Van Beers s'était préoc-  cupé de la néerlandisation de l'enseigne-  ment de la ville.


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"Les Débâcles" d'Emile Verhaeren.

10 novembre 1888.

D édiées à Théo Van Rysselberghe, Willy Schlobach et Dario de Rego-yos, Les Débâcles de Verhaeren sortent de presse chez Deman, avec un frontispice d'Odilon Redon.

A l'image du recueil Les Soirs, publié en janvier dernier, Les Débâcles sont un chant de désespoir qui s'ouvre par un Dialogue sur la volonté forcenée de se torturer : "Sois ton bourreau toi-même/N'abandonne le soin de te martyriser/A personne, jamais ...", et se referme, avec le poème La Couronne, sur la même invocation : "Et je voudrais aussi ma couronne d'épines/O la couronne en rêve à mon front somnambu-le/Hallucine-moi donc à ton absurdité/Et sacre-moi ton roi souffrant et ridicule".


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James Ensor et l'Entrée du Christ à Bruxelles.

1888.

A u moment où le pointillisme de Georges Seurat investit tous les salons, y compris celui des XX en février dernier, James Ensor semble résolument lui tourner le dos.

L'Entrée du Christ à Bruxelles, cette toile gigantesque (2,58 sur 4,31 m), à laquelle il a travaillé cette année, paraît défier le néo-im-pressionnisme.

Deux détails de l'Entrée du Christ à Bruxelles de James Ensor
        

Il s'agit d'une déconcertante juxtaposition de grands tons plats, de bleus, de rouges, de verts, divisés par des blancs larges. Au milieu de la foule bariolée et des masques rieurs, le Christ assiste au défilé agité d'une manifestation politique, sous les banderoles où se lisent les slogans des fanfares doctrinaires : Vive la Sociale et vivent Anseele et Jésus.

La dimension de la toile a imposé des conditions particulières de travail : clouée en partie sur le mur, en partie sur le sol, elle a été réalisée à partir de couleurs en pots, fournies par un peintre en bâtiments.


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Apparition des trams chocolat à Bruxelles.

1888.

L a Société Générale des Chemins de Fer Economiques, qui jusqu'ici s'est surtout attachée à créer des réseaux de tramways en Italie (Bergame, Naples, Florence et Trieste) et en Allemagne (Barmem-Elberfeld et Lemberg), vient d'obtenir la concession de sa première ligne à Bruxelles.

Celle-ci reliera la Bourse à la place Surlet de Chokier via Sainte-Gudule et la colonne du Congrès. Pour le trajet total, il en coûtera 15 centimes au voyageur, et 10 centimes pour une section seulement.

Ces tramways seront des "déraillables", c'est-à-dire des omnibus de pavé dotés d'une cinquième roue relevable qui, une fois descendue dans la gorge d'un rail, oblige les autres roues à rester sur deux autres rails. On a calculé que grâce à ce procédé, les efforts de traction seront considérablement réduits.

La teinte brune donnée à ces tramways leur vaut le surnom populaire de "trams chocolat".


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Autres dates importantes.


- 31 mai : Une loi introduit en Belgique la libération conditionnelle des prisonniers. Des comités de citoyens bénévoles s'occuperont du patronage des prisonniers libérés.


- 15 août : A Bruxelles, la collégiale Saint-Michel-et-Gudule retentit d'un prêche du cardinal Lavigerie, archevêque d'Alger, qui encourage l'oeuvre africaine des Belges qu'il exhorte à "envoyer cent héros dans le Haut-Congo".


- Août : Les premiers missionnaires belges de Scheut-lez-Bruxelles (congrégation fondée en 1862 par le père Th. Verbiest) s'embarquent pour le Bas-Congo.


- 1888 : Jules-Joseph Melotte, originaire de la Hesbaye, dépose le brevet de la première écrémeuse à force centrifuge.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).