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FAITS MARQUANTS ANNEE 1887

15 avril 1887 - Defuisseaux crée le Parti républicain socialiste.
5 mai 1887 - Transformation de tout le système défensif.
15 juin 1887 - Un palais qui devient musée.
16 août 1887 - C'en est fini des salaires en nature.
17 décembre 1887 - Un quotidien gratuit à Bruxelles.
1887 - Le familistère de Baptiste Godin.
1887 - Une monographie de Verhaeren sur Fernand Khnopff.
1887 - Art : pour rompre avec les routines.
1887 - La fin des grands romantiques.
Autres dates importantes.



Defuisseaux crée le Parti Républicain Socialiste.

15 avril 1887.

Alfred Defuisseaux

 A la suite du Congrès ouvrier qui s'est dé-  claré favorable à une grève générale pour  le suffrage universel, Alfred Defuisseaux,  condamné par contumace à quatre années  de prison pour son best-seller Le Catéchis-  me du Peuple (320.000 exemplaires), a jugé  le parti coupable de faiblesse.

 Exilé à Paris, il avait refusé d'accéder à la  demande du Conseil général du Parti  Ouvrier de se constituer prisonnier et, de  son exil, poussait à la grève générale, la  "grève noire".

 Pour ce premier motif, le Conseil avait décidé de l'exclure du Parti Ouvrier Belge. Aujourd'hui, Alfred Defuisseaux a provoqué une scission au sein du parti et constitué un Parti Républicain Socialiste.


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Transformation de tout le système défensif.

5 mai 1887.

U ne commission spéciale de la Chambre a remis aujourd'hui son rapport sur la modernisation des places fortes mosanes. Depuis le début du siècle, la stratégie militaire a subi une profonde évolution. La guerre de siège a perdu de son importance au profit des opérations mobiles.

La multiplication des voies de communication, l'accroissement des effectifs et des moyens de mouvoir des armées sont à la base de ce changement.

Les fortifications d'Anvers (fort n° 4) après la réorganisation de 1868

Depuis sept ans, la défense du pays repose sur la doctrine énoncée par Brialmont. Cette défense doit se faire en profondeur, depuis la frontière, sur laquelle est érigé un réseau aussi dense que possible de forts d'arrêt. Ce dispositif protège un ultime refuge : un camp retranché, en l'occurence Anvers.

Aujourd'hui encore, l'absence d'ouvrages modernes aux frontières permettrait à un éventuel ennemi de déployer ses troupes en toute quiétude, face à une nation privée de son outil stratégique de manoeuvre : la place-forte.

Le rapport de la commission présente de solutions. Restent l'approbation du Parlement et l'exécution des travaux.


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Un palais qui devient musée.

15 juin 1887.

"L es artistes morts on pris la place des artistes vivants !". C'est en ces termes que le Journal des Beaux-Arts et de la Littérature commente la transformation du Palais des Beaux-Arts en Musée d'Art ancien.

Le musée des Beaux-Arts devient musée d'Art ancien

Le 26 mai dernier, les peintures anciennes, ainsi que les sculptures anciennes et du XIXè siècle, ont quitté l'Ancienne Cour, où les collections d'art moderne peuvent enfin prendre leurs aises, pour trouver place, à la demande de la Commission directrice du Musée, dans les immenses salles du bâtiment de Balat.

Un seul regret, exprimé dans L'Art Moderne du 29 mai : "Le jour est peut-être un peu dur pour les tableaux gothiques".


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C'en est fini des salaires en nature.

16 août 1887.

L e Parlement a approuvé aujourd'hui deux projets de loi impliquant une intervention de l'Etat dans la vie sociale. Désormais le truck system, qui consiste à payer une partie du salaire des ouvriers en nature, est formellement interdit : les travailleurs devront toucher la totalité de leur paie en bon argent. Le paiement ne pourra plus se faire ni dans un magasin, ni dans un café.

Le second projet de loi prévoit la création de conseils du travail et de conseils d'industrie. Ces conseils, un par secteur, seront composés paritairement de patrons et de travailleurs. Ils devront tenir le gouvernement au courant des problèmes sociaux et jouer un rôle de médiateur lorsque se produiront des conflits entre patrons et employés.


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Un quotidien gratuit à Bruxelles.

17 décembre 1887.

L' agence Rossel, qui possède deux bureaux à Bruxelles, a trouvé un moyen original et efficace pour favoriser les relations entre l'offre et la demande : elle publie désormais une feuille d'information quotidienne et "gratuite pour les Bruxellois qui n'habitent pas à l'étage".

Outre des correspondances de province et de l'étranger, on trouvera dans cet organe des feuilletons et des chroniques rédigées par les plus grands noms du monde des lettres et des sciences. Le journal, se voulant neutre, publiera la relation "fidèle et non tendancieuse" des débats des assemblées, les cotations en bourse et des statistiques météorologiques.

Une "Petite gazette", inspirée de celle du journal La Chronique, nous apprend aujourd'hui le creusement prochain d'un tunnel sous la Manche, la création d'un lac à Spa et le nombre d'abonnés au téléphone (4.647). La publicité revient à 0,35 franc la ligne et les nécrologies, à 2 francs.


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Le familistère de Baptiste Godin.

1887.

L a terrible misère de la classe ouvrière a amené certains penseurs à rechercher des solutions, que l'on pourrait qualifier de paternalistes, aux problèmes sociaux. L'un d'entre eux n'est autre que Jean-Baptiste Godin, un industriel socialiste français qui a été très influencé par les idées de Charles Fourier.

Le familistère de Schaerbeek, fondé par Godin

Il souhaite d'abord améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière estimant que les mauvaises conditions de logement du prolétariat sont une menace pour la société.

Après avoir construit un familistère à Guise en France, l'Association coopérative du capital et du travail a mis sur pied une expérience similaire à Schaerbeek. A côté des ateliers de travail, le familistère comprend septante-deux appartements, une école primaire, une buanderie, une bibliothèque et une salle de fête.


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Une monographie de Verhaeren sur Fernand Khnopff.

1887.

L es articles qu'Emile Verhaeren avait publiés sur Fernand Khnopff dans L'Art Moderne ont été réunis en un recueil, publié chez la veuve Monnom à Bruxelles et intitulé Quelques notes sur l'oeuvre de Fernand Khnopff, 1881-1887. Le portrait de l'artiste, tel que l'esquisse Verhaeren, évoque un homme dissimulé dont la vie est une "claustration perpétuelle" : deux yeux métalliques aigus, le menton légèrement effilé, une bouche méprisante. Attitude raide, tenue correcte et simple. Horreur de tout débraillé. Clergyman en train de devenir dandy.

Si Fernand Khnopff est peu expansif, combien ne doit-il pas, dans le seul à seul de l'étude, discuter avec lui-même : "Pénétrer chez lui, c'est le diable".


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Art : pour rompre avec les routines.

1887.

L a Belgique connaît en ce moment une grande effervescence artis-tique. L'élan communiqué par le groupe des XX, à Bruxelles, pour un art personnalisé s'est transmis à Anvers, où vient de se créer un nouveau centre artistique intitulé "L'Art Indépendant".

Les fondateurs de ce nouveau mouvement sont les peintres Van de Velde, Abry, Crabeels, Hagemans, Morren, Meyers, Rosseels avec la collaboration du poète Max Elskam.

Georges Morren : "Jeune femme à sa toilette"

Leur activité consiste surtout à prôner les doctrines nouvelles, essayant d'y intéresser le milieu académique anversois, jusqu'à présent fermé à toute évolution.

Cherchant à stimuler les jeunes artistes, le groupe de l'Art Indépendant tente de rompre avec d'anciennes routines et veut un élargissement général dans le domaine intellectuel et artistique.


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La fin des grands romantiques.

1887.

E n célébrant son cinquantenaire artistique à Tournai, en 1883, Louis Gallait résumait sa vie en ces termes : "Ma devise a été le titre que porte un de mes tableaux : Art et liberté".

Apprécié tout autant pour ses portraits que pour ses grandes compositions historiques comme Les Têtes Coupées, il a longtemps présidé la Société des Aquarellistes et il a défendu si énergiquement l'idée de la construction à Bruxelles d'un Palais des Beaux-Arts que, le 7 janvier 1872, les artistes l'en ont remercié au nom de leur ville qui, "seule entre toutes les capitales, n'avait que de misérables baraques à offrir aux oeuvres d'art".

Nicaise de Keyser, lui, a été moins heureux : après avoir connu la gloire au temps de La Bataille des Eperons d'Or, il s'est vu, par la suite, refuser tout génie. En effet, les critiques lui ont surtout reproché son manque de robustesse : ce Flamand, selon eux, avait tout du Français! Mais, nommé directeur de l'académie des Beaux-Arts d'Anvers, il a pu marquer de son influence, de 1855 à 1879, plusieurs générations de peintres.

L'avènement du réalisme n'avait pas tué les grands romantiques : la mort seule aura eu raison d'eux.


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Autres dates importantes.


- 24 février : Ouverture des relations téléphoniques franco-belges par la mise en exploitation de la ligne Bruxelles-Paris, première ligne créée pour les rapports internationaux à grande distance.


- 28 au 30 mai : A l'occasion du congrès libéral progressiste de Bruxelles, fondation du Parti progressiste, sous la direction de Paul Janson.


- 3 juin : Fin des violentes manifestations pour le suffrage universel qui sévissent depuis trois semaines dans les mines de La Louvière, de Charleroi et du Borinage


- 19 juillet : Par 69 voix contre 62 et 4 abstentions, la Chambre rejette le principe du service militaire personnel.


- 15 août : Léopold II exprime sa déception devant la décision de la Chambre : "les guerres sont devenues foudroyantes, ceux qu'elles surprennent sont perdus".


- Août : Le musée Spitzner expose à la Foire du Midi deux peaux humaines tannées.


- 1887 : Création d'un ascenseur hydraulique sur le canal du centre.


- 1887 : A Anvers, création de l'association artistique L'art Indépendant par Henry Van de Velde et l'écrivain Max Elskamp.


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© Chronique de la Belgique.
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