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FAITS MARQUANTS ANNEE 1883

16 mai 1883 - Adieu à Ferdinand de Braekeleer.
5 juin 1883 - Suppression du livret ouvrier.
15 juin 1883 - La troisième loi linguistique.
10 septembre 1883 - Décès d'un géant des lettres flamandes.
15 septembre 1883 - Joseph Plateau et son Fantascope.
15 octobre 1883 - Inauguration du palais de Justice.
28 octobre 1883 - Fondation du groupe des XX.
27 décembre 1883 - Le budget de l'Instruction publique.
31 décembre 1883 - Le Patriote des frères Jourdain.
1883 - Hélène Swarth, poétesse bilingue.
1883 - Les Flamandes : la rhétorique du scandale.
Autres dates importantes.



Adieu à Ferdinand de Braekeleer.

16 mai 1883.

F erdinand de Braekeleer est mort à l'âge de 91 ans. Il fut le premier peintre à obtenir le Prix de Rome en 1819 grâce à son tableau Tobie.

Elève de Mathieu van Brée à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, il fut rejoint par son maître à Rome pour se rendre ensuite à Naples. A son retour à Anvers en 1822, il s'orienta vers la peinture de genre, influencé par les petits maîtres flamands.

La femme du peuple et La Parisienne
        

Il recueillit un beau succès avec des oeuvres anecdotiques comme Jan Steen faisant une déclaration d'amour à une de ses créancières (1826) ou Frans Hals découvrant les mérites du jeune Brouwer alors encore chez sa mère.

Il délaissa de ce fait la peinture d'histoire qui trouvait plus difficilement acquéreur; en 1836, il présente au Salon de Bruxelles une Furie espagnole aux qualités picturales étourdissantes.

La citadelle d'Anvers après le bombardement de 1832, qui appartient aussi à cette veine, témoigne d'un grand talent de paysagiste. Dans ses multiples tableaux de genre, il décrit avec un grand sens de l'observation et de la composition des moments de la vie de ses contemporains.

Dès 1864, il devint conservateur du musée des Beaux-Arts d'Anvers.


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Suppression du livret ouvrier.

5 juin 1883.

L' abolition de l'article 1781 du Code Civil sur l'obligation du "livret ouvrier" a suscité de laborieuses discussions au Parlement. Le projet de loi a été adopté au Sénat par 46 voix contre 5 et une abstention.

Le livret sera rendu tout à fait facultatif et sa garde sera désormais confiée à l'ouvrier. Les inscriptions seront strictement limitées au nom et au prénom, à la date d'engagement et à la date de licenciement de l'ouvrier.

Au cours des discussions précédant le vote, le représentant Lammens a déploré l'abrogation du livret "au nom des bons maîtres et des bons domestiques".


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La troisième loi linguistique.

15 juin 1883.

L a troisième loi linguistique a été ratifiée par le roi. Elle impose l'emploi de la langue flamande pour l'enseignement moyen dans la partie flamande du pays.

Les dispositions adoptées ont pour but de répondre aux voeux des populations locales et de respecter la liberté du père de famille quant au choix de la langue véhiculaire de ses enfants. Ainsi, il faudra désormais que, dans la partie flamande du pays, les cours de la section préparatoire des écoles moyennes soient donnés dans la langue de Gezelle. Dans la section moyenne proprement dite et dans les athénées royaux, l'anglais, l'allemand et le flamand seront enseignés "en flamand", de même que trois autres cours du programme.

Cela posera sans aucun doute quelques problèmes au niveau du recrutement des enseignants. A l'exception des régents en langues, aucun des membres du personnel actuel de ces écoles n'est préparé à donner en flamand un cours d'histoire ou les leçons scientifiques du programme.

Afin de pallier cette lacune, on va organiser un enseignement normal destiné spécialement à former ce nouveau type de professeurs.


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Décès d'un géant des lettres flamandes.

10 septembre 1883.

"L' intolérance politique est la plaie de ce siècle". Cette phrase est la dernière qu'aura prononçée, dans son délire, le grand écrivain Henri Conscience, qui vient de s'éteindre à Bruxelles.

Henri Conscience par Portaels


 L'héritage littéraire que laisse ce  précurseur du mouvement flamand est  à la fois abondant et de qualité. Dès ses  débuts en 1837, dans la tradition de  Walter Scott, il avait introduit dans la  littérature flamande un genre nou- veau, le roman historique.

 On doit à ce fils d'émigré français une  longue série d'ouvrages tels que Le lion  de Flandre, dans lequel il exaltait avec  enthousiasme le passé de la Flandre.  Mais il ne se contenta pas d'écrire des  romans. Il s'intéressa aussi à la vie de  son époque, écrivant des romans de  moeurs réalistes, comme Le gentil-homme pauvre ou Le conscrit, et des récits de village, attendus avec une impatience croissante par un public qui ne cessait de s'élargir.


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Joseph Plateau et son Fantascope.

15 septembre 1883.

L e physicien Joseph Plateau est mort à Gand. Né le 14 octobre 1801 à Bruxelles, il obtint en 1829 son doctorat en sciences physiques et mathématiques à l'université de Liège, puis en 1835, la chaire de physique expérimentale à l'université de Gand.

Une inflammation de la choroïde le rendit aveugle en 1843, mais n'interrompit pourtant pas ses recherches sur la physiologie optique.

Les phénakistiscope et fantascope, ces appareils qui servent à produire des illusions d'optique, l'ont rendu célèbre auprès du grand public.


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Inauguration du palais de Justice.

15 octobre 1883.

Q uatre ans après la mort de son architecte, Joseph Poelaert, le palais de Justice de Bruxelles a été inauguré. MM. Wellens et Marcq, ingénieurs aux Ponts et Chaussées, en avaient surveillé l'achèvement.

Elevé sur un plateau qui domine toute la ville, dans des proportions colossales, le palais aura coûté près de 44 millions.

Le palais de Justice de Bruxelles,
point dorgue du règne de Léopold II le Bâtisseur


Le portique central, de 17,5 m d'ouverture et de 39 m de hauteur, est surmonté d'un buste de Minerve de 3,5 m. Les trois étages rassemblent 27 salles d'audience, de bibliothèque ou de réunion et deux cent quarante-cinq chambres, cellules, etc. La salle des pas-perdus est d'une superficie de 3.600 m². Sa coupole, dont le faîte est à 97,5 m du sol, est soutenue par quatre immenses piliers de pierre, qui s'enfoncent à 15 m dans le sol.

Pour cela, tout un quartier populaire aura été sacrifié.


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Fondation du groupe des XX.

28 octobre 1883.

O ctave Maus, l'avocat connu pour ses goûts artistiques d'avant-garde qu'il défend avec son compère Edmond Picard depuis 1881 dans les colonnes de L'Art Moderne, a invité à la Taverne Guillaume, place du Musée à Bruxelles, une vingtaine d'artistes décidés à secouer le conformisme des Salons.

La Reie et le palais du Franc à Bruges (fin du XIXè)


Le 7 octobre, L'Art Moderne avait déjà annoncé que les futures salons des XX se tiendraient du 1er février au 1er mars et accueilleraient non seulement les membres du cercle mais aussi des invités.

Le cercle L'Essor perd ainsi une bonne part de ses membres actifs au profit des XX : L'Art Moderne, qui n'avait pas manqué d'épingler les éléments conservateurs et "embourgeoisés" de L'Essor, jubile.

Parmi les XX on retrouve les noms des sculpteurs Jef Lambeaux, Paul Dubois, Achille Chainaye et des peintres Frantz Charlet, James Ensor, Jean Delvin, Fernand Khnopff, Frans Courtens, Piet Verhaert, Théodore Verstraete, Willy Scholbach et Guillaume van Strydonck.


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Le budget de l'Instruction publique.

27 décembre 1883.

L e vote du budget pour l'année 1884 risque de provoquer des discussions houleuses au Parlement. Le rapport que le ministère de l'Instruction publique vient de présenter à ce sujet a déjà soulevé les protestations des catholiques.

Le budget pour 1884 s'élève à 21.594.997 francs, soit 433,98 francs de plus que celui de 1882. Le gouvernement s'est en effet refusé à applique le "mot d'ordre d'économie" qu'il s'est donné dans l'examen des autres budgets.

En outre, en application de la loi du 15 juin 1881 tendant à permettre la poursuite de la création de nouveaux athénées, le gouvernement prévoit 187.000 francs pour organiser des athénées à Alost, Courtrai, Ostende, Ixelles, ainsi que onze écoles moyennes.

En vue de préparer les élèves des athénées aux examens d'entrée, 35.306 francs ont été demandés pour organiser des répétitions de mathématiques.


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Le Patriote des frères Jourdain.

31 décembre 1883.

L es frères Jourdain fêteront le dbut de l'année 1884 avec le premier numéro de leur nouveau quotidien qui doit paraître deman. Pour le prix de cinq centimes, Le Patriote offrira chaque jour quatre pages d'informations générales. L'abonnement sera de douze francs par an.

Le Patriote, dont les bureaux seront installés provisoirement au numéro 9, rue de Ligne, à Bruxelles, sera distribué dans toute la Belgique. Jourdain, son administrateur-gérant, dirigera une équipe de journalistes dont les sympathies catholiques ne sont un secret pour personne.


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Hélène Swarth, poétesse bilingue.

1883.

L a poétesse néerlandaise, Hélène Swarth a publié un recueil de poésie, Eenzame Bloemen, qui lui a valu un fervent éloge de Lodewijk van Deyssel, critique estimé des plus sévères.

Hélène Swarth



Dans ces poèmes, il apprécie "l'unité de  l'aspiration à l'amour et à Dieu".

Hélène Swarth vit depuis longtemps en  Belgique. Elle a fait ses études à  Bruxelles et son premier recueil a été  publié en français : Fleurs du Rêve  (1879).

Sous l'influence de l'écrivain flamand  Pol de Mont, elle s'est décidée a écrire  en flamand.

Ses sonnets paraissent généralement  dans la revue néerlandaise De Gids.


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Les Flamandes : la rhétorique du scandale.

1883.

E mile Verhaeren, écrivain de langue française né à Saint-Amand en 1855, vient de publier un premier recueil de poèmes intitulé Les Flamandes.

Ayant étudié le droit à l'université de Louvain, Verhaeren avait, en 1881, effectué son stage dans le cabinet de l'avocat bruxellois Edmond Picard, et était rapidement devenu rédacteur de la revue littéraire et artistique publiée par son maître, L'Art Moderne. Quelques mois plus tard, il avait commencé à écrire dans La Jeune Belgique, revue dirigée par Max Waller.

Dans Les Flamandes, Emile Verhaeren demeure fidèle à la rhétorique parnassienne. Il y décrit, de manière naturaliste les (mauvais) instincts humains, ce qui a d'ailleurs provoqué quelque scandale.

Le lecteur remarquera cependant que, dans les passages incriminés, Verhaeren célèbre la santé robuste de la Flandre.


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Autres dates importantes.


- 19 janvier : Les dispositions prises par le gouvernement pour sauvegarder le poisson sont coordonnées par une loi, qui confie au pouvoir exécutif le soin de déterminer, suivant les nécessités, les périodes d'interdiction et les modes et engins de pêche prohibés.


- 24 août : Le mouvement en faveur de l'extension du droit de suffrage obtient partiellement satisfaction, grâce à une loi qui adjoint aux électeurs censitaires, pour les élections communales et provinciales, un certain nombre d'électeurs capacitaires.


- Décembre : Les écoles primaires officielles, très fréquentées en Wallonie, se portent beaucoup moins bien en Flandre où nombre de parents, suivant les recommandations des évêques (qui punissent les catholiques réfractaires en leur interdisant l'accès aux sacrements), préfèrent inscrire leurs enfants dans l'enseignement libre. De ce fait, on dénombre en Flandre quelque 255 écoles qui ne comptent que deux ou trois élèves - et parfois un seul : le fils de l'instituteur.


- 1883 : La première bourse publique du travail est ouverte à Liège.


- 1883 : Le bourgmestre de Bruxelles Charles Buls, désireux de rendre aux maisons de la Grand-Place tout leur éclat, passe un accord avec leurs propriétaires : ceux-ci s'engagent à payer une redevance à la Ville, qui se charge de la restauration des façades.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).