|
|
16 mai 1883.
F
erdinand de Braekeleer est mort à l'âge de 91 ans. Il fut le premier peintre à
obtenir le Prix de Rome en 1819 grâce à son tableau Tobie.
Elève
de Mathieu van Brée à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, il fut rejoint par son
maître à Rome pour se rendre ensuite à Naples. A son retour à Anvers en 1822, il
s'orienta vers la peinture de genre, influencé par les petits maîtres flamands.
|
La femme du peuple et La Parisienne |
|
|---|
Il recueillit un beau succès avec des oeuvres anecdotiques comme Jan Steen faisant
une déclaration d'amour à une de ses créancières (1826) ou Frans Hals découvrant
les mérites du jeune Brouwer alors encore chez sa mère.
Il délaissa de ce
fait la peinture d'histoire qui trouvait plus difficilement acquéreur; en 1836, il
présente au Salon de Bruxelles une Furie espagnole aux qualités picturales
étourdissantes.
La citadelle d'Anvers après le bombardement de 1832, qui appartient
aussi à cette veine, témoigne d'un grand talent de paysagiste. Dans ses multiples
tableaux de genre, il décrit avec un grand sens de l'observation et de la composition
des moments de la vie de ses contemporains.
Dès 1864, il devint conservateur
du musée des Beaux-Arts d'Anvers.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
5 juin 1883.
L'
abolition de l'article 1781 du Code Civil sur l'obligation du "livret ouvrier" a
suscité de laborieuses discussions au Parlement. Le projet de loi a été adopté au
Sénat par 46 voix contre 5 et une abstention.
Le livret sera rendu tout à fait
facultatif et sa garde sera désormais confiée à l'ouvrier. Les inscriptions seront
strictement limitées au nom et au prénom, à la date d'engagement et à la date de
licenciement de l'ouvrier.
Au cours des discussions précédant le vote, le
représentant Lammens a déploré l'abrogation du livret "au nom des bons maîtres et
des bons domestiques".
| RETOUR HAUT DE PAGE |
15 juin 1883.
L
a troisième loi linguistique a été ratifiée par le roi. Elle impose l'emploi de la langue
flamande pour l'enseignement moyen dans la partie flamande du pays.
Les dispositions
adoptées ont pour but de répondre aux voeux des populations locales et de respecter
la liberté du père de famille quant au choix de la langue véhiculaire de ses enfants.
Ainsi, il faudra désormais que, dans la partie flamande du pays, les cours de la
section préparatoire des écoles moyennes soient donnés dans la langue de Gezelle. Dans
la section moyenne proprement dite et dans les athénées royaux, l'anglais, l'allemand
et le flamand seront enseignés "en flamand", de même que trois autres cours du programme.
Cela posera sans aucun doute quelques problèmes au niveau du recrutement des
enseignants. A l'exception des régents en langues, aucun des membres du personnel
actuel de ces écoles n'est préparé à donner en flamand un cours d'histoire ou les
leçons scientifiques du programme.
Afin de pallier cette lacune, on va organiser
un enseignement normal destiné spécialement à former ce nouveau type de professeurs.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
10 septembre 1883.
"L'
intolérance politique est la plaie de ce siècle". Cette phrase est la dernière qu'aura
prononçée, dans son délire, le grand écrivain Henri Conscience, qui vient de s'éteindre
à Bruxelles.
|
Henri Conscience par Portaels |
|
|---|
L'héritage littéraire que laisse ce précurseur du mouvement flamand est
à la fois abondant et de qualité. Dès ses débuts en 1837, dans la
tradition de Walter Scott, il avait introduit dans la littérature flamande
un genre nou- veau, le roman historique.
On doit à ce fils d'émigré
français une longue série d'ouvrages tels que Le lion de Flandre,
dans lequel il exaltait avec enthousiasme le passé de la Flandre. Mais il ne se contenta pas
d'écrire des romans. Il s'intéressa aussi à la vie de son époque, écrivant des romans
de moeurs réalistes, comme Le gentil-homme pauvre ou Le conscrit, et des
récits de village, attendus avec une impatience croissante par un public qui ne cessait
de s'élargir.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
15 septembre 1883.
L
e physicien Joseph Plateau est mort à Gand. Né le 14 octobre 1801 à Bruxelles, il obtint
en 1829 son doctorat en sciences physiques et mathématiques à l'université de Liège,
puis en 1835, la chaire de physique expérimentale à l'université de Gand.
Une
inflammation de la choroïde le rendit aveugle en 1843, mais n'interrompit pourtant
pas ses recherches sur la physiologie optique.
Les phénakistiscope et
fantascope, ces appareils qui servent à produire des illusions d'optique, l'ont
rendu célèbre auprès du grand public.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
15 octobre 1883.
Q
uatre ans après la mort de son architecte, Joseph Poelaert, le palais de Justice de
Bruxelles a été inauguré. MM. Wellens et Marcq, ingénieurs aux Ponts et Chaussées, en
avaient surveillé l'achèvement.
Elevé sur un plateau qui domine toute la ville,
dans des proportions colossales, le palais aura coûté près de 44 millions.
|
Le palais de Justice de Bruxelles, point dorgue du règne de Léopold II le Bâtisseur |
|
|---|
Le portique central, de 17,5 m d'ouverture et de 39 m de hauteur, est surmonté d'un
buste de Minerve de 3,5 m. Les trois étages rassemblent 27 salles d'audience, de
bibliothèque ou de réunion et deux cent quarante-cinq chambres, cellules, etc.
La salle des pas-perdus est d'une superficie de 3.600 m². Sa coupole, dont le faîte
est à 97,5 m du sol, est soutenue par quatre immenses piliers de pierre, qui s'enfoncent
à 15 m dans le sol.
Pour cela, tout un quartier populaire aura été sacrifié.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
28 octobre 1883.
O
ctave Maus, l'avocat connu pour ses goûts artistiques d'avant-garde qu'il défend
avec son compère Edmond Picard depuis 1881 dans les colonnes de L'Art Moderne,
a invité à la Taverne Guillaume, place du Musée à Bruxelles, une vingtaine d'artistes
décidés à secouer le conformisme des Salons.
|
La Reie et le palais du Franc à Bruges (fin du XIXè) |
|
|---|
Le 7 octobre, L'Art Moderne avait déjà annoncé que les futures salons des XX se
tiendraient du 1er février au 1er mars et accueilleraient non seulement les membres
du cercle mais aussi des invités.
Le cercle L'Essor perd ainsi une bonne part
de ses membres actifs au profit des XX : L'Art Moderne, qui n'avait pas manqué
d'épingler les éléments conservateurs et "embourgeoisés" de L'Essor, jubile.
Parmi les XX on retrouve les noms des sculpteurs Jef Lambeaux, Paul Dubois, Achille
Chainaye et des peintres Frantz Charlet, James Ensor, Jean Delvin, Fernand Khnopff,
Frans Courtens, Piet Verhaert, Théodore Verstraete, Willy Scholbach et Guillaume van
Strydonck.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
27 décembre 1883.
L
e vote du budget pour l'année 1884 risque de provoquer des discussions houleuses au
Parlement. Le rapport que le ministère de l'Instruction publique vient de présenter
à ce sujet a déjà soulevé les protestations des catholiques.
Le budget pour
1884 s'élève à 21.594.997 francs, soit 433,98 francs de plus que celui de 1882. Le
gouvernement s'est en effet refusé à applique le "mot d'ordre d'économie" qu'il s'est
donné dans l'examen des autres budgets.
En outre, en application de la loi du
15 juin 1881 tendant à permettre la poursuite de la création de nouveaux athénées, le
gouvernement prévoit 187.000 francs pour organiser des athénées à Alost, Courtrai,
Ostende, Ixelles, ainsi que onze écoles moyennes.
En vue de préparer les élèves
des athénées aux examens d'entrée, 35.306 francs ont été demandés pour organiser des
répétitions de mathématiques.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
31 décembre 1883.
L
es frères Jourdain fêteront le dbut de l'année 1884 avec le premier numéro de leur
nouveau quotidien qui doit paraître deman. Pour le prix de cinq centimes, Le
Patriote offrira chaque jour quatre pages d'informations générales. L'abonnement
sera de douze francs par an.
Le Patriote, dont les bureaux seront
installés provisoirement au numéro 9, rue de Ligne, à Bruxelles, sera distribué dans toute
la Belgique. Jourdain, son administrateur-gérant, dirigera une équipe de journalistes
dont les sympathies catholiques ne sont un secret pour personne.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
1883.
L
a poétesse néerlandaise, Hélène Swarth a publié un recueil de poésie, Eenzame
Bloemen, qui lui a valu un fervent éloge de Lodewijk van Deyssel, critique estimé
des plus sévères.
|
Hélène Swarth |
|
|---|
Dans ces poèmes, il apprécie "l'unité de l'aspiration à l'amour et à Dieu".
Hélène Swarth vit depuis longtemps en Belgique. Elle a fait ses études à
Bruxelles et son premier recueil a été publié en français : Fleurs du
Rêve (1879).
Sous l'influence de l'écrivain flamand Pol de Mont,
elle s'est décidée a écrire en flamand.
Ses sonnets paraissent
généralement dans la revue néerlandaise De Gids.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
1883.
E
mile Verhaeren, écrivain de langue française né à Saint-Amand en 1855, vient de publier
un premier recueil de poèmes intitulé Les Flamandes.
Ayant étudié le droit
à l'université de Louvain, Verhaeren avait, en 1881, effectué son stage dans le cabinet
de l'avocat bruxellois Edmond Picard, et était rapidement devenu rédacteur de la revue
littéraire et artistique publiée par son maître, L'Art Moderne. Quelques mois
plus tard, il avait commencé à écrire dans La Jeune Belgique, revue dirigée par
Max Waller.
Dans Les Flamandes, Emile Verhaeren demeure fidèle à la rhétorique
parnassienne. Il y décrit, de manière naturaliste les (mauvais) instincts humains, ce
qui a d'ailleurs provoqué quelque scandale.
Le lecteur remarquera cependant que,
dans les passages incriminés, Verhaeren célèbre la santé robuste de la Flandre.
| RETOUR HAUT DE PAGE |
- 19 janvier : Les dispositions prises par le gouvernement pour sauvegarder
le poisson sont coordonnées par une loi, qui confie au pouvoir exécutif le soin
de déterminer, suivant les nécessités, les périodes d'interdiction et les modes
et engins de pêche prohibés.
- 24 août : Le mouvement en faveur de l'extension du droit de suffrage
obtient partiellement satisfaction, grâce à une loi qui adjoint aux électeurs
censitaires, pour les élections communales et provinciales, un certain nombre
d'électeurs capacitaires.
- Décembre : Les écoles primaires officielles, très fréquentées en Wallonie,
se portent beaucoup moins bien en Flandre où nombre de parents, suivant les
recommandations des évêques (qui punissent les catholiques réfractaires en leur
interdisant l'accès aux sacrements), préfèrent inscrire leurs enfants dans l'enseignement
libre. De ce fait, on dénombre en Flandre quelque 255 écoles qui ne comptent que
deux ou trois élèves - et parfois un seul : le fils de l'instituteur.
- 1883 : La première bourse publique du travail est ouverte à Liège.
- 1883 : Le bourgmestre de Bruxelles Charles Buls, désireux de rendre aux
maisons de la Grand-Place tout leur éclat, passe un accord avec leurs propriétaires :
ceux-ci s'engagent à payer une redevance à la Ville, qui se charge de la restauration
des façades.
| RETOUR HAUT DE PAGE |