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11 juillet 1882.
P
our les Bruxellois, Eugène Simonis, qui vient de mourir à Koekelbert à l'âge de 72 ans,
restera avant tout le père du Godefroid de Bouillon érigé en 1848 sur la Place
Royale.
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La Colonne du Congrès |
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Mais ce Liégeois, qui avait appris la sculpture dans sa ville natale, auprès de
F.-J. Dewandre, avant de se perfec- tionner, en Italie, chez le sculpteur néo-
classique Finelli, est aussi l'auteur du fronton du théâtre de la Monnaie
et des deux lions qui se dressent devant la Colonne du Congrès.
Membre de l'Académie Royale depuis 1845, il a été directeur de l'Académie
des Beaux-Arts de Bruxelles où il a notam- ment eu pour élève Thomas Vinçotte.
Doué d'une grande facilité d'exécution, il a abordé avec succès
tous les genres de la statuaire.
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20 décembre 1882.
L
éopold II n'a pas accordé de répit à Stanley : parti malade pour Bruxelles à la
mi-juillet, l'explorateur est déjà arrivé à Vivi, avec mission d'assurer à l'Association
Internationale du Congo, par des conventions passées avec les chefs indigènes, le droit
de souveraineté sur le Bas-Congo, mais aussi sur le Haut-Congo jusqu'aux Stanley Falls.
Depuis que l'explorateur Savorgnan de Brazza a réussi à conclure avec le chef
Makoko un traité cédant à la France une bande de terre sur la rive nord du Stanley
Pool, Léopold II a compris que son rêve africain risquait d'être anéanti par les
prétentions françaises et que, sur un territoire aussi convoité que le bassin du Congo,
il ne saurait y avoir d'emprise économique sans emprise politique.
L'AIC, qui
a relayé le défunt Comité d'études du Haut-Congo, ne poursuit donc plus un but purement
commercial : dirigée par le Roi lui-même, elle vise désormais à obtenir autant de
concessions territoriales que possible.
M. Duclercq, le président du Conseil
français, a pourtant assuré à Léopold II, le 16 octobre, que la France n'entraverait
pas ses projets au Congo, mais cela n'a pas empêché le gouvernement français de ratifier
le traité avec Makoko, ni de faire voter un crédit de 1.250.000 F pour une nouvelle
expédition de Brazza.
Stanley a donc intérêt à se hâter !
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22 décembre 1882.
A
Bruxelles, les frères Pelzer ont été condamnés à mort à l'issue d'un procès qui a
fasciné la presse belge et étrangère. A Paris, l'écrivain Paul Bourget veut en faire
un roman et le critique Ernest Charles une étude sur "l'amour dans le crime". Le
savant italien Lombroso, situe les accusés parmi les "criminels supérieurs". Emile
Verhaeren et Camille Lemonnier ont protesté contre la férocité de la foule qui
assiégeait le tribunal. Van Maldeghem, le plus sévère des avocats généraux belges, a
admis le mobile sentimental du principal prévenu, accusé d'avoir monté une intrigue
feuilletonnesque.
Pour arriver à tuer le mari de sa maîtresse, Armand Pelzer
a subjugué son frère Léon, l'amenant à rédiger des lettres apocryphes, à effectuer une
location au nom d'un mythique tueur et à voyager au loin pour accréditer une imaginaire
firme américaine répondant au nom de "Transocéanique".
Tout cela pour préméditer
un crime parfait que l'on comptait camoufler en mystérieux règlement de comptes.
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1882.
A
près la chute de la Commune, en dépit de la désintégration de l'Internationale, les
coopératives ouvrières ont réussi à résister au mouvement de découragement et de
désaffection général.
Celles qui avaient été créées avant la Commune ont pu
se maintenir et, depuis, on a vu se manifester quelques initiatives. En 1880, ce fut
la naissance du Vooruit à Gand, exemple bientôt suivi à Anvers.
A la
suite d'un appel du leader socialiste Louis Bertrand, paru le 17 avril dans La Voix
de l'Ouvrier, une boulangerie coopérative baptisée Maison du Peuple a été
créée à Bruxelles, dans une arrière maison de la chaussée de Gand, où les coopérateurs
avaient déniché un four abandonné.
Déjà on se remue à Jolimont, Verviers et Liège.
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1882.
J
usqu'où ira Félicien Rops dans l'illustration du vice et de la perversité ? Avec ses
cinq dernières planches au vernis-mou, regroupées sour le titre de Sataniques,
il nous livre sa vision sulfureuse de la luxure et de la possession satanique.
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"L'Idole" et "Le sacrifice" : le satanisme vu par Félicien Rops |
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Rops est aujourd'hui l'illustrateur le plus connu et le mieux payé de Paris. Quel
chemin parcouru depuis les caricatures du journal satirique Uylenspiegel
fondé par lui et quelques camarades en 1856 et ses lithographies à caractère politique,
comme L'ordre règne à Varsovie (1863) ou Liberté pour tous (1862),
grinçants pamphlets contre l'ordre bourgeois, la répression sanglante ou la religion.
Après avoir illustré les oeuvres de son ami Charles De Coster, il a rencontré
Baudelaire et gravé La mort qui danse (1865) et Les Diaboliques (1879).
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1882.
E
mile Claus (32 ans) est l'auteur d'un Combat de coqs qui vient d'être admiré
au Salon d'Anvers et à Paris. On en goûte "le fumet barbare de ruralité", aurait dit
Lemonnier.
Dans cette grande toile (2,75 x 2 m), de tonalités assez sombres, où
seul le plumage des coqs donne une note vibrante de couleurs, le peintre a rassemblé
une étonnante galerie de portraits, hobereaux et paysans confondus.
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Emile Claus en Afrique du Nord et "Combat de coqs" |
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Le réalisme dans la représentation de ce divertissement cruel indique que Claus se
détache de l'enseignement académique reçu à Anvers. C'est grâce à l'intervention auprès
de son père du compositeur Peter Benoit, en vacances à Sint-Eloois-Vijve, son village
natal, que Claus fut envoyé dans la métropole.
Fils d'un aubergiste, il n'était
certes pas destiné à la peinture. Le succès du Combat de coqs est fort probablement
le prélude d'une brillante carrière.
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1882.
L
oreley est le titre séduisant du troisième recueil de Pol de Mont. Après
Gedichten (1880) et Lentesotternijen (1881), de Mont plonge ses lecteurs
dans le lyrisme amoureux.
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Pol de Mont jeune |
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L'oeuvre du poète a jusqu'à présent été tout imprégnée de ses aspirations à
l'individualisme lyrique et à "l'art pour l'art".
Ses modèles
sont Heinrich Heine, Victor Hugo et Guido Gezelle.
En 1880, Pol de
Mont qui est né à Wambeek le 15 avril 1857, a reçu le Prix Quinquennal de
Littérature Néerlandaise. Il a aussitôt abandonné ses études de droit à
Louvain et enseigné à Tournai.
Cette année, on lui a offert, à sa grande
joie, un poste à l'athénée d'Anvers.
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1882.
J
ean-Théodore Radoux, directeur du conservatoire de Liège, annonce son intention de
rassembler des souvenirs d'André-Modeste Grétry, le célèbre compositeur liégeois mort
voici presque soixante ans.
Cette excellente initiative doit être encouragée.
En effet, alors que les noms de Vieuxtemps, Léonard, Marsick, Musin ou du jeune Ysaye
sont vénérés par tous, on oublie trop souvent celui qui fut notre glorieux représentant
en france au siècle dernier.
Espérons donc que nous puissions un jour disposer
d'un musée Grétry. C'est bien le moins que nous devions à l'auteur de Zémire et Azor.
A Bruxelles, on parle en haut lieu d'une commission chargée d'éditer l'oeuvre
entière du compositeur. Peut-être un jour nous souviendrons-nous d'autres expatriés
qui sont allés chercher ailleurs la célébrité.
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- 15 février : Création d'un Office vaccinogène central de l'Etat, qui
produit et distribue gratuitement le vaccin animal antivariolique aux administrations
communales, aux praticiens et même aux particuliers.
- 28 février : Une loi réglemente l'exercice du droit de chasse. Tout chasseur
doit désormais justifier d'un permis de port d'armes pour la chasse à tir et d'un
permis spécial pour la chasse au lévrier. Afin d'assurer la reproduction du gibier,
il est interdit de chasser en dehors des périodes fixées chaque année par le
gouvernement.
- Juillet : Fondation de la Fédération Vélocipédique Belge.
- 6 décembre : jean-Charles Houzeau assure la participation de la Belgique
à l'observation du passage de Vénus devant le soleil (événement qui se renouvellera
en 2004). Houzeau utilise un appareil de son invention.
- 30 décembre : La loi sur la police sanitaire des animaux domestiques
vise à la prévention des maladies contagieuses parmi les animaux domestiques.
- 1882 : François Van Rijsselberghe invente un système anti-inducteur qui
rend possible la transmission simultanée, sur un même fil, d'une conversation
téléphonique et d'un message télégraphique.
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