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FAITS MARQUANTS ANNEE 1880

16 février - Cluysenaar avait façonné la ville de Bruxelles.
13 mai - Liévin De Winne, le peintre des grands.
5 juin - Rupture avec le Vatican.
16 juin - Les festivités du Cinquantenaire.
23 juin - Rodenbach avait opté pour le flamand.
30 juillet - Henry Stanley est arrivé à Makaya Makuba.
1 août - Une exposition historique de l'art belge.
21 novembre - Le dynamisme des socialistes gantois.
18 décembre - L'accès des femmes à l'université.
Décembre - Guerre scolaire : succès des écoles libres.
1880 - Des Anglais créent le premier club de football à Anvers.
Autres dates importantes.



Cluysenaar avait façonné la ville de Bruxelles.

16 février 1880.

L' architecte Jean-Pierre Cluysenaar est mort aujourd'hui à Bruxelles. Né à Kampen le 28 mars 1811, il demanda la naturalisation belge en 1830.

Il suivit les cours de l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles avant d'acqérir sa première expérience aux côtés de l'architecte Léon Suys.

En 1847, la construction des galeries Saint-Hubert et l'aménagement de la place du Congrès lui conférèrent la célébrité. Longues de deux cents mètres et larges de huit, les galeries Saint-Hubert ont notamment inspiré le passage Vittorio Emmanuele à Milan.

A Bruxelles, c'est à Cluysenaar que l'on doit aussi le marché de la Madeleine, le marché du Parc, le conservatoire de musique et le théâtre de l'Alhambra.


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Liévin De Winne, le peintre des grands.

13 mai 1880.

L e peintre Liévin De Winne est mort aujourd'hui à Bruxelles. Né à Gand le 24 janvier 1821, il avait perdu très tôt ses parents, décédés en 1835 et 1842, et fut recueilli par Félix De Vigne, qui lui enseigna la peinture.

Ses études à l'académie des Beaux-Arts de Gand furent complétées par des séjours à Paris, puis en Hollande.

La première période de sa peinture, à laquelle appartiennent la Séparation de Ruth et Noémie (1853), Saint François en extase (1854) et Les saintes femmes au tombeau du Christ (1858), fut marquée par l'inspiration religieuse.

Installé à Bruxelles à partir de 1861, De Winne s'imposa comme le portraitiste des milieux officiels. C'est ainsi qu'il fit le portrait du comte et de la comtesse de Flandre et deux portraits de Léopold Ier, puis, en 1863, celui de P. Verhaegen, et en 1864, celui de L. Roelandt.

En 1878, son portrait du diplomate américain J.S. Sanford fit sensation à l'Exposition Universelle de Paris.


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Rupture avec le Vatican.

5 juin 1880.

W althère Frère-Orban, ministre des Affaires étrangères et chef du cabinet, a notifié aujourd'hui au baron d'Anethan, ministre de Belgique près le Saint-Siège, la rupture des relations diplomatiques avec Rome.

Cette décision intervient après l'échec de ce que Frère-Orban avait appelé l'échange de vues avec Rome. Il espérait que le pape Léon XIII désavoue les évêques belges.

Déçu, le chef de cabinet a reproché au Saint-Siège, le 18 mai, d'avoir "évolué d'une façon très prononcée" dans son attitude vis-à-vis du gouvernement belge.


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Les festivités du Cinquantenaire.

16 juin 1880.

L a première des cérémonies jubilaires qui marqueront cette année le cinquantième anniversaire de la Belgique a eu lieu aujourd'hui à Bruxelles. Il s'agissait de l'inauguration solennelle de l'Exposition, exclusivement nationale, qui se tient sur l'ancienne plaine des manoeuvres, au bout de la rue de la Loi, dans des bâtiments spécialement construits pour elle. Les bâtiments de l'Exposition sont en partie définitifs et en partie provisoires.

L'Exposition du Cinquantenaire
Le cortège est acclamé

Une fois terminées, les constructions définitives, dues aux plans de l'architecte Bourdiau, formeront un gigantesque palais dont les deux ailes se relieront par une galerie à colonnades, interrompue, au milieu de son hémicycle, par un arc de triomphe.

Ce projet grandiose risque d'exiger de nombreuses années de travaux, tant les dimensions envisagées sont exceptionnelles. D'immenses halls ont été élevés de chaque côté et en arrière du palais; de nombreux pavillons couvrent le parc qui s'étend devant lui. Ils abritent les attractions les plus diverses, depuis un modèle de glacière pour la conservation de la viande jusqu'à un ballon captif.

Le palais de l'Exposition, qui rassemble plus de cinq mille participants, est destiné à devenir une exposition permanente des arts et de l'industrie.

Le clou de la journée d'inauguration a été donné par une cantate flamande du compositeur anversois Peter Benoit, qui fut exécutée dans le parc, devant l'estrade royale, par plus de douze cents chanteurs et instrumentistes.

Une foule immense, massée sur les trottoirs de la rue de la Loi et dans le parc, a salué de ses acclamations le roi et la reine, le comte et la comtesse de Flandre, qui ont présidé cette première cérémonie du programme des fêtes jubilaires.


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Rodenbach avait opté pour le flamand.

23 juin 1880.

L e poète Albert Rodenbach est mort à Roulers, sa ville natale, à peine âgé de vingt-trois ans. Avec lui, la Flandre perd un de ses plus grands chantres.

En 1877, Rodenbach (à ne pas confondre avec Georges, poète francophone), a fondé l'Algemene Studentenband et depuis 1875, il est un des leaders de l'association "Blauwvoeterie", au nom inspiré de la devise de nationalistes flamands empruntée à Conscience : "Vliegt de blauwvoet, storm op zee" (Vole le lanier au-dessus de la mer déchaînée).

Albert Rodenbach


Grâce au prestige littéraire de Rodenbach, ce mouvement était parvenu à susciter l'engagement des jeunes intellectuels pour la lutte flamande.

Poète passionné et visionnaire, Rodenbach était sans cesse à la recherche d'une grandeur qu'il retrouvait dans le passé de la Flandre et qu'il célébrait à travers ses poèmes et ses pièces de théâtre.

En réaction contre son milieu bourgeois francophone, et, d'autre part, sous l'influence de son professeur flamingant Hugo Verriest, il ne s'exprima plus dans sa langue maternelle, mais uniquement en flamand.

L'évolution que l'on a pu constater dans ses poèmes est particulièrement frappante. Il a toujours considéré ses premières oeuvres comme des exercices de style, mais son dernier ouvrage laisse supposer qu'il serait assez vite devenu un profond rénovateur de la poésie flamande si la vie lui en avait laissé le temps.


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Henry Stanley est arrivé à Makaya Makuba.

30 juillet 1880.

H enry Morton Stanley aura mis plus de quatre mois pour transporter son abondant matériel du poste de Vivi, sur le fleuve, à Makaya Makuba, situé au-dessus de la chute de Yelala, à trente-cinq kilomètres de Vivi.

Henry Morton Stanley


L'extrême difficulté de pénétration de cette région montagneuse, quasiment inhabitée dans le voisinage immédiat du fleuve, a exigé la construction d'une route, entamée le 18 mars et terminée le 22 avril. Pour ce travail, Stanley ne pouvait compter que sur 68 Zanziba-rites, engagés par le Comité d'études du Haut-Congo, et sur quelques indigènes engagés à Vivi, en tout 130 à 140 hommes seulement.

Le gros du matéreil, dont les bateaux, complètement démontés, a été transpor-té sur le grand chariot en acier fourni par Cockerill, car les chariots en bois achetés en Angleterre se sont très rapidement révélés inutilisables.

Sept voyages aller et retour ont été nécessaires pour tout acheminer à Makaya Makuba. Ces allées et venues ont représenté un trajet total d'environ mille cinq cents kilomètres, parcourus en soixante jours;

Le secteur de Vivi, dont le Comité d'études du Haut-Congo possède le monopole du négoce, depuis le traité du 13 juin, est placé maintenant sous le commandement d'un Américain, M. Sparhawk.


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Une exposition historique de l'art belge.

1 août 1880.

L e roi et la reine, accompagnés du comte et de la comtesse de Flandre, ont inauguré le nouveau palais des Beaux-Arts et ouvert l'Exposition historique de l'art belge. A leur arrivée, vers deux heures et demie, ils ont été reçus par le baron H. 't Kint de Roodebeke, président du comité organisateur.

Après le discours de Charles Sainctelette, ministre des Travaux publics, qui a rendu hommage à l'architecte Balat, le roi et la reine ont parcouru l'exposition et félicité les artistes présents.

Dans une des salles, ils ont pu s'entretenir avec les blessés de septembre, en uniforme d'apparat. La visite royale ne s'est terminée qu'à cinq heures tant le nombre d'artistes représentés est important.

Parmi les peintres, on peut citer Stevens, Hermans, Verhas, Cluysenaer, Agneessens, De Winne, de Braekeleer, Mellery, Smits, Verwee, Boulenger, Heymans, Coosemans, de Knyff, Kindermans Asselberghs, Van Luppen, Lamorinière, Artan, Bouvier, Schampheleer et Clays.

Le rez-de-chaussée abrite, entre autres, les oeuvres des sculpteurs Vanderstappen, Devigne et Vinçotte.


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Le dynamisme des socialistes gantois.

21 novembre 1880.

L es socialistes gantois ouvrent une nouvelle boulangerie coopérative, De Vooruitziende Bakkers, qui succède à l'ancienne coopérative De Vrijbakkers. Fondée en 1873 pour répondre à la hausse du prix du pain, celle-ci n'a pas pu survivre aux différends séparant coopérateurs catholiques et socialistes.

Grâce à la loi du 18 mai 1873, la nouvelle société De Vooruitzende Bakkers disposera d'un statut juridique spécifique, qui définit la coopérative : le capital et le nombre des membres est variable; les parts sont nominatives, incessibles vis-à-vis des tiers et cessibles entre associés dans la limite autorisée par les statuts.

La nouvelle coopérative gantoise est due à l'initiative des socialistes Edmond Van Beveren et Edouard Anseele. Elle manifeste la vitalité des milieux socialistes gantois, qui, depuis cinq ans, n'ont pas cessé de mettre sur pied de nouvelles organisations : La Fédération ouvrière gantoise en 1875; l'Azsociation générale des travailleurs socialistes en 1876; le Parti socialiste flamand en 1877; l'Association des travailleurs du coton en 1879.


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L'accès des femmes à l'université.

18 décembre 1880.

A ujourd'hui s'ouvre, au palais des Académies, le cours supérieur pour dames. L'enseignement de cette extension universitaire, créée en 1878, s'adresse surtout aux aristocrates.

Trois jeunes filles ont réussi à se faire inscrire au rôle de l'Université Libre de Bruxelles pour l'année académique 1880-1881. En 1873 et 1878, l'université avait refusé de telles inscriptions alors que pourtant la loi n'a jamais interdit les hautes études aux femmes.

Le 12 mai dernier, la Commission nationale d'homologation des diplômes a estimé qu'on ne pouvait leur fermer l'accès aux titres universitaires. Mais les professions libérales seront-elles pour autant ouvertes aux futures diplômées ?

La première femme médecin belge, Isala Van Diest, a dû conquérir son diplôme à l'étranger.


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Guerre scolaire : succès des écoles libres.

Décembre 1880.

L e conflit scolaire, déclenché en juillet 1879 par la promulgation de la deuxième loi organique de l'enseignement primaire, est devenu, en dix-huit mois, une véritable guerre.

Beaucoup de communes gérées par des catholiques se refusent encore à ouvrir une école officielle et l'enquête sur les résultats de la loi de 1879, décrétée en mars dernier, n'a fait qu'exacerber la colère des catholiques, qui ont refusé d'y participer, la jugeant incompatible avec l'article 17 de la Constitution : "L'enseignement est libre; toute mesure préventive est interdite".

Cette tentative d'intimidation par questionnaires interposés n'a d'ailleurs pas eu le résultat escompté puisque, à l'heure actuelle, 190.000 élèves et 1.850 enseignants sont d'ores et déjà passés des écoles officielles aux écoles libres.


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Des Anglais créent le premier club de football à Anvers.

1880.

S ous l'influence anglaise, un club de football et de cricket (Antwerp Football and Cricket Club) a été créé à Anvers, au café L'Alsacienne, situé sur la place Verte.

On doit cette initiative à quelques sportifs anglais qui y travaillent ou étudient dans la métropole. Il se sont récemment rendu à Londres pour assister à la Cup Final, qui a opposé les Clapham Rovers aux joueurs de l'université d'Oxford. Les Rovers l'ont emporté sur le score de 1 à 0.

Ces Anglais estiment qu'Anvers ne doit pas rester à la traîne en matière de football. Leur club, présidé par Thomas Evans s'alignera sous les couleurs rouge et blanc. Le terrain où ces messieurs s'entraînent est situé à la Wilrijkseplein. Il est également occupé par l'artillerie de l'armée belge, qui y accomplit certains exercices.

Les fondateurs du Club souhaitent qu'une association sportive belge soit fondée le plus vite possible pour mettre sur pied une compétition nationale.


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Une séance à la Chambre en 1880

Autres dates importantes.


- Mars : Le gouvernement crée une commission de 25 membres, chargés d'enquêter, "sur la situation morale et matérielle de l'enseignement primaire, sur les résultats de la loi de 1879 et sur les moyens employés pour en entraver l'excution".


- Août : Afin de conserver de bonnes relations diplomatiques avec les Pays-Bas, le gouvernement décide de supprimer les Fêtes de Septembre.


- 18 décembre : Inauguration, au cimetière d'Evere, des monuments aux soldats allemands et français morts pendant la guerre de 1870-1871.


- 1880 : L'espérance de vie d'un enfant ayant passé le cap des 12 premiers mois est de 51 ans pour un garçon et de 53 ans pour une fille.


- 1880 : A Bruxelles, on compte encore 20 pour cent d'illetrés parmi les hommes et 26 pour cent parmi les femmes.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).