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2 janvier 1879.
U
ne école de musique religieuse vient de s'ouvrir à Malines sous le patronage des plus
hautes autorités ecclésiastiques du pays. Cette école formera principalement des organistes
et des maîtres de choeurs. Elle tentera également de réhabiliter les antiques formes du
plain-chant.
Son fondateur, Jaak Nikolas Lemmens, est né à Zoerle-Parwys en 1823.
Dès l'âge de 16 ans, il suivit les cours d'orgue de Christian Girschner au conservatoire
de Bruxelles et, étant tombé amoureux de la célèbre cantatrice anglaise Helen Sherrington,
il l'épousa et alla s'installer à Londres.
Rentré l'an dernier dans son pays
natal, Jaak Nikolas Lemmens a réalisé un voeu : consacrer son temps à étudier la tradition
musicale de l'église catholique.
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12 janvier 1879.
L
es délégués du Parti socialiste flamand et du Parti socialiste brabançon, réunis en
congrès à Bruxelles, ont voté à l'unanimité la création d'un Parti socialiste belge.
Cette union, qui devrait donner une force nouvelle au mouvement socialiste, a été
possible grâce aux efforts du journal La Voix de l'Ouvrier, fondé l'an dernier
par Louis Bertrand.
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La menace de l'hydre socialiste |
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Ce nouveau parti se veut le défenseur de la classe ouvrière dans son ensemble et veut
attirer à lui le prolétariat industriel et les mineurs de Wallonie.
Grâce au
travail de propagande de Louis Bertrand, certains groupes de mineurs étaient d'ailleurs
représentés au congrès.
Aux yeux de ses fondateurs, le Parti socialiste belge
doit être un regroupement très libre de groupes locaux et de fédérations, chapeauté par
un conseil général aux pouvoirs limités.
Sa structure organique rappelle celle de
l'Internationale, mais son programme est bien différent, puisqu'il préconise une action
politique pour libérer la classe ouvrière.
Outre la tâche de réunion des forces
socialistes, le premier objectif de ce parti est bien entendu l'instauration du suffrage
universel, car "le peuple doit pouvoir s'occuper des affaires publiques, lui dont le pain
quotidien dépend de la prospérité nationale".
L'union de tous les socialistes en
un seul parti semble proche. Des ouvriers se présenteront aux élections de juin 1880.
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7 mai 1879.
L'
écrivain Charles De Coster s'est éteint aujourd'hui à Ixelles. Sans doute un des plus
importants écrivains de langue française de Belgique, il était né en 1827 à Munich et
avait six ans lorsque ses parents s'établirent à Bruxelles.
De Coster, journaliste
puis professeur de littérature, se voulait solidaire des moins nantis. Il s'était fait
connaître en 1858 en publiant se Légendes Flamandes mais son chef-d'oeuvre de
1867, traitant de la légende d'Uylenspiegel, n'a hélas pas eu le retentissement qu'il
mérite. Son personnage principal véhicule les idéaux de liberté et d'émancipation.
Cet ouvrage est truffé de formes françaises archaÏques ainsi que de pittoresques
mots et tournures de langue flamande.
On regrettera que De Coster n'ait pas connu
la gloire qu'il méritait.
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19 mai 1879.
O
n apprend aujourd'hui le décès de Jules Anspach, bourgmestre de la ville de Bruxelles
et député à la Chambre.
Né à Bruxelles le 20 juillet 1829, Jules Anspach fit ses
études supérieures à l'université libre de Bruxelles, dont il sortit docteur en droit en
1851.
Nommé conseiller communal dès 1857, puis échevin l'année suivante, il accèda
à la fonction de bourgmestre le 15 décembre 1863, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.
Grand orateur et défenseur du libéralisme doctrinaire, c'est néanmoins son
action communale qui retiendra le plus notre attention. On lui doit en effet une série
de grands travaux d'urbanisation à Bruxelles, tels l'assainissement de la Senne et la
transformation de plusieurs quartiers populaires. Autant de travaux qui lui valurent
même d'être comparé par ses détracteurs au célèbre baron Hausmann.
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1 juillet 1879.
L
e roi a signé aujourd'hui la deuxième loi organique de l'enseignement primaire portant
révision de la loi de 1842. Dans ses lignes générales, la loi se présente comme une
réforme d'ensemble de l'instruction primaire, à partir du principe de la direction et
de la surveillance exclusives de l'autorité civile sur l'enseignement public.
Son premier article établit que chaque commune devra posséder au moins une école primaire,
établie "dans un local convenable". Le gouvernement se réserve le droit, après avoir
consulté le conseil communal et la députation permanente, de fixer le nombre d'écoles
à entretenir dans chaque commune, ainsi que le nombre de classes et d'instituteurs.
Les enfants indigents recevront gratuitement l'instruction (article 3).
Point central de la loi, l'article 4 stipule que l'enseignement religieux est
laissé au soin des familles et des ministres des divers cultes. Un local dans l'école
sera mis à la disposition des ministres des cultes pour y donner, soit avant, soit
après l'heure des classes, l'enseignement religieux aux enfants de leur communion
fréquentant l'école.
L'article 5 définit le programme minimum des écoles
primaires. Celui-ci comprendra nécessairement des cours sur la morale, la lecture,
l'écriture, les exercies d'intuition ou leçons de choses, des éléments de calcul et
de dessin, la gymnastique, le chant et, pour les filles, les travaux à l'aiguille.
Comme sous la loi de 1842, les instituteurs seront nommés par les conseils
communaux, mais devront être munis d'un diplôme d'instituteur ou de professeur de
l'enseignement moyen du second degré (article 7).
L'article 31 fixe le traitement
des instituteurs à un minimum de mille francs par an.
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26 juillet 1879.
L
e gouvernement libéral doctrinaire a décidé de s'attaquer aux fraudes qui consistent à
payer plus d'impôts que réclamés afin d'arriver au montant minimum du cens électoral.
C'est ainsi qu'il ne sera plus permis de déclarer comme servante une proche
parente. Il n'échappe à personne que cette mesure vise particulièrement les bonnes de
curés. De même, les foyers - que l'on multipliait paraît-il dans les campagnes pour
parfaire le cens - n'interviendront plus dans le calcul de l'impôt. Enfin, l'impôt sur
les portes et fenêtres - dont le nombre est désormais fixé - est transféré sur la
valeur locative de l'immeuble.
Dans l'ensemble, ces dispositions, qui complètent
la loi du 26 août 1878, suppriment beaucoup moins d'électeurs dans les villes, où
"l'esprit libéral" court les rues, que dans les campagnes où le "bon sens clérical" se
réfugie.
Au sein même du parti libéral, les progressistes s'insurgent contre
ces mesures partisanes, qui tendent à limiter le corps électoral alors que, selon eux,
il faudrait l'élargir.
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Juillet 1879.
L
e comité de l'Ecole d'évangélisation de Bruxelles a préféré retirer sa charge à Vincent
Van Gogh, chargé de l'évangélisation laïque à Wasme.
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Vincent Van Gogh (autoportrait) |
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Celui-ci avait pourtant montré un zèle extrême dans sa mission.
Arrivé au mois
de janvier dernier, il habita d'abord chez le boulanger Denis, puis s'installa dans
une baraque où il dormait sur la paille;
Touché par la misère des mineurs, il
se dépuillait même à leur profit de ses vêtements et de tous ses autres biens.
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17 septembre 1879.
C'
est après un périple long de presque deux années que la première expédition de
l'Association Internationale Africaine, chargée de pénétrer au Congo par la côte
orientale, a enfin touché au but.
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Le lieutenant Ernest Cambier |
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Le lieutenant Ernest-François Cambier vient en effet de fonder le premier poste à
Karema, sur les bords du lac Tanganyika. Parti sous les ordres du capitaine Crespel,
qui décéda rapide-ment, Cambier prit le commandement de la troupe qui comptait encore,
en janvier 1878, cinq Européens et 175 porteurs indigènes.
Cambier fit preuve
d'une endurance sans pareille, puisqu'après le décès de deux compagnons et le démission
des deux derniers, il est arrivé seul à Karema, à la tête d'une trentaine de porteurs. Ayant
ensuite obtenu du sultan de Karema la concession de mille hectares, le lieutenant va
maintenant s'attacher la suite de sa mission : engranger un maximum d'informations
scientifiques sur la région et assurer de l'aide à tout voyageur qui aurait entrepris
l'exploration du continent africain.
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21 octobre 1879.
L
éon Frédéricq a été nommé professeur extraordinaire de physiologie à l'université de
Liège, où il succède à Théodore Schwann.
Frédéricq sera chargé de l'aménagement
du nouvel Institut de physiologie.
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Le professeur Léon Frédéricq en compagnie de Pavlov |
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Il doit se rendre prochai-nement en Allemagne, à l'Institut de physiologie de Berlin,
que dirige Emile du Bois-Reymond, pour recueillir la documenta-tion nécessaire.
Né à Gand le 24 août 1851, Léon Frédéricq a obtenu à l'université de Gand les grades de
docteur en sciences naturelles (1871), docteur en médecine (1875) et docteur en sciences
physiologiques (1878).
Pour l'obtention de ce dernier titre, il a soutenu un mémoire
où sont réunis les résultats de ses recherches sur la coagulation du sang et sur les gaz
du sang.
En août de l'année dernière, un séjour au laboratoire maritime de Roscoff
(Bretagne), que dirige Henri de Lacaze-Duthiers, lui a permis de rédiger un mémoire sur
la physiologie du poulpe.
Cet été, il est arrivé, en collaboration avec Vandevelde,
à déterminer la vitesse de l'influx nerveux dans le nerf du homard.
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3 novembre 1879.
L'
architecte Joseph Poelaert est mort aujourd'hui à Bruxelles. Né le 21 mars 1817, il
suivit les cours de l'académie des Beaux-Arts, acheva sa formation à Paris, puis
devint dessinateur de la ville de Bruxelles.
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L'églisse Sainte-Catherine |
L'églisse Notre-Dame de Laeken |
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La fontaine en bronze élevée en 1848 en l'honneur de Nicolas-Jean Rouppe, le premier
bourgmestre de la ville, sur la place qui porte son nom, fut sa première oeuvre
architecturale. Les années 1850 allaient lui conférer la notoriété et le titre
d'architecte de la ville, avec la construction de l'église Sainte-Catherine (1850),
de l'église de Laeken (1854), du théâtre royal de la Monnaie (1855) et de la Colonne
du Congrès et de la Constitution (1850-1859).
Mais sa réalisation la plus
spectaculaire sera sans doute ce palais de Justice, que l'on construit depuis 1866.
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1879.
B
eyaert, c'est "le changement dans la continuité", l'intégration d'édifices qui incarnent
la technique et le progrès à l'espace de la ville, en ménageant le caractère historique
et géographique.
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Intérieur de la gare de Tournai |
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Après la Banque Nationale d'Anvers et la gare de Louvain, voici la gare de Tournai. En
façade, Beyaert utilise le principe du mur-rideau : une ossature de maçonnerie envahie
de pans vitrés. La transparence des volumes orientés vers la ville - la salle des
guichets, l'entrée - produit l'interpénétration du bâtiment, de la place et des rues
avoisinantes. Un grand hall vitré prolonge l'édifice au-dessus des quais.
Beyaert évoque l'architecture locale par l'emploi de la brique mélangée à la pierre de
taille locale, et une coupole sur pendentif. L'architecte courtraisien réalise aussi
les bâtiments de la douane de Tournai.
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1879.
L
a succursale anversoise de la Banque Nationale, dont la construction a débuté en 1872
sous la direction de l'architecte courtraisien Henri Beyaert, a été inaugurée à Anvers
en présence de nombreuses personnalités.
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La Banque Nationale à Anvers, avenue de France |
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Situé rue de France, le majestueux bâtiment s'intègre parfaitement dans le paysage
urbain de la métropole. L'ampleur des proportions, l'usage de la brique et de la
pierre, les contrastes des vides et des pleins et les tours d'angle sont autant de
référence au siècle d'or de l'architecture anversoise.
Henri Beyaert, ancien élève
de Tilman Suys, auteur à Bruxelles de l'Hôtel de la Banque Nationale en style néo-classique
et d'une intéressante restauration de la Porte de Hal, n'opère ni pastiche ni plagiat mais
fait revivre dans un contexte nouveau certaines formes du passé en les combinant de
façon originale.
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- 1 avril : Une loi règle la matière des marques de fabrique et de commerce;
Celui qui a fait le premier usage d'une marque peut seul en opérer valablement le
dépôt. Le rôle de l'administration se borne à un simple enregistrement.
- Octobre : Les collectes et souscriptions lancées par les évêques de
Belgique après la promulgation de la loi scolaire ont d'ores et déjà rapporté une
somme de 40 millions. Des écoles catholiques s'ouvrent un peu partout dans des
locaux improvisés, et de nombreux instituteurs officiels donnent leur démission
pour passer à l'enseignement libre.
- 1879 : Le sculpteur Thomas Vinçotte réalise un monument dédié à Gilles-Lambert
Godecharle, situé devant le parc de Bruxelles et un bas-relief intitulé La
Musique sur la façade du Palais des Beaux-Arts.
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