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6 avril 1877.
L
es funérailles du peintre et lithographe Jean-Baptiste Madou, décédé le 3 avril, ont
été célébrées aujourd'hui à Bruxelles.
Au cours de la cérémonie, le bourgmestre de
Saint-Josse-ten-Noode a annoncé que la place habitée par le défunt porterait désormais
le nom de "place Madou".
Né à Bruxelles le 3 février 1796, Madou a obtenu ses premiers
succès grâce à des albums de lithographies, dont les plus connus sont La Physionomie
de la société en Europe, depuis 1400 jusqu'à nos jours (1836), et les Scènes
de la vie des peintres de l'école flamande et hollogndaise (1842). En 1850, au
moment où il trouvail une seconde célébrité grâce à la peinture, il fut nommé professeur
de dessin des enfants royaux.
On retiendra de lui La fête au château, Le
Touble-fête (1851), ou La chasse au rat (1857).
Depuis 1855, Madou était
aussi président de la Société Belge des Aquarellistes.
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Avril 1877.
A
près la dissolution, l'année dernière, de l'Association Internationale des Travailleurs,
le mouvement socialiste semble connaître un nouveau départ en Belgique.
Depuis
plusieurs années, des initiatives individuelles ont tenté de prendre le relais des
sections de l'Internationale, que les dissensions intérieures ont condamnée à une
lente agonie. A Gand en particulier, les associations socialistes sont restées
particulièrement actives.
Il y a deux ans, la Fédération ouvrière gantoise fut
constituéeK D'inspiration allemande, les thèmes de sa propagande reprennent les idées
de Wilhelm Liebknecht développées dans son hebdomadaire Volksstaat. Cette
Fédération prit en 1876 le nom d'Association Générale des Travailleurs Socialistes et
accueillit en son sein des groupes bruxellois et anversois.
Le Congrès que les
socialistes belges ont tenu à Gand ce mois-ci a débouché sur la création d'un Parti
socialiste flamand. Les congressistes ont en effet estimé que l'action sur le terrain
économique devait se doubler d'une action politique.
Par 22 voix contre 9, Edouard
Anseele a fait voter cette motion : "Le prolétariat organisé en parti distinct, opposé
à tous les autres partis formés par les classes privilégiées, doit employer tous les
moyens politiques tendant à l'émancipation sociale."
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Juin 1877.
A
vec Gand, Bruxelles apparaît aujourd'hui comme le principal foyer du renouveau socialiste.
Constituée en 1874, sa Chambre du Travail organise depuis deux ans des cours et des
conférences.
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Louis Bertrand, un des fondateurs du Parti socialiste brabançon |
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La Chambre a obtenu la collaboration de Paul Janson, Guillaume Degreef, Louis Bertrand
et Hector Denis. César De Paepe y donne un cours d'économie sociale pour les jeunes
militants.
C'est à son instigation qu'un Parti socialiste brabançon a été créé
ce mois-ci, sur le modèle de son équivalent gantois. Les militants bruxellois, qui ne
sont pas plus de deux mille, espèrent rallier la classe ouvrière wallonne, fort réticente
aux efforts de politisation entrepris dans sa direction.
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9 juillet 1877.
L
a nouvelle loi électorale devrait en principe assurer le secret du vote et la liberté
de l'électeur. Le système en vigueur jusqu'à présent autorisait trop facilement des
pressions sur l'électeur et l'acaht de son vote.
Dans les petits arrondissements,
en particulier, l'argent et les diners offerts ont souvent joué en période électorale
un rôle considérable.
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Jules Malou, ministre des Finances |
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Au lendemain des élections de 1876, qui ont maintenu intacte la majorité catholique, le ministre Bara avait à ce propos dénoncé "la pression morale exercée par le clergé" et demandé l'application en Belgique du systme anglais relatif au secret du vote.
Jules Malou, ministre des Finances et chef du cabinet, s'est rallié à cette proposition.
Désormais, le vote sera pratiqué dans un couloir ou un isoloir, par un moyen
qui ne révèle aucun caractère personnel, sur un bulletin d'un type uniforme et imprimé
d'avance.
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17 septembre 1877.
D
ans son édition datée de ce jour, le Daily Telegrapha publié une dépêche sensationnelle
: l'exploratieur Henry Morton Stanley est enfin arrivé à Boma, à l'embouchure du fleuve
Congo, après avoir traversé l'Afrique équatoriale dans toute sa largeur.
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Henry Morton Stanley |
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L'expédition, qui a duré 999 jours, a été entièrement financée par les journaux
Daily Telegraph et New York Herald.
Des 356 Noirs qui l'accompagnaient
à son départ de Bogamoyo, seuls 115 sont arrivés avec Stanley sur la côte Ouest. Parker
et les deux frères Pocock - les trois Européens qui avaient été choisis parmi 1.200
candidats - ont, pour leur part, perdu la vie au cours de l'expédition.
C'est
dès le moment où il a appris la mort de Livingstone, survenue le 4 mai 1873, que
Stanley s'est estimé désigné pour reprendre la tâche du disparu et tenter de démontrer
que le Lualaba et le Congo ne sont qu'un seul et même fleuve.
En dépit de la
faim, de la maladie, des attaques de tribus indigènes et de la nature hostile, Stanley
n'a jamais cessé de se livrer à des observation géographiques.
Désormais, la
route est tracée et le centre du continent africain - qui n'était jusqu'ici qu'une
tache blanche sur les cartes - est accessible à de nouvelles expéditions.
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1877.
A
lphonse Balat, membre de l'Académie royale de Belgique, est depuis 1852 l'architecte
du roi Léopold II.
De nombreux travaux dans les propriétés de la Couronne ont
déjà été réalisés sous sa direction. En 1853, alors qu'il était encore duc de Brabant,
Léopold avait confié à son architecte le soin d'aménager la gare de Sommeteville, près
de Verviers, qui devait recevoir la future reine des Belges, Marie-Henriette.
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Les serres royales du palais de Laeken, réalisées par Alphone Balat |
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Depuis 1873, Balat dirige des travaux d'une exceptionnelle envergure destinés à aménager
les bâtiments royaux du parc de Laeken. Le Jardin d'Hiver, où s'élève le palmier
Livistona australis a éré terminé en 1874. On travaille pour l'instant à la construction
de serres qui abriteront sous leurs verrières les plantes tropicales les plus rares.
La serre aux palmiers rappellera ces arbres du Nil, par lequel le duc de Brabant
eut jadis la révélation de l'Afrique.
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1877.
D
epuis la mort de sa soeur Rosalie, Virginie Loveling s'est métamorphosée. Sous le
pseudonyme W.G.E. Walter, elle vient de publier un pamphlet particulièrement agressif
à l'égard des catholiques. Il s'agit de "caricatures politiques en pays flamand" :
In onze Vlaemsche gewesten. Politieke schetsen. Tout comme Rosalie, Virginie
avait commencé sa carrière littéraire en s'attachant à décrire de manière pittoresque et
véridique la vie des villageois, sans pour autant chercher à remédier à leur situation.
Mais son flamingantisme libéral s'est radicalisé et le paisible "rossignol de
Nevele" ressemble de plus en plus à une corneille sauvage.
Décrivant le sort d'une
innocente victime, elle décrit l'ampleur de l'ingérence des ecclésiastiques dans les
campagnes. Elle s'oppose surtout aux abusives pratiques de prêtres qui utilisent la foi
comme moyen de soumission politique.
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- 15 janvier : Création en langue française, au Théâtre de la Monnaie, de
l'Aïda de Giuseppe Verdi, dans une traduction inédite de Duc Locle et Nuitter.
La Ville de Bruxelles a voté un subside spécial de 50.000 francs pour participer
aux frais de décors et de mise en scène.
- 21 juin : L'AIA qui a choisi Zanzibar comme base des missions de pénétration
vers le Tanganyika, charge son comité belge d'organiser la première expédition.
- 18 août : A Anvers, la représentation de La Cantate de Rubens, sous
la direction du compositeur Peter Benoit, constitue le sommet des festivités qui
célèbrent le 300è anniversaire de la naissance du peintre.
- 15 octobre : Une expédition belge, conduite par le lieutenant Cambier et le
capitaine Crespel, s'embarque pour Zanzibar, chargée d'une mission de reconnaissance.
- 1877 : Premiers essais d'un tram à vapeur (d'origine suisse). Trop peu
puissant, il s'essouffle dans la rampe du Jardin Botanique et est abandonné.
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