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FAITS MARQUANTS ANNEE 1876

15 février - Emile Banning et l'Afrique noire.
20 mars - Les universités et les grades légaux.
3 mai - La Banque de Lolo et 't Kint.
17 juin - La géographie, le socialisme et les étoiles.
14 septembre - La conférence géographique de Bruxelles.
Décembre - L'Angleterre et l'AIA.
1876 - "L'Artiste" de Théodore Hannon.
1876 - Les rescapés de la Commune en Belgique.
Autres dates importantes.



Emile Banning et l'Afrique noire.

15 février 1876.

D epuis le 17 janvier, L'Echo du Parlement a publié, dans sa rubrique "Variétés", une série de trois articles intitulés Les voyages de découvertes dans l'Afrique intérieure. On doit ce fort intéressant texte à Emile Banning, docteur en philosophie et lettres de l'université de Liège et archiviste du ministère des Affaires étrangères.

Emile Banning

En tête de son article, l'auteur livre la liste des ouvrages dont il s'est inspiré pour sa rédaction. Après avoir passé en revue les découvertes géographiques récentes que l'on doit à de talentueux explorateurs comme Livingstone, Schweinfurth, Stanley ou Cameron, il s'attarde longuement sur ce qu'il ap-pelle "l'aspect pittoresque des voyages".

C'est ainsi qu'il décrit avec enthou-siasme les risques encourus par les explorateurs et les moeurs étranges des porteurs noirs.

Pour Banning, l'avenir de l'Afrique est immense et le temps lui semble venu de lancer de nouvelles expéditions, qui ouvriraient de nouveaux horizons à l'industrie et au commerce belges.


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Les universits et les grades légaux.

20 mars 1876.

A près la fondation, en 1834, des deux universités privées, l'une fondée par les libéraux à Bruxelles, l'autre par les catholiques à Louvain (après Malines), l'Etat avait reconstitué son enseignement supérieur en rétablissant en même temps (1835) les universités de Liège et de Gand.

Ces quatre universités se voient dotées d'un nouveau droit : celui de conférer, à l'issue des examens, des grades légaux, sous réserve toutefois d'approbation par une commission d'entérinement qui sera nommée par l'Etat.

Auparavant, le pouvoir législatif se chargeait de fixer le programme des examens, tant pour ses propres universités que pour les universités libres, mais les examens se passaient devant des jurys, dont les membres étaient nommés par le gouvernement.

Ces grades légaux sont exigés pour permettre l'accès à certaines professions et garantir la qualité du recrutement.


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Emile Banning et l'Afrique noire.

3 mai 1876.

L a disparition, le soir du 7 mars dernier, d'Eugène 't Kint de Roodebeke, gardien des dépôts de la Banque de Belgique, a suscité une enquête qui a révélé d'énormes malversations commises par cet employé, bien connu à Bruxelles.

Arrêté en Irlande avec sa maîtresse Lolo, alors qu'ils s'enfuyaient pour l'Amérique, 't Kint a avoué avoir spéculé en bourse avec nombre de titres appartenant à des clients de la banque. Le rapport du gouverneur de la Banque à l'assemblée extraordinaire des actionnaires, réunie hier au local de l'Union syndicale, constate un trou de 15 millions dans le capital social de la banque, qui "subit une perte terrible mais parviendra à panser sa blessure".

Il n'empêche que, titrées à 447 francs le 7 mars, les action de la Banque de Belgique n'en valent plus que 121 aujourd'hui. Deuxième banque du pays, elle a investi dans de nombreuses industries, surtout les chemins de fer.

En 1873 elle a porté son capital de 30 à 50 millions. Selon des experts, la Banque de Belgique se serait engagée imprudemment avec un groupe ferroviaire belge qui risque de se retrouver bientôt en cessation d'activités.


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La géographie, le socialisme et les étoiles.

17 juin 1876.

B rillant universitaire de 56 ans, Jean-Charles Houzeau était aide-astronome à l'observatoire de Bruxelles lorsqu'il fut révoqué en 1849 par le ministre de l'Intérieur Charles Rogier.

Son crime : avoir présidé un banquet de La Phalange, association dont le but était de mettre fin aux inégalités sociales.

Emigré aux Amériques, Houzeau fut tour à tour pionnier, éditeur d'un journal anti-esclavagiste et planteur. Il a publié, entre autres, un Essai de géographie physique de la Belgique, une étude sur les facultés mentales des animaux comparées à celles de l'homme, ainsi qu'un catalogue de 6.000 étoiles : L'Uranométrie générale.

Sa nomination comme directeur de l'Observatoire récompense enfin ses travaux.


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La Conférence géographique de Bruxelles.

14 septembre 1876.

L a Conférence géographique de Bruxelles a clos ses travaux. Convoquée à l'initiative de Léopold II, eele a réuni un grand nombre d'explorateurs, de savants et de membres de sociétés géographiques venus de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Autriche, de Russie et d'Angleterre.

LA Conférence géographique
de Bruxelles

La délégation belge était notammemnt composée du baron de Lambermont et d'Emile Banning. Le roi a personnel-lement veillé à l'accueil de ses invités et a tenu à loger la plupart d'entre eux au palais royal, aménagé pour la circonstance.

Dans son discours inaugural, le roi a précisé que le but de la Conférence était "d'ouvrir à la civilisation la seule partie du globe où elle n'a point encore pénétré".

Les résolutions votées par la conférence correspondent au souhait énoncé par Léopold II : "Planter l'étendard de la civilisation sur le sol de l'Afrique centrale".

C'est ainsi que des stations scientifiques seront établies sur la côte de Zanzibar et près de l'embouchure du Congo. En outre, un comité international sera mis sur pied pour permettre de coordonner les exploration de l'Afrique centrale. En l'élisant à la tête de ce comité, la Conférence a reconnu en Léopold II le chef de la croisade philanthropique qui doit apporter la civilisation à l'Afrique.


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L'Angleterre et l'AIA.

Décembre 1876.

L es différents comités nationaux de l'Association internationale africaine, créée en septembre dernier à l'issue de la Conférence géographique de Bruxelles, ont été mis en place;

La Société géographique de Paris a désigné Ferdinand de Lesseps comme président du comité national français. Cet entreprenant ingénieur s'est d'ores et déjà mis en campagne pour recueillir les fonds indispensables à l'AIA.

Des comités ont également été installés en Allemagne et aux Pays-Bas. Le comité national belge a pour sa part été placé sous les auspices du comte de Flandre, le frère du roi. En Angleterre, en revanche, les choses n'ont pas évolué aussi favorablement. Le Foreign Office, qui gère la politique étrangère britannique, s'est fermement opposé à une participation de la Royal Geographical Society aux entreprises de Léopold II.

Il estime que la répression de la traite des Noirs - un des buts de l'AIA - est "un terrain réservé à l'action d'un Etat et ne peut entrer dans les compétences d'une association privée". En outre, l'établissement de comptoirs "doit inévitablement entraîner de graves problèmes commerciaux".

L'attitude du gouvernement belge, qui a pris nettement ses distances vis-à-vis des initiatives royales, ne gêne en rien Léopold II, lui laissant les coudées plus franches dans sa politique personnelle d'exploration de l'Afrique centrale.


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"L'Artiste" de Théodore Hannon.

1876.

U ne nouvelle revue hebdomadaire, intitulée L'Ariste, a pris la défense des peintres de La Chrysalide.

Fondée le 28 novembre 1875 par quelques membres du cercle L'Union Littéraire, cette revue accueille les vers du poète et critique d'art Théodore Hannon, qui s'écriait dans un des derniers numéros : "Bonsoir aux Vieux ! Salut aux Jeunes ! Nargue au cocon des Vieux. Les Jeunes, à leur tour, ont fait leur Chrysalide. Les roses en émoi hâtent leur floraison".


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Les rescapés de la Commune en Belgique.

1876.

D epuis la conclusion de la paix entre la France et l'Allemagne, une nette reprise s'est manifestée dans divers secteurs industriels belges. Pour les ouvriers du bâtiment, l'emploi s'est offert en abondance et ils ont su en profiter pour obtenir une amélioration de leurs salaires. Pour cela, ils ont été stimulés par leurs camarades français - charpentiers, maçons, sculpteurs, tailleurs de pierre - que l'écrasement de la Commune a fait affluer en Belgique, notamment à Bruxelles et dans ses faubourgs.

Ce sont d'ailleurs des ouvriers tailleurs de pierre et des maçons français - et surtout parisiens - qui viennent de construire toutes les maisons des nouveaux boulevards, du Nord à la gare du Midi, à la Bourse et dans les rues avoisinantes.

Etaient aussi revenus de Paris, ces dernières années, de nombreux ouvriers belges qui y avaient travaillé pendant plusieurs années. Parmi eux, Emile Flahaut, qui, dès son retour, s'est attelé à organiser la profession de maçon.

Les ouvriers bruxellois commencent déjà à réclamer une réduction à dix heures de la journée de travail. Après une grève, les mécaniciens et les cigariers, ont eu satisfaction sur ce point, sans perte de salaire. L'exemple a été contagieux et la revendication s'est étendue aux menuisiers, ébénistes, marbriers, forgerons, serruriers et ajusteurs.

Le monde du travail profite de la conjoncture économique favorable, mais tout porte à croire que cette solidarité s'effritera une fois les satisfactions obtenues.


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Autres dates importantes.


- 12 mars : Tempête mémorable. La pression du vent attein 144 kg par m², ce qui est la plus grande violence de l'air jamais observée en Belgique.


- 14 mars : Création par la loi, dans chaque province, d'un "Fonds commun", destiné à intervenir dans les frais d'assistance aux sourds-muets, aux aveugles, aux aliénés et aux diverses catégories d'indigents.


- Mars : Fondation de l'Essor (Cercle d'élèves et anciens élèves des académies des Beaux-Arts), groupe d'artistes qui défend le réalisme.


- 20 avril : La Ville d'Anvers fait l'acquisition de l'ancienne Imprimerie du Compas d'or, de Christophe Plantin, pour en faire le Musée Plantin-Moretus.


- 12 septembre : Léopold II réunit à Bruxelles une Conférence géographique internationale. Cet événement marque la fondation de l'Association internationale africaine (AIA).


- 26 septembre : Apparition du premier bulletin météorologique grâce au météorographe, appareil inventé par François Van Rijsselberghe, qui enregistre simultanément les informations fournies par un baromètre, un hygromètre, un anémomètre et un pluviomètre.


- Automne : Le pasteur N. De Jonge fonde à Bruxelles une école de formation des évangélisateurs.


- 1876 : Le groupe d'artistes d'avant-garde La Chrysalide organise sa première exposition au Ballon, cabaret bruxellois situé au Cantersteen. Les cartes d'invitation sont dessinées par Félicien Rops.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).