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21 janvier 1874.
Q
uelques jours à peine après la parution de son unique œuvre littéraire, intitulée
Ernest Staas, advocaat. Schetsen en beelden, Anton
Bergmann nous a quittés. Originaire de Liene, cet avocat de tendance libérale et
flamingante avait plaidé jusqu'en décembre, mais, depuis, son état de santé s'était
rapidement aggravé.
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Anton Bergmann |
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Affligé d'une pénible maladie, il avait cependant pu corriger in extremis les. épreuves
de son livre, de sorte qu'il fut publié de son vivant. Cet ouvrage, qui se présente sous
la forme d'une autobiographie romancée, est son unique contribution à la littérature
réaliste néerlandaise.
La froideur et la présomption d'un Hilde-brand cèdent
le pas chez Bergmann à un humour sensible et émouvant.
Le livre englobe toute
une existence. L'auteur y retrace son enfance, évoque sa vie d'étudiant et relate ses
impressions de stagiaire et de jeune avocat, ses premières affaires et ses premières
plaidoiries.
C'est surtout dans le dernier chapitre, intitulé "Un dernier
rêve", que Bergmann fait éclater son talent.
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31 janvier 1874.
L'
Union latine, qui rassemble les pays restés fidèles au bimétallisme, c'est-à-dire la
France, l'Italie, la Suisse et la Belgique, a déclaré sa plus grande inquiétude devant
la dépréciation de la valeur commerciale de l'argent.
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La visite bourgeoise au peuple en détresse |
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La parité était de 60 1/4 pence l'once en 1872; de 59 14/16 pence en janvier 1873; elle
est aujourd'hui de 58 pence.
Pour freiner la spéculation, l'U-nion latine a
pris la décision, lors de sa réunion de Paris, de limiter 1a frappe des écus de cinq
francs aux frappes gouvernementales et de suspendre la libre frappe pour les particuliers.
La menace d'une dislocation du système monétaire bimétalliste intervient au
moment où la production industrielle affiche un net ralentissement. En Belgique, les
commandes à l'industrie métallurgique ont montré un calme inquiétant à partir de mars
1873. Le prix de la fonte est tombé en un an de 115 à 75 francs la tonne.
La
production de houille, qui fléchit ordinairement très peu pendant les crises, est
pourtant depuis deux ans en légère diminution.
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Mai 1874.
N
otre capitale est-elle malade de ses faubourgs ? Cela semble en tout cas l'avis des
habitants de Bruxelles-Ville, qui s'irritent de voir les dix-huit communes environnantes
- dont la population a presque décuplé depuis 1800 - profiter sans contrepartie
financière de toutes les initiatives de l'ad-ministration bruxelloise.
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La grand poste de Bruxelles |
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Pour résoudre ce pro-blème, le bourgmestre Henri De Brouckère avait élaboré, dès 1854,
un projet d'annexion des communes de l'ag-glomération à la capi-tale, mais il avait été
rejeté par le Parle-ment.
Davantage homme de dialogue, Jules Ans-pach a invité
ce mois-ci ses collègues des sept communes voisines (Schaerbeek, Ixelles, Molenbeek,
Saint-Gilles, Anderlecht, Saint-Josse et Etterbeek) à venir exa-miner ensemble en
l'hôtel de ville, diverses questions d'intérêt commun, dont la création d'annexes de
l'athénée de Bruxelles.
Si cette première séance se révèle positive, une
Conférence des bourgmestres se réunira désormais chaque mois, et il ne fait aucun doute
que d'autres communes non contiguës à la ville ne tarderaient pas à s'y associer.
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Novembre 1874.
C
ette année la ville de Gand a vu la naissance d'un nouveau quotidien :
La Flandre libérale. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un journal libéral,
par ailleurs porte-parole des francophones de Flandre.
Organe de tendance plutôt
radicale, il prône, à l'instar de La Chronique, un
anticléricalisme non déguisé et se fait fort d'initier ses lecteurs au scientisme, à
l'évolutionisme et autres ismes issus de ce siècle.
Déjà qualifié de
sectaire par ses détracteurs, ce journal s'est particulièrement illustré par ses
attaques à l'égard du catholicisme, déclarant tout net : "L'Eglise, voilà notre seule
ennemie".
Rien de vraiment étonnant à cela quand on sait que son fondateur
n'est autre que M. François Laurent.
En 1872 déjà, ce juriste réputé publiait
un pamphlet intitulé : Le parti clérical en Belgique.
Tout un programme...
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Décembre 1874.
C
ette année 1874 aura été marquée par une nouvelle détérioration des relations que la
Belgique entretient avec la Prusse.
Depuis la guerre de 1870, l'Allémagne
s'était déjà montrée fort irritée par les sentiments de sympathie manifestés par
certains cercles belges pour la cause française. Cette fois ce sont les milieux
catholiques ultramontains qui ont déclenché les foudres arrogantes du chancelier
Bismarck.
En cause, les critiques répétées des catholiques belges à l'égard
de la campagne du Kulturkampf.
Sous l'impulsion du pape Pie IX, la presse
ultramontaine belge avait critiqué cette politique visant à soumettre l'Eglise catholique
d'outre-Rhin à l'Etat allemand. Le gouvernement allemand exigea que Bruxelles engage
des poursuites contre la presse et l'épiscopat belges.
Forts de l'appui de
l'opinion publique anglaise, toujours prompte à s'émouvoir des atteintes à la liberté
de la presse, les ministres se sont élevés contre ces tentatives d'ingérence dans les
affaires intérieures belges.
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1874.
L
a mort a frappé le fondateur de l'école belge du paysage moderne.
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"L'allée des hêtres à Tervuren" par Hippolyte Boulenger |
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Dans ses œuvres récentes, Hippolyte Boulenger avait atteint une exceptionnelle
puissance d'expression, servie par une grande liberté de facture, pour rendre les
bouleversements de son âme. Gustave Wappers (71 ans) a, lui aussi, disparu. Voici près
de vingt ans qu'il avait quitté le pays et ses fonctions à l'académie d'Anvers, qui
prônait alors un renouveau de la tradition picturale flamande.
Tête de file
de l'école romantique, Wappers s'était signalé par quelques toiles historiques fort
spec-taculaires.
Au Salon de 1830, il, avait présenté le
Dévouement du bourgmestre Van der Werff, qui conquit tous les suffrages.
Cette toile fut suivie par l'Episode des journées de
septembre.
Opposé au classicisme d'un David, il professait une
admiration sans bornes pour Rubens.
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- 5 juillet : A Londres, le Belge Vincent de Groof, inventeur d'une machine
volante en forme de chauve-souris, se fait larguer d'un ballon piloté par l'aéronaute
J. Simmons. Mais, sa tentative de vol plané ayant échoué, il s'écrase au sol au
terme d'une chute d'une centaine de mètres. Il est la première victime belge de la
conquête de l'air.
- 1874 : Le premier grand concours pour animaux de ferme, organisé à
Bruxelles par la société agricole "Brabant-Hainaut", révèle au public les qualités
des chevaux de trait belges. Un fermier de Petit-Roeulx, qui a traversé la capitale
à la tête de 32 brabançons, a été acclamé par les Bruxellois.
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