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8 février 1867.
L
a presse annonce la fin de la grève dans la région de Charleroi. Au début de l'année,
certains maîtres de forges de ce bassin avaient décidé d'éteindre plusieurs hauts
fourneaux, de s'approvisionner en charbon dans la Ruhr et de diminuer les salaires de
10 pour cent. Ces mesures, qui appauvrissaient les mineurs, ont coïncidé avec une
hausse du prix de la farine.
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Charleroi et Marchienne : pays de cheminées fumantes |
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La grève des mineurs de la fosse SaintAuguste, le 28 jan-vier, n'a duré qu'un jour mais,
dès le le 1er février, plusieurs établissements mé-tallurgiques cessaient le tra-vail.
Le lendemain, la grève se généralisa et les mineurs de Sacré-Madame en tête, les
ouvriers regroupés sur la place de Marchienne se diri-gèrent vers le moulin, qui fut
pillé et saccagé.
Le bourgmestre Clautriau - dont l'attitude a été fort
critiquée - tenta alors, à la tête d'une troupe de 25 hommes, de déloger les quelque
2.000 grévistes qui occupaient le moulin.
La troupe, forcément débordée,
tira et trois ouvriers furent tués.
Le lendemain, la commune de Marchienne
fut occupée militairement et une centaine de mineurs grévistes furent immédiatement
arrêtés. Les métal-lurgistes, qui revendiquaient la suppression de la mesure abaissant
leurs salaires, ont repris le travail quelques jours avant les mineurs qui, pour leur
part, exigeaient une baisse des prix.
La grève s'étant limitée au seul bassin
de Charleroi, rien n'a pu être obtenu.
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11 mai 1867.
L
a Conférence de Londres, qui réunit depuis le 7 mai les plénipotentiaires de Prusse,
de Russie, d'Autriche, de France, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de Belgique,
s'est clôturée aujourd'hui par la signature d'un traité. Celui-ci reconnaît le
Grand-Duché de Luxembourg comme un Etat indépendant, dont la neutralité sera couverte
par une garantie collective des Puissances.
La France a obtenu le retrait de
la garnison prussienne et le démantèlement de la forteresse de Luxembourg; et la Prusse,
le maintien du pays dans le Zollverein.
Le plénipotentiaire belge, Sylvain Van
de Weyer, s'est contenté d'émettre des réserves quant à l'article 3 du projet de traité,
qui déniait au Grand-Duché, en raison de sa neutralité, le droit de conserver ou d'établir
des places fortes sur son territoire.
Van de Weyer a fait admettre que cette
limitation de souveraineté ne s'étendait pas aux autres puissances qui jouissaient de la
neutralité.
Conformément aux instructions reçues du roi le 5 mai, le ministre
a adopté une attitude passive dans la négociation, ne proposant pas le rattachement du
Luxembourg à la Belgique.
Charles Rogier aurait pourtant voulu que la
Belgique obtienne le Luxembourg contre paiement.
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17 mai 1867.
A
près dix-huit ans de travaux et de discussions, un nouveau Code pénal a enfin été
adopté par les Chambres.
La révision du Code de 1810 s'imposait depuis
longtemps car, reflet d'une époque de révolutions et de guerres, il ne répondait plus
aux progrès de la société.
Le nouveau code, qui a été préparé par une
commision extra-parlementaire composée d'éminents juristes, conserve certains articles
de l'ancien code et intègre les lois modificatives votées depuis 1810, mais il contient
également des principes nouveaux.
Ainsi, il instaure une nouvelle
classification des infractions, frappées de peines en général plus modérées. Les peines
purement infamantes, comme le carcan, la marque, l'exposition publique sont supprimées,
mais la peine de mort est maintenue.
Grâce à l'introduction du principe des
circonstances atténuantes, le juge pourra modérer certaines peines. La récidive ne sera
plus qu'une cause d'aggravation facultative.
Le principe d'imputation
obligatoire de la détention préventive sur la durée des peines privatives de la liberté
est également acquis.
Relevons enfin qu'aux termes du nouveau Code pénal le
seul, fait de faire la grève n'est plus condamnable.
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19 juin 1867.
L
e nouveau souverain du Mexique, Maximilien d'Autriche, a été fusillé à Queretaro. En
Belgique, l'entourage de la famille royale manifeste la plus grande inquiétude pour
l'impératrice Charlotte qui a été fortement ébranlée par la disparition tragique de
son époux.
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Maximilien est fusillé à Queretaro |
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A Paris, l'exécution de Maximilien est considé-rée comme un désastre politique qui
déprécie la France aux yeux de l'opinion internationale et ruine ses dernières
ambitions en Amérique centrale.
Depuis 1858, l'empereur Napoléon songeait à
asseoir au Mexique une monarchie catholique sous influence française pour constituer
là-bas une zone privilégiée pour les intérêts économi-ques français.
L'intervention fut décidée à la suite du traité signé le 31 octobre 1861 entre la
France, la Grande-Bretagne et l'Espagne. Mais ces deux derniers pays se retirèrent du
projet et seules les troupes françaises restèrent au Mexique.
Elles prirent
le contrôle du pays lors de la campagne de 1863.
Puebla fut investie au mois
de mai et Mexico, le 7 juin.
Une assemblée de notables offrit la couronne
impériale à Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François-Joseph.
Le 12 juin 1864, ce1ui-ci fit son entrée solennelle dans Mexico.
Le faible
corps expéditionnaire du général Bazaine était sa seule protection et il n'a pu
empêcher que les républicains libéraux ne s'emparent de lui.
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Juillet 1867.
J
ules Delhaize, fils aîné d'une famille nombreuse de Ransart près de Charleroi,
professeur de sciences commerciales, estimait qu'un excès d'intermédiaires ralentissait
la distribution alimentaire et en accroissait inutilement le coût.
Selon lui,
il fallait créer un entrepôt destiné à desservir des magasins à succursales multiples,
dirigés par des employés vendant des produits d'alimentation à prix fixes, avec des
marges bénéficiaires aussi basses que possible.
Décidé à appliquer ses
théories, Jules Delhaize s'est associé à son frère Auguste, médecin vétérinaire, pour
fonder "Delhaize Frères", et ils ont déjà ouvert, dans la région de Charleroi plusieurs
succursales.
Il semble que, d'emblée, la clientèle ait été séduite par ce
nouveau type de distribution qui rompt avec l'image classique de l'épicier installé
dans une maison sans étalage.
Les Delhaize envisagent de créer de nouvelles
succursales.
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2 août 1867.
D
ans le nord du pays se développe un art musical qui se veut délibérément flamand.
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Le compositeur Peter Benoit |
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Deux œuvres en particulier ont été remarquées : la cantate Jacques
Van Artevelde de François-Auguste Gevaert composée sur un texte flamand pour
l'inauguration de la statue du grand tribun gantois et l'essai de Peter Benoit intitulé
De l'Ecole de musique flamande et de son avenir.
Depuis son retour de Paris où il dirigea l'orchestre des Bouffes-Parisiens. Peter
Benoit s'affirme comme le champion de la musique flamande.
La direction de
l'Ecole de musique d'Anvers vient d'être confiée à l'auteur de
Lucifer et d'Isa, récemment créés au
Théâtre flamand de Bruxelles.
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Décembre 1867.
L
e gouvernement pourra-t-il survivre à la question du Luxembourg ? Cela semble peu
probable.
Le désaccord qui était apparu au mois de mai, entre le ministre
des Affaires étrangères, Charles Rogier, et le ministre des Finances, Walthère
Frère-Orban, au moment de la Conférence de Londres, est loin d'être dissipé. Charles
Rogier aurait voulu obtenir des Puissances le retour du Luxembourg à la Belgique, au
prix d'une importante compensation financière et d'une rétrocession à la France des
frontières de 1814.
L'opposition de Frère-Orban - qui dispose d'un énorme
ascendant auprès du roi - fit échouer cette proposition.
Le ministre des
Finances craignait de susciter le ressentiment de la France en acquérant le territoire
que ce pays convoite depuis si longtemps.
Appuyé par Léopold II rentré de
Berlin, il s'est nettement opposé à toute revendication de la Belgique sur le
Luxembourg.
Beaucoup s'attendent donc à un remaniement ministériel qui
excluera l'un ou l'autre clan, selon le ministre que Léopold II choisira pour formateur.
La faveur dont jouit à la cour Frère-Orban pourrait écarter du Cabinet ses
deux adversaires : Charles Rogier mais aussi le général Goethals, ministre de la Guerre.
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1867.
L
acroix et Verboeckhoven, éditeurs installés rue Royale à Bruxelles, publient un ouvrage
de Charles De Coster, La Légende d'Uylenspiegel,
illustré de quatorze eaux-fortes inédites.
Charles de Coster
L'histoire se déroule au XVIe siècle, pendant l'occupation espagnole, dans un village
de Flandre. Elle raconte "les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses" de Thyl
Uylenspiegel, joyeux vagabond, gausseur, farceur et pail-lard, sentant la hart et le
fagot, et de son ami Lamme Goedzak, goinfre et bouffon.
Charles De Coster,
que l'on connaît par ses Légendes Flamandes et ses
Contes Brabançons, parus en 1857 et 1861, est né à
Munich le 27 août 1827, d'une mère hutoise et d'un père yprois, qui était intendant du
nonce apostolique de Bavière.
Après ses humanités au collège Saint-Michel,
il travailla six ans comme employé de banque, puis s'inscrivit en 1850 à l'Université
libre de Bruxelles. Il y obtint le titre de candidat en philosophie et lettres en 1855.
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1867.
L
e peintre belge Alfred Stevens, fixé à Paris depuis 1852, a connu un brillant succès
lors de l'Exposition universelle qui s'est tenue dans la capitale française.
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"L'Atelier" par Alfred Stevens |
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Après avoir pratiqué la peinture historique et le réalisme à tendance sociale, l'ancien
élève de Navez semble avoir trouvé sa voie.
En effet, depuis quelques années,
son inspiration se cristallise autour du thème de la femme élégante, mondaine, raffinée,
comme dans La Parisienne, Miss
Fauvette ou encore Matinée à la campagne,
où l'artiste donne libre cours à son amour de la femme et de ses poses.
La finesse du rendu psychologique n'a d'égale que la technique délicate et sensible d'un
artiste en pleine possession de ses moyens.
Enfin, certains détails décoratifs
révèlent l'in-térêt de Stevens pour l'art japonais, très en vogue à Paris.
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- 19 mai : Dans le but d'empêcher la violation du secret du vote, une loi
impose, lors des élections, l'usage d'un bulletin écrit, autographié ou lithographié,
sur papier spécial fourni par l'Etat et muni d'un timbre officiel.
- 15 novembre : Après l'épidémie de choléra de 1866 qui avait surtout frappé
les quartiers pauvres des grandes villes, l'expropriation devient légale pour tous
les plans d'embellissement urbain.
- 21 décembre : Inauguration au 19, rue du Bastion, à Ixelles, du Théâtre
Molière, fondé par un ancien acteur du Vaudeville, Gil Naza.
- 30 décembre : Création par la loi de la liberté du courtage. Jusqu'ici,
la Belgique a vécu sous le régime du monopole des agents de change, nommés par
arrêté royal. Ils exerçaient leur profession sous le contrôle du gouvernement et
leur nombre ne dépassait pas vingt-cinq.
- 30 décembre : Le prince polonais Dulac ouvre à Bruxelles, rue d'Arenberg,
un café-concert, l'Alcazar.
- 1867 : - L'Etat organise, à Ostende, une école de mousses, destinée à
former des matelots pour la marine commerciale et la pêche.
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