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1 février 1864.
A
la suite de la terrible bataille de Solférino qui, le 24 juin 1859, fit 40 000 morts,
une conférence internationale présidée par le Suisse Henri Dunant, et à laquelle la
Belgique était absente, avait jeté les bases de la Croix-Rouge, organisme venant au
secours des blessés de guerre.
La Belgique est le troisième pays (après le
Wurtemberg et l'Oltenburg) à signer la première Convention.
Un Comité de
secours vient d'être fondé. Rattaché à l'armée, il rassemble le matériel et prépare
des volontaires au métier d'infirmier.
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19 février 1864.
L
e théâtre flamand est en deuil : un de ses principaux représentants, Hippoliet Van
Peene, acteur et auteur de nombreuses oeuvres dramatiques qui oscillent entre la
didactique et le pathétique, vient de mourir à Gand, à l'âge de 53 ans.
Van Peene, né à Kaprijke en Î811, a triomphé sur toutes les scènes de Flandre avec son
épouse Virginie Miry. C'est lui qui, en 1847, a écrit le chant
De Vlaamsche Leeuw, sur une composition de Karel Miry, et il a été le
premier à recevoir, en 1859, le prix triennal de littérature dramatique.
Libéral modéré, il a influencé la vie associative flamingante à Gand, surtout par son
activité dans la compagnie Broedermin en Taelyver.
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21 mai 1864.
L
a duchesse de Brabant a donné le jour à une princesse. Dès seize heures, la grosse
cloche des solennités annonçait l'événement aux habitants de la capitale. Le
procès-verbal d'accouchement a été dressé cet après-midi au palais de Laeken par
Victor Tesch, ministre de la Justice, en présence ôes témoins appelés au palais par
ordre du roi.
Le troisième enfant du couple princier recevra les prénoms
de Stéphanie, Clotilde, Louise, Hermine, Marie, Charlotte.
Dès que la
naissance a été connue, les édifices publics de la capitale et les navires du port,
ont arboré les drapeaux aux couleurs nationales.
Le duc a néanmoins
continué les préparatifs de son voyage en Asie.
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3 juin 1864.
A
près ses prestations publiques des 12 et 23 mai derniers, le poète Charles Baudelaire
vient de donner une troisième conférence-lecture au cercle artistique et culturel des
Excitants, à Bruxelles.
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Charles Baudelaire par Courbet |
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Il s'était muni à cette occasion d'un exemplàire de ses Paradis
artificiels, sur la page de garde duquel il avait noté le texte de son
exorde et quelques lignes d'explications et de conclusion sur son œuvre.
Devant un public pourtant clairsemé, le poète ne tarit pas d'éloges sur la Belgique,
ce qui a surpris quelque peu ses intimes qui connaissent les redoutables sarcasmes
dont, en privé et dans ses carnets personnels, il accable le pays.
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21 juillet 1864.
L'
inauguration de la station balnéaire de Nieuport-Bains, à proximité de la petite ville
côtière de Nieuport, dont l'enceinte a été rasée il y a sept ans, constitue une
première étape dans l'effort de développement touristique de la côte belge.
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La digue et le Kursaal à Ostende |
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Jusqu'aujourd'hui, en effet, l'aristocratie et la grande bourgeoisie, d'ailleurs
imitées en cela par les visiteurs étrangers, souvent Allemands n'ont jamais fréquenté
qu'Ostende et Blankenberge.
La vogue d'Ostende a commencé en 1838, avec
l'achèvement de la ligne de chemin de fer reliant directement cette ville à Bruges.
La station de Nieuport connaîtra-t-elle le même succès que son illustre
devancière ?
Dans l'état actuel des choses, rien n'est moins sûr.
Le vieux port de pêche, en effet, ne dispose pas d'une liaison directe avec
l'arrière-pays, et les routes qui longent la côte sont des plus étroites et mal
entretenues.
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Publicité pour Nieuport |
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En outre, Nieuport manque actuellement de l'infrastruc-ture nécessaire pour accueillir
des hôtes nombreux et exigeants.
Son seul véritable atout est son
environnement encore intact qui devrait attirer, à défaut des mondains, ceux qui
aspirent au calme et au repos, ainsi que les amoureux de la nature.
Certains,
d'ailleurs, ont déjà prévu de bâtir des villas dans les environs de la nouvelle station
balnéaire et, pour le bien de l'administration communale de Nieuport, on ne peut que
souhaiter que leur exemple soit largement suivi.
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11 août 1864.
E
n donnant à la majorité libérale un avantage de douze sièges, les élections législatives
qui viennent d'avoir lieu consacrent un véritable bouleversement de l'opinion du corps
électoral.
Bruges, la seule ville où les élections de 1863 avaient été
annulées pour corruption, témoigne de cet état de choses d'une manière significative.
Comment Adolphe Dechamps et les catholiques ont-ils pu perdre les faveurs
d'une opinion publique qui paraissait jusqu'alors tout acquise à leur cause ? Tous les
éléments semblaient pourtant réunis pour porter les catholiques au faîte du pouvoir.
L'annulation, le 12 janvier dernier, des résultats des élections
législatives de 1863 ne laissait aux libéraux qu'une avance extrêmement réduite : deux
sièges en tout et pour tout.
La démission du gouvernement Rogier-Frère deux
jours plus tard et le refus des divers formateurs appelés successivement par le roi,
plaçaient les catholiques dans une position idéale.
Mais voilà, Adolphe
Dechamps, chargé à son tour de former le gouvernement, proposait un programme
inacceptable pour le Palais.
Le roi Léopold Ier ne voulait accepter ni la
décentralisation, ni surtout l'abaissement du cens communal et provincial proposés par
le formateur catholique.
Il était donc dans l'obligation, le 18 juin, de
maintenir sa confiance au cabinet démissionnaire.
Alphonse Nothomb ayant
proposé aux députés de voter la défiance, par 57 voix contre 56 le gouvernement
échappait de peu à la condamnation de la Chambre.
Auguste Orts déposait alors
un projet de loi visant à harmoniser le nombre des représentants avec l'accroissement de
la population mais le projet fut aussitôt refusé par les catholiques.
Profitant de l'absence du député libéral Cumont, qui empêchait les libéraux d'atteindre
le quorum nécessaire au vote d'une loi, les catholiques décidaient de quitter en masse
l'hémicycle. Constatant l'impasse dans laquelle le Parlement s'était fourvoyé, le roi
a accordé au cabinet mené par Charles Rogier et Walthère Frère-Orban la dissolution de
la Chambre.
Les électeurs étaient dès lors invités à exprimer leurs sentiments.
Les élections ont donc finalement donné la victoire aux libéraux par 64
sièges contre 52 aux catholiques.
Ironie du sort ou sanction de l'électorat ?
Adolphe Dechamps, critiqué dans son propre parti pour son intransigeance, a été battu de
plus de 400 voix à Charleroi.
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13 octobre 1864.
A
Saint-Nazaire, un bataillon de 600 volontaires appartenant au régiment de l'impératrice
Charlotte vient de s'embarquer pour le Mexique.
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Un groupe de sous-officiers belges volontaires au Mexique |
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Il s'agit du premier groupe de la légion belgo-mexicaine qui compte jusqu'à présent
2.111 engagés, dont quinze femmes. Parmi eux, des miliciens belges qui, avec l'accord
du gouvernement, partent effectuer leur service militaire à l'étranger.
A
la Chambre, les députés Coomans et Bara ont interpellé le ministre des Affaires
étrangères, Charles Rogier, sur la légalité d'une telle situation.
Selon
eux, elle serait contraire au statut international et de neutral1te de la Belgique.
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Le professeur Thonissen |
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1864.
L
e jurisconsulte catho1ique Jean-Joseph Thonissen, professeur à l'université de Louvain,
n'a jamais caché son opposition à la peine capitale; il l'a même pro-clamée dans un
discours à la Chambre, où il a été élu l'an dernier.
Sa récente brochure
De la prétendue nécessité de la peine de mort risque
de lui valoir pas mal de critiques au sein même de son propre parti.
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26 décembre 1864.
L'
an dernier, alors qu'il assistait à Amsterdam au Congrès des sciences sociales, le
Bruxellois Charles BuIs, fils d'orfèvre et autodidacte, a eu l'occasion de visiter les
écoles de cette ville. Frappé par leur parfaite organisation, il a décidé de réformer
sur ce modèle l'enseignement en Belgique. C'est pourquoi il vient de fonder la Ligue
de l'Enseignement dont il sera à la fois le secrétaire général et la cheville ouvrière.
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1864.
L
es nouveaux bâtiments de la Banque nationale, rue du Bois-Sauvage, viennent d'être
inaugurés. Quatre années auront été nécessaires à l'architecte Henri Beyaert pour
construire et aménager cet édifice.
Des problèmes de sécurité, l'étroitesse
des salles accessibles au public et surtout le développement des activités de la société
rendaient indispensable l'utilisation de locaux plus appropriés.
Le succès de
la Banque nationale a été àussi rapide qu'inattendu.
En 1851, Walthère
Frère-Orban estimait que l'émission de billets par la Banque n'atteindrait 75 millions
de francs qu'après un temps très long.
Or, en 1854, le chiffre de 100
millions était dépassé pour arriver à 130 millions en 1858.
En dix ans,
l'escompte des effets de commerce a été multiplié par quatre et s'est ouvert à
l'agriculture.
Sur la même période, la Banque a créé 25 comptoirs répartis
un peu partout dans le pays.
Enfin, la Société Générale et la Banque de
Belgique ont cédé la quasi-totalité de leurs actions aux particuliers, non sans avoir
tiré de l'opération un bénéfice substantiel.
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- 12 janvier : A Bruges, les résultats des législatives de 1863 ont été
annulés par le Parlement pour cause de corruption. Lors des nouvelles élections,
les libéraux perdent deux sièges.
- 14 janvier : A la suite des élections de Bruges, le gouveruement donne
sa démission.
- 23 mai : Après avoir vainement fait appel à plusieurs formateurs
possibles, le roi demande au gouvernement de retirer sa démission.
- 18 juin : Le gouvernement obtient la confiance de la Chambre, à une voix
de majorité.
- 11 juilet : Les comités électoraux catholiques fusionnent en une Fédération
des associations constitutionnelles et conservatrices.
- 11 juilet : Les comités électoraux catholiques fusionnent en une Fédération
des associations constitutionnelles et conservatrices.
- 1864 : Etienne Lenoir, l'inventeur du moteur à gaz, réussit avec un moteur
à pétrole à faire rouler une voiture de Paris à Joinville-le-Pont et retour.
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