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12 mai 1863.
A
La Haye, la Belgique et les Pays-Bas viennent de conclure un traité portant sur le
rachat du péage sur l'Escaut.
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Le Marnix de Sainte-Aldegonde, le premier navire qui repasse l'Escaut |
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Le chef de cabinet Walthère Frère-Orban, en accord avec son collègue Charles Rogier, a
chargé à cette occasion le baron Lamber-mont, spécialiste des questions douanières et
commerciales, de négocier avec le gouvernement hollandais les clauses du traité. Par
le passé, l'Etat belge avait déjà procédé à de telles négocia-tions, notamment lors de
la con-clusion de la convention de Copen-hague du 14 mars 1857.
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La signature du rachat de l'Escaut par Charles Rogier |
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L'accord qui vient d'être conclu précise que, moyennant la somme de 17.141.640 florins,
les Pays-Bas renoncent aux droits perçus sur la navigation de l'Escaut et de ses
embouchures, conformément aux dispositions du traité du 19 avril 1839. Les droits de
pilotage sur l'Escaut sont réduits et ne pour-ront dépasser ceux qui sont per-çus aux
embouchures de la Meuse.
Parallèlement, le gouvernement belge a pris
contact avec les gouvernements danois, norvégien, français, anglais et prussien - pour
ne citer que les plus importants - en vue de discuter avec eux d'un partage éventuel du
financement de l'accord belgo-hollandais.
Tout cela s'inscrit dans la
stratégie du cabinet Frère-Orban, visant à donner le maximum de garanties à
l'indépendance et à l'autonomie de l'Etat belge.
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8 juin 1863.
"U
ne majorité libérale réduite à six sièges : tel est l'essentiel des résultats des
élections législatives qui viennent de se dérouler et qui, après six ans de gouvernement
libéral, font apparaître une poussée très nette des catholiques.
En dépit
de l'usure du pouvoir, 57 sièges demeurent encore aux mains des libéraux contre 51 à
leurs principaux adversaires.
C'est le corps électoral d'Anvers qui a
témoigné le plus de défiance au cabinet Frère-Orban, puisque le parti libéral perd
cinq sièges dans cet arrondisse-ment.
Les électeurs anversois ne semblent
pas avoir apprécié l'attitude du gou-vernement sur le problème de l'extension de
l'enceinte fortifiée et ont préféré accorder leurs voix aux représentants du Parti du
Meeting, regroupant surtout des catholiques.
Dans d'autres villes du
royaume, le phénomène de régression du parti gouvernemental surprend surtout par la
qualité des personnalités qui ont subi un échec : ainsi, Charles Rogier et Paul Devaux
échouent respectivement à Dinant et à Bruges.
Il faut sans doute attribuer
le résultat de ces elections au comportement hésitant du cabinet face à la question
flamande ou à la problématique anversoise. Le refus du ministre de la Guerre de
justifier des dépenses militaires n'a fait qu'aggraver la situation.
Les
libéraux ont annoncé qu'ils contesteraient la validité du scrutin dans plusieurs villes.
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18 août 1863.
"L
a liberté des cultes, comme toutes les autres, doit être contenue par la raison naturelle
et la religion naturelle" a déclaré le comte de Montalembert à la tribune du premier
congrès qui a réuni, à Malines, les sommités catholiques de Belgique et de l'étranger.
En organisant ce congrès, le mouvement catholique a donc voulu affirmer sa
force et sa détermination dans la lutte idéologique qui l'oppose au parti libéral et
en particulier au cabinet libéral.
Les dissensions existent également à
l'intérieur du mouvement où la tendance libérale, représentée dans le pays par le baron
de Gerlache, gêne et effraie à travers des propos jugés trop "conciliants" par les
ultramontains.
Les congressistes sont malgré tout parvenus à élaborer un
programme dont les principaux points concernent les conditions nécessaires, selon les
catholiques, à l'établissement de l'enseignement officiel, ainsi que la determination
du champ de la liberté de charité.
L'assemblée souhaite également une
réforme radicale de la législation sur le droit d'association.
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12 novembre 1863.
L
inguistiquement parlant, les héros du jour sont deux Anversois flamin-gants, Jan de
Laet et Jacob Karsman. De Laet, journaliste et député du Parti du Meeting (qui
s'oppose à la construction des nouvelles fortifications d'Anvers), a en effet été le
premier dans l'histoire du Parlement à prêter le serment constitutionnel en néerlandais.
Le diamantaire Karsman, quant à lui, en appelait devant la Cour de Bruxelles
d'une décision du tribunal d'Anvers, qui l'avait condamné à une amende pour la publication
d'un recueil de poèmes sans adresse d'imprimeur; mais, ayant quitté l'audience pour
protester contre l'interdiction faite. à son avocat de plaider en néerlandais, il a
été condamné par défaut à une amende beaucoup plus élevée.
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26 décembre 1863.
L
es habitants du petit village de Patignies, dans la province de Namur, sont sous le
choc : le meeting que l'ouvrier typographe César de Paepe, qui poursuit actuellement
des études de médecine, vient d'organiser à leur intention a bouleversé leurs habitudes
de pensée.
Les idées du jeune rationaliste - il n'a que vingt-et-un ans -
s'inspirent en effet de celles de l'anarchiste français Proudhon : selon de Paepe, la
religion, le pouvoir de l'Etat et le droit de propriété doivent disparaître pour
permettre l'avènement de la justice universelle.
Les ouvriers présents ont
fait à l'orateur une véritable ovation.
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1863.
L
a Libre Pensée, qui s'est créée cette année à Bruxelles,
n'est pas la première association laïque du pays. Elle a été précédée notamment par
L'Affranchis-sement (1854), Les
Solidaires (1857) et Les Libres Penseurs
(1862).
Mais, à la différence de ses devancières, dont l'objectif principal
était d'assurer à leurs membres des funérailles civiles, elle a été fondée dans le but
de propager l'idéologie de la Libre Pensée qui, depuis 1860, exerce une influence des
plus considérables sur la franc-maçonnerie et sur les milieux anticléricaux en général.
La Libre Pensée recrute la plupart de ses militants parmi les intellectuels
bourgeois, sensibles à un humanisme rationaliste qui stimule la créativité de l'individu
et s'oppose au dogmatisme de la religion.
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1863.
L
a vie n'a pas été tendre pour Hippolyte Boulenger. Orphelin très jeune, ce Tournaisien
de mère française a dû se contenter, pour apprendre son métier, de fréquenter les cours
du soir de l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles.
Pendant la journée, pour
subvenir à ses besoins, il travaillait chez un ornemaniste. N' ayant que ses loisirs à
consacrer à son art, il mit du temps à trouver sa voie, et ce n'est qu'au début de cette
année que sa vocation de paysagiste s'est déclarée.
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"La messe de Saint-Hubert à Tervuren"
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Ayant aussitôt quitté l'atelier où il se morfon-dait depuis tant de temps, il a pu,
grâce aux libéralités de son ami le peintre Van Camp, s'installer à Ter-vuren, où vivait
déjà Joseph Coosemans.
D'autres artistes, qui admirent comme lui Théodore
Rousseau, Co-rot et Courbet, et qui aspirent à rompre avec le réalisme romantique de
leurs prédécesseurs afin de peindre la na-ture avec plus de liberté et une plus grande
attention aux jeux de lumière, n'ont pas tardé à le rejoindre.
Ensemble,
ils cherchent l'inspiration dans la forêt proche, et leurs conversa-tions quotidiennes
à l'auberge du Renard créent peu à peu entre eux une véritable communauté de talents
et de sentiments.
Sans doute est-il encore trop tôt pour parler d'une
"Ecole de Tervuren ", mais le prochain Salon de Bruxelles pourrait bien réserver une
surprise aux amateurs de paysages.
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1863.
C
amille Lemonnier, qui s'était déjà fait remarquer, l'an dernier, par sa participation
à divers journaux littéraires - notamment L'Uylenspiegel de Charles De Coster - a
conquis, par son analyse à la fois minutieuse et brillante du Salon de Bruxelles, une
place de choix parmi les critiques d'art.
Francophone d'ascendance flamande,
Lemonnier, né à Ixelles le 24 mars 1844, a fait ses études à l'athénée de Bruxelles avant
de suivre, à l'Université, les cours de la candidature en philosophie et lettres
préparatoire au droit.
Mais il y a gros à parier que, passant outre au
désir de son père, il préférera la profession d'écrivain à celle d'avocat.
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1863.
E
n deux ans, Ernest Solvay a mûri : il n'est plus le jeune inventeur qui, en 1861,
prenait un brevet pour un procédé de fabrication du carbonate de soude déjà découvert
50 ans auparavant par le Français Augustin Fresnel.
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L'industriel Ernest Solvay |
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Sur les conseils de son avocat Eudore Pirmez, il a vérifié l'antériorité de son brevet,
et il n'ignore plus que, depuis 1811, nombre d'inventeurs anglais, français et allemands
ont tenté vaine-ment et à grands frais d'exploiter la réaction à l'ammoniaque.
Lui-même n'a rencontré qu'indifférence auprès des industriels, et les chimistes, Jean
Stas en tête, ont jugé son procédé trop délicat pour une ap-plication industrielle.
En outre, les expériences qu'il a menées avec son frère Alfred, dans leur
petite station d'essai de Schaerbeek, ne se sont pas déroulées sans accrocs. "Nous
avons vraiment du guignon avec nos appareils", écrivait Alfred en juin 1862. "Et nous
avons dû travailler comme des chiens, nuit et jour!".
Malgré ces aléas, il
a su gagner la confiance de commanditaires grâce auxquels il vient, avec un capital de
136.000 francs, de fonder la société Solvay & Cie.
Cette fois, la soude peu
onéreuse est vraiment pour demain.
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- 12 janvier : A Bruges, les résultats des législatives de 1863 ont été
annulés par le Parlement pour cause de corruption. Lors des nouvelles élections,
les libéraux perdent deux sièges.
- 14 janvier : A la suite des élections de Bruges, le gouvernement donne sa
démission.
- 23 mai : Après avoir vainement fait appel à plusieurs formateurs possibles,
le roi demande au gouvernement de retirer sa démission.
- 18 juin : Le gouvernement obtient la confiance de la Chambre, à une voix
de majorité.
- 11 juilet : Les comités électoraux catholiques fusionnent en une Fédération
des associations constitutionnelles et conservatrices.
- 1863 : Etienne lenoir, l'inventeur du moteur à gaz, réussit avec un
moteur à pétrole à faire rouler une voiture de Paris à Joinville-le-Pont et retour.
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