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FAITS MARQUANTS ANNEE 1862

6 février - La brillante carrière du baron Seutin.
2 mars - Le Vlaamsche Broederbond.
3 mars - Les deux amours de Léopold Ier.
29 mars - La Bande noire : deux exécutions à Charleroi.
11 avril - Les libéraux refusent une flotte de guerre
à Léopold, Chazal et Brialmont.

19 septembre - Enfants nobles.
6 novembre - Les Anversois contre les fortifications.
28 novembre - Le Parti du Meeting et son combat.
10 décembre - L'Université libre est en deuil.
1862 - Le thermalisme en Belgique.
1862 - Paris applaudit César Franck.
Autres dates importantes.



La brillante carrière du baron Seutin.

6 février 1862.

L e sénateur-baron Louis Seutin vient de mourir à Bruxelles.
Fils du peuple né à Nivelles en 1793, il dut quitter l'école de médecine de Bruxelles lorsque, en 1813, la conscription l'appella dans la garde impériale, où il devint médecin-major.

Dès 1814, Seutin reprit ses études, mais à Leyde, et il fut à Waterloo comme médecin belge.

La révolution de 1830 en fit le médecin du roi et médecin-chef de l'armée.

A l'hôpital Saint-Pierre, à l'université et dans le privé, le baron Seutin faisait montre d'intuition pour déceler les maladies contagieuses et réussit, grâce à l'hygiène, à réduire la mortalité des femmes en couches.

Il étonna le monde médical en créant la méthode amovo-inamovible qui permet de soigner les fractures ouvertes tout en contenant le membre dans un bandage rigidifié par l'amidon, qui immobilise rapidement le membre blessé.

Le baron Louis Seutin a expérimenté l'anesthésie et réorganisé les hôpitaux.
Il a aussi soigné le tsar.

Cette activité professionnelle ne l'a pas empêché d'entrer au Sénat.


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Le Vlaamsche Broederbond.

2 mars 1862.

F rans van den Berghe est le premier président du Vlaamsche Broederbond, fondé aujourd'hui à Bruges. Cette association se considère comme une "société littéraire".
Elle s'occupera autant de la défense des intérêts linguistiques des Flamands que "des intérêts matériels du peuple".

Cette vision correspond à celle d'Emile Moyson pour qui mouvement ouvrier et mouvement flamand sont deux choses indissociables sans pour autant tolérer l'ingérence des partis politiques dans ses activités.

Moyson considère le Vlaamsche Broederbond comme la section brugeoise d'une Algemene Werkersbond qui serait une association de dimension nationale au sein de laquelle la lutte flamande et la lutte sociale ne feraient qu'un.


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Les deux amours de Léopold Ier.

3 mars 1862.

E n 1817, bouleversé par la disparition de sa jeune épouse, la princesse Charlotte d'Angleterre, Léopold de Saxe-Cobourg avait exprimé le désir d'être enterré à ses côtés dans le cimetière de Windsor.

Ce voeu, il vient de le renouveler quarante-cinq ans plus tard dans une lettre au doyen de l'abbaye, et cette démarche, qui s'explique par la détérioration de son état de santé est révélatrice des sentiments de l'homme et du roi.

Mme Meyer,
née Arcadie Claret.

Avec sa seconde épouse, la reine Louise-Marie, il a eu, de son propre aveu, "des relations d'une confiance illimitée".

Mais la passion juvénile qui le portait vers Charlotte, il ne l'a éprouvée pour aucune autre femme, pas même pour sa maîtresse actuelle, Mme Meyer, née Arcadie Claret.

De plus, en exprimant sa volonté d'être inhumé ailleurs qu'en Belgique, il nous reproche la désillusion que nous lui avons causée.

Pour ce prince idéaliste, la cohabitation forcée avec un peuple casanier, dont il a souvent déploré l'opposition aveugle à ses projets d'expansion, a dû être pénible.

Dès 1841, il écrivait à la reine Victoria, à propos du roi des Grecs Othon de Bavière : "Je voudrais bien faire un chassé-croisé avec Othon; il gagnerait au point de vue des écus, et moi j'aurais le soleil et un pays intéressant".

Il nous a bien servis, mais nous a-t-il aimés ? Rien n'est moins sûr.
Il n'a eu que deux amours : Charlotte et l'Orient.


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La Bande noire : deux exécutions à Charleroi.

29 mars 1862.

C e mation vers 9 heures, près de 15.000 personnes massées sur la grand-place de la Ville Haute de Charleroi ont assisté au spectacle de l'exécution des deux condamnés à mort de l'affaire de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Une affaire qui a tenu la région en haleine depuis de longs mois.

Au terme d'un procès épique, au cours duquel on vit défiler pas moins de 130 témoins, les neuf membres de la Bande noire (appelée ainsi parce que les malfaiteurs se barbouillaient la figure de charbon) furent reconnus coupables de l'assassinat d'une vieille dame et de nombreux vols à main armée, et condamnés à mort.

Mais hier soir, couronnant une campagne contre la peine de mort animée par Victor Hugo et la presse libérale, Léopold Ier a signé la grâce de sept d'entre eux, dont la peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité.


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Les libéraux refusent une flotte de guerre à Léopold, Chazal et Brialmont.

11 avril 1862.

P our les trois personnalités qui, depuis des années, ont uni leurs efforts pour développer la marine royale belge, son désarmement doit être un véritable camouflet.

Dès 1855, Brialmont a démontré la nécessité "d'avoir une flottille de bâtiments de guerre pour favoriser les relations de la Belgique avec les contrées lointaines".
Il a ainsi attiré sur lui l'attention du duc de Brabant qui, rêvant d'un établissement belge en Chine, a réussi à convaincre le ministre de la Guerre, le général Chazal, de la nécessité de construire deux nouveaux navires : une corvette et un aviso-goélette.

Mais les libéraux, pour qui le triomphe de la liberté commerciale rend inutile l'acquisition de colonies, et donc le maintien d'une flotte de guerre, en ont décidé autrement.

Le capitaine Brialmont avait-il donc raison d'écrire : "Le peuple belge n'a pas l'esprit d'initiative; il n'ose rien et ne tente rien" ?


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Enfants nobles.

19 septembre 1862.

S on Excellence Ernest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha a octroyé à Georges et à Arthur Meyer le statut de noble et leur a attribué le titre héréditaire de baron d'Eppinghoven.

Personne n'ignore qu'il s'agit des deux enfants qu'eut Léopold Ier avec Arcadie Claret qui fut sa maîtresse durant de longues années.

Fière de sa nouvelle position, elle s'est montrée dans tout son éclat à l'Allée Verte.

Mais les réactions d'animosité n'ont pas manqué si bien qu'elle se montre plus discrète à présent.


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Les Anversois contre les fortifications.

6 novembre 1862.

A Laeken, Léopold Ier a reçu le conseil communal de la ville d'Anvers avec, à sa tête, le bourgmestre libéral Loos.

En présence de Charles Rogier et de Walthère Frère-Orban, la délégation anversois a exposé au souverain ses griefs à l'encontre des travaux militaires exécutés dans la ville.

La loi du 10 septembre 1859 prévoit en effet que la démolition des fortifications doit se faire par la ville et à ses frais, et seulement à partir du moment où la nouvelle enceinte sera construite.

Ces conditions, ajoutées à l'existence de servitudes militaires qui interdisent, entre autres, de bâtir en matériaux solides dans un certain rayon autour des fortifications, entraînent de nombreuses plaintes.

Le roi a indiqué que les nécessités de la défense nationale doivent primer sur les intérêts particuliers.
Les propriétaires lésés ont dès lors annoncé la création d'une Commission des servitudes militaires chargée de défendre leurs intérêts.

Les élections s'annoncent difficiles pour le gouvernement libéral.
Il y a peu, le corps électoral lui a déjà lancé un avertissement en s'abstenant de voter pour le remplacement du sénateur van Havre.


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Le Parti du Meeting et son combat.

28 novembre 1862.

L e Parti du Meeting est né à Anvers.

Edouard Coremans (Meeting).

Il réunit des flamingants, des catholiques et des libéraux indépendants et son but principal sinon unique est de combattre le projet, préparé dès 1853, de faire du port d'Anvers un réduit national.

Son appellation s'explique par le fait que l'opposition au projet gouvernemental s'est principalement développée au cours de meetings.

Mais la création de ce parti procède également de la volonté d'élargir le paysage politique en dépassant les luttes incessantes que se livrent les deux partis traditionnels.

La décision de fonder le nouveau parti a été prise à la suite de l'accueil glacial que Léopold Ier a réservé à une députation chargée, par le conseil communal démissionnaire, d'obtenir la suspension des travaux.


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L'Université libre est en deuil.

Pierre-Théodore Verhaegen.

10 décembre 1862.

A Bruxelles, les funérailles de Pierre-Théodore Verhaegen ont rassemblé une foule importante.

Cet avocat et homme politique, né le 5 septembre 1796, s'était fait connaître en obtenant en mai 1821, un acquittement dans l'affaire Goethals et Maertens.

Il s'était ensuite distingué au sein du parti libéral par sa vigueur à défendre un enseignement public indépendant et laïque.

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que l'oeuvre capitale de son existence demeure pour tous la création, en 1834, de l'Université libre de Bruxelles.


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Le thermalisme en Belgique.

1862.

S i notre pays possède de nombreuses sources thermales et ferrugineuses, force est de constater que le thermalisme n'existe qu'à un état embryonnaire et que la plupart de ces sources sont presque tombées dans un complet oubli, Spa excepté.

Le thermalisme à Spa.

La plus ancienne semble être celle de Scraeffborn, à Tongres, déjà citée par Pline.
Son eau est acidulée et ferrugineuse; elle fut utilisée par les Romains.

Des fontaines acides sont disséminées autour de Stavelot, Malmédy, Beloeil, Bilsen, Liège (Vivegnis, Cointe, Ougrée), Crupet (seule source intermittente de Belgique), Rochefort, Flémalle, La Louvière, Theux, Kain (Tournai), Mariemont et La Reid.

A Grivegnée, vers 1822, le docteur Calès avait projeté de fonder un établissement de bains, mais ce projet n'a pas eu de suites.

Les sources de Chevron et de Grand Bru débitent une eau ferrugineuse acidulée. Elles étaient autrefois, dit-on, plus en vogue que celles de Spa, et leurs eaux ont souvent été exportées sous la dénomination Spa.

Les sources thermales (tièdes) de Chaudfontaine, déjà connues en 1205 mais certainement plus anciennes, ont été exploitées depuis 1713, date de la construction du premier établissement de bains.
Les eaux étaient amenées par des machines similaires à celles de Marly, à Versailles.

Spa est le seul véritable lieu de cure belge universellement connu pour son eau minérale. Pourtant, bon nombre de sources fournissent une eau bicarbonatée dont la teneur en fer est la plus élevée d'Europe.


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Paris applaudit César Franck.

1862.

C ésar Franck a remporté un grand succès à Paris en interprétant ses Six pièces pour orgue Opus 16 que Franz Liszt n'a pas hésité à comparer "aux oeuvres maîtresses de Bach".

Le compositeur César Franck.

A 40 ans (Franck est né le 10 décembre 1822 à Liège), l'organiste de l'église Sainte-Clothilde nous donne là un chef-d'oeuvre à jamais gravé au répertoire de l'orgue.

César Franck a commencé ses études musicales au conservatoire de Liège en 1830. Après avoir adopté la nationalité française en 1837, il entra au conservatoire de Paris où il suivit les cours de Leborne, Zimmermann et Benoit pour l'orgue.

Mis à part ses trois très beaux Trios pour clavier publiés en 1843 et son oratorio Ruth créé en 1846 à Paris, Franck ne nous avait donné jusqu'ici que des compositions de salon et des fantaisies à la mode.


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Autres dates importantes.


- 23 juillet : La Belgique conclut un traité de commerce libre-échangiste avec le Royaume-Uni.


- 16 septembre : Les éditeurs bruxellois Lacroix et Verboeckhoven offrent à Victor Hugo un grand banquet en l'honneur du succès des Misérables.


- Septembre : Séjour à Bruxelles de Giuseppe Garibaldi.


- 1862 : Félicien Rops se rend à Paris, pour se perfectionner dans les techniques graphiques auprès de Bracquemont de de Jacquemart, qui vient de fonder la Société des Aquafortistes.


- 1862 : Liévis De Winne devient le portraitiste attitré de la Cour et des milieux officiels.


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© Chronique de la Belgique.
1987 Editions Chronique S.C. - Rue Champ de Pihot, 84 - 4510 SAIVE-LIEGE (Belgique).