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28 février 1860.
D
es ouvriers du chantier du canal de dérivation de la Nèthe, à Lierre, ont découvert
près de la porte de Malines un nid d'ossements.
| Vue de Lierre
(f. Brosens). |
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Parmi ces pièces, des dents et des défenses d'éléphant, des molaires de rhinocéros
et de cheval, ainsi qu'une dent appartenant à une nouvelle espèce de canidés.
Ont été également exhumés des os de trois mammouths (débris de crâne, os
iliaques, côtes, ...), de rhinocéros (humérus) et de cerf (humérus, vertèbres et bois).
Ce gisement est proche des anciennes tourbières de Lierre qui furent
exploitées sous l'impératrice Marie-Thérèse et ou l'on trouva jadis de nom-breux troncs
d'arbres fossiles, tous couchés dans la même direction et donc vraisemblablement
abattus par la même tempête pré-historique.
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Mars 1860.
L
es deux concerts que le compositeur allemand Richard Wagner a donnés à Bruxelles
lui ont valu, comme partout ailleurs, autant de détracteurs que d'admirateurs
fanatiques.
Le compositeur, qui a dirigé lui-même l'exécution d'extraits de Tannhäuser et de Lohengrin, a été ovationné par le public de la Monnaie, mais certains critiques n'ont pas hésité à écrire que les doctrines musicales de Wagner "conduisent dans une direction opposée à celle où se trouve le véritable but de l'art".
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20 avril 1860.
L
a Belgique a perdu un de ses pères fondateurs : Charles de Brouckère vient de succomber
à l'âge de 64 ans.
Nommé membre des Etats généraux en 1826, de Brouckère s'est
signalé très vite à l'attention publique par ses discours en faveur des libertés.
Il prit une part active aux travaux du Congrès national et fut rapporteur d'une des
commissions chargées d'élaborer la Constitution.
Plusieurs fois, il se vit confier des
postes ministériels, notamment aux Finances et à la Guerre.
C'est d'ailleurs à lui que l'on doit la réorganisation de l'armée en 1832.
Professeur d'économie politique à l'Université Libre, il fut un des fondateurs de la Banque de Belgique et présida l'Association belge pour la liberté commerciale.
La chambre des Représentants a décidé de lui rendre un dernier hommage et assistera à ses funérailles.
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28 mai 1860.
L
e ministre de l'Intérieur Charles Rogier vient d'approuver par dcret le projet de
publication d'une Biographie Nationale qui lui avait été soumis par l'Académie royale
des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique qui poursuit inlassablement
ses activités scientifiques.
Toutes les personnes qui se sont distinguées dans l'histoire de notre pays trouveront
place dans cet ouvrage monumental, dont la rédaction sera confiée à une commission
réunissant quinze membres de l'Académie.
Ceux-ci pourront bien entendu s'adjoindre,
lorsqu'ils l'estimeront nécessaire, des savants et des hommes de lettres extérieurs à
l'institution.
Leur première tâche sera d'élaborer la liste des milliers de personnages illustres ou encore méconnus qui auront droit à une notice.
Chaque année, la Commission de la Biographie Nationale devra présenter au ministre et à l'Académie un rapport sur ses activités.
Mais Charles Rogier a déjà émis l'espoir que les premiers volumes de cet ouvrage de référence pourront être publiés d'ici quelques années.
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21 juillet 1860.
L
a loi abolissant les impositions communales indirectes, plus connue sous le nom de loi
des "octrois communaux", vient d'entrer en vigueur.
| La population
fête l'abolition des octrois.
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Le ministre des Finances Walthère Frère-Orban répond ainsi aux voeux de la majorité de la population.
La commission, instituée en 1847, et qui avait pour but d'examiner s'il y avait lieu de maintenir ou de réviser les octrois avait déjà conclu à la nécessité de leur suppression.
Les travaux de la commission rendaient principalement compte des abus et des vices
rencontrés dans la plupart des communes.
Pourtant, les partisans de ce système
invoquaient quant à eux l'intérêt des campagnes et l'indépendance financière des
communes.
Néanmoins nombreux étaient ceux qui réclamaient leur abolition pure et simple.
Ainsi, sur 78 communes soumises au régime des octrois, 50 avaient fait parvenir au
gouvernement des adresses favorables au projet.
La création d'un fonds communal doté de quatorze millions de francs et servant à compenser les pertes financières découlant de l'abolition des octrois ont permis cette réforme.
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25 août 1860.
L
a peine capitale pour les deux ouvriers flamands accusés d'un meurtre à Charleroi, tel
est le verdict prononcé par la cour d'assises du Hainaut. Au-delà de la polémique qui
risque de se développer quant à l'exécution des deux hommes, on peut s'interroger sur
la procédure suivie au cours de cette affaire.
Les condamnés Coucke et Goethals ont-ils réellement compris les débats durant le procès ? Certes, il bénéficiaent des services d'un interprète, mais celui-ci ne connaissait pas le dialecte particulier des deux ouvriers.
| Victor Tesch, ministre de la Justice. |
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Alors qu'un peu partout dans le nord du pays le mouvement flamingant s'organise, le
gouvernement semble être insensi-ble aux doléances exprimées dans le nord du pays.
Des
associations regroupant des intellectuels et quelques hommes politiques renommés se
mobilisent pour réclamer l'usage de la langue flamande dans tous les domaines de la
vie publique.
Certains hommes politiques commencent à se rendre compte que le
régime du suffrage censitaire ne pourra pas constituer encore longtemps un frein à
l'expression des populations lésées.
L'avenir de la Belgique ne réside-t-il pas dans cette prise de conscience ?
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8 décembre 1860.
L
es statuts de la Société anonyme du Crédit communal, créée pour un terme de 99 ans
par le ministre des Finances Walthère Frère-Orban, ont été approuvés par un arrêté
royal paru aujourd'hui.
La Société a pour principale tâche de faciliter les emprunts des communes et des provinces ou ceux qu'elles prennent la responsabilité de garantir.
Les termes constitutifs de la société indiquent que son capital est variable et est représenté par des actions nominatives de 1.000 frans ou des coupures d'actions de 100 francs qui seront détenues exclusivement par des communes ou des provinces.
Les actionnaires reçoivent annuellement les bénéfices à concurrence de 5 % du capital versé.
Le gouvernement peut marquer son opposition à l'exécution par la Société de toute mesure contraire à la loi ou aux intérêts des communes et de l'Etat.
Le ministre des Finances souligne l'importance d'une telle institution.
Elle
permettra en effet aux communes de moindre importance de trouver les fonds nécessaires
à l'exécution des travaux publics.
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1860.
D
e plus en plus il apparaît que se développe au sein de la classe ouvrière belge, non
représentée sur le plan politique, une volonté de se faire entendre par ses propres
moyens.
C'est ainsi que Bruxelles compte désormais un nouveau journal bimensuel.
La Tribune du Peuple vient en effet d'être fondée par l'Association de la démocratie militante Le Peuple, composée principalement d'ouvriers et d'étudiants.
L'imprimeur socialiste Désiré Brismée, Prosper Voglet, Eugène Steens sont parmi les
membres fondateur.
Il faut également signaler la présence du jeune César De Paepe
qui, en dépit de ses 18 ans, témoigne de beaucoup de vigueur dans ses convictions socialistes.
Originaire d'une famille de petits bourgeois ostendais, César De Paepe s'est déjà illustré en 1858 comme membre actif du mouvement Vlamingen vooruit (Flamands en avant) et de la société de libres penseurs Solidaires.
Entré à l'Université Libre de Bruxelles à l'âge de 17 ans, il y a obtenu le diplôme de
candidat en philosophie, mais fut forcé d'abandonner ses études à la mort de son père.
Il devient alors apprenti typographe chez l'imprimeur Désiré Brismée et poursuit
une carrière mouvementée dans l'imprimerie.
La Tribune du Peuple s'est fixé comme objectif de répandre
dans la classe ouvrière les idées républicaines démocratiques et socialistes.
Dans cette optique, la diffusion du journal devrait s'étendre aux grandes villes de
Wallonie et atteindre une fréquence de parution hebdomadaire.
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1860.
A
vec son admirable portrait en pied de Léopold Ier, Liévin de Winne s'impose comme
le meilleur portraitiste belge de sa génération.
| Gravure de mode. |
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On reconnaît en lui le sang et la lignée des vieux maîtres de Flandre, tel Van Dijck,
que l'ancien protégé de Paul de Vigne rejoint par son exécution grasse, la subtile harmonie
des tons argentins et le soin particulier accordé au traitement des mains.
L'élégance sérieuse de son art est très prisée par les hommes politiques, les magistrats
et les grand bourgeois qui forment l'essentiel de sa clientèle.
| Léopold
Ier par Liévin de Winne. |
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L'art du portrait est aussi très bien représenté par François-Joseph Navez dont les groupes de famille aux couleurs chaudes ont beaucoup de succès, et par Louis Gallait qui a abandonné les grandes fresques historiques pour exceller dans ce genre très particulier.
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1860.
L
ouvaniste de 47 ans, Jean-Servais Stas a en 1837 entrepris de collaborer avec le
grand chimiste français Dumas dans des recherches sur le gaz carbonique et les poids
atomiques.
On lui doit de brillantes études sur l'azote, le soufre, le chlore, le potassium, le sodium, le plomb et l'argent, et sur l'utilisation de poudres explosives.
Ses dcouvertes en matière d'emploi de l'iodure de potassium dans les cas d'intoxication par le plomb ou par le mercure lui ont valu des prix décernés par l'Institut de France, qui n'a pas oublié le rôle joué par Stas dans le traitement de la Syphilis à un moment où seul un traitement mercuriel (toxique) existait.
La nouvelle médication est d'ailleurs en train de se généraliser rapidement.
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- 31 mars : Un arrêté royal alloue aux auteurs et aux compositeurs belges
d'ouvrages dramatiques écrits en français, en flamand ou en wallon des subsides
ou primes d'encouragement pour un certain nombre de représentations.
- 1860 : Mise en circulation de nouvelles pièces de 5, 10 et 20 centimes
en cupronickel. La Belgique est un des premiers pays à utiliser, pour ses monnaies,
cet aliage de cuivre et de nickel.
- 1860 : Le hutois Joseph Merlin invente le patin à roulettes.
- 1860 : 311 chorales sont répertoriés dans l'ensemble du pays
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