12 juin 1859.
M
arie-Henriette, duchesse de Brabant et épouse du prince royal, a donné naissance à un second enfant. Après Louise,
née le 28 février 1858, il s'agit cette fois d'un garçon qui a reçu le titre de comte de Hainaut et le prénom de
Léopold.
Si cette naissance satisfait aux nécessités dynastiques, elle ne donne pas au prince un goût accru
pour les joies de la famille.
Le projet de fortification d'Anvers du capitaine Brialmont.
8 septembre 1859.
C'
est par 57 voix contre 42 et deux abstentions que la Chambre avait adopté le principe de la construction de la
place forte d'Anvers. Comme il y a deux ans, le projet d'agrandissement des fortifications déposé par Frère-Orban
avait capoté face à l'opposition du "lobby" anversois, il avait fallu que Léopold Ier intervienne pour que la
question soit débloquée.
La ville d'Anvers juste avant le projet de fortifications
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C'est donc avec intérêt qu'on attendait le vote des sénateurs. Ceux-ci ont à leur tour donné le feu vert aux
travaux. On va donc pouvoir s'attaquer à la réalisation des plans dus au capitaine Henri-Alexis Brialmont.
Ce nouveau Vauban avait attiré l'attention de l'illustre ingénieur militaire russe, le général Todleben, qui l'avait
recommandé au souverain.
C'est dès 1847 que la question des places fortes avait été mise à l'étude par le
général Chazal, ministre de la Guerre dans le premier cabinet libéral. Il s'agissait alors surtout de substituer
le principe jusque-là en vigueur de la concentration des forces au système de la triple ligne de forteresses, imposé
en 1815 aux Pays-Bas par la Sainte-Alliance.
Très vite cependant les Anversois avaient fait connaître leur
refus d'être enfermés dans une "petite enceinte" bastionnée.
Prenant en compte cette claustrophobie, le
capitaine Brialmont est passé au registre supérieur et a concocté une "grande enceinte" au tracé polygonal, qui ne
gênera pas trop les Anversois aux entournures mais devrait rendre la ville imprenable.
Léopold, inquiet de
la situation politique internationale et qui se déclare soucieux de fortifier "non seulement Anvers mais notre
existence politique", est heureux de ces plans.
Le souverain préoccupé par les desseins annexionnistes de
Napoléon III a su faire partager ce souci aux parlementaires et les décider à adopter le projet.
La France
a cependant exprimé son mécontentement, allant jusqu'à accuser le gouvernement belge d'avoir, sur ce point, cédé
aux pressions de Londres.
Max Havelaar.
13 octobre 1859.
C'
est au "Prince Belge", rue de la Montagne à Bruxelles, que l'écrivain hollandais Edouard Douwes Dekker,
fonctionnaire aux Indes Orientales en rupture de ban, vient de terminer, sous le pseudonyme de Multatuli, un
monumental ouvrage intitulé Max Havelaar.
En partie dans une chambrette sans feu, en partie entouré de
buveurs de fara "bonasses mais plutôt inesthétiques", il a écrit en un seul mois un récit épique balancé entre
l'humour décapant et la révolte humanitaire qui le place d'ores et déjà dans la mouvance de Flaubert, Sterne et
Defoe.
Le capitaine Brialmont et l'expansion de la Belgique en Extrême-Orient.
30 décembre 1859.
"I
l vient de paraître sous le titre : Complément de l'œuvre de 1830, établissements à créer
dans les pays transatlantiques, une brochure extrêmement intéressante, inspirée à un écrivain de mérite
(qui a cru devoir garder l'anonymat) par un discours prononcé au Sénat, l'année dernière, par S.A.R. le duc de
Brabant".
Chazal, ministre de la Guerre
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Cet auteur, que l'article de L'Etoile belge ne cite pas, n'est autre que le
capitaine Henri-Alexis Brialmont, celui-là même qui a dressé les plans de la place forte d'Anvers.
Attaché
au cabinet du ministre de la Guerre, le général Chézal, et ami intime du prince Léopold, Brialmont estime, comme
l'héritier du trône, que "le moment est venu de nous étendre au dehors" et, pour obtenir ce résultat, il préconise
notamment la création d'une marine militaire d'exploration.
En outre, il n'hésite pas à conseiller au
gouvernement de participer à l'expédition que la France et l'Angleterre organisent actuellement contre la Chine,
et cela afin d'acquérir, à l'embouchure du fleuve Bleu, une île destinée à servir de base d'opérations au commerce
international.
"1830 a assuré notre avenir politique", conclut-il, "que 1860 soit le point de départ d'une
série d'efforts et d'entreprises pour assurer notre avenir commercial et industriel".
Un nouveau canal en Campine.
1859.
L
e canal de la Campine, qui fera la jonction entre la Meuse et l'Escaut, ira du canal de Bois-le-Duc à Anvers et
possédera trois embranchements (vers Beverloo, Hasselt et Turnhout). Long de 86.354 m et large de 10, il sera
coupé par 17 écluses rachetant une différence totale de niveau de 38,59 m et permettra le passage de bateaux
de 330 tonnes.
De la tenue sur les plages d'Ostende.
1859.
L
a police d'Ostende a, pour la première fois, promulgué un règlement stipulant ce que les estivants peuvent porter
sur la plage.
Elégances ostendaises
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Jusqu'à présent, ces derniers se montraient en maillots de flanelle "qui dévoilaient les formes de leurs corps".
Afin de protéger les bonnes mœurs, la police précise que les hommes devront désormais porter un gilet et un pantalon
en laine de couleur.
Quant aux dames, elles ne pourront porter que des longues robes en laine.
Les
dames, qui ne souhaitent pas s'exposer aux regards indiscrets de l'autre sexe, auront à leur disposition deux
parcelles réservées.
Les bains nus et gratuits pourront se faire sur le territoire de Mariakerke, exploité
en concession par Ostende.
Autres dates
importantes.
- 26 septembre : Inauguration de la colonne du Congrès. Le monument a été
construit sur les plans de Joseph Poelaert. La statue de Léopold Ier est de
Guillaume Geefs et les quatre libertés fondamentales d'Eugène Simonis, Auguste
Fraikin et Joseph Geefs.
- 1859 : L'ingénieur F.L. Cornet installe le premier compresseur à vapeur
aux charbonnages de Sars-Longchamps et Bouvy à Saint-Vaast.
- 1859 : Le Prix quinquennal de littérature flamande revient à Prudens Van
Duyse, décédé le 13 novembre, pour son épopée Jacob van Artevelde et pour
Nazomer.
- 1859 : Début de la construction de la Banque Nationale, à Bruxelles, d'après
les plans dressés par les architectes H. Beyaert et Wijnand Janssens.
© Chronique de la Belgique.
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