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FAITS MARQUANTS ANNEE 1857

23 juillet - Des lauriers pour Peter Benoit.
27 juillet - Charlotte a choisi d'épouser Maximilien.
16 octobre - Les griefs flamands sont enfin publiés.
30 octobre - La loi des couvents est venue à bout de l'unionisme.
16 novembre - Nouvelles grèves dans le textile.
10 décembre 1857 - Un raz de marée libéral balaye le pays.
1857 - L'eau courante à Bruxelles.
Autres dates importantes.



Des lauriers pour Peter Benoit.

23 juillet 1857.

L e premier prix de Rome de composition vient d'être attribué à Peter Benoit pour sa cantate Le meurtre d'Abel.

Peter Benoit et Emmanuel Hiel



Né à Harelbeke en 1834, Peter Benoit est entré au Conservatoire royal de Bruxelles en 1851, où il a suivi les cours de piano, d'harmonie, de contrepoint et de composition dans la classe de Fétis en personne.

Il compléta sa formation auprès de C.-L. Hanssens, directeur de la Monnaie.

A partir de 1856, il fut chef d'orchestre au théâtre du Parc, à Bruxelles, pour lequel 11 a notamment écrit De Belgische Natie, représentée le 27 juillet 1856 pour les 25 ans du couronnement de Léopold Ier.

La cantate Le meurtre d'Abel sera exécutée en septembre au Conservatoire.




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Charlotte a choisi d'épouser Maximilien.

27 juillet 1857.

P our Charlotte, qui a toujours été "la fleur de son cœur", Léopold Ier aurait préféré un époux "essentiellement bon", comme Pedro de Portugal, fils de son arrière-petit-neveu Ferdinand de Saxe-Cobourg-Kohary.

Mais la princesse, autorisée par son père à "se laisser diriger par sa propre réflexion", a trouvé Pedro trop jeune : "C'est un trône, il est vrai", a-t-elle écrit à sa grand-mère Marie-Amélie, "mais qu'est-ce que cela ? Les couronnes de nos jours sont de lourds fardeaux".

Charlotte et Maximilien

Son choix, c'était l'archiduc Ferdinand-Maximilien, le jeune frère de l'empereur François-Joseph d'Autriche, qu'elle avait rencontré à Bruxelles au printemps 1856 et dont le charme nonchalant l'avait séduite.

Elle a d'ailleurs confié à sa gouvernante, Mme d'Hulst : "Même Léopold (son frère), qui dénigre si facilement tout le monde, est venu me dire que l'archiduc est un être supérieur sous tous les rapports. Si je savais une seule chose en sa défaveur, je l'aurais dite, mais il n'y a rien".

Le mariage, dont le roi a lui-même réglé les moindres détails, a eu lieu dans le salon bleu du palais royal et, devant sa fille, parée pour la circonstance d'une robe de dentelle à l'aiguille, Léopold Ier n'a pu dissimuler son émotion.

Dans une lettre à sa nièce, il a écrit récemment : "Puisse ce jeune couple être heureux, ils ont en eux les moyens de l'être". Ce souhait, toute la Belgique le forme avec lui.


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Les griefs flamands sont enfin publiés.

16 octobre 1857.

L a Vlaemsche Commissie, mieux connue sous le nom de "Commission des Griefs", a clôturé ses travaux lors de sa seizième et dernière session.

Pierre de Decker

Le 14 octobre, elle a transmis son rapport au ministre de l'Intérieur, Pierre de Decker. Dans ce rapport final, la littérature est à peine abordée.

Toute l'attention de la Commission s'est concentrée sur le rôle du néerlandais dans la vie publique, sujet qui a fait l'objet d'une vaste liste de revendications.

La Commission n'espère pas une réalisation immédiate de ses exigences : ce "Rapport des Griefs" a en effet été conçu comme plate-forme revendicative du mouvement flamand et non comme programme du gouvernement.

Dans ce document, la commission préconise le bilinguisme généralisé en Flandre, avec le maintien de l'unilinguisme en Wallonie. Elle est d'avis que l'unilinguisme en Flandre mènerait à l'exclusion des francophones et affecterait de ce fait l'Etat unitaire belge.


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La loi des couvents est venue à bout de l'unionisme.

30 octobre 1857.

E n présentant au roi la démission de son gouvernement, Pierre De Decker s'est plié à la volonté populaire, exprimée par l'écrasante victoire des libéraux aux élections communales.

Mais la véritable cause de sa chute est le projet de loi sur la bienfaisance connu sous le nom de "loi des couvents".

Depuis longtemps, catholiques et libéraux s'affrontaient sur la question des fondations charitables, dont les libéraux voulaient réserver la gestion aux bureaux de bienfaisance, alors que les catholiques prétendaient autoriser les donateurs à désigner les administrateurs de leur choix.

Le ministre de la Justice Alphonse Nothomb finit par élaborer un projet qui aurait dû satisfaire tout le monde, puisqu'il soumettait les dispositions des fondateurs à l'approbation du gouvernement, sur l'avis des bureaux de bienfaisance.

Mais les libéraux, craignant de voir l'Eglise retirer de la loi un surcroît de richesse et de pouvoir, l'ont violemment combattu, tant au Parlement que dans la rue.

C'est à leur instigation que, dans toutes les grandes villes du pays, des manifestants ont brisé les vitres des couvents et des journaux catholiques.

En Juin, le vicomte Vilain XIIII déc1arait : "La loi est morte".

Aujourd'hui, il peut en dire autant du gouvernement. Et de l'unionisme d'ailleurs.


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Nouvelles grèves dans le textile.

16 novembre 1857.

A Gand, les ouvriers du textile, passant outre l'interdiction des grèves et coalitions (on sait que l'article 415 du Code pénal prévoit des peines de un à trois mois de prison pour les grévistes et de deux à cinq ans pour les "meneurs"), ont débrayé massivement pour obtenir une augmentation de salaire.

Cette action est apparemment dirigée par la Broederlijke Maatschappij der Wevers et la Maatschappij der NoodIijdende Broeders, deux associations constituées cette année sous la forme de mutualités.

Après avoir mobilisé les travailleurs pour protester contre la longueur des journées de travail (14 heures en moyenne), le manque d'hygiène et l'arbitraire des employeurs, elles réclament maintenant le droit de vote pour les classes laborieuses.

Par le caractère révolutionnaire de leurs revendications, les sociétés ouvrières gantoises rompent avec la tradition de loyauté des organisations d'artisans.

D'ores et déjà, une action en justice a été entreprise contre J. De Ridder et C. Bilen, les leaders des cotonniers.


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Un raz de marée libéral balaye le pays.

10 décembre 1857.

L es élections d'aujourd'hui se sont traduites par un véritable raz de marée des libéraux et confirment le résultat des derniéres élections communales.

Désormais, les députés libéraux occupent 70 sièges à la Chambre contre 38 seulement pour les catholiques.
Leur victoire est particulièrement nette dans les grandes villes.
Charles Rogier, par exemple, bénéficie d'une double élection : à Bruxelles, il récolte plus de 70 % des suffrages exprimés et près de 51 % à Anvers. A Gand, ville traditionnellement favorable aux catholiques, les candidats libéraux l'ont emporté avec un avantage d'environ mille voix.

A la surprise générale, des personnalités comme MM. Dumon, Dechamps, Mercier et Delehaye n'ont pu conserver leur siège.

Comment peut-on expliquer une défaite d'une telle ampleur ?
Déjà aux élections communales du 27 octobre une grande partie de l'électorat avait sanctionné la politique gouvernementale en accordant sa confiance aux libéraux. La population désapprouvait l'attitude du gouvernement lors la discussion de la "loi des couvents". Au sein même du mouvement catholique, le cabinet était sévèrement critiqué pour, le laxisme dont il avait fait preuve durant les violentes manifestations du printemps.

Dans ces conditions, et en dépit de l'avis des ministres Nothomb et Mercier, M. De Decker avait présenté le 30 octobre sa démission au roi. Henri de Brouckère ayant refusé de former un nouveau cabinet, le souverain s'était alors tourné vers Charles Rogier.

Le 9 novembre, ce dernier constituait ce gouvernement : Frère-Orban aux Finances, le général Berten à la Guerre, MM. Tesch et de Vrière respectivement à la Justice et aux Affaires étrangères, le portefeuille de l'Intérieur revenant à Rogier.

Face à la politique de blocage pratiquée à la Chambre par l'opposition catholique à l'égard de ce qu'elle appelait le "gouvernement de l'émeute", Léopold Ier n'avait comme seule issue que sa dissolution. Il ne restait plus alors qu'à convoquer les électeurs pour ce 10 décembre.


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L'eau courante à Bruxelles.

1857.

L es premiers captages d'eau à Bruxelles ont été le fait des abbayes, des princes régnants, ou des autorités municipales qui, au XIVe siècle, firent ériger une fontaine grand-place. Mais la première installation complète date du XVIIe siècle.

Dès 1601, une machine hydraulique actionnée par les eaux du Maelbeek refoulait celles du Broebelaar (à La Chasse) et les envoyait, via une tour hydaulique, dans un réservoir souterrain (qui existe toujours) situé sous l'actuelle colonne du Congrès.

Bientôt, la ville va faire venir de l'eau de Braine-l'Alleud via un aqueduc de 26 km.


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Autres dates importantes.


- 28 mai : En réaction contre le projet de loi sur la bienfaisance, surnommé "loi des couvents", qui est en discussion à la Chambre, des émeutes éclatent à Bruxelles et dans d'autres villes du pays. La foule brise les vitres des jésuites, des capucins et du journal L'Emancipation.


- 29 mai : Pour calmer les esprits, le gouvernement décide d'ajourner le débat sur le projet de loi.


- 14 juin : Le Moniteur publie en même temps l'arrêté de clôture de la session parlementaire, une lettre des ministres au Roi sur la loi des couvents et la réponse de Léopold Ier qui donne à la majorité de la Chambre "le conseil de renoncer à continuer la discussion de la loi".


- 27 octobre : Victoire des libéraux aux élections communales.


- 9 novembre : Le cabinet libéral Rogier/Frère-Orban arrive au pouvoir.


- 1857 : Le peintre Jan Stobbaerts fait ses débuts au Salon de Bruxelles avec une Etable, qui lui est aussitôt achetée par un Anglais. Jaloux, son maître, le peintre animalier Norteman, le renvoie.


- 1857 : Adolphe Sax est nommé professeur de saxophone au Conservatoire de Paris.


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© Chronique de la Belgique.
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