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14 février 1854.
E
n faisant approuver par la Chambre la "Convention d'Anvers", le cabinet de Brouckère semble résolument vouloir
apaiser les esprits dans le domaine de l'enseignement. En effet, la loi organique de l'enseignement moyen du 1er
juin 1850 n'inclut pas l'instruction religieuse dans les matières obligatoires du programme et ne fait pas des
ministres du culte les seuls compétents pour la donner.
Ces dispositions ont suscité l'opposition du monde
catholique et l'application de la loi est demeurée sans effet.
En novembre 1853, des négociations entre M.
Loos, bourgmestre libéral d'Anvers, et le cardinal Sterckx aboutissaient à un arrangement du nom de "Convention
d'Anvers".
Les principales dispositions de la convention affirmaient le caractère essentiel de l'instruction
religieuse dans l'enseignement, les élèves non catholiques étant toutefois dispensés d'y assiter.
De plus,
l'accord prévoit qu'il ne sera fait usage d'aucun livre qui soit contraire à l'instruction religieuse. En
contrepartie, les autorités ecclé-siastiques renoncent au contrôle du choix des professeurs.
Sur proposition
de M. Piercot, la Chambre a adopté cet accord par 86 voix contre 7. Les conseils communaux des différentes localités
doivent se prononcer sur l'admission ou le rejet de la "Convention d'Anvers" mais ne peuvent la modifier.
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24 mai 1854.
J
usqu'ici rien ne garantissait, dans notre pays, la propriété industrielle, et nombre d'inventeurs attendaient avec
impatience le vote de la loi sur les brevets qui vient d'être promulguée.
Hélas, le laxisme qui a présidé à
sa rédaction en fait une véritable incitation aux abus. Les brevets sont en effet délivrés par le ministre de
l'Industrie et du Travail sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs et sans garantie de la
réalité, de la nouveauté ou du mérite de l'invention.
C'est dire combien la protection que ces brevets
assurent est illusoire. Leur principal intérêt, dit-on, est probablement d'alimenter les caisses de l'Etat par le
biais d'une taxe annuelle et progressive.
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13 juin 1854.
A
l'occasion d'élections législatives partielles, les libéraux ont perdu six sièges et, de ce fait, la majorité à la
Chambre. Henri de Brouckère, qui dirigeait le cabinet d'affaires libéral depuis le 31 octobre 1852, a donc décidé
de remettre la démission de celui-ci au roi.
Inquiet par la situation internationale - en l'occurence la
guerre de Crimée - Léopold Ier a appellé le monde politique au consensus et à l'apaisement.
Si la droite y
semble favorable, les critiques du libéral Théodore Verhaegen à l'encontre de la politique du cabinet font douter
de la stabilité du gouvernement.
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23 juin 1854.
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La chanson de Nicolas Defrecheux |
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P
our rencontrer l'auteur de Lèyiz-m'plorer l'élégie qui, publiée ce matin dans
le Journal de Liège, a enthousiasmé tous les amateurs de poésie wallonne, il
suffit d'aller à l'Ange Gardien, la boulangerie ou Nicolas Defrecheux officie
depuis que, renonçant à sa position de directeur de l'usine à zinc de Saint-Léonard, il a épousé la fille du
boulanger.
Il y a gros à parier que ce poète, sorti de l'Ecole des Mines, jettera bientôt son tablier blanc
aux orties.
Quand on sait faire des chansons sur "la saison des violettes", on se lasse vite des tartes aux
fruits.
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21 août 1854.
U
n groupe de libres-penseurs, parmi lesquels Désiré Brismée, N. Coulon et J. Pellering, vient de fonder à Bruxelles
la société L'Affranchissement. Cette toute jeune société poursuit un double but :
elle veut s'attaquer aux préjugés religieux et, d'autre part, décide d'organiser désormais les enterrements civils
de ses adhérents afin de les soustraire aux cérémonies du culte.
Elle a d'ailleurs acheté à cette fin le matériel
d'inhumation nécessaire.
Selon ses statuts, L'Affranchissement a pour
mission "d'accélérer, autant que possible, l'avènement de l'émancipation morale et matérielle de l'homme".
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1854.
C'
est apparemment en 1842 que fut introduite la première demande d'exploitation d'une ligne d'omnibus à Bruxelles.
Cette année, les sieurs Loubat, Boucquié et Lefèvre viennent à leur tour de demander l'autorisation de poser un
tronçon de voie ferrée où pourrait circuler un omnibus à traction chevaline dit "chemin de fer américain".
Un tramway à cheval à Bruxelles, avenue Louise
Avant d'accorder une quelconque concession, les autorités communales ont estimé qu'il fallait d'abord s'assurer
qu'une telle voie ne gênera pas la circulation.
Un tronçon d'essai reliera la place du Samedi à l'église de
Laeken en suivant la rue de Laeken.
Si l'expérience se révélait positive, une première ligne pourrait relier
les halles centrales à Laeken.
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1854.
C'
est par Venise que le duc et la duchesse de Brabant - voyageant incognito sous le nom de vicomte et vicomtesse
d'Ardenne - ont entamé le grand voyage en Orient qui doit les mener notamment en Syrie, en Egypte et en Judée.
Le duc de Brabant aurait souhaité s'embarquer directement pour Alexandrie, sans faire étape à Vienne. Mais
Léopold Ier a refusé tout changement d'itinéraire et les princes ont dû passer les fêtes de Noël à la Hofburg avec
la famille impériale au grand complet.
Le duc de Brabant a-t-il fait contre mauvaise fortune bon coeur ?
Dans son rapport au ministre des Affaires étrangères de Brouckère, notre ambassadeur, le comte O'Sullivan, a donné
une bonne note au jeune couple : "Toutes les personnes qui ont été dans le cas de s'entretenir avec Son Altesse
royale s'accordent pour faire l'éloge de son esprit, de sa maturité d'intelligence, de son tact et de la grâce
particulière de sa conversation.
Quant à Madame la Duchesse de Brabant, on trouve que, sous tous les
rapports, elle a accompli des progrès qui en font une des princesses les plus gracieuses et les plus aimables."
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- 5 mai : La Chambre rejette, par 67 voix contre 26, un projet d'incorporation
des faubourgs de Bruxelles à la capitale.
- 5 novembre : Devant l'instabilité de la situation extérieure, le président
de la Chambre, M. Delfosse, appelle ses collègues au calme.
- 1854 : A l'âge de 14 ans, Henri de Braekeleer entre à l'Académie des
Beaux-Arts d'Anvers, où il a comme condisciple Jean Stobbaerts. Tous deux se
feront les champions du réalisme.
- 1854 : Félicien Rops, peintre, lithographe et graveur, fonde à 21 ans
un journal satirique, L'Uylenspiegel.
- 1854 : L'écrivain Henri Conscience se voit attribuer le premier prix
quinquennal de la littérature flamande.
- 1854 : Le Bruxellois Charles Bourseul publie dans L'Illusration,
à Paris, un mémoire sur la transmission des sons à distance grâce à l'électricité.
- 1854 : Guillaume-Joseph De Block, professeur à la faculté de médecine de
Gand et fondateur de L'Observateur médical belge, publie un de ses principaux
ouvrages : Exposé des mesures hygiéniques à observer dans les écoles pour la
salubrité des élèves et de l'instituteur.
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