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12 mars 1853.
E
n échange du vote par les Chambres de la loi qui accorde la pension de retraite aux officiers d'origine étrangère,
le cabinet de Brouckère a enfin obtenu la reconnaissance officielle de la nationalité belge par le gouvernement
russe.
C'est la présence d'officiers polonais, entrés dans l'armée belge après 1830, qui était jugée
offensante par Moscou. En avril 1852, la Belgique avait déjà accordé des concessions au tsar en rayant ces mêmes
officiers des cadres du service actif.
D'autre part, afin de couvrir les frais qu'exige l'installation
d'une légation belge en Russie, les Chambres ont également décidé d'augmenter de 61.666,67 francs, le budget dont
dispose Henri de Brouckère au ministère des Affaires étrangères.
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22 août 1853.
P
our le duc de Brabant, qui a épousé ce matin l'archiduchesse Marie-Henriette de
Habsbourg-Lorraine, 1853 est une année faste.
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Léopold en major des Grenadiers |
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Le 8 avril, la veille de ses 18 ans, il avait été fait major d'infanterie et Grand cordon de l'ordre de Léopold.
Le 9, ayant ayant atteint sa majorité, il avait prêté serment au Sénat et eu le plaisir d'entendre Léopold Ier,
avouer publiquement qu'il trouvait en lui "beaucoup de jugement et beaucoup de bon sens". Le 17 mai, ses fiançailles
avec la fille du palatin Joseph, prince royal de Hongrie, avaient été annoncées officiellement à la fin d'un dîner à
la Hofburg et, avant-hier, la cérémonie de "la remise de la fiancée" a eu lieu à Verviers, selon l'étiquette en
usage dans les familles régnantes.
Reste à savoir si cette alliance matrimoniale avec la maison d'Autriche,
qui réjouit tout le monde, fera le bonheur des deux principaux intéressés.
Non seulement ils ne s'aiment pas,
mais ils ne semblent même pas éprouver de sympathie l'un pour l'autre.
D'une phrase, la duchesse de Dino,
nièce de Talleyrand, a résumé leur situation : "Ce sont deux enfants qui viennent de se marier à contrecoeur".
Autre problème : la santé du duc de Brabant, trop maigre et souffrant d'une jambe et des poumons.
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6 octobre 1853.
A
Anvers, les passionnés d'art dramatique flamand pourront assister ce soir, au Théâtre des Variétés, à la première
de De Dronkaard, de Pieter-Frans Van Kerckhoven.
Cette pièce marque les
débuts du Nationael Toneel, nouvelle compagnie théâtrale née de la fusion de deux groupes d'amateurs, De Dageraad
et Scheldegalm.
Son directeur, Victor Driessens, s'est réservé le rôle principal.
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3 décembre 1853.
R
ichtenberger, le très influent banquier et représentant à Bruxelles de la maison parisienne des Rotschild, est
décédé hier.
Son beau-fils, Samuel Lambert, assumera dorénavant la direction de la banque, qui ne s'appellera
plus "Lambert-Richtenberger" mais "Banque Lambert".
Il succèdera également à son beau-père comme représentant
des Rotschild.
Né à Lyon le 15 juin 1806, Samuel Lambert est, depuis 1840, actif dans le monde financier.
Il a été le représentant des Rotschild à Anvers et a accompli un stage auprès de Richtenberger à Bruxelles.
Le champ d'action de la banque "Lambert-Richtenberger" recouvre divers domaines. Elle a financé le jeune Etat belge,
et le roi Léopold en personne fit appel à ses fonds. Elle a également participé à l'exploitation des mines, à
l'industrie métallurgique et à la construction de canaux.
Aujourd'hui elle s'oriente surtout vers la
construction de chemins de fer, secteur en pleine expansion.
La banque semble intéressée par la ligne
Namur-Liège, qui fera partie de la ligne Berlin-Paris.
Le rôle de la banque en tant qu'intermédiaire entre
l'empire des Rotschild et diverses initiatives privées et publiques belges est primordial.
La "Banque Lambert"
espère pouvoir étendre ses activités financières sur le plan national et international.
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31 décembre 1853.
L
e cabinet de Brouckère se serait-il converti, en matière économique, au libre-échangisme ? Les Chambres ont en
effet adopté aujourd'hui une loi qui prévoit la libre entrée sur notre marché pour un certain nombre de denrées
alimentaires, notamment les céréales.
Compte tenu des relations économiques que la Belgique entretient avec
les pays limitrophes qui absorbent plus de neuf dixièmes de nos exportations et deux tiers de nos importations,cette politique commerciale semble évidente.
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1853.
L
es Brabançons de Green Bay ne sont pas les premiers Belges à chercher fortune outre-Atlantique. Quelque quinze
années après la Révolution, près de quinze cents émigrants - pour la plupart des cultivateurs ou des journaliers
- avaient risqué l'aventure et s'étaient déjà fixés en Amérique du Nord, dans l'Ohio, le Michigan et l'Illinois.
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Lancement d'une frégate marchande à Anvers |
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Sous la pression des difficultés économiques, le gouvernement s'est alors intéressé à ce mouvement - jusque-là
spontané - et, dès 1848, il a acheté des terres à Sainte-Marie, en Penn-sylvanie, pour y fonder une colonie
agricole belge.
Très vite, toutefois, l'émigration est également apparue aux autorités comme un moyen
commode de se débarrasser définitivement des mendiants, vagabonds et autres petits délinquants.
C'est la
ville d'Anvers qui a montré l'exemple, en 1850, en payant le voyage à J.-J. Leemans, un garçon tailleur condamné
pour abus de confiance.
Depuis lors, c'est par convois entiers que les ex-détenus s'embarquent pour le
Nouveau Monde, aux frais de l'Etat belge.
Reste à savoir si l'opération pourra se poursuivre longtemps,
la municipalité de New York ayant menacé de renvoyer chez eux "ceux de ces émigrants qui ne trouveront personne
répondant d'eux".
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1853.
A
u Salon de Bruxelles, le public a été frappé par l'Ivrogne, oeuvre du jeune Charles De Groux qui confirme
l'émergence de la tendance réaliste et sociale en germe depuis quelques années. Ce tableau exprime l'intérêt de
l'artiste pour la condition des classes laborieuses, sujet déjà traité par Gustave Courbet dont
Les Casseurs de pierres ont fait scandale au Salon de Bruxelles de 1851.
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"L'Ivrogne", par Charles de Groux |
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Côtoyant L'hommage rendu aux Comtes d'Egmont et de Hornes de Louis Gallait, chef
de file de la peinture d'histoire en vogue à l'époque, l'oeuvre de Courbet fit couler beaucoup d'encre, non pour
sa facture mais à cause du caractère social du sujet.
Les adversaires du peintre français l'accusèrent de
glorifier, à travers ce tableau, l'esprit révolutionnaire de 1848, ce qui dans le contexte artistique de l'époque
était inacceptable car, selon eux, "l'art doit élever et ennoblir l'âme des masses, et non la ravaler et
l'encanailler".
Mais depuis quelques années, la vocation idéaliste de l'art, très présente dans la peinture
romantique, fait place à une prise de conscience progressive de l'environnement.
Et si Courbet a sans aucun
doute stimulé l'esprit de l'oeuvre de Charles De Groux, il serait exagéré de le considérer comme le seul précurseur
du réalisme en Belgique.
En effet, dès 1848, avec Bruxelles le matin,
Joseph Stevens a donné, à une scène de genre jouée par des chiens, un implicite contenu social.
Chez Stevens,
les chiens deviennent les acteurs naïfs et innocents de la comédie humaine. En outre, depuis quelques années,
François-Joseph Navez fait preuve d'un réel souci d'objectivité dans ses portraits, et les paysages de Théodore
Fourmois, images fidèles de la réalité, nous rapprochent de la nature.
Henri Leys a abandonné la fougue
romantique de ses fresques historiques pour reconstituer la vie anversoise du XVIe siècle dans des oeuvres d'un
réalisme minutieux.
C'est surtout la jeune génération, représentée principalement par De Groux et Louis
Dubois et appuyée par Louis Robbe, qui semble vouloir instaurer une nouvelle conception de l'art, dominée par les
problèmes sociaux.
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1853.
A
dolphe Quetelet (57 ans), qui a toujours prôné la collaboration des savants par delà les frontières, réclame depuis
longtemps l'établissement d'un système uniforme, tant pour les observations astronomiques et météorologiques que
dans le domaine de la statistique.
C'est pour faire progresser cette idée que le directeur-fondateur de
l'Observatoire a organisé à Bruxelles deux congrès internationaux - l'un de météorologie et l'autre de statistique
- auxquels il a convié ses nombreux correspondants étrangers.
Nul doute que les discussions se seront
poursuivies dans son salon, qui est un des plus célèbres et des mieux fréquentés de la capitale.
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- 9 avril : Léopold, le fils aîné de Léopold Ier atteint, à 18 ans, sa
majorité constitutionnelle et prête serment au Sénat dont il devient membre de
droit.
- 5 mai : La Belgique est réliée télégraphiquement à la Grande-Bretagne
par un câble sous-marin.
- 23 octobre : Année noire pour les charbonnages borains : 27 morts à Dour
et 71 à Elouges.
- 17 novembre : La décision ministérielle d'interdire la vente du journal
radical La Nation dans toutes les gares belges est approuvée par la Chambre,
en dépit de la pétition introduite par son rédacteur en chef, Labarre.
- 1853 : Le brugeois Edouard Conway, intendant de la Liste civile et
conseiller écouté du roi, est nommé vicomte.
- 1853 : Nicaise De Keyser remplace Gustave Wappers à la tête de l'académie
des Beaux-Arts d'Anvers.
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