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22 août 1852.
L'
absence de toute réglementation internationale pour la protection des oeuvres de l'esprit a permis à la contrefaçon,
déjà florissante dans la Hollande du XVIIe siècle, de devenir une véritable industrie belge. Le principe en est
simple : il s'agit de reproduire et de lancer sur le marché européen de la librairie des ouvrages récemment publiés
à Paris, et cela à gros tirage et à bas prix, le contrefacteur s'abstenant évidemment de rémunérer l'auteur.
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Alexandre Dumas piraté |
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Loin de se définir comme des "pirates", nos éditeurs se flattaient de mettre ainsi les "oeuvres des grands
écrivains à la portée de tous".
En 1841, un haut magistrat, Charles Faider, défendait dans la
Revue belge, la légalité de la réimpression : "Tant que les droits de copie ne
seront point placés sous la sauvegarde du droit public européen, la contrefaçon en pays étranger sera légitime :
il n'y aura ni voleurs, ni volés, il y aura spéculation commerciale".
Toutefois, la Société des gens de
lettres la considérait comme "un obstacle à peu près infranchissable à la viabilité d'une littérature belge", la
frontière française étant fermée, à cause du piratage, à tout livre imprimé en Belgique.
Il est néanmoins
peu probable que la convention littéraire signée à Paris réjouisse nos auteurs. Elle supprime bien la contrefaçon
mais, en revanche, frappe l'entrée des livres, papiers et encres belges en France d'un droit double de celui auquel
sont soumis les produits similaires français importés en Belgique.
Pour l'industrie typographique belge, le
coup risque d'être fatal.
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31 octobre 1852.
E
n confiant à Henri de Brouckère, ancien légat de Belgique à Rome, la tâche de former le nouveau gouvernement, le
roi avait misé sur les idées conciliantes de cet homme politique, dans l'espoir de rallier à lui les personnalités
les plus modérées des tendances catholique et libérale.
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Henri de Brouckère |
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Les voeux du souverain se sont réalisés. Henri de Brouckère a présenté aux Chambres les membres de son nouveau
ministère. Trois ministres du cabinet précédent ont été rappelés : il s'agit de liedts, Anoul et Van Hoorebeke,
qui conservent leurs fonctions antérieures.
Monsieur de Brouckère a fait également appel à quelques
extra-parlementaires : M. Piercot, bourgmestre de Liège, est nommé ministre de l'Intérieur, et l'avocat général
à la Cour de cassation, M. Faider, s'est vu confier le portefeuille de la Justice.
Ce gouvernement constitue
une combinaison "centriste" qui, à défaut d'être solidement soutenue, n'a pas à craindre la majorité libérale du
Parlement, tant cette majorité est affaiblie et divisée.
Les élections du 8 juin dernier sont peut-être à
l'origine de cet état de choses; en effet, les catholiques ont gagné 12 sièges supplémentaires, ramenant l'avance
libérale à la Chambre à 6 députés.
Depuis lors, le chef de file libéral, Charles Rogier, ne jouit plus du
même prestige au sein de son parti. Des divergences de vue concernant notamment une convention sur la propriété
littéraire et les négociations pour un traité de commerce avec la France avaient même entrîné, au mois d'août, la
démission du ministre des Finances, Walthère Frère-Orban.
Le 27 septembre, les députés procédaient à
l'élection du président de la chambre des Représentants.
Théodore Verhaegen, candidat des libéraux et
président sortant, se présentait pour un nouveau mandat. Il aurait dû être élu mais l'opposition des catholiques,
aidés de quelques députés libéraux "dissidents", obligea Charles Rogier à poser la question de confiance sur
l'élection de M. Verhaegen.
Les députés élirent un autre libéral, M. Delfosse.
Considérant ce choix comme
une marque de défiance, Charles Rogier remettait, le 29 septembre, la démission de tout le cabinet au roi, lequel
ajournait les Chambres pour un mois.
Cet incident n'explique qu'en partie la chute du ministère Rogier. La
question extérieure (plus précisément les difficultés survenues avec la France) et l'incapacité du gouvernement à
règler le problème des dépenses militaires, ont contribué à accroître les tensions internes.
A cet égard, Henri
de Brouckère a indiqué son intention d'instaurer "une trêve honorable pour tout le monde et heureuse pour le pays,
qui la désire".
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9 décembre 1852.
A
Bruxelles, le duc de Bassano et Henri de Brouckère, respectivement plénipotentiaires français et belge, ont
renouvelé à titre provisoire le traité de commerce de 1845.
On se souvient qu'il y a quelques mois le
gouvernement des Tuileries s'était refusé à toute signature, prétextant de l'hospitalité offerte par la Belgique
aux responsables du coup d'Etat, ainsi que la publication sur le territoire belge de journaux français d'opposition.
A Paris, l'irritation était vive face à l'impunité dont jouissaient les auteurs d'articles jugés calomnieux.
Le gouvernement français nous menaçait même d'une guerre des tarifs.
Pour témoigner de sa bonne foi, le
cabinet de Brouckère a déposé devant les Chambres un projet de loi visant à punir les offenses commises envers les
souverains ou chefs des gouvernements étrangers.
A la suite de cette concession, la France a donc consenti à
adopter cette convention provisoire jusqu'à la conclusion d'un traité définitif.
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20 décembre 1852.
L
a loi Faider déchaîne l'indignation des journalistes, car elle est la conséquence directe du procès de presse du
mois de mars dernier, à l'issue duquel les orléanistes d'Haussonville et Thomas, accusés par le gouvernement
français d'attaques contre Louis-Napoléon Bonaparte, ont été acquittés par la cours d'assises du Brabant.
Leurs avocats avaient démontré que la loi du 28 septembre 1816 ne leur était pas applicable, puisqu'elle avait
pour but de défendre la légitimité des "princes" et des "souverains", et que Louis-Napoléon n'était ni l'un ni
l'autre.
Une loi nouvelle était donc nécessaire, et le ministre de la Justice l'a fait voter. Désormais,
il suffit, pour être punissable, de s'être rendu coupable, par des écrits ou des imprimés, "d'offense envers la
personne des souverains ou chefs de gouvernements étrangers".
Ce terme d'offense, déjà utilisé dans la loi de
1847 sur les attaques contre le roi, restreint le droit de la presse de critiquer les gouvernements étrangers.
Reste à savoir si la loi atteindra son objectif majeur : l'amélioration des relations franco-belges.
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1852.
D
epuis 1848, l'Etat intervient dans les dépenses de salubrité sociale.
L'an dernier, il lui en a coûté quelque
201.766 francs.
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L'insalubrité dans les villes |
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Cette même année, un congrès avait tenté de définir les réformes nécessaires en matière d'hygiène dans les
quartiers pauvres et les problèmes posés par leur mise en pratique.
On a entamé la pose généralisée de
conduites d'adduction d'eau, la construction de puits et de réseaux d'égouts, le voûtement de cours d'eau
insalubres, le curage des fossés, le comblement de mares stagnantes, le pavage des rues, la démolition et la
reconstruction de demeures ouvrières, et la création d'un système de latrines et d'abattoirs publics.
A la
pointe des progrès en matière d'hygiène, notre pays organise cette année un congrès sur ce thème. Parmi les sujets
débattus, citons l'amélioration des quartiers ouvriers, les critères de potabilité des eaux, l'alimentation des
enfants, les falsifications des médicaments, la médecine dans les industries et la prostitution.
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1852.
C
ette année encore, c'est Henri Conscience qui domine la littérature flamande et, si nombre d'écrivains francophones
rêvent d'égaler ses romans de moeurs, ils n'en ont donné jusqu'ici que de pâles imitations.
Le déclin du
roman historique contraint Jules de Saint-Genois à se recycler dans les récits d'observation et d'analyse, avec
Feuillets détachés. Par contre, une pièce historique de Jules Guillaume,
André Vésale, a été fort appréciée lors des fêtes de septembre.
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- 22 mars : Devant la cour d'assises du Brabant, le procès de presse des
Orléaniste d'Haussonville et Thomas se termine par un acquittement.
- 8 juin : Elections pour le renouvellement de la moitié des parlementaires.
Les conservateurs gagnent 12 sièges.
- 9 juillet : Le cabinet Rogier présente sa démission au Roi, qui la refuse.
- 5 août : Le pamphlet de Victor Hugo, Napoléon le Petit, paraît
à Bruxelles.
- 27 septembre : Rogier pose la question de cabinet sur l'élection de Théodore
Verhaegen à la présidence de la Chambre. Celui-ci n'ayant pas été élu, le cabinet
Rogier donne sa démission définitive et le Roi ajourne les Chambres pour un mois.
- 1852 : Création à Anvers d'un Institut supérieur de commerce.
- 1852 : Alexandre Dumas, fuyant ses créanciers, s'installe à Bruxelles, au
boulevard de Waterloo.
- 1852 : Le philologue et poète allemand August Hoffmann publie un recueil
de poèmes en moyen néerlandais, Loverkens.
- 1852 : Charles De Coster fait ses premières armes littéraires à La
Revue Nouvelle.
- 1852 : Dans De la littérature française en Belgique, Théodore
Olivier soutient que, pour l'écrivain belge, faire de la littérature française
c'est énoncer des idées belges de manière à leur donner cours en France.
- 1852 : Le peintre Paul-Jan Clays quitte la côte de la mer du Nord, qui a
inspiré la plupart de ses tableaux, pour s'installer sur les bords de l'Escaut.
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