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5 mai 1850.
F
ixer un cadre précis à la liberté d'émission des billets, réorganiser le crédit bancaire, tels sont les objectifs
que le gouvernement libéral homogène de Charles Rogier s'est promis de réaliser à travers la création de la Banque
nationale de Belgique.
Le ministre des Finances, Walthère Frère-Orban, a souligné la nécessité d'une telle
réorganisation pour éviter que la Belgique ne souffre d'une nouvelle crise monétaire comme cela a été le cas il y
a deux ans à peine.
Aussi, la loi qui institue à Bruxelles la Banque nationale détermine avec précision
le rôle et les limites de cette institution.
Son capital s'élève à 25 millions de francs et sa durée est
fixée à 25 ans.
La Banque nationale possède désormais le monopole de l'émission des billets payables à vue
et au porteur. En contrepartie, elle est tenue d'établir des comptoirs dans les chefs-lieux de province et dans les
localités où le gouvernement le juge nécessaire.
Le roi nomme les agents de la Banque nationale.
Les opérations que la Banque nationale de Belgique sera appelée à réaliser seront sévèrement limitées et des agents
du Trésor public seront chargés de surveiller le bon fonctionnement de ce nouvel organisme.
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9 mai 1850.
D
éjà approuvé par la chambre des Représentants, le projet de loi sur la création d'une Caisse générale de Retraite,
élaboré à l'initiative du ministre de l'Intérieur Charles Rogier, vient d'être voté au Sénat.
Son but est
d'assurer une pension à tout travailleur qui fait des versements à cet effet.
La Caisse est établie sous la
garantie de l'Etat; si elle était dans l'impossibilité de faire face à ses engagements, ce serait donc à l'Etat de
prendre le relais, afin que les bénéficiaires de rentes ne soient en rien lésés.
Pour des versements mensuels
de 5 francs minimum, la rente est de 750 francs maximum par an. L'entrée en jouissance peut avoir lieu à cinquante,
soixante ou soixante-cinq ans.
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1 juin 1850.
P
arce qu'il consacrait la rupture entre les pouvoirs spirituel et temporel, le projet de loi relatif à l'organisation
de l'enseignement moyen, déposé le 4 février dernier par le ministre de l'Intérieur Charles Rogier, suscitait la
colère des catholiques.
Depuis 1830, en effet, l'enseignement moyen était, à quelques collèges communaux
près, l'exclusivité de l'Eglise. Or, le projet de loi envisageait la création de dix athénées et de cinquante écoles
moyennes dépendant de l'Etat.
Les ministres du culte y seraient "invités à donner et à surveiller
l'enseignement religieux", mais ce seraient les autorités civiles qui nommeraient les professeurs et décideraient
des programmes.
Le projet étant passé sans difficulté à la Chambre, les évêques n'ont pas hésité à adresser,
le 14 mai, une protestation au Sénat. Quant au pape, il a exprimé au cours d'un consistoire secret, toute "sa
douleur à la vue des périls qui menacent en Belgique la religion catholique".
Mais leurs efforts conjugués
ont été inutiles : le Sénat a voté dans le même sens que la Chambre, et la loi vient d'être promulguée.
Dorénavant, il y aura en Belgique, face à l'enseignement confessionnel, un enseignement laïque, où la religion ne
sera plus qu'une branche comme les autres.
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11 juin 1850.
L
a majorité libérale de la Chambre sort affaiblie des élections partielles qui ont eu lieu aujourd'hui.
En
effet, les catholiques gagnent cinq mandats : trois à Louvain, un à Turnhout et un à Tielt.
Les grands
arrondissements de Bruxelles, d'Anvers, de Bruges et de Liège sont restés fidèles au gouvernement. Ainsi, Charles
Rogier est élu à Anvers avec une confortable avance (2.408 voix contre 1.960 à Jules Malou).
Il faut noter
également le retour à la Chambre de M. de Muelenaere.
Le fait que le pape Pie IX ait, avant les élections,
ouvertement critiqué la politique du gouvernement, a dû très certainement servir les catholiques.
Il se
trouve de plus en plus de personnes, même au sein de la majorité, qui désirent retourner à une politique unioniste.
L'ère des difficultés ne semble donc pas close pour le cabinet Rogier. Nous en voulons pour preuve les
propos tenus par le prince Louis-Napoléon, qui aurait déclaré à la presse que la sécurité de la Belgique est
étroitement liée à un changement de sa politique.
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19 juillet 1850.
L
e vicomte Hippolyte Visart de Bocarmé, sire de Bitremont et de Bury (Hainaut), se croyait tranquille : avant
d'empoisonner son beau-frère Gustave Fougnies à la nicotine, il s'était assuré qu'il n'existait pas de réactif à
cette substance.
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Stas, découvreur de la phlorizine. |
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Mais c'était compter sans le chimiste Jean Stas, qui s'est laissé distraire de ses recherches sur les poids
atomiques pour effectuer, après autopsie, un certain nombre d'analyses.
Ayant versé de la potasse dans une
préparation des viscères, il a soudain perçu une odeur qui lui a fait deviner la présence d'un alcaloïde volatif.
Peu après, il l'avait identifié.
La justice y a gagné une méthode "pour déceler les alcalis organiques dans
les empoisonnements".
Le vicomte, lui, y a perdu la tête sur l'échafaud installé face au théâtre communal
de Mons. Il a pourtant clamé son innocence et, la veille de l'exécution, a cherché à soudoyer un gardien.
L'affaire a fait du bruit jusqu'à Paris, Balzac étant ami du vicomte.
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11 octobre 1850.
S
es médecins avaient cru que l'air de la mer lui ferait du bien, mais c'était la mort qui l'attendait à Ostende :
la reine Louise-Marie s'est éteinte ce matin au palais de la rue Longue, emportée à 38 ans par la maladie de
poitrine qui la minait depuis longtemps, et qui s'était brusquement aggravée après le décès de son père Louis-Philippe.
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Louise-Marie d'Orléans. |
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Il y a quelques jours pourtant Léopold Ier, dans une lettre à Victoria, se refusait encore à envisager une issue
fatale : "Elle est si contente, si joyeuse, que l'éventualité du danger me semble impossible".
Mais dans
l'après-midi d'hier, la reine Marie-Amélie a dû se résoudre à révéler à sa fille la gravité de son mal. Louise-Marie
s'est alors confessée, puis elle a reçu le viatique et l'extrême-onction en présence du roi et de toute la famille.
Pendant ce temps, des prières publiques avaient été ordonnées dans tout le pays et, à Bruxelles, la foule
se pressait dans la cathédrale pour assister à une grand-messe solennelle en l'honneur du Saint-Sacrement.
La reine a encore eu la force de bénir ses enfants et de dire adieu à sa mère et à ses frères.
Serrant la
main du roi dans la sienne, elle a même cherché à le rassurer : "J'ai voulu être prête à partir, mais je ne
désespère pas. Consolez-vous, je me sens encore de la vie !".
L'agonie a commencé à 4 heures du matin. A
8 heures 10, tout était fini.
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1850.
L
e système hospitalier belge pour malades mentaux est certainement perfectible. Avant l'internement en asile,
chaque malade est appelé à séjourner en prison et, par la suite, nombre d'entre eux sollicitent comme une faveur
leur retour dans le milieu carcéral.
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Vue intérieure du Grand Hospice |
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Il faut dire que la plupart de nos asiles sont vétustes, malsains, et ne se prêtent pas au logement sélectif :
idiots, calmes, agités, voire furieux cohabitent.
En outre, les chambres communes sont surpeuplées et les
cellules particulièrement exiguës, parfois sans lumière et toujours sans chauffage.
Les malades sont
surveillés au travers de guichets qui servent aussi au passage de la nourriture, composée essentiellement de pain
et de pommes de terre. La viande n'est au menu que deux à trois fois par an.
Les couchettes ne sont que des
paillasses douteuses sur lesquelles reposent des pensionnaires désoeuvrés.
Quant au personnel des asiles, il
est mal payé. Recrutés dans les couches les plus défavorisées de la population, les gardiens ont pour mission de
distribuer les repas et de faire règner l'ordre. L'usage des fers et des bastonnades n'est pas aboli.
Les
soins les plus courants sont la contention, la douche et les saignées, et peu d'asiles disposent d'une infirmerie.
Le médecin ne passe qu'irrégulièrement.
On apprend toutefois qu'une réforme est en cours, qui va
considérablement améliorer une situation intolérable.
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- 22 février : Abolition de l'échelle mobile appliquée au commerce des
déréales.
- 22 mars : Un coup de grisou fait 76 victimes au puits Marie Joseph du
charbonnage du Rieu du Coeur à Quaregnon.
- 25 septembre : Le Roi pose la première pierre de la Colonne du Congrès
dont les plans sont dus à l'architecte Joseph Poelaert.
- 1850 : La Revue de Belgique, fondée en 1846 et où dominait le
romantisme à la Wacken, disparaît au profit de la Revue trimestrielle et
de la Libre recherche, où la curiosité scientifique prévaut.
- 1850 : Henri Conscience publie trois romans réalistes : Blinde Rosa,
De Loteling et Baes Gonsendonck.
- 1850 : Le tableau de Louis Gallait Les têtes coupées : derniers honneurs
rendus aux comtes d'Egmont et de Hornes suscite, même au-delà de nos frontières,
une admiration mêlée d'horreur.
- 1850 : A l'université de Gand, début du cours de clinique des maladies
mentales de l'aliéniste Joseph Guislain.
- 1850 : Un nouveau café-chantant, le Kiosque, s'ouvre à Bruxelles, au Grand
Sablon. Il donne des bals, dont l'entrée n'est que de 50 centimes, et sa principale
attraction, les "quinze chanteurs syriens", remporte un grand succès.
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